Farm Bill : le Sénat américain publie son projet de texte et entame à son tour ses travaux
Le président de la commission de l’Agriculture du Sénat américain, le républicain John Boozman, a publié le 23 juin sa proposition de loi agricole, le « Farm Bill 2.0 ». Ce projet de texte reprend dans les grandes lignes la position de la chambre des représentants adoptée il y près de deux mois. Pour pouvoir passer, ce texte doit recueillir une majorité qualifiée de 60 voix en plénière (sur 100) et des élus démocrates devront donc voter en faveur de celui. Pour faciliter l’adoption, John Boozman a ainsi retiré deux dispositions controversées concernant l'étiquetage des pesticides et la proposition 12 de Californie sur le respect de certaines exigences en matière de respect des normes de bien-être animal. Pour s’assurer du soutien d’élus républicains, il n’a pas non plus intégré à sa proposition la question sensible de la vente toute l’année d’essence contenant de l’éthanol (E15). De son côté, le clan démocrate se félicite de certaines dispositions bipartisane mais estime que ce projet « ne tient pas compte des coupes dévastatrices affectant le programme SNAP ni du transfert de financement aux contribuables des États, instaurés par la loi HR 1 ». Une fois le texte adopté, les sénateurs devront s’entendre avec la Chambre pour négocier un compromis qui devra ensuite être approuvé et transmis au président des États-Unis.
Projet de loi de finances 2027: les priorités de Genevard pour le budget de son ministère
Dans un entretien publié par le quotidien Les Echos, le 28 juin, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a livré ses «priorités» pour la discussion du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, en vue duquel le Premier ministre a demandé à ses ministre de faire des propositions d'économies. «La première, c'est tout ce qui concourt à la souveraineté alimentaire», a indiqué Annie Genevard. La ministre précise qu'elle prévoit «une réponse budgétaire» aux conférences de la souveraineté, dont les conclusions des déclinaisons régionales doivent être présentées mi-juillet : «Il y a énormément de projets, nous allons travailler à une réponse budgétaire. L'Etat ne va pas tout financer, mais viendra aider à amorcer les projets.» La ministre a aussi citer comme «autres priorités» les «projets liés à la gestion de l'eau», «les crédits pour la planification écologique et l'adaptation au changement climatique» et enfin «l'enseignement agricole, où il y a de plus en plus d'élèves.» Pour rappel, le ministère de l'Agriculture a récemment proposé que 97 millions d'euros de reliquats d'aides européennes pour la bio soient fléchés vers l'assurance récolte, faisant craindre une baisse de crédits nationaux pour ce dispositif, par un jeu de modulation du cofinancement.
Relations commerciales : les demandes des coopératives pour la loi d'urgence
Dans un communiqué paru le 26 juin, la Coopération agricole (LCA) a fait état de ses attentes sur la loi d’urgence agricole, dont l'examen en séance publique au Sénat débute le 29 juin. Les coopératives souhaitent que soient prises en compte « l’obligation pour les distributeurs de justifier leurs demandes de déflation faites aux fournisseurs et l’amélioration de la clause de révision intégrée aux conditions générales de vente ». Par ailleurs, « la sécurisation des fournisseurs de marques distributeurs face aux appels d’offre répétés doit, coûte que coûte, être conservée dans le texte. » Un article du texte gêne en particulier les coopératives, celui permettant de terminer les négociations commerciales plus tôt pour les PME par rapport aux grandes entreprises. « Ce type de dispositif n’a jamais apporté de réponses à la hauteur de nos enjeux », juge sèchement LCA, qui voudrait plutôt que soit instauré une différence de traitement en faveur des coopératives par rapport aux entreprises privées. Quant aux tunnels de prix, les coopératives souhaitent que leur mise en place soit une compétence exclusive des interprofessions sans que l’Etat puisse en décider.
