UE/Etats-Unis : le Parlement européen valide l’accord commercial de Turnberry
La plénière du Parlement européen a bel et bien validé (par 440 voix contre 151 et 50 abstentions), le 16 juin à Strasbourg, le compromis politique obtenu lors des négociations interinstitutionnelles mettant en œuvre la déclaration transatlantique conclue en juillet à Turnberry (Ecosse). Le Conseil de l’UE doit, à présent, finaliser la procédure avant que ces textes n’entrent en vigueur. Cela devrait se faire d’ici la fin de la présidence chypriote (30 juin) afin de respecter la date butoir du 4 juillet fixée par le président américain Donald Trump. Dans le détail, en échange du maintien à 15 % du taux de droits de douane américains sur ses exportations, l’UE s’engage à faciliter l’accès au marché européen de certains produits industriels et agricoles des États-Unis. Toutefois, les trilogues entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont permis d’intégrer un certain nombre de gardes fous comme une clause de déchéance (ou « sunset clause ») prévoyant la fin automatique des mesures au 31 décembre 2029, une clause de suspension ou encore une clause de sauvegarde renforcée.
OCM : feu vert de Strasbourg à l’accord sur les contrats écrits et les dénominations de viande
Les eurodéputés, réunis le 16 juin en session plénière à Strasbourg, ont donné leur aval (par 560 voix contre 75 et 25 abstentions) au compromis interinstitutionnel sur la révision ciblée du règlement sur l’organisation commune des marchés (OCM) obtenu le 5 mars. Ce texte, présenté initialement par la Commission européenne en décembre 2024 en réponse aux manifestations agricoles, est destiné à renforcer la position des producteurs dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Concrètement, cette révision prévoit, sous conditions, la généralisation des contrats écrits, notamment dans le secteur laitier. Il offre également aux organisations de producteurs, même non reconnues, la possibilité de déroger au droit de la concurrence dans certains cas. Longtemps point de blocage des négociations interinstitutionnelles, le texte permet, en outre, de réserver aux produits à base de viande l’utilisation d’une trentaine de noms liés aux découpes de viande ou aux espèces (dont « blanc », « bacon » ou « steak »). Toutefois, les termes « burger » ou « saucisse » n’y figurent pas, contrairement au souhait de la rapporteure du Parlement européen, Céline Imart (PPE, droite).
Budget de la Pac : les Vingt-sept valident le fonctionnement des futurs plans nationaux
Les ministres des Affaires européennes de l’UE ont adopté, le 16 juin, une position de négociation partielle sur le règlement central du futur budget 2028-2034 : les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Ils ont en effet validé l’architecture globale de ce texte qui prévoit que les Etats membres présentent chacun un plan national regroupant notamment la politique de Cohésion, de la Pêche et la Pac. Les changements introduits dans le compromis donnent plus de flexibilité aux États membres dans la conception et dans le fonctionnement des futurs NRPP. Les Etats vont maintenant devoir trouver un compromis sur ce dossier avec le Parlement européen qui par exemple plaide pour réintroduire le second pilier de la Pac. Par contre, le volet financier chiffré de ce règlement n’est pas bouclé. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont rendez-vous à Bruxelles les 18 et 19 juin pour lancer ces négociations financières sur la base d’un premier projet présenté le 11 juin par la présidence chypriote du Conseil de l’UE. Celle-ci y propose une coupe générale de 2 % du cadre financier pluriannuel soumis par Bruxelles mais épargne l’enveloppe de la Pac.
Elevage : la présentation de la stratégie européenne avancée au 1er juillet
Selon son dernier calendrier publié le 16 juin, la Commission européenne prévoit de présenter finalement sa stratégie sur élevage un peu plus tôt que prévu, dès le 1er juillet. Et cette stratégie sera accompagnée d’un nouveau plan sur les protéines végétales. Annoncée de longue date, cette stratégie visera particulièrement à répondre au manque de rentabilité du secteur des ruminants. Elle devrait porter sur l’innovation, les approches territoriales et la valorisation des produits animaux de qualité. Par ailleurs, le même jour, Bruxelles devrait aussi présenter une nouvelle réglementation sur les marchés publics censée mettre en valeur le « made in Europe ». Cette réglementation devrait notamment clarifier la manière dont les cadres de passation de marchés dans la restauration collective peuvent mieux reconnaître les systèmes de qualité, les circuits courts, les normes environnementales et sociales (production biologique par exemple).
