Alors que l’ampleur des conséquences de la sécheresse de cet été se précise, les États membres demandent à la Commission européenne de réagir. Mais celle-ci admet manquer de moyens à court terme.
Plusieurs États membres (Autriche, Slovénie, Slovaquie, Croatie) ont une nouvelle fois sollicité l’aide de la Commission européenne, à l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles le 28 septembre, face aux conséquences des vagues de chaleur et des sécheresses qui ont affecté de vastes régions en Europe cet été. Le préjudice global subi par le secteur agricole de l’UE est estimé par Bruxelles entre 14 milliards et 17 milliards d’euros pour l’instant. L’Autriche a profité pour rappeler que, dans ce contexte, la Pac « ne doit pas être affaiblie » mais au contraire être « dotée d’un financement fiable, capable de stabiliser les revenus et d’amortir l’impact des crises. » La Slovaquie a, elle, proposé d’augmenter de manière « substantielle les ressources financières de la réserve agricole. » La Slovénie souhaiterait, pour sa part, que la méthode de calcul des pertes soit mise à jour pour rendre le système plus efficace. Enfin, la Croatie a plaidé pour « une aide financière exceptionnelle en mobilisant tous les fonds disponibles, au sein comme en dehors de la Pac. »
Face à cette situation, selon l’industrie européenne des fabricants d’alimentation animale (Fefac), un « plan d’urgence visant à garantir l’approvisionnement en matières premières essentielles » doit être lancé. L’organisation professionnelle demande de faciliter l’accès au marché pour les matières premières alternatives riches en fibres (tourteaux de palmiste, pulpe de betterave sucrière, drêches de distillerie…), de faciliter l’acheminement d’ingrédients ukrainiens via les corridors de solidarité de l’UE et de prévenir les perturbations des échanges liées à la mise en œuvre du règlement sur la déforestation importée.
Des outils de gestion des risques obligatoires
Pour l’instant, le commissaire européen à l’Agriculture se contente de rappeler que la réserve agricole pour 2026 est entièrement consommée et qu’il va falloir examiner « avec beaucoup de soin », les nombreuses demandes déjà déposées pour 2027. Et de préciser : « Nous examinerons vos demandes, mais permettez-moi de rappeler que le recours aux fonds de crise ne constitue pas une solution à ce problème complexe. L’investissement dans la résilience et la gestion des risques doit être une priorité. »
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« Je constate un consensus croissant sur le fait que les outils de gestion des risques devraient constituer des éléments obligatoires des plans nationaux de la prochaine Pac, même en l’absence de financement de l’UE. Cela revêt une importance capitale », a d’ailleurs salué Christophe Hansen. Il a également rappelé les initiatives récemment annoncées en matière d’eau sur lesquelles il « travaille actuellement avec [s] es collègues du Collège » pour notamment mieux collecter, stocker et utiliser l’eau.