Foncier : une PPL pour assouplir le contrôle des mises à disposition en zone de montagne
Déposée le 23 juin à l’Assemblée, une proposition de loi (PPL) sur l’agriculture en zone de montagne envisage des mesures concernant le foncier, la taille des haies et des arbres, le défrichement. Le texte de la socialiste Marie-José Allemand vise à assouplir le contrôle de la mise à disposition des surfaces de petite taille. Ce dernier est source de « nombreuses difficultés sur le terrain », il « fragilise l’accès des agriculteurs aux aides de la Pac », selon l’exposé. En cause, l’obligation de fournir à l’administration des justificatifs écrits, alors qu’une part importante des terres sont exploitées dans le cadre de baux verbaux. La PPL propose que les agriculteurs en soient « dispensés (…) pour les parcelles cadastrales situées en zone de montagne d’une superficie inférieure à un hectare, dès lors qu’ils sont en mesure de démontrer l’exploitation effective de ces parcelles ». Un autre article vise à adapter la durée d’interdiction de taille des haies et des arbres. Il s’agit de la ramener de 21 à 17 semaines, « pour tenir compte des spécificités agroclimatiques » afférentes aux zones de montagne. Enfin, la PPL facilite le défrichement. Depuis 2014, cette pratique est soumise à une compensation obligatoire. Le texte prévoit qu’en zone de montagne, l’indemnité soit « plafonnée à une valeur définie par décret ».
Pesticides : le syndicat des eaux d’Ile-de-France veut mettre à contribution les fabricants
Le syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), qui alimente près de quatre millions de Franciliens (hors Paris) en eau potable, a annoncé le 20 juin avoir engagé, deux jours plus tôt, deux recours afin d’obtenir que les fabricants de produits phytopharmaceutiques contribuent au financement de la dépollution des eaux. Le Sedif a confié à son délégataire, Veolia, la modernisation de ses trois usines d’eau potable, afin de retenir les « polluants éternels », les plus difficiles à décontaminer, pour un montant d’un milliard d’euros (hors taxes). Il déplore que la dépollution de l’eau repose « exclusivement sur les collectivités, les gestionnaires de l’eau et les agriculteurs utilisateurs » de pesticides. Le premier recours, adressé au Premier ministre sous la forme d’un recours préalable et gracieux, demande d’étendre la responsabilité élargie du producteur, restreinte aux pesticides à usage « ménager », aux « produits professionnels et agricoles ». Le second, déposé auprès de la Commission européenne, vise à inclure les pesticides dans la nouvelle directive européenne sur l’assainissement des eaux usées, en cours de transcription dans les États membres. Faute de réponse positive dans les deux mois, le Sedif envisage de revenir à la charge, en saisissant le Conseil d’État au niveau français et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Eau : des parlementaires lancent un groupe de travail transpartisan
À quelques jours de l’examen en séance publique au Sénat du projet de loi d’urgence agricole, un groupe de travail parlementaire transpartisan (hors RN), soutenu par les six présidents de comités de bassin, a été lancé le 25 juin. Portée par le sénateur Hervé Gillé (SOC, Gironde), la députée Agnès Pannier-Runacher (EPR, Pas-de-Calais), ancienne ministre de la Transition écologique, et le député Fabrice Barusseau (SOC, Charentes-Maritimes), l’initiative vise, à court terme, à constituer des majorités capables de s'opposer à certains amendements « scélérats », selon M. Gillé, du projet de loi d'urgence agricole, tout en élaborant « un nouveau Pacte national pour l’eau » tenant compte des effets du changement climatique. Si les initiateurs estiment que le changement politique impose de repenser la politique de l’eau, ils s’opposent toutefois à « une lecture idéologique, ou purement économique ». Ils défendent une stratégie reposent sur la sobriété, l’amélioration de l’efficacité des usages, la réutilisation des eaux usées traitées, la préservation des zones humides et le développement raisonné des capacités de stockage lorsque les besoins territoriaux le justifient ». L’idée étant de concilier l’accès à une eau potable de qualité, la préservation des milieux aquatiques, la résilience des territoires face au changement climatique tout en répondant aux besoins de l’agriculture et de l’industrie.