Semences : accord des colégislateurs sur la révision des règles européennes
Les négociateurs du Conseil de l’UE et du Parlement européen ont trouvé, dans la soirée du 15 juin, un accord sur la mise à jour de la législation européenne sur les semences végétales. Une fois définitivement adopté, ce règlement remplacera la dizaine de directives existantes, pour donner plus de cohérence aux opérateurs. Cette ultime session de pourparlers a notamment porté sur la question des semences paysannes et des échanges entre agriculteurs qui était un des principaux points de divergence entre les deux institutions. Contrairement à ce que demandait le Parlement européen, les agriculteurs de l'UE ne seront toujours pas autorisés à vendre leurs propres variétés. Par contre, les échanges seront permis dans une limite fixée au niveau national par les Etats membres. Des dispositions qui inquiètent notamment le secteur de l’agriculture biologique (IFOAM) lequel craint « une mise en œuvre inégale selon les États membres, certains imposant des restrictions quantitatives et géographiques strictes qui en limiteraient la faisabilité pratique ». Le texte facilite, par ailleurs, la commercialisation sans but lucratif en prévoyant des dérogations pour le matériel de reproduction végétale destiné à la conservation des ressources phytogénétiques, que ce soit aux banques de gènes ou par des organisations et réseaux à but non lucratif. Les nouvelles règles entreront en vigueur quatre ans après l'entrée en vigueur du nouveau règlement. Ces nouvelles règles entreront en vigueur quatre ans après la publication du règlement.
NGT : l’Académie d’agriculture s’oppose aux brevets, craignant une concentration
Dans un communiqué du 16 juin présentant les conclusions de son rapport Semences et propriété intellectuelle, l’Académie d’agriculture de France a fait part de son opposition à la brevetabilité des plantes NGT1. Reprenant les arguments de divers opposants, notamment de certains semenciers de l’UFS ou encore des trieurs à façon (Staff), l’institution estime que les brevets risquent d’engendrer une concentration accrue du secteur semencier, limitant « l’accès aux ressources génétiques et aux technologies, notamment pour les entreprises semencières de taille intermédiaire » et les pays les plus vulnérables. Elle loue le Certificat d’obtention végétale (COV), qui « a permis pendant plusieurs décennies le développement d’un progrès génétique ouvert, cumulatif et partagé ». Elle propose cinq mesures en vue de rééquilibrer le cadre européen. En plus de la non-brevetabilité des plantes NGT1, elle recommande d’élargir « le mécanisme des licences obligatoires à des conditions équitables et non discriminatoires », l’octroi d’une exemption totale du sélectionneur cinq ans après la délivrance d’un brevet, la création d’une base de données officielle et obligatoire recensant les brevets applicables, et enfin l’obligation pour le déposant d’un brevet de « rendre accessible la variété d’origine non modifiée ».
Orges d'hiver : production française attendue en hausse de 8 % (ministère)
Dans sa note mensuelle Agreste parue le 16 juin, le ministère de l’agriculture projette la production française d'orge d'hiver 2026 à 9 Mt, en hausse de 8 % par rapport à l'an dernier. La croissance des volumes hexagonaux serait essentiellement portée par la progression des surfaces, qui grimperaient de 13 %. Les rendements s'effriteraient, passant de 70 q/ha à 67,2 q/ha en moyenne. Rappelons que les moissons ont débuté de manière très précoce cette année, compte tenu de la vague de chaleur qui a accéléré le développement des plantes. Des parcelles en ont souffert, spécialement dans l'Ouest, notamment dans les Deux-Sèvres ou en Charente, d'après certains professionnels du secteur. « À ce stade, les prévisions de rendements restent encore fragiles, le remplissage des grains n’étant pas achevé au nord du pays et les premières moissons ayant juste commencé sur les parcelles les plus avancées des régions méridionales », précise le ministère. Il ajoute que « les conditions des cultures sont jugées meilleures qu’en 2025, mais il est difficile de mesurer les conséquences de l’épisode de forte chaleur de la fin du mois de mai ». Le cabinet d'analyse HSC (StoneX) signalait que les premières coupes donnaient des résultats moins mauvais qu'attendu. Les orges de printemps pourraient avoir souffert davantage, leur système racinaire moins développé les rendant plus sensible au sec et aux fortes températures, indiquait un autre expert privé.
