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UE-Chine : Bruxelles ouvre une enquête antidumping sur le canard de Pékin

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Les producteurs européens de canards dénoncent les soutiens du gouvernement chinois à sa filière volaille. Crédits : © Réussir

Alors que les tensions commerciales sino-européennes sont encore vives, Bruxelles a ouvert, le 9 juillet, une nouvelle enquête anti-dumping à l’encontre de la Chine à la suite d’une plainte de l’industrie. Au cœur du litige : les importations de canard de Pékin.

Dans un avis publié le 9 juillet au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne a ouvert une enquête antidumping à l’encontre des importations de canard de Pékin originaires de Chine. L’ouverture de cette enquête fait suite à une plainte déposée le 26 mai par cinq producteurs de l’UE, qui soulignait l’existence d’un dumping important (compris entre 132 % et 223 %) de la part de la Chine provoquant un préjudice pour l’industrie européenne, directement lié à la hausse des importations. Ces producteurs mettent notamment en avant le soutien ciblé du gouvernement chinois à sa filière volaille dans le cadre son 14e plan quinquennal de modernisation agricole, la loi élevage qui impose un soutien de l’État à la conservation des ressources génétiques et aux programmes d’élevage nationaux, mais aussi les subventions aux usines de transformation du soja et d’aliments composés pour animaux. Des éléments qui, selon eux, faussent substantiellement les coûts de production et le prix à l’exportation. La Commission va à présent mener ses investigations et devrait prendre des mesures provisoires dans les huit mois après l’ouverture de l’enquête (mars 2027).

Tensions croissantes

Le déclenchement de cette affaire a provoqué l’ire de la chambre du commerce chinoise dans l’UE (CCCEU) qui pointe, dans sa newsletter du 10 juillet, l’ironie pour Bruxelles de s’attaquer aux subventions chinoises alors qu’elle finance elle-même son agriculture via la Pac. « Si toute forme de soutien aux politiques agricoles est automatiquement considérée comme une preuve de distorsion du marché, de nombreuses économies agricoles à travers le monde – y compris l’Europe elle-même – seraient confrontées à des questions embarrassantes », se défend la CCCEU.

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Ce différend s’inscrit dans un contexte de vives tensions commerciales sino-européennes. Depuis 2024, en réponse à l’enquête anti-subventions de l’UE sur les véhicules électriques chinois, Pékin a mis en place des droits anti-dumping sur les exportations européennes de brandys et de viandes porcines ainsi que des mesures anti-subvention sur les produits laitiers. De son côté, Bruxelles tente de renforcer la protection de son marché face aux importations chinoises. À ce titre, des mesures contre les importations chinoises de lysine, de chlorure de choline et de valine mais aussi de maïs doux et de protéines de pois en sont appliquées. En parallèle, l’exécutif européen continue de miser sur le dialogue afin de réduire les divergences en matière commerciales. Le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, a ainsi rencontré son homologue chinois Weng Wentao le 29 juin à Bruxelles afin de lancer des consultations et une autre réunion est prévue en octobre.