Eau : dans le nord de l’Italie, le niveau trop bas du Pô inquiète
Le niveau du Pô n’est jamais descendu aussi bas, aussi tôt: dans le nord-est de l’Italie, la chaleur précoce fait craindre une sécheresse destructrice dès le mois de juillet. En quelques jours, le débit du plus grand fleuve de la péninsule s’est effondré, passant lundi sous les 300 m3/s, contre une moyenne de 1.500 m3/s en juin, selon l’Aipo, l’agence interrégionale chargée de sa surveillance. Le niveau de ce fleuve, qui irrigue des vastes cultures de maïs et de soja, «n’est jamais descendu aussi vite, aussi tôt», alerte Stefano Calderoni, de l’association italienne de l’irrigation (Anbi), interrogé par l'AFP. L’hiver a été pluvieux, mais la neige accumulée en montagne - essentielle pour alimenter les lacs au printemps - a déjà fondu sous l’effet des températures élevées. A l’aval, la situation est déjà critique. L’eau de mer est remontée sur près de 20 kilomètres à l’intérieur du fleuve, selon l’autorité du Pô. Cette intrusion saline commence à contaminer les terres agricoles du delta, patiemment conquises sur les marais au fil des siècles. Le riz, culture emblématique, n’est déjà plus cultivé près du littoral. Les agriculteurs étudient aussi de nouveaux barrages ou retenues d’eau, mais «on a peur que toutes ces réalisations ne suffisent jamais», souffle M. Laurenti, ingénieur chargé de l’irrigation dans la zone.
Céréales : les conditions de cultures se dégradent, surtout en maïs
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 26 juin, FranceAgriMer rapporte une dégradation des conditions de cultures de céréales entre les 15 et 22 juin. Mention spéciale pour le maïs : le taux de plantes se développant dans des conditions bonnes à très bonnes passe de 84 % à 76 % d’une semaine sur l’autre, contre 81 % l’an dernier à la même époque. Les effets de la deuxième vague de chaleur semblent se faire ressentir. Pour rappel, le gouvernement, avec toute la prudence qu’il se doit, beaucoup de choses pouvant se passer jusqu’à la prochaine récolte, a annoncé la veille s’attendre à une baisse des potentiels de rendements. Comme le craignent des professionnels, les cultures ont de l’avance dans leur développement. Le stade floraison femelle est atteint dans 4 % des cas, contre 1 % l’an dernier à la même époque (1 % en moyenne sur les cinq dernières années). Autres cultures particulièrement touchées : l’orge de printemps et le blé dur, dont les taux de développement bon à très bon passent respectivement d’une semaine sur l’autre de 67 % à 63 % (67 % en 2025, récoltes faites à 7 %) et de 64 % à 58 % (71 % en 2025, récoltes faites à 19 %). En blé tendre, il passe de 76 % à 74 % (68 % en 2025), avec une récolte faite à 7 %, et de 73 % à 71 % en orge d’hiver (64 % en 2025), avec une récolte faite à 42 %.
