Champagne : Maison Pommery en passe d’être repris par l’allemand Henkell
La maison de champagne Pommery, plombée par ses dettes, a annoncé le 2 juin être en négociations exclusives avec le fabricant allemand de mousseux Henkell « pour une période de deux mois » en vue d'un « rapprochement stratégique ». « Ce projet de partenariat entre deux groupes familiaux donnerait naissance à un acteur mondial des vins effervescents, bénéficiant d’un portefeuille de marques fortes et complémentaires, ainsi que d’une présence commerciale internationale », selon un communiqué. Si le projet devait aboutir, Henkell deviendrait l'actionnaire majoritaire de Maison Pommery, nouveau nom de Vranken Pommery depuis janvier, précise l'entreprise. « Il n’existe à ce stade aucune garantie que les négociations en cours aboutissent à une opération », ajoute-t-on. Cette annonce survient alors que le groupe, lourdement endetté, est dans l'attente du bouclage de son refinancement avec les banques. La publication de ses comptes définitifs pour 2025, déjà reportée une première fois au 4 juin, est désormais fixée au 30 juin. Les comptes préliminaires publiés le 30 mars faisaient état d'un résultat net en forte reprise en 2025 à 32 M€ contre 900 000 € en 2024, année plombée par des ventes en baisse. Mais selon ces comptes, la dette financière nette ne s'était réduite qu'à 754,4 M€ fin 2025, contre 758,3 M€ au 31 décembre 2024.
Colza : possible hausse de la sole européenne 2026/2027, selon Lidea
Dans un communiqué du 2 juin, le chef de marché tournesol et colza du groupe semencier Lidea, Sébastien Poitevin, a indiqué que « pour cette année 2026, nos perspectives sont résolument optimistes à l'échelle européenne » quant à la surface européenne de colza. Contacté par Agra Presse, Sébastien Poitevin s’est montré prudent, n’avançant aucune prévision chiffrée, beaucoup d'évènements pouvant survenir dans les prochains mois, notamment les conditions climatiques. Mais « si tout va bien, on peut penser que la sole va augmenter », précise-t-il. Les prix du colza sont en effet plus rémunérateurs actuellement que d’autres cultures, comme le blé ou l’orge par exemple. De plus, « il est possible de réduire les apports azotés en sortie d’hiver en colza si les conditions d’implantations sont bonnes », ajoute-t-il. Cette caractéristique pourrait jouer dans les décisions d’assolements des agriculteurs durant l’été, qu’ils soient français ou européens. Sébastien Poitevin signale par ailleurs que les récoltes de semences de colza ont débuté sur des parcelles gérées par Lidea en France, en raison des températures élevées qui accélère le développement des plantes. Mais il est encore trop tôt pour en déterminer les résultats, tempère-t-il.
Agriculture régénératrice : deux start-up françaises du secteur fusionnent
Dans un communiqué du 3 juin, deux start-up françaises spécialisées dans l’agriculture régénératrice, Genesis et ReGeneration, ont annoncé leur fusion, pour créer une nouvelle entité, dénommée Hedge. Cette annonce a été lancée lors du World Living Soils Forum à Arles les 3 et 4 juin, « réunissant les principaux acteurs engagés en faveur de la santé des sols ». Plus en détail, Genesis est à l’origine une société de « mesure de la santé des sols et de la performance environnementale des chaînes d’approvisionnement agricoles ». De son côté, ReGeneration s’était spécialisé dans la certification et la valorisation des projets d’agriculture régénératrice. L’opération a été jugée nécessaire dans un contexte de forte croissance de l’agriculture régénératrice, engendrant une concurrence plus intense entre les acteurs. Dans ce contexte, les budgets sont « plus contraints », les exigences en matière « de retour sur investissement, de besoins de preuves et de cadres de certification plus structurés » s’accroissent. De leur côté, « les agriculteurs ont besoin que leurs efforts de transition soient mieux reconnus, mieux mesurés et mieux rémunérés ».