Colza : vers une production française stable cette année (ministère)
Dans une note mensuelle Agreste parue le 16 juin, le ministère de l’Agriculture estime la production hexagonale de colza 2026 à un niveau semblable (légèrement en hausse) à celui observé en 2025. Elle atteindrait 4,65 Mt, contre 4,63 Mt l’an passé. La progression des surfaces, qui sont passées de 1,265 Mha à 1,417 Mha, serait contrebalancée par un repli sensible des rendements, qui passeraient de 36,6 q/ha à 32,8 q/ha d’un an sur l’autre. L’effritement de la productivité serait « particulièrement marqué en Poitou-Charentes (- 24 %) et dans un large croissant est du pays, avec jusqu’à - 29 % en Franche-Comté », indique le ministère. La région Centre, principale région productrice nationale, s’en sortirait mieux, avec une baisse de seulement 4 %. S’agissant d’une première projection, ces chiffres sont amenés à évoluer durant les prochains mois. Autres changements notables : la sole de tournesol 2026 est désormais estimée à 0,758 Mha, contre 0,717 Mha le mois précédent (0,685 Mha en 2025). En pomme de terre, la sole française tomberait à 0,166 Mha, contre 0,182 Mha en mai (0,192 Mha en 2025).
Grandes cultures : jachères attendues en hausse de 4 %, maïs grain en recul de 20% (ministère)
Dans une note mensuelle Agreste parue le 16 juin, le ministère de l’Agriculture table désormais sur une progression des surfaces françaises mises en jachère de 4 % en 2026 (0,515 Mha), alors qu'il tablait sur un léger recul, de 0,2 % (à 0,494 Mha) il y a encore un mois. Il s’agirait d’une hausse de 20,6 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Les professionnels de la filière céréalière alertent depuis plusieurs semaines sur une possible hausse de surfaces qui ne seraient pas semées, compte tenu de la flambée des coûts de production, en premier lieu des engrais, cumulée à la faiblesse des cours des grains. Autre évolution significative : la sole nationale 2026 de maïs grains décrocherait plus qu'attendu, de près de 20 % annuellement, à 1,248 Mha, contre -11 % environ annoncé en mai. Rappelons que l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) tablait il y a quelques semaines sur une baisse comprise entre 10 % et 15 %. La surface de soja s'afficherait de son côté à 0,158 Mha, contre 0,156 Mha le mois précédent, constituant une hausse de 5 % par rapport à 2025.
Assurance récolte : la mise en œuvre du pool de coréassurance de nouveau retardée
Prévue par la réforme de l’assurance récolte de 2022 et initialement attendue en 2025, la mise en place du pool de coréassurance a de nouveau été retardée, a appris Agra Presse le 16 juin, confirmant les informations du quotidien les Échos. Un problème de procédure retarde le dépôt de la demande d’agrément du futur groupe, au point de compromettre son entrée en vigueur pour la récolte 2028. Ce contretemps intervient alors que la profession était tombée d’accord, dès 2023, sur les grands principes du fonctionnement du pool. Selon plusieurs sources, l’absence de Generali parmi les signataires de l’accord-cadre et le fait que l’assurance n’ait pas participé à l’élaboration du groupement se seraient révélés bloquants au moment du dépôt de la demande d'agrément. Le décret encadrant la mesure prévoit en effet que la convention constitutive soit signée par l’ensemble des entreprises commercialisant, au moment du dépôt de la demande, des produits d’assurance contre les risques climatiques en agriculture bénéficiant d’une aide publique. Le projet avait, par ailleurs, fait l’objet de 14 réserves de la part de l’Autorité de la concurrence, auxquelles les assureurs avaient répondu au printemps 2026. Selon une source proche du dossier, une piste consisterait désormais à lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI), afin d’identifier les assureurs intéressés avant une relance de la procédure. Cette option est toutefois entourée de nombreuses incertitudes.