Orge d'hiver : rendements légèrement inférieurs à la moyenne chez Axéréal
Dans un communiqué du 26 juin, le groupe coopératif Axéréal a indiqué que « les rendements sont légèrement inférieurs à la moyenne » en orges d’hiver et fourragères sur sa zone d’influence qu’est la région Centre-Val de Loire (et départements limitrophes), dont les récoltes sont quasiment achevées. Le groupe rapporte une très forte hétérogénéité dans les résultats, affichant une fourchette de 50 à 80 q/ha. Les qualités sont en revanche satisfaisantes, « conformes aux attendus », avec des bons poids spécifiques (PS), dont la moyenne tournerait autour des 67-68 kg/hl. Les taux de protéines seraient élevés, sans plus de précision, mais qui correspond aux échos reçus par Agra Presse ces derniers jours. « Les orges de printemps semées en automne semblent correctes, avec là aussi des rendements hétérogènes et une qualité au rendez-vous », relate Axéréal. En revanche, « nous prévoyons à ce stade des orges de printemps semées au printemps aux qualités plus faibles, notamment en termes de calibrage ». Elle assure que, si la tendance se confirme, le travail du grain permettra postérieurement d’aligner « les qualités sur les attendus ». La récolte de colza est faite à 36 % environ, avec des taux d’huile corrects. En blé tendre, la moisson est réalisée à 11 %, avec une qualité satisfaisante pour le moment. Le coup de chaud sur les pois et féveroles devrait en revanche donner des résultats inférieurs aux attentes.
Cassis/groseilles : avec la canicule, la filière refoute une forte chute de production
Alors que la récolte 2026 de cassis et de groseilles s’annonçait prometteuse, l’épisode caniculaire exceptionnel qui touche la France bouleverse les perspectives de production attendue jusque-là par la filière. Au sein de Vergers d'Anjou, première coopérative française de production de cassis et de groseilles, les producteurs constatent des pertes déjà estimées entre 30 % et 50 %, avec un risque d'atteindre 70 % dans certaines parcelles, indique son président, Albert Richard, dans un post publié sur LinkedIn le 26 juin. Les fortes chaleurs ont provoqué des brûlures sur les fruits, leur dessèchement ou leur chute prématurée, rendant par endroits la récolte impossible. Interrogée par Agra Presse le 25 juin, l’Association nationale du cassis et de la groseille (ANCG) fait part des mêmes inquiétudes. Au-delà des conséquences économiques pour les producteurs, la baisse des volumes pourrait affecter l’ensemble de la filière, des transformateurs aux industriels, jusqu’aux consommateurs. Les professionnels redoutent également que ces épisodes climatiques ne fragilisent le potentiel de production des campagnes à venir. « Cette situation nous rappelle l'urgence d'accompagner notre agriculture face au dérèglement climatique », estime M. Richard. La France produit habituellement quelque 7 000 tonnes de cassis sur 2 000 hectares, une production modeste à l'échelle mondiale.
Endives : des prix bien orientés sur la campagne 2025/2026 (ministère)
Selon une note de conjoncture (Agreste) publiée le 1er juin par le ministère de l’Agriculture (Agreste), les prix des endives ont été supérieurs de 18 % à ceux de la campagne 2024-2025 et de 5 % à la moyenne des prix 2021-2025 sur le même mois ». Pourtant la production française d’endives atteindrait 134 300 tonnes pour la campagne 2025-2026, en hausse de 5 200 tonnes, soit + 4 % par rapport à 2024-2025, mais inférieure de 2 % à la moyenne quinquennale. « La production serait en forte baisse dans le bassin Ouest (-22 % sur un an et -24 % par rapport à la moyenne quinquennale), avec un impact limité sur la récolte nationale largement portée par le Nord », précise Agreste. Les surfaces sont estimées à 8 472 hectares, en baisse de 4 % par rapport à la campagne précédente, mais supérieures de 2 % à la moyenne 2020-2024. Quant à la consommation, elle a été en baisse en février et mars (vacances scolaires, arrivée des légumes de printemps), ce qui a contribué au décrochage des prix. En avril, la maîtrise des volumes commercialisés (diminution des mises en bacs, destruction en exploitation) a évité d’engorger le marché. Le temps froid au début de mois de mai a relancé la consommation, ce qui a soutenu les prix.
