À l’initiative de l’Autriche, plusieurs ministres de l’UE (Belgique, Italie, Hongrie, Pologne, Grèce, Roumanie) ont exprimé, le 26 mai lors de la réunion du Conseil Agriculture, leur opposition à la proposition de la Commission européenne de classer le soja au titre de la directive sur les énergies renouvelables en tant que matière première présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des terres (ILUC). Cette proposition, présentée en début d’année, prévoit de progressivement ramener à zéro l’utilisation de soja dans la production de biodiesel de l’UE. Mais, pour le ministre autrichien Norbert Totschnig, « une telle classification du soja risque de remettre en cause l’indépendance de l’UE en matière de protéines végétales ». Selon, lui, exclure le soja produit en Europe porterait « gravement atteinte aux chaînes de valeur existantes » dans lesquelles la production de biodiesel est un débouché important (jusqu’à 80 %) pour l’huile de soja. Il suggère que le soja européen soit traité différemment du soja importé d’autres régions du monde. « Ce type de classification ne reflète pas les différences de pratiques agricoles entre l’UE et les pays tiers. Il faut revoir la méthodologie », a abondé la Roumanie.
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Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen a néanmoins répondu qu’une exonération de la production européenne « serait discutable tant au niveau juridique que scientifique ». « L’impact sur les agriculteurs de l’UE devrait être limité. La consommation de tourteaux de soja dans l’alimentation animale n’est pas concernée par cette mesure », a-t-il assuré. Et même s’il dit comprendre les préoccupations de l’industrie européenne la trituration notamment dans certaines régions enclavées ayant des liens établis avec les usines de biocarburants, selon lui, d’ici 2030 (date à laquelle l’utilisation de l’huile de soja dans les biocarburants sera totalement interdite) l’industrie aura le temps de s’adapter.