Nitrates : la Bretagne va expérimenter la suppression des plans prévisionnels de fumure
Dans le cadre de la révision du programme régional d’action nitrate (PAR) breton, le ministère de la Transition écologique a mis en consultation, le 12 juin, un projet d'expérimentation d'une gestion alternative de l'azote en Bretagne, à partir de la campagne culturale 2026-2027. Le test comprend la suppression du plan prévisionnel de fumure (PPF), remplacé par des mesures de reliquats de début de drainage (RDD), comme indicateur de résultat. Les résultats obtenus sur les fermes seront comparés à des résultats de parcelles de référence. En cas de résultat trop élevé pendant deux ans, l’exploitation se verra imposer un plafonnement plus strict de ses apports en azote l’année suivante. Les PFF sont considérés par la majorité des agriculteurs « comme des documents purement réglementaires, et sans lien avec leurs pratiques », explique le ministère, qui rappelle que « les règles permettant de calculer des apports maximaux resteraient applicables et utilisées lors des contrôles ». En mars 2025, deux décisions du tribunal administratif ont enjoint au préfet de région Bretagne à prendre sous dix mois de nouvelles mesures pour lutter contre la pollution aux nitrates d'origine agricole.
Engrais : Yara France quitte l'union de fabricants France Fertilisants
Interrogé par Agra Business, Yara France indique avoir quitté France Fertilisants le 1er mai 2026, confirmant une information d'Agrodistribution. « Une réflexion mûrie qui implique notre démission des différentes sections, commissions et groupes de travail au sein de l’organisation », précise le groupe qui était l’un des membres fondateurs de l’ex-Unifa. Parmi les raisons évoquées : « un contexte géopolitique compliqué et instable depuis plusieurs années qui, à l’échelle mondiale, a conduit Yara à différents plans de licenciements et de rationalisations des coûts ». Une stratégie qui, au niveau français, implique « également de repenser nos partenariats professionnels et notre présence dans les différentes associations ». La filiale française du norvégien Yara précise toutefois rester pleinement engagée dans France Chimie, Soveaa (recyclage emballages usés) ou dans BN Ferti ( normalisation des matières fertilisantes). (Anne Gilet)
Pesticides : l'action d'une victime contre Bayer-Monsanto examinée par la Cour de cassation
La Cour de cassation examine le 16 juin le recours de Tran To Nga, Franco-Vietnamienne de 84 ans qui a porté plainte contre Bayer-Monsanto et 13 autres groupes agrochimiques pour avoir conçu « l'agent orange », défoliant ultra-toxique utilisé durant la guerre du Vietnam. En première instance à Evry en 2021 puis devant la cour d'appel de Paris en 2024, sa demande avait été jugée irrecevable, l'immunité de juridiction empêchant un Etat ou ses agents d'être jugé par un autre Etat. Le tribunal d'Evry avait également estimé que les groupes agro-chimiques ayant « agi sur ordre et pour le compte de l'Etat américain » et pouvaient donc se prévaloir de l'immunité de juridiction. C'est sur ce point que les conseils de l'octogénaire ont basé leur recours. « On ne juge pas l'armée américaine mais les conditions de fabrication de l'agent orange, l'immunité de juridiction ne les couvre pas », estiment auprès de l'AFP Bertrand Repolt et William Bourdon, avocats de Tran To Nga. Pour eux, ce dossier « pose la question fondamentale de l'accès au juge » pour leur cliente, qui a la nationalité française et dont des enfants et petits-enfants sont atteints de pathologies qu'elle attribue à « l'agent orange ». Née en Indochine française en 1942, Tran To Nga est une journaliste âgée de 24 ans quand elle est exposée au défoliant utilisé par l'armée américaine pour détruire les forêts vietnamiennes.
