Pouvoir d’achat: le gouvernement ne touchera pas au SRP et à la TVA, affirme Bercy
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a indiqué, le 7 juillet devant les députés de la commission des Finances, que le gouvernement ne comptait pas revenir sur le seuil de revente à perte (SRP) sur les produits alimentaires ni abaisser la TVA. Une audition qui se tenait dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances rectificatives (PLFR) qui accompagne le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Le locataire de Bercy a donné les contours de la mission commandée à l’Inspection générale des finances (IGF) sur le SRP, expliquant que le seuil de 10% établi pour le SRP dans la loi Egalim 1 n’était pas remis en cause. «Nous ne reviendrons pas sur le seuil de revente à perte. Je veux juste m’assurer que ces 10% vont bien dans la poche des agriculteurs», a-t-il déclaré. Interpelé par les élus du Rassemblement national (RN) sur la possibilité de baisser la TVA, Bruno Le Maire a réaffirmé l’opposition du gouvernement à cette proposition. «Quand vous baissez la TVA sur les produits alimentaires, ce sont ceux qui dépensent le plus, les ménages les plus favorisés, qui vont en bénéficier le plus.» Estimant, de plus, qu’une telle mesure serait «extrêmement coûteuse», le ministre s’est dit favorable à «des mesures plus massives et plus ciblées sur les ménages modestes».
Plan de résilience: chantiers lancés en fruits et légumes et engrais
Présenté le 16 mars pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, le Plan de résilience incluait notamment le lancement d'un «plan souveraineté azote» et d'un «plan français et européen dédié aux fruits et légumes». Ces deux chantiers ont bien été lancés courant avril, apprend Agra Presse auprès du cabinet du ministre de l'Agriculture. Pour les fruits et légumes, une «réunion de cadrage» a été organisée fin juin par le ministère, qui attend un retour des professionnels à l'occasion d'un rendez-vous attendu pour la fin de l'été. Concernant les engrais azotés, un groupe de travail a été lancé début avril par la DGPE (ministère de l'Agriculture), avec des déclinaisons régionales dans les Draaf, pour «identifier les solutions techniques» et examiner la façon dont elles pourraient être soutenues dans le plan France 2030. Un autre chantier avait été annoncé sur les énergies renouvelables (biogaz, biocarburants, photovoltaïque) qui sera piloté par le ministère de la Transition énergétique. Il devrait se concrétiser dans une «loi de simplification» attendue pour la rentrée. Enfin Julien Denormandie avait aussi promis un renforcement plan Protéines végétales: une réunion doit être organisée «prochainement» pour faire le bilan du volet du Plan de relance prévu à cet effet, et identifier les nouveaux «leviers» à activer.
Porcs castrés: l’AOP Porc Grand Ouest acte une «hausse tarifaire» de 7 ct€/kg
Les dix organisations de producteurs (OP) de l’AOP Porc Grand Ouest «ont décidé d’appliquer, dès le 18 juillet 2022, une évolution tarifaire de +7 centimes d’euros/kg de carcasses» pour les porcs mâles castrés, d’après un communiqué du 8 juillet. Basée sur les «échanges intervenus avec les abatteurs depuis plus de six mois», cette revalorisation «prend en compte une partie des surcoûts de production liés à l’élevage de mâles castrés», explique l’association d’OP. L’AOP rappelle qu’elle était «attendue depuis longtemps par les éleveurs», alors que les négociations étaient dans l’impasse depuis fin 2021. La castration à vif des porcelets est interdite depuis le 1er janvier, et la production de mâles castrés – désormais avec prise en charge obligatoire de la douleur – doit faire l’objet de contrats, en vertu de la loi Egalim 2. L’AOP se positionne à un niveau intermédiaire entre la proposition des abatteurs (+2 ct€/kg, correspondant au coût de l’anesthésie/analgésie) et celle des éleveurs (+13,7 ct€/kg, couvrant toute la différence de coût de production entre mâles entiers et castrés). Cette revalorisation «doit être prise en considération, en aval de la filière, par les salaisonniers et les distributeurs», revendique l’AOP Porc Grand Ouest, qui regroupe la moitié de la production française.
Œufs: LDC entre en négociation exclusive pour racheter la marque Matines
Dans un communiqué du 7 juillet, LDC annonce entrer en négociation exclusive avec le groupe Avril pour reprendre «la marque Matines et [le] fonds de commerce associé». Le leader européen de la volaille indique qu’il «maintiendrait l’ensemble des contrats d’approvisionnement» afin de «maintenir les débouchés des éleveurs partenaires» et d’«assurer la continuité des livraisons vers ses clients». Avec ce projet de rachat, le groupe de Sablé-sur-Sarthe compte «renforcer sa position de leader de l’œuf plein air», et promet d’accélérer «les engagements de la marque Matines vers les modes de production alternatifs». Le 2 juin, Matines (groupe Avril), l’un des leaders français des œufs coquille, avait annoncé son projet de cesser ses activités à l’automne. D’après le communiqué de LDC, la marque Matines représente «plus de 250 millions d’œufs vendus sur l’année 2021», pour un chiffre d’affaires «d’environ 43 M€». En tout, Matines commercialise quelque 900 millions d’œufs, dont plus de 800 millions sont conditionnés dans trois centres. Dans son communiqué, LDC ne mentionne pas ces centres de conditionnement. Celui de Naizin (Morbihan) sera repris par Sanders (groupe Avril), mais ceux de Chalamont (Ain) et Brugnens (Gers) n’ont pas encore de repreneur connu.
