Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont largement exprimé, le 1er juin, leurs préoccupations quant au projet d’acte délégué de la Commission européenne souhaitant classer le soja comme matière première présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des sols (ILUC) dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables. Cette proposition, présentée en début d’année, prévoit de progressivement ramener à zéro l’utilisation de soja dans la production de biodiesel de l’UE. D’une manière générale, les parlementaires européens ont exprimé de vives inquiétudes, craignant les implications potentielles de ce texte pour le secteur des biocarburants et, plus largement, pour les agriculteurs.
« Honnêtement, cet acte délégué est un non-sens », a ainsi déclaré le socialiste Français Éric Sargiacomo estimant qu’il va détruire la production de protéine végétale, qui génère aussi des coproduits essentiels pour l’alimentation animale, et encourager l’importation en provenance de pays tiers. Un constat partagé par l’Italien Herbert Dorfmann (PPE, droite) qui appelle à prendre une décision : « Soit nous voulons améliorer l’approvisionnement en protéines en Europe, auquel cas cette approche absurde de la Commission n’a pas lieu d’être, soit il n’y a aucun sens à parler d’approvisionnement en protéines en Europe dans ce Parlement ». « La Commission européenne parle de plus en plus d’autonomie stratégique et de production souveraine, mais elle semble vouloir introduire des règles de production qui ont un impact négatif sur les chaînes d’approvisionnement en Europe », estime, de son côté, la libérale allemande Christine Singer.
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Sur ce sujet, les eurodéputés de la Comagri ne sont pas seuls. Plusieurs ministres de l’UE (Belgique, Italie, Hongrie, Pologne, Grèce, Roumanie) ont également signifié leur objection au projet de texte lors de la réunion du Conseil Agriculture du 26 mai.