Bio : baisse confirmée des surfaces en 2025, rebond des conversions dans certaines filières
Lors d’une conférence de presse le 16 juin, l’Agence bio a confirmé le recul de 1,1 % des surfaces bio en 2025, à 2,69 Mha (-30 737 ha). Un niveau en ligne avec la baisse pressentie en début d’année, alors que l’Agence ne disposait pas encore des chiffres consolidés transmis par les certificateurs. Malgré cette troisième année de baisse consécutive, la surface en bio « se maintient à 10 % de la surface agricole française ». Pour la première fois, le nombre d’exploitations engagées en bio diminue lui aussi, de 1,3 %, à 61 159 fermes ; un rythme toutefois moins appuyé que l’ensemble de la ferme France (-3,6 %). Des signaux plus récents dessinent un rebond à venir dans les prochains mois. En 2025, les surfaces en première année de conversion repartent à la hausse en grandes cultures (+24 %) et en légumes frais (+44 %). Et les dernières déclarations Pac, réalisées en mai, font apparaître que « de nouvelles fermes s’engagent dans la conversion », observe le président de l’Agence bio, Bruno Martel, qui se dit « optimiste pour des filières qui avaient baissé en 2025 », comme le lait ou les bovins viande. Quant à la consommation, sa reprise est confirmée, dans tous les circuits de distribution, avec une croissance de 3,6 % en un an (à 12,6 Md€), largement supérieure à celle du marché alimentaire global (+2 %).
Bio : l’amont s’inquiète du recul de la capacité de production française
Alors que l’Agence bio a confirmé, le 16 juin, le recul de la capacité de production française en 2025, des organisations de l’amont ont réagi, le même jour, en faisant part de leurs inquiétudes. Dans un communiqué de presse, la Fnab (producteurs) estime que « la bio française [est] menacée à moyen terme ». « L’incitation économique à produire en bio n’a jamais été aussi faible », souligne le syndicat, selon qui les trois piliers économiques de la bio « se sont dégradés » depuis 2022 : réduction des charges, prix « plus rémunérateurs qu’en conventionnel » et aides « incitatives ». La Fnab rappelle trois de ses demandes pour pérenniser le secteur : augmenter l’éco-régime bio avec les reliquats de l’aide à la conversion non utilisés ; maintenir le financement des campagnes de communication ; et « une vraie application d’Egalim dans les filières biologiques ». De son côté, Forebio alerte, dans un communiqué, sur le risque d’une « crise structurelle » pour la bio. « Après trois années de manque de débouchés, certaines filières 100 % bio craignent désormais de devoir gérer, à court ou moyen terme, un manque de volumes », avec des « tensions » sur l’approvisionnement « en œufs, beurre et viande bovine », explique la fédération, qui regroupe 18 organisations de producteurs 100 % bio.
Tomate d’industrie : production annoncée en hausse en UE, sauf en France (presse)
À l’occasion du congrès mondial de la tomate transformée qui s’est tenu début juin aux Etats-Unis, l’Amitom (association des producteurs méditerranéens) a présenté les premières prévisions pour la zone Europe en 2026, rapporte le site Tomato News. Les volumes européens sont annoncés en progression de 4%, passant de 16,9 Mt en 2025 à 17,6 Mt. « La production de la région affiche une plus grande stabilité que la production mondiale, avec une remarquable constance d'une année sur l'autre », a souligné Antonio Casana, président. En revanche, un recul de 16% des volumes est attendu en France, à 150 000 tonnes après les 186 000 tonnes enregistrées en 2025. La production italienne devrait être étale à 5,8 millions de tonnes, alors que l’Espagne progresserait de 14% (2,7 Mt contre 2,4 Mt l’an passé). Pour le président de l’Amitom, la hausse des coûts de production (carburant, engrais, produits agrochimiques, gaz, électricité, emballages et transport) pèse lourdement sur l'industrie de la tomate européenne, « y compris pour la récolte de 2026 ». En face, le principal concurrent des producteurs européens, la Chine, a indiqué un volume total de production d'environ 5,85 Mt, mais ce chiffre pourrait évoluer en fonction des conditions météorologiques ; cela représenterait 19 % de plus que les volumes traitées en 2025, mais près de 80 % de moins qu'en 2024.