Tomate : au Royaume-Uni aussi, le Maroc prend des parts de marché à l'Espagne
Depuis le Brexit, les exportations marocaines de tomates vers le Royaume-Uni ont largement progressé, tandis que les exportations espagnoles reculaient, souligne la Fepex (exportateurs espagnols) le 23 juin. Pour les commerçants espagnols, le Brexit a participé à cette dynamique. « D'une part, les coûts et la complexité des exportations vers le Royaume-Uni ont augmenté depuis le Brexit. D'autre part, il a réduit l'avantage concurrentiel des opérateurs européens, qui évoluaient auparavant sans barrières au sein du marché unique». De leur côté, les chiffres n'apportent pas la démonstration d'un effet Brexit. Certes, l'origine espagnole a fortement reculé entre 2016 et 2026, passant de 137 967 tonnes à 57 458 tonnes. Et pendant ce temps, les exportations marocaines vers le Royaume-Uni ont progressé de 157 % entre 2016 et 2025, passant de 49 843 tonnes à 126 203 tonnes. Mais, nuance la Fepex, « si l'on compare avec 2021, année du retrait effectif du Royaume-Uni de l'UE, la croissance des exportations de tomates marocaines vers le Royaume-Uni est restée stable, passant de 110 846 tonnes en 2021 à 126 203 tonnes en 2025 ». De plus, l'Union européenne a subi le même phénomène que le Royaume-Uni : les importations européennes de tomates fraîches marocaines sont passées de plus de 350 000 tonnes en 2015/2016 à près de 600 000 tonnes en 2025.
Prairies : avant la 2e canicule, la pousse de l’herbe déjà fortement ralentie (ministère)
« Au 20 juin 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est conforme à celle observée à cette même date durant la période de référence », constate le service de statistique du ministère de l’Agriculture dans une note Agreste publiée le 26 juin. A noter que la période d’observation n’inclut pas la vague caniculaire débutée le 20 mai. « Toutefois, le manque de pluie se fait progressivement sentir dans l’ensemble des régions ». Sur le dernier mois, la pousse a été nettement inférieure à la normale (entre - 20 % et -50 %) sur un axe allant du nord de l’Aquitaine à l’Alsace. La situation se complique dans le Limousin et en Poitou-Charentes où le déficit cumulé est proche de 15 % alors que la pousse était encore excédentaire au 20 mai. La pousse cumulée est encore supérieure de 15 % à la normale en Auvergne-Rhone-Alpes et Franche-Comté, mais dans ces régions également, la situation s’est dégradée puisque l’excédent était de 30 % il y a un mois. Sur la période récente, la situation a été moins défavorable dans le quart nord-ouest où la pousse cumulée demeure légèrement excédentaire. » Les régions de montagne sont préservées pour l’instant avec une pousse restant excédentaire entre le Massif-Central, le Jura et les Alpes.
Méthanisation : le chiffre d’affaires de Solagro dépasse pour la première fois les 4 M€
Dans un communiqué du 26 juin, l’association spécialisée dans la méthanisation Solagro a annoncé avoir atteint un chiffre d’affaires record en 2025, à 4,622 M€, en hausse de 21 % par rapport à l’an dernier, et dépassant pour la première fois la barre des 4 M€. De son côté, le résultat courant avant impôt grimpe de 55 % annuellement, pour atteindre 194 000 €. La bonne dynamique de l’entité lui a permis de recruter 14 personnes. La filière méthanisation agricole est en plein essor, bénéficiant à Solagro. Ce dernier précise que son activité peut se décliner en trois métiers : la recherche-prospective, l’ingénierie-conseil et la formation-animation. Pour le premier, la contribution au chiffre d’affaires augmente de 5 % annuellement, représentant 37 % du total. La part de l’ingénierie-conseil régresse légèrement, contribuant à 27 % du chiffre d’affaires. Celle de la formation-animation participe à hauteur de 36 %, avec un dynamisme particulier pour la formation. Cette dernière voit sa part doubler par rapport à 2024, pour atteindre 85 000 €.
