Céréales : vers une récolte française 2026 moyenne en blé tendre et en orge
Contacté par Agra Presse, un pool de professionnels de la filière céréalière a indiqué s’attendre à une récolte française de blé tendre à environ 32-33 Mt, et de 10,5-11,5 Mt en orge. En blé tendre, certains vont même jusqu’à 34 Mt, pendant que d’autres se rapprochent des 31 Mt. En orge, les plus optimistes se rapprochent des 12 Mt, alors que les plus pessimistes évoquent des niveaux proches de 10 Mt. Si ces chiffres se confirmaient, il s’agirait de récoltes « moyennes », voire « moyennes basses », évoque l’une des parties prenantes contactée. Quant à la qualité, les taux de protéines attendus sont plutôt élevés pour les deux espèces. Cette prévision reste très provisoire, car les effets de la succession chaud-frais, et surtout des coups de chaud, reste difficile à mesurer sur les céréales à paille. Les retours terrain parlent de rendements très hétérogènes en orge. Jean-Pierre Cohan, directeur R & D d’Arvalis, rappelle que « nous avons vécu ces dernières semaines un enchaînement d’événements climatiques étranges, totalement inédit ». Ajoutons à cela que les coupes sont très loin d’être achevées. L’incertitude fait que l’intégralité des professionnels qui ont accepté de livrer leurs projections chiffrées a souhaité conserver l’anonymat.
Reliquats d'aide bio : la DGPE propose de flécher 93 M€ vers l'assurance récolte
Dans le cadre des négociations interministérielles concernant la redistribution de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 120 M€/an, la DGPE (ministère de l'Agriculture) a proposé, dans un courrier envoyé, pour avis écrit, le 19 juin aux membres du Comité national de suivi du Plan stratégique national (PSN), de réaffecter 93 millions d'euros à l'assurance récolte. Des ajustements techniques sont aussi proposés pour «tenir compte de l'augmentation de la part Feader dans le financement de l'assurance-récolte». Cette annonce correspond à la crainte de plusieurs proches du dossier depuis plusieurs semaines. Bercy souhaitrait mettre la main sur ces fonds européens, pour réaliser des économies sur le budget de l'État. La manœuvre consiste à flécher cette enveloppe Feader non consommée vers l'assurance récolte (dont le cofinancement européen est variable et peut grimper jusqu'à 65 %), pour diminuer la part de cofinancement de l'État. Le reste de la ventilation des reliquats est encore attendu. Les régions ne connaissent toujours pas le montant alloué aux aides à l'investissement. Pour rappel, Annie Genevard a annoncé au printemps que 40 millions d'euros issus de ces reliquats seraient fléchés vers les Maec, pour les zones intermédiaires et la bio. Mais l'inquiétude monte concernant le cofinancement de ces aides par l'Etat.
Volaille : surmortalité importante, 80 élevages sinistrés dans le Morbihan
La canicule de ce mois de juin 2026, du fait de températures jamais atteintes pendant plusieurs jours d’affilée, entraîne « une surmortalité sans distinction de mode d’élevage », rapporte à Agra Presse le directeur de l’interprofession des volailles de chair (Anvol), Yann Nédelec. Par exemple, la cellule de crise réunie depuis le lundi 22 juin autour préfet du Morbihan fait état, à date du 24 juin, de près de 80 élevages avicoles sinistrés d’après le communiqué préfectoral. La mortalité touche davantage le poulet que d’autres production et survient plus particulièrement dans des bâtiments vétustes ou/et dans lesquels la ventilation est statique (par des trappes), selon les informations recueillies par Agra Presse. Les poules pondeuses sont moins concernées mais le président de l’interprofession des œufs (CNPO) Yves-Marie Beaudet confie son impression qu’ « on arrive en limite de nos capacités techniques ». Dans ces circonstances, les chambres d’Agriculture rappellent aux éleveurs, par un communiqué du 24 juin, que leur plateforme ClimatBat les alertent et mettent à leur disposition des conseils et recommandations pratiques en cas de canicule.
Influenza : un oiseau porteur du virus dans un second Etat d’Australie
Des scientifiques ont détecté la souche H5 de l’influenza aviaire hautement pathogène dans un nouvel Etat australien, l’Australie-Méridionale, après un premier cas confirmé le 20 juin chez un oiseau marin migrateur en Australie-Occidentale, a annoncé le 24 juin le gouvernement. «C’est évidemment préoccupant, mais compte tenu de la propagation mondiale du virus H5, il n’est pas surprenant que d’autres oiseaux migrateurs aient pu arriver dans d’autres régions du littoral australien», a déclaré la ministre de l’Agriculture, Julie Collins, à la presse. Le Premier ministre, Anthony Albanese assuré samedi que son gouvernement prendrait des mesures pour contenir la propagation de la maladie. Les responsables australiens de la santé animale et de l’agriculture se sont rencontrés en vue d’apporter une réponse nationale. L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) indiquait mi-mai dans un rapport que seule l’Océanie était encore épargnée, ce qui n’est désormais plus le cas. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, voisine de l’Australie, a brièvement suspendu ses importations d’œufs et de viande de poulet australiens, mais cette mesure a depuis été levée, à quelques exceptions près.