Légumes transformés : Unilet veut une alternative aux phytos sur 100% des surfaces d'ici 2027
A l’occasion de sa rencontre annuelle début juin, l’Unilet (Interprofession des légumes en conserve et surgelés) a dévoilé le premier rapport de la démarche « Les Légumiers de Demain » lancée en 2022. A cette occasion, l'organisation s'est engagée à ce que « 100 % des surfaces cultivées aient au moins une solution alternative aux produits sanitaires issus de la chimie de synthèse d’ici 2027». Pour l'heure, 23 % des surfaces de légumes destinés à la transformation sont concernées par des solutions de biocontrôle. Et le désherbage mécanique est utilisé sur 50 % des surfaces de haricots et de carottes. Par ailleurs, les exploitations engagées dans une certification environnementale reconnue sont passées de 61 % en 2021 à 72 %, pour un objectif de 75 % fixé à 2027. Le nombre de fermes ayant obtenu une Certification de niveau 2 a progressé de +20 % en 6 ans. Côté rémunération,, 70 % des exploitations dégageaient une marge nette positive en 2023, contre 53 % en 2022. L’objectif fixé à 2027 est d’atteindre 75 % des exploitations. Enfin, les professionnels soutiennent le Nutri-Score : 97 % des volumes consommés de légumes en conserve et surgelés sont classés A ou B au Nutri-Score, dépassant largement l’objectif initial fixé à 80 %.
Cornichon : l'industriel Reitzel planche sur l'agriculture régénérative
L’industriel franco-suisse Reitzel, spécialiste des condiments et pickles, a célébré le 11 juin dans le Loir-et-Cher les dix ans de relocalisation de la production de cornichon en France. 600 tonnes, 2,5% de parts de marché et une ambition d’atteindre 5% à horizon 2030 (et « doubler voire tripler les volumes ») : voilà le bilan et les perspectives que dresse Stéphane Carlevaris, directeur général de Reitzel France pour la filière, avec ses 20 producteurs partenaires, fédérés très rapidement après la relance au sein de l’association des cornichonneurs français. Prochaine étape du développement, « créer le premier cornichon à visée régénérative » en partenariat avec Symbioz (ex-EcoFarms), en actionnant plusieurs leviers : restaurer la fertilité des sols, la gestion de l’eau, la mécanisation (qui permettrait en corollaire de réduire les coûts de production et de récolte qui pèsent 85% du prix du produit final), la sélection variétale jugée « indispensable », la diversification, clé de voûte des modèles côté producteurs. Pour développer les ventes, l’entreprise compte également s’appuyer sur la transparence (Reitzel est engagé dans la démarche Origin’Info) et sa toute nouvelle force de vente intégrée, pour les points de vente. (Florence Rabut)
Vin : dans le Var, FDSEA et JA épinglent un « vin de France sous une étiquette prestigieuse »
La FDSEA et JA du Var épinglent, dans un communiqué le 16 juin, un « vin de France sous une étiquette prestigieuse », estimant que cette pratique sème la « confusion auprès des consommateurs » et « déstabilise les marchés locaux ». Dans leur viseur, une fontaine à vin Roseline vendue en GMS à 29€95 les 5 litres. Les deux syndicats disent avoir eu le 8 juin un échange « franc et constructif » avec Aurélie Bertin, la propriétaire du Château Sainte Roseline (cru classé côtes-de-provence). « Près de 6 % des volumes de vins AOP demeurent invendus et des volumes significatifs d'IGP restent disponibles dans nos caves et exploitations », selon le communiqué. « Pourquoi aller chercher des vins à bas coût hors de nos bassins de production alors que notre territoire dispose de volumes disponibles et de vins reconnus pour leur qualité ? », s’interrogent la FDSEA et JA du Var. Lors de la rencontre avec Aurélie Bertin, les organisations ont souligné leur demande auprès des négociants et metteurs en marché : « Organiser, en amont des vendanges, des rencontres avec les producteurs afin de construire ensemble une véritable stratégie de segmentation des marchés et de planification des achats ». Et d’appeler via leur communiqué à « retrouver une vision collective » au sein de la filière viticole varoise.
