Abonné

Amoéba est toujours dans l'attente de l'AMM définitive de son biofongicide

- - 5 min
Jean-François Doucet (à gauche) est Directeur Général d’Amoéba et Jean-Marc Petat, Directeur Général de Green for Agro. Crédits : © Perrine Delfortrie

La société Amoéba, qui développe des solutions uniques pour l’agriculture à base d’amibes, est toujours en attente de la signature définitive de l’Anses pour l’autorisation de mise sur le marché de son biofongicide.

Amoéba qui développe des solutions microbiologiques naturelles, à base des lysats d’amibes, uniques au monde, est toujours en attente de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour son biofongicide Axpera, dont le dossier a été déposé le 17 mars 2025 auprès de l’Anses. « D’une bonne nouvelle que nous voulions vous annoncer aujourd’hui, nous venons partager notre frustration. Nous sommes toujours dans l’attente de la signature finale de l’Anses », a ainsi déclaré Jean-François Doucet, Directeur Général d’Amoéba, lors d’une conférence de presse organisée le 24 juin 2026. Une dernière étape administrative qui freine le développement commercial de l’entreprise, alors même que toutes les autres étapes réglementaires ont bien été franchies, notamment l'approbation définitive en Europe en 2025 de la substance active de biocontrôle, sans compter l'autorisation, la même année, de la mise sur le marché de cette solution aux États-Unis. Ainsi en février dernier, Amoéba indiquait entrer dans la dernière ligne droite pour l’obtention définitive de cette AMM et que cette phase administrative pouvait « s'étendre sur plusieurs semaines ».  Une communication qui remonte à 18 semaines maintenant.

Lire aussi : Amoéba reçoit la première commande de Koppert pour son fongicide

Axpera est un produit de biocontrôle de nouvelle génération, avec un double effet, non seulement anti fongique, mais aussi éliciteur, avec une efficacité sur de nombreuses maladies et de nombreuses cultures. Heureusement, sur demande du ministère de l’Agriculture et des filières, cette solution a obtenu en avril dernier en France, et pour la deuxième année consécutive, une dérogation de mise sur le marché d’urgence pour 120 jours (de mai à août 2026) contre le mildiou de la vigne. Et ce dans l’attente de cette fameuse AMM permanente, que la société espère recevoir dans les jours prochains. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une deuxième solution en développement

« Aujourd’hui, la société est dans une phase de bascule. Après plusieurs années de R&D et de nombreux investissements sur l’aspect industriel, mais aussi réglementaire, qui nous a permis de développer une première solution pour laquelle nous avons signé un premier contrat de distribution avec Koppert sur la partie vigne et légumes en Europe et aux USA et qu’un autre en cours de finalisation avec Syngenta, nous sommes bloqués pour des raisons administratives », déplore Jean-François Doucet. Si le cas d’Amoéba est loin d’être un cas isolé, « c’est moins grave pour une grosse entreprise qui a un portefeuille de produits homologués et peut se permettre ce type de délai, que pour une PME comme Amoéba, dont c’est le premier produit, estime quant à lui Jean-Marc Petat, Directeur Général de Green for Agro, filiale d’Amoéba dédiée au biocontrôle et biostimulant. Et il est pour le moins paradoxal, qu’en tant que PME française, notre solution soit déjà homologuée aux États-Unis depuis fin 2025 et toujours pas en France. Nous respectons l’indépendance scientifique de l’Anses, mais là, on ne parle plus de science, puisque tous les feux sont au vert, on parle de délais administratifs. Et ça n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les filières qui attendent nos solutions, pour faire face aux restrictions réglementaires et aux interdictions de certaines molécules, en France et en Europe ».  

Lire aussi : La solution fongique à base d’amibes d’Amoéba plusieurs fois primée

Pour autant, si cette absence d’homologation retarde certaines des décisions d’Amoéba, elle ne bloque pas sa stratégie. Outre le développement en cours d’un ingrédient, toujours à base d’amibes, à destination des fabricants de cosmétiques dans le domaine de l’anti-âge et du renouvellement cellulaire, la société travaille également au développement d’une deuxième solution, en biofertilisant ou en biostimulant. « Nous avons conduit des essais en 2025 et obtenus des résultats détonants, de l’avis de nos partenaires, sur la laitue et le maïs, comparé à un engrais simple, qui nous ont incité à poursuivre ces développements. En 2026, nous avons lancé un programme plus ambitieux avec des essais en plein champs de cette solution qui serait utilisée en priorité en maraichage, vigne et arboriculture », explique Jean-Marc Petat. La société espère faire un premier bilan sur ces essais en fin d’année.