Nutrition : Genevard lancera une conférence sur les accords collectifs sucre et gras
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé le 24 juin une conférence avec les professionnels sur la question de la réduction du sucre et du gras dans les produits alimentaires. « Je lancerai à la mi-juillet, avec les ministres de la Santé et de l'Economie, une conférence sur les accords collectifs afin d'aller plus loin, notamment sur le sucre et les graisses », a-t-elle déclaré lors de la Convention annuelle de l’Ania (industriels). Vantant la capacité des professionnels à conduire une « démarche volontaire et collective, (…) preuve que l'industrie agroalimentaire sait se mobiliser pour la santé publique », la ministre a donnée son avis sur les taxes comportementales visant les boissons sucrées. « Nous avons combattu fortement les taxes comportementales qui s'apparentent à des vœux pieux et manquent quasiment toujours leur cible. C'est fort, ça, très fort, une taxe qui rate sa cible. Et qui fragilise la base sur laquelle elle est installée. Alors ça, c'est vraiment la chose la plus la plus bête », a-t-elle insisté. Annie Genevard a déclaré vouloir « réenchanter l'image de l'industrie agroalimentaire », refusant de « laisser prospérer les mensonges, les calomnies (…) qui émanent de petits groupes mal intentionnés qui poursuivent un agenda aux antipodes de l'intérêt général et certainement au service d'autres intérêts qu'on ne connaît pas toujours. »
Climat/biodiversité : une mission parlementaire se penche sur l’alimentation ultra-transformé
Une mission d’information sur les effets des aliments ultra-transformés (AUT) sur le climat, la biodiversité et la pollution a été lancée le 24 juin à l’Assemblée nationale, ont rapporté nos confrères du Monde. Les AUT désignent des produits ayant subi de multiples étapes de transformation industrielle et contenant des ingrédients ou additifs utilisés spécifiquement par l’industrie agroalimentaire. Si leurs conséquences sanitaires délétères font désormais l’objet d’une abondante littérature scientifique, leurs effets sur l’environnement sont moins connus. Dans sa note d’intention, le député Antoine Vermorel-Marques (LR, Loire), co-rapporteur de la mission avec Loïc Prud’homme (apparenté LFI, Gironde), relève que « les AUT demeurent un angle mort des politiques publiques environnementales », alors que de premières études quantitatives laissent entrevoir « un tableau préoccupant ». L’objectif de la mission sera donc de déterminer si, en raison des ingrédients utilisés et des procédés de production, ces produits engendrent un surplus d’émissions de carbone, d’effets sur la biodiversité et de pollution plastique. Loïc Prud’homme, qui avait présidé en 2018 une commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle, souligne que cette catégorie d’aliments requiert des ingrédients « hypercalibrés », comme l’amidon de maïs, qui reposent sur des systèmes de production très intensifs.
Pesticides/Justice pour le vivant: les ONG vont saisir à nouveau la justice
Les ONG de l’affaire Justice pour le vivant, qui ont fait condamner l’Etat à revoir ses procédures d’autorisation des pesticides, ont annoncé le 23 juin qu’elles allaient de nouveau saisir la justice pour le contraindre à mettre en oeuvre pleinement cette décision. La cour administrative d’appel de Paris avait condamné, en septembre 2025, l’Etat à revoir ses procédures d’autorisation des pesticides, jugées insuffisantes pour garantir le maintien de la biodiversité et la protection de la santé. Elle avait ordonné de procéder sous 24 mois à «un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées» pour ces produits et de communiquer sous six mois un «calendrier prévisionnel de réexamen». Les cinq ONG de défense de l’environnement (Pollinis, Notre Affaire à tous, l’Association nationale de protection des eaux et rivières, Biodiversité sous nos pieds, et ASPAS) à l’origine de l’affaire ont reçu ce plan du gouvernement au mois d’avril mais l’estiment insuffisant, pour trois raisons: il ne retient que sept pesticides à réexaminer, se limite à rechercher des effets sur les abeilles au lieu de l’ensemble du vivant et ne prend pas en compte les «effets cocktails», c’est à dire le mélange de molécules.