Coopératives : avec un CA en légère croissance, Agrial affiche des résultats « solides »
Quelques jours après son assemblée générale le 11 juin à Fougères (Ille-et-Vilaine), le leader coopératif français Agrial a publié ses résultats annuels 2025, marqués par une légère croissance de son chiffre d’affaires (+2,8 %), à 7,3 Md€. Dans un communiqué du 16 juin, la coopérative se félicite de ses résultats « solides » dans « un contexte agricole et agroalimentaire contrasté ». Côté rentabilité, le groupe a maintenu son EBE à 269 M€ (-1 % par rapport à 2024). La coopérative indique avoir redistribué 28,2 M€ à ses 12 000 adhérents. Dans le détail, la branche Agriculture, chahutée, a dégagé 2,1 Md€ de CA, selon le rapport annuel. L’activité de la branche Lait (3,1 Md€) a été « portée par la bonne dynamique de l’ultra-frais, des produits hyper-protéinés et du beurre texturé ». La branche Légumes (1,3 Md€) est « en retrait », et la branche Viandes (410 M€) « continue sa remontée ». Quant à la branche Pommes et boissons (380 M€), elle a vécu une année « historique », avec une récolte « d'une précocité exceptionnelle » et 126 500 t de pommes collectées. En 2025, Agrial a investi 180 M€ dans ses outils industriels, soit 10 M€ de plus que les années précédentes. Pour rappel, l’année passée a aussi été marquée par l’annonce du projet de fusion avec Terrena, en septembre, ainsi que le lancement de son plan stratégique « Horizon 2035 », en juin.
Méthanisation : la filière demande une reconnaissance du CO2 biogénique par l’Etat
Lors d’une table ronde organisée par l’association France Gaz le 16 juin, des professionnels de la filière méthanisation ont demandé que le CO2 biogénique soit reconnu par l’Etat, une condition, selon eux, de son développement. Naturellement produit lors du processus de méthanisation, le CO2 biogénique peut être récupéré pour diverses utilisations : agroalimentaire (production de boissons gazeuses), matériaux, pharmacie etc. « Mais l’État ne fait aucune différence lorsqu’un opérateur utilise du CO2 d’origine fossile ou biogénique », déplore Thomas Langlois, directeur général de Carboservice, société acheteuse de CO2. Cette reconnaissance inciterait les industriels à se tourner davantage vers l'origine biogénique ; la filière propose l’octroi de subventions aux producteurs de CO2 biogénique, ou de tarifs préférentiels par rapport à celui d’origine fossile pour les industriels. Pour l’instant, seuls « une trentaine de méthaniseurs sont équipés » pour capter la molécule et la commercialiser, indique Nicolas Spilliaert, coordinateur national dans le domaine chez GRDF. Le marché est amené à croître, notamment avec le développement des e-Fuel (biocarburant pour les véhicules) et e-Saf (biocarburant pour les avions).
Municipales : la part des maires issus du monde agricole a continué de baisser en 2026
À l'occasion des Controverses de l'agriculture, organisées le 16 juin par Réussir-Agra, Pierre-Henri Bono, chercheur en économétrie à SciencesPo/Cevipof, a indiqué que le pourcentage des maires issus du monde agricole (exploitants, retraités agricoles, salariés agricoles) a de nouveau baissé à l'issue des dernières élections municipales. Selon le répertoire national des élus, 14,9 % des maires sont issus du monde agricole en 2026, contre 17,7 % en 2020, et 20,6 % en 2008. La baisse est aussi forte chez les femmes du monde agricole que les hommes, mais elle est d'autant plus marquante chez les femmes que leur place parmi les maires augmente dans le reste de la population, souligne Pierre-Henri Bono. La baisse est particulièrement forte dans les communes de moins de 500 habitants, si bien que la surface administrée par les maires agriculteurs reste stable et que la population concernée augmente. Dans la même ligne, le pourcentage de communes sans élu municipal agriculteur augmente dans les villes de moins de 500 habitants, et reste stable dans les communes de plus de 3 500 habitants. M. Bono souligne l'absence d'élus agriculteurs autour des grandes agglomérations.
