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Viande in-vitro : Meatly lève 10,4 M£ et lance son usine

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Meatly va se doter d'un bioréacteur de 20 000 litres. Crédits : © Meatly

Le britannique Meatly veut produire à grande échelle sa viande in-vitro pour l’alimentation des animaux de compagnie. Il privilégie la politique des petits pas et construire un site de production à échelle humaine plutôt que de lever des sommes records pour des projets surdimensionnés.

La start-up de viande in-vitro britannique Meatly a annoncé en mai une levée de fonds de série A de 10,4 millions de livres sterling. « Trois fonds européens de capital-risque de premier plan ont rejoint les investisseurs historiques », annonce Meatly :  « Oyster Bay Venture Capital, société de capital-risque spécialisée dans la foodtech et l’agtech, soutenue par des investisseurs institutionnels ; de Clean Growth Fund, plateforme spécialisée dans le capital-risque dédié aux technologies climatiques ; et de JamJar Investments, fonds spécialisé dans les biens de consommation et investissant dans des entreprises de ce secteur à leurs premiers stades de développement ».

Le but de l’opération est de construire à Londres une unité équipée d’un bioréacteur de 20 000 litres, qui sera « le plus grand de ce type en Europe », selon Meatly, qui compte lancer sur le marché ses premiers produits en 2027.

Cette levée de fonds intervient dans un contexte compliqué pour la viande in-vitro, qui a vu ses ressources financières considérablement diminuer ces dernières années. Certaines entreprises ont arrêté leur activité n’arrivant plus à se financer alors qu’elles n’avaient pas trouvé comment équilibrer leur activité économique.

Owen Ensor, directeur général de Meatly, en est bien conscient et affirme que la levée de fonds va « permettre de démontrer la viabilité commerciale à grande échelle et de commencer à produire de manière continue du Meatly Chicken pour le marché britannique de l’alimentation animale. »

Bataille du bas coût

En 2024, Meatly a affirmé « avoir ramené le coût de son milieu de culture chimiquement défini et sans protéines à 0,22 £/litre, un niveau présenté comme parmi les plus bas du secteur. En 2025, l’entreprise a annoncé avoir réduit d’environ 10 fois le coût de ses bioréacteurs. » Autre frein levé par la société : l’autorisation réglementaire obtenue en 2024 au Royaume-Uni pour y commercialiser ses produits destinés à l’alimentation des animaux de compagnie. Meatly a commercialisé en 2025 le premier aliment pour animal, sous forme de test.

Meatly veut se différencier par sa stratégie des petits pas, en levant des fonds somme toute modestes par rapport aux levées de fonds records réalisées dans ce secteur ces dernières années. « Le site que nous construisons actuellement représente environ 3 à 4 millions de livres sterling d’investissements, contre 30 à 40 millions de dollars, voire 300 à 400 millions de dollars pour certaines autres entreprises. C’est donc très encourageant pour nous, et également très encourageant pour nos investisseurs », affirme ainsi Owen Ensor dans AgFunderNews le 26 septembre.

Il reste encore à la société à passer plusieurs étapes, selon son DG : optimiser encore le process de production, garantir la reproductibilité de son procédé et passer à l’échelle.