Le rapport 2026 que vient de publier l’Observatoire des prix et des marges (OFPM) atteste de marges en hausse à l’aval de la chaîne agroalimentaire. Un changement après la période inflationniste au cours de laquelle l’aval avait joué un rôle d’amortisseur.
Le rapport 2026 de l’OFPM, dévoilé le 9 juillet, atteste que les transformateurs et les distributeurs ont reconstitué leurs marges, à des degrés divers, en 2024 et 2025. Il s’agit d’un changement par rapport à la période inflationniste précédente, de 2022 à 2023, au cours de laquelle les maillons représentant l’aval de la chaîne agroalimentaire avaient plutôt joué un rôle d’amortisseur en comprimant leurs marges.
Dans le détail, l’industrie agroalimentaire (IAA) a connu en 2024 une hausse de sa marge nette après deux années de baisse. Le RCAI/CA (résultat courant avant impôts/chiffre d’affaires) des IAA a atteint 3,9 %. « En 2024, le RCAI/CA augmente pour toutes les activités de transformation en filières animales, à l’exception de l’abattage transformation de poulets en léger recul », écrit le rapport. La viande porcine a retrouvé une marge positive, après une année dans le rouge, tandis que la viande bovine, bien qu’en hausse, maintient toujours une marge négative. Toutefois, ce ratio RCAI/CA n’a pas retrouvé son niveau d’avant la période inflationniste.
La distribution n’est pas beaucoup mieux lotie. Les marges nettes par rayon « sont restées stables ou ont augmenté à nouveau en 2024, à l’exception du rayon boucherie dont la marge est à nouveau en repli. » Trois rayons affichent des marges négatives : boucherie, marée et boulangerie, viennoiserie et pâtisserie.
À l’amont, le revenu des exploitations a continué de baisser en 2024, sauf en élevage ruminant. En 2023, le résultat courant avant impôt des agriculteurs était reparti à la baisse « à la suite des hausses de charges (approvisionnement, énergie…) ou au reflux des prix des matières premières ».
Marges brutes en hausse en 2025
Pour 2025, l’OFPM présente des données concernant les seules marges brutes. Il constate une reconstitution progressive des marges brutes de la transformation et de la distribution, après l’absorption des chocs agricoles. Cette évolution se fait au détriment de l’amont : en 2025, « la contribution de la matière première à l’évolution des prix au détail n’a été positive que pour quelques produits, notamment les viandes rouges. »
En prenant en compte une période plus longue, de 2021 à 2025, « la part de la matière première agricole (MPA) dans la décomposition du prix au détail a diminué pour la moitié des produits suivis par l’Observatoire et augmenté pour l’autre moitié. » En revanche, la part de la transformation a progressé pour la majorité des produits. Celle de la grande distribution a baissé ou est restée stable, à de rares exceptions près.
CB