Agroalimentaire: la valeur ajoutée du secteur recule de 15% sur la période post-Covid (étude)
« La valeur ajoutée de l’industrie agroalimentaire (IAA) est inférieure de près de 15% à sa tendance pré-Covid », si l’on en croit une étude de la Banque de France signée de Mélanie Couëffé, de la direction de la conjoncture et des prévisions macroéconomiques. A titre de comparaison, fin 2025, en France, la valeur ajoutée manufacturière demeure environ 8% au‑dessous de sa tendance pré‑Covid. Si la crise sanitaire a permis une forte hausse de cette valeur ajoutée, celle-ci s’est nettement contractée. « Malgré un rebond en 2024, elle reste, au quatrième trimestre 2025, environ 15 % au-dessous de sa tendance 2015-2019 », peut-on lire. Le repli a commencé dès 2022, en conséquence de la forte inflation alimentaire générée par la guerre en Ukraine et, par suite, du recul sans précédent de la consommation. Dans les faits, il y a moins de production, moins de consommation, et une orientation claire vers les produits d’entrée de gamme, à moindre valeur ajoutée. Les IAA rencontrent plusieurs difficultés persistantes, selon l’étude, notamment en ce qui concerne les approvisionnements qui touchent encore 16% des entreprises contre 40% en 2022, et les recrutements qui sont difficiles pour une entreprise sur deux.
Emballages professionnels : l'entrée en vigueur de la REP reportée de «quelques mois»
Dans sa lettre d'information du 26 juin, la Confédération des grossistes de France (CGF) triomphe du fait que Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, ait annoncé la veille, à l’assemblée générale des Entrepreneurs (CPME), que l’entrée en vigueur du système contributif REP (responsabilité élargie du producteur) pour les emballages professionnels, prévue le 1erjuillet, serait « reportée de quelques mois ». Ce report « permettra aux entreprises une mise en œuvre opérationnelle plus sereine et mieux anticipée », commente la CGF dans son compte-rendu. La REP pour emballages professionnels, qui englobe la REP pour emballages de gros format destinés à la restauration, consiste en un système « pollueur-payeur » dans lequel le « producteur » (conditionneur) d’un emballage (fût, caisse, film, palette, calage…) servant à livrer ou approvisionner un professionnel verse une éco-contribution à un éco-organisme chargé de gérer la fin de vie de ces emballages (à moins de monter sa propre filière). A ce jour 3 éco-organismes sont agréés par l’Etat : Citeo Pro, Twiice et Léko Pro). Les producteurs de Légumes de France (FNSEA) étaient aussi demandeurs d’un moratoire afin de clarifier quel opérateur était « producteur ».
Conflit chez Castel: la direction contre-attaque et évince la fille du fondateur
La direction de Castel, en conflit avec la famille du fondateur du géant des boissons, a contre-attaqué le 26 juin en évinçant la fille et le neveu de Pierre Castel (99 ans) du conseil d’administration de la filiale vins, entité historique du groupe. Souhaitant le départ du directeur général Gregory Clerc, nommé en 2023, Romy Castel et Alain Castel avaient saisi début 2026 la justice de Singapour, où se trouve le siège de la holding de tête du groupe, pour obtenir une révocation du dirigeant suisse d’un de ses mandats d’administrateur. Une audience est programmée fin juillet. Le camp de Gregory Clerc a répliqué en les révoquant vendredi à l’assemblée générale de Castel Vins, filiale pesant 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024, sur un total de 6,5 milliards d’euros pour le groupe aux 40.000 employés. «Madame Romy Castel et Monsieur Alain Castel ont multiplié des actions incompatibles avec les intérêts du groupe», justifie le conseil d’administration de DF Holding, maison mère à 99,9% de Castel Vins, dans un communiqué transmis à l’AFP. Leur révocation devrait, par ricochet, conduire à l’éviction d’Alain Castel de la filiale viticole, qu’il dirige depuis deux décennies.