Bovins : après la location de génisses, Gestel propose du refinancement de cheptel
Dans un communiqué du 3 juin, l’entreprise Gestel, spécialisée dans la location financière de bovins, annonce le lancement de deux nouvelles offres permettant le refinancement de cheptel et l’accès progressif à la propriété des animaux. Le refinancement passe par un dispositif de cession-bail : les éleveurs vendent des animaux à Gestel, tout en continuant à les exploiter en location. En dégageant de la trésorerie, l’opération permet de « financer le développement de l’exploitation, renforcer un apport dans le cadre d’un financement bancaire ou encore investir progressivement dans d’autres actifs, notamment immobiliers, afin de préparer leur avenir patrimonial et leur retraite ». Quant à « l’accès progressif à la propriété du cheptel », il permet aux éleveurs de « devenir propriétaires de leur troupeau sur plusieurs années », et donc de « s’adapter à leur rythme économique » et de « préserver leur trésorerie ». Avec ces deux nouvelles offres, Gestel compte « élargir » son réseau d’éleveurs et « doubler [son] troupeau dans les cinq prochaines années », indique Fabien Vallaud, directeur de la relation éleveurs. Créée dans les années 70, Gestel finance des génisses prêtes à vêler, allaitantes et laitières, pour « près de 1 000 éleveurs » (plus de 40 000 animaux en gestion, pour un coût moyen d’environ 28 € par mois).
Viande cultivée : le Français Parima franchi une étape clé en Australie et en Nouvelle-Zélande
Après Singapour, le Français Parima, né du rachat Vital Meat par Gourmey en octobre 2025, vient de franchir une étape réglementaire clé dans le processus d’approbation pour la viande cultivée en Australie et en Nouvelle-Zélande (lire l’article complet). Parima « a réalisé l’évaluation de sécurité fondamentale du nouveau processus d’approbation alimentaire de Food Standards Australia New Zealand (FSANZ) pour la viande cultivée en Australie et en Nouvelle-Zélande, devenant la première entreprise hors de la région à atteindre ce stade, et seulement la deuxième au monde (après la société australienne Vow, ndlr) », annonce Nicolas Morin-Forest, CEO de Parima et cofondateur de Gourmey le 27 mai 2026 sur son compte LinkedIn. Le groupe entre maintenant « dans les dernières étapes du processus en attendant la consultation publique et l’approbation finale », précise encore le dirigeant, qui en revanche ne donne aucun détail sur la date présumée d’une possible commercialisation des produits en Australie et Nouvelle Zélande. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Viande : Féroce (boucherie en ligne) va fonctionner sur abonnements
Dans un message diffusé le 3 juin, le fondateur de la boucherie en ligne Féroce, David Nicolas, prévient ses clients qu’à compter du 15 juillet, ils devront obligatoirement s’abonner aux « Box Féroce ». Lepodcaster sportif a lancé voilà deux ans sa startup dont le principe est de« structurer des filières agricoles cohérentes et valoriser l’animal dans sa totalité ». « L’abonnement nous permet de mieux prévoir, mieux rémunérer, mieux organiser et donc mieux servir », argumente-t-il. « Pour vous, cela signifie plus de régularité, moins de ruptures, des menus plus variés, et des prix plus accessibles », poursuit-il. Féroce revendique plus de 50 fermes partenaires dont il commercialise des viandes de bœuf, poulet et de porc. En mars dernier, Féroce a lancé, en partenariat avec la coopérative normande Natup, un « haché de poulet intégrant différentes parties du poulet et des filets issus d’élevages extensifs ». Aujourd’hui l’entreprise se prépare à commercialiser des truites et des sardines combinant ses exigences de durabilité et de modération du prix pour le consommateur. L’entreprise a réalisé 2 millions d’euros en 2025 et en prévoit 5 à 6 millions d’euros en 2026.