Voisinage : une majorité d'agriculteurs évaluent positivement la relation avec leurs voisins
À l'occasion des Controverses de l'agriculture et l'alimentation, organisées le 16 juin, le chercheur en économétrie de SciencesPo Pierre-Henri Bono a livré les derniers résultats du baromètre Voxagri réalisé avec Réussir-Agra, soulignant qu'une majorité d'agriculteurs perçoit positivement ses relations avec le reste de la population de sa commune. Questionnés en mai sur la façon dont ils qualifient, dans leur commune, les relations entre le monde agricole et le reste de la population, 77 % des agriculteurs les évoquent de façon « positive ». Les chercheurs observent un différentiel selon les syndicats agricoles dont ils se sentent les plus proches : 82% des proches de la FNSEA-JA qualifient les relations positivement, 83 % pour les proches de la Confédération paysanne (Conf') et du Modef, et seulement 70 % pour les proches de la Coordination rurale. Malgré cela, plus de la moitié des agriculteurs disent avoir été victimes d'incivilités, 28 % de vols de matériel, 27 % d'injures. Plus de la moitié des agriculteurs déclarent avoir été victimes d'au moins une atteinte morale (62 %), avec des différences notables selon la proximité syndicale : 64% pour les agriculteurs FNSE-/JA, 43 % pour les Conf"-Modef et 73 % pour les CR. Le poids de la répartition géographique n'a pas été étudié.
Exportations : la Chine simplifie les démarches pour l'entrée des denrées alimentaires
Depuis le 1er juin, les établissements producteurs de denrées alimentaires destinées à la Chine voient leur procédures d’enregistrement simplifiées auprès de l’administration générale des douanes (GACC), d’après une information diffusée le 11 juin par l’agence d’informations en ligne Lexportateur.com. Le média s’appuie sur la nouvelle version du règlement chinois relatif à l’enregistrement des établissements étrangers producteurs de denrées alimentaires importées. La simplification tient en plusieurs mesures. La première est le renouvellement automatique de l’enregistrement auprès de la GACC, qui s’applique à toutes les denrées sauf viandes et produits carnés. Mais les entreprises exportant ces produits auront un délai élargi pour déposer leurs demandes de renouvellement : entre 3 et 12 mois avant la date d’expiration de l’enregistrement. Quant aux entreprises souhaitant obtenir un enregistrement, la GACC réduit le nombre de catégories de produits nécessitant une recommandation officielle des autorités compétentes, assouplit ses exigences documentaires, notamment concernant les justificatifs d’identité de l’entreprise, et met en place une procédure accélérée dite « enregistrement par liste ».
Afrique: au Nord du Nigeria, des hommes armés tuent 17 agriculteurs
Des hommes armés ont tué 17 agriculteurs vendredi dans l’Etat de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, ont indiqué à l’AFP un responsable local et des habitants. Des groupes jihadistes et des bandes armées spécialisées dans les enlèvements contre rançon terrorisent les communautés du nord et du centre du Nigeria, où ils mènent des raids meurtriers et imposent des taxes aux agriculteurs souhaitant accéder à leurs terres. Les bandits, circulant à moto et se faisant passer pour des visiteurs, ont ouvert le feu sur des agriculteurs travaillant dans leurs champs du village isolé de Goron Namaye, dans le district de Maradun, selon ces sources. Dix-sept personnes ont été tuées et cinq autres blessées. Alors que la saison des pluies annuelle, cruciale pour le Nigeria, a commencé, les agriculteurs du nord du pays abandonnent leurs terres en raison des attaques de groupes armés, menaçant ainsi l’approvisionnement alimentaire du pays le plus peuplé d’Afrique.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 15 juin
Vendredi 19 juin
Conférence de presse des banques alimentaires sur le gaspillage: état des lieux dix ans après la loi Garot