Chlordécone: plus de 80% de la population de Guadeloupe et Martinique contaminée (étude)
Plus de 80% des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés au chlordécone et un sur six dépasse le seuil de risque sanitaire, révèle une étude de Santé publique France (SpF), qui confirme une persistance généralisée de ce pesticide plus de trente ans après son interdiction. La part d’adultes présentant du chlordécone détectable dans le sang atteint 81,3% en Guadeloupe et 85,5% en Martinique, selon l’étude Kannari 2, menée auprès de quelque 1.170 adultes en Guadeloupe et 1.150 en Martinique et publiée le 24 juin (heure de Paris). En Guadeloupe, 14,3% des adultes dépassent la valeur toxicologique de référence interne (VTRi), fixée par l’Anses à 0,4 microgramme par litre, un taux qui atteint 18,7% en Martinique. Ce seuil marque le niveau au-dessus duquel «le risque d’apparition d’effets sur la santé au sein de la population ne peut être exclu», précise SpF. Lancée en 2024, l’étude Kannari 2 actualise un précédent travail de 2013-2014, qui établissait que plus de neuf Antillais sur dix étaient contaminés. Malgré une «légère amélioration», l’imprégnation «persiste à un niveau généralisé» chez les habitants des deux territoires, avec toutefois «de fortes disparités». Le faible recul de la contamination s’explique notamment par «le fait que certains aliments, même s’ils sont conformes à la mise sur le marché, ne sont pas à zéro chlordécone», a expliqué à l’AFP Jacques Rosine, délégué régional de SpF pour les Antilles.
Cuivre/vin : un fabricant espagnol de pesticide débouté de son recours
La justice administrative a débouté le 23 juin le fabricant espagnol de pesticides IQV de son recours contre la décision de l'Anses de ne pas réautoriser des produits contenant du cuivre. Associés à la procédure, la Cnaoc, France Vin Bio et la FNSEA ont déploré cette ordonnance, trois mois après une autre décision inverse du même tribunal administratif de Melun : le juge des référés avait alors suspendu les restrictions d'usage imposées au fabricant allemand Cosaco. Les organisations estiment dans un communiqué que la décision rendue en référé le 23 juin « ne clôt pas le débat de fond ». IQV demandait à la justice de suspendre l'exécution de la décision de l'Anses de juillet 2025, arguant notamment que la vente de ses produits à base de cuivre représentait « 30 % du chiffre d'affaires total réalisé en France ». La firme espagnole soutenait également que l'agence n'avait pas tenu compte d'études démontrant « une absorption cutanée du cuivre très faible ». Un argument rejeté par l'Anses, qui estimait que les études citées n'étaient « plus pertinentes scientifiquement ». Dans son ordonnance, le tribunal n'a retenu aucun argument propre « à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ». Estimant que la justice « ne conteste pas l'urgence agricole », le président de France Vin Bio Sébastien David a invité les firmes « à mieux structurer leur dossier ».
Horticulture : appel à projets pour un «jardin d’essais» des variétés Label Rouge
Excellence Végétal, l’organisme qui gère les produits horticoles sous signes de qualité, lance un appel à projets visant à la création d’un « jardin d’essais » pour l’évaluation et le suivi de la qualité supérieure des végétaux Label Rouge, explique-t-il sur son compte LinkedIn. Ce futur lieu, couvrant un hectare, accueillera plusieurs catégories de végétaux – rosiers, arbres fruitiers, framboisiers, gazons, géraniums, dahlias, plants de tomates et potentiellement d'autres espèces à l'avenir – afin d'assurer leur observation et leur évaluation dans des conditions homogènes sur plusieurs années. L’objectif d’Excellence Végétale est de disposer d'un site de référence permettant aux experts de « suivre durablement les performances des végétaux et de contribuer à l'amélioration continue des démarches de qualité Label Rouge ». Pour cela, l’organisme recherche une parcelle homogène, non ombragée avec un accès à l’eau, située dans la région d'Angers (25 km maximum) pour quatre ans minimum à compter du 1er octobre 2026. Le suivi technique, les observations et les notations seront réalisés par des experts mandatés dans le cadre du projet. La date limite pour candidater est fixée au 20 août.
Horticulture: les pots de plants rempotés ensuite par un professionnel exclus de la REP
L’interprofession horticole (Valhor) communique sur les nouvelles obligations concernant directement certaines entreprises du secteur du végétal, dans le cadre de la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) Emballages professionnels à partir du 1er juillet. Les emballages des produits vendus à un client final professionnel peuvent entrer dans le champ de la REP emballages professionnels. Valhor avertit sur le cas des pots plastique : tout dépend de leur usage : un pot vendu avec la plante à un client final professionnel relève de la réglementation. En revanche, un pot utilisé uniquement pendant la phase de production n’entre pas dans ce cadre. « Par exemple, si un producteur A vend un jeune plant à un producteur B, et que ce dernier rempote ensuite la plante dans un autre contenant, le premier pot peut être considéré comme un pot de production. Dans ce cas, il ne relève pas de la REP emballages professionnels », précise l’interprofession. Valhor conseille donc aux professionnels concernés (producteurs de plantes, importateurs, distributeurs…) d’identifier dès maintenant les emballages mis sur le marché à destination de clients professionnels et d’évaluer les volumes et les matériaux concernés.