Cognac : le négociant Sazerac condamné pour rupture de contrat
Assigné par des viticulteurs charentais pour rupture de contrat, le négociant Sazerac a été condamné par la justice le 22 septembre, selon l’UGVC (producteurs d’AOC cognac). « Le tribunal de commerce d’Angoulême a donné raison aux 45 viticulteurs accompagnés par l’UGVC dans le litige qui les oppose à Sazerac, se réjouit l’organisation. Leurs contrats devront être exécutés conformément aux engagements pris, pour les quatre années prévues. » Le négociant américain a déjà annoncé qu’il ferait appel, « compte tenu du contexte économique gravement dégradé du marché du cognac et du fait que les contrats résiliés par Sazerac ne peuvent juridiquement pas être exécutés », rapporte le média Charente libre. Réaffirmant « sa volonté d’accompagner les viticulteurs qui subissent depuis plusieurs années une crise d’une ampleur inédite », le groupe souligne que près de 40 viticulteurs ont déjà trouvé un accord avec lui « dans le cadre de solutions transactionnelles équilibrées », des dédommagements pour certains, de nouveaux contrats pour d’autres. Le président de la Cnaoc (vignerons AOC) Jérôme Bauer salue, dans le communiqué de l’UGVC, la condamnation du 22 septembre, estimant que « la portée de cette décision dépasse le Cognac » : elle vient « rappeler une exigence essentielle : un contrat doit être respecté ».
Agroalimentaire : Nestlé sera rejugé pour ses décharges sauvages dans les Vosges
Un nouveau procès, intégrant des analyses-clés incriminant Nestlé pour des décharges sauvages près de ses usines d’eau en bouteille dans les Vosges, devra se tenir à Nancy, annulant de fait le premier procès tenu en mars, a jugé le 17 septembre la cour d’appel de la ville. La cour d’appel, saisie par les parties civiles et le parquet, était amenée à se prononcer sur une décision prise en mars, lors du procès de Nestlé pour ses décharges sauvages près de Vittel et Contrexéville, d’annuler du dossier et de supprimer des débats des expertises incriminant le géant de l’agroalimentaire, pour des vices de forme. De nombreux documents, dont des analyses de taux de microplastiques et des rapports d’ingénieurs-conseils commandés par le parquet durant l’enquête, avaient été rejetés. Ils incriminaient pour la plupart Nestlé Waters, avec certaines analyses montrant des taux «incommensurables» de microplastiques dans les sols et les eaux à proximité de quatre décharges sauvages.
Cela avait aussi conduit le tribunal correctionnel à enlever de sa liste plusieurs témoins cités par les parties civiles. Contrairement à ce qui avait été annoncé en amont, aucun délibéré ne sera rendu le 7 octobre sur la base des débats du premier procès, en mars. Un nouveau procès doit donc se tenir, devant un tribunal correctionnel recomposé. Aucune date n’a été fixée pour l’heure.
Céréales : 237,5 M€ de pertes de marge de collecte dans les coopératives (LCA)
Lors d’une conférence de presse à Paris le 23 septembre, Antoine Hacard, président de La Coopération agricole (LCA) Métiers du grain, a estimé les pertes de marge de collecte des coopératives céréalières en 2026 à 237