Entreprises de travaux agricoles: +40% de volume de travail en dix ans
À l'occasion d'une conférence de presse le 8 juillet, le service de statistique du ministère de l'Agriculture a détaillé les chiffres du recensement agricole 2020, notamment la partie dédiée à l'emploi. Si elles ne représentent encore qu'une part marginale des emplois en agriculture (2,2% des équivalents temps plein), les entreprises de travaux agricoles (ETA) ont vu leur volume de travail progresser de 40% entre 2010 et 2020. Plus largement, les travaux externalisés (ETA, Cuma) ne pèsent encore que 3,5% des équivalents temps plein. Quelque 56% des exploitations ont eu recours à des prestations de service (85% des élevages bovins laitiers et 75% des élevages bovins mixtes). Des proportions stables depuis 2010. La progression du phénomène s'explique donc par la part croissante du volume délégué par chaque ferme, qui a été mesurée pour la première fois à l'occasion de ce recensement agricole. En 2020, 13% des fermes spécialisées en grandes cultures délèguent complètement leurs travaux à un tiers. Ces chiffres se situent dans la tendance de l'étude de Geneviève Nguyen et François Purseigle, qui estimaient ce chiffre à 12,5% en 2016, avec des pics à 22% en Haute-Garonne.
Lait: réflexion sur la formule de prix chez Sodiaal, qui rassure sur sa santé financière
Le président de Sodiaal Damien Lacombe est revenu, à l’occasion d’une conférence de presse le 8 juillet, sur la situation de la coopérative et les raisons de la fixation d’un prix du lait à 420 €/1000 litres pour les mois de juillet, aout et septembre, en s’affranchissant de la formule de prix suivie par la coop’ depuis 2018. La formule de prix «sortait un prix supérieur à celui qu’on a appliqué», reconnaît le président de la coop’, sans préciser le montant. Il rappelle que le prix du lait avait été fixé, mi-juin, face à l’incertitude de la capacité de Sodiaal à répercuter des hausses liées à l’inflation à ses clients. Par ailleurs, la coopérative laitière a lancé une réflexion sur une révision des indicateurs utilisés dans sa formule de prix. «C’est nécessaire de la réviser au fil de l’eau, on arrive à un moment où les indicateurs ne correspondent plus forcément à la vraie valorisation dans la coopérative», explique Damien Lacombe. Et de rassurer au passage sur la santé financière de Sodiaal. «Le prix du lait ne peut être fait que par la valorisation des produits. Il n’y a aucun sujet de savoir s’il y a des réserves pour payer le prix du lait», affirme-t-il. La coopérative a réalisé 10 M€ de résultat net en 2021, entièrement redistribués en ristournes et en intéressement aux producteurs.
Agrivoltaïsme: expérimenter avant de réguler pour lancer la filière, selon GLDH
Mieux vaut expérimenter que réguler pour lancer la filière agrivoltaïque, a indiqué en substance la société bordelaise Green lighthouse développement (GLDH), de retour du colloque national photovoltaïque organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) à Marseille le 6 juillet. «Ce ne sont pas tant les règles qu’il faut finaliser aujourd’hui, mais les expérimentations pour en tirer ensuite les premiers retours. Ce qui doit être regardé avant de réguler, c’est d’abord le cadre d’expérimentation qui est en lui-même suffisamment fourni pour offrir un espace permettant l’innovation, le développement de grands projets», a déclaré Vincent Vignon, directeur du développement de GLDH au colloque du Ser. «Nos propres critères spécifiques caractérisent une vision différenciante dont nous avons la conviction qu’ils servent à rehausser le niveau d’exigences au cœur de chaque projet agrivoltaïque. Les CDPenaf (Commissions de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, NDLR) sont particulièrement sensibles à l’explication de notre manière de faire», a-t-il souligné pour mettre en exergue la particularité de chaque projet. Et de rappeler que «les évolutions législatives ont souvent entraîné des effets de ralentissement dans le secteur des énergies renouvelables (ZDE, ICPE pour l’éolien, moratoire pour le PV)».
Porc: 85% des truies en Europe sont élevées en système «cage» (CIWF)
Alors que 11 millions de truies sont élevées en Europe, environ 85% d’entre elles le sont en système «cage», indique un rapport du CIWF publié le 7 juillet (document en anglais). Lors de ces périodes de contention liées à l’insémination puis à la mise-bas, «les truies passent la moitié de leur vie dans des cages si petites qu'elles peuvent à peine bouger», selon l’association. Le CWF a mené une enquête dans 16 élevages de quatre pays européens, en production conventionnelle et sous signe de qualité (jambon de Bayonne et jambon de Parme). Dans le détail, les pays de l’Ouest pratiquent le plus l’élevage en cage. En France, sur un million de truies, 90% sont élevées en cage, selon l’ONG. Un taux qui atteint 95% en Espagne (sur 2,6 millions de truies) et 94% en Italie (sur 569 000 truies). Cette pratique est significativement moins présente en Pologne, avec 44% de truies en cage (sur 815 000 animaux). À travers une pétition, le CIWF appelle le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau à «exiger une interdiction [des cages] à l’échelle européenne sans délai». En réponse à l’initiative citoyenne «End the cage age», la Commission s’est engagée à proposer une interdiction progressive des cages d’ici 2027, dans le cadre de la révision de la réglementation sur le bien-être animal en 2023.
Guerre en Ukraine: l’inflation paupérise des dizaines de millions de personnes (PNUD)
La flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie, conséquence directe de la guerre en Ukraine, a fait plonger dans la pauvreté depuis mars – en seulement trois mois – 71 millions de personnes vivant dans les pays en développement, alerte le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans un rapport publié le 7 juillet. Alors que les taux d’intérêt augmentent sous l’effet de la poussée inflationniste, il apparaît un risque à court terme d’une aggravation rapide de la pauvreté induite par la récession, ce qui aura pour effet de créer un cercle vicieux terrible sur les populations les plus vulnérables, ajoute le PNUD. Pour faire face à la crise alimentaire actuelle, l’organisation onusienne explique que «les transferts monétaires ciblés sont une mesure plus équitable et plus rentable que les subventions globales, étant donné qu’ils profitent principalement aux 40% les plus pauvres de la population.» À cette fin, le PNUD appelle la communauté internationale «à prêter main-forte aux pays en développement pour créer l’espace budgétaire nécessaire au financement de ce type de mesure». Et de prévenir que «pour dégager ces fonds, il faudrait envisager un moratoire de deux ans sur le remboursement de la dette publique afin d’aider tous les pays en développement, quel que soit leur PIB par habitant, à se remettre de ces chocs (Covid-19 et guerre en Ukraine)».
Prix alimentaires mondiaux: troisième baisse consécutive en juin
Les prix mondiaux des produits alimentaires ont de nouveau fléchi en juin (-2,3%) pour le troisième mois consécutif, en raison du recul des prix des céréales, des huiles végétales et du sucre, selon l’indice publié le 8 juillet par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les prix des céréales ont accusé en juin une baisse de 4,1% par rapport au mois de mai, alimentée par la chute des prix du blé (-5,7%). Ce recul s’explique par la disponibilité saisonnière de nouvelles récoltes dans l’hémisphère nord, ou encore par de meilleures perspectives de production en Russie. Les prix des huiles végétales ont également bien baissé, de 7,6%. Le fléchissement observé sur les prix de l’huile de palme s’explique par la hausse saisonnière de la production, notamment en Indonésie. Pour le sucre, les prix mondiaux ont fléchi de 2,6%, soit la seconde baisse consécutive de l’indice, qui a atteint son niveau le plus bas depuis février. En revanche, les prix de la viande et des produit laitiers ont respectivement augmenté de 1,7% et de 1,8% par rapport à mai. Concernant la production mondiale de céréales en 2022, les prévisions ont été relevées de 7 Mt en juillet par rapport au mois précédent; elles s’établissent désormais à 2792 Mt, estime la FAO.
Nutrition animale: appel des fabricants à rejoindre la filière de recyclage Adivalor
Aors que 70 metteurs en marché d’aliments du bétail (fabricants et distributeurs) sont engagés dans la filière de recyclage Adivalor, les syndicats du secteur ont appelé, le 5 juillet, les quelque 130 opérateurs restants à les rejoindre. Cette filière de recyclage sera opérationnelle en 2023, indiquent la Coopération agricole Nutrition animale (coopératives), le Snia (fabricants privés) et l’Afca-Cial (fabricants de compléments alimentaires) dans un communiqué commun. Il s’agit de collecter et de recycler plus de 13 000 t d’emballages vides de produits de nutrition animale (EVPNA), dont des big bags, sacs, seaux, bidons, etc. «Cette filière collective garantira une gestion optimale et à faible coût pour les éleveurs et l’ensemble des entreprises de la nutrition animale», font valoir les organisations. Elle permettra également de répondre aux «futures obligations règlementaires» des metteurs en marché: d’après la réglementation européenne, ces derniers «doivent au plus tard au 1er janvier 2025 s’engager dans une filière à responsabilité élargie du producteur» (REP), rappellent les syndicats. Il leur reviendra notamment de prélever les éco-contributions versées par les éleveurs afin de financer le recyclage. Une enveloppe attendue entre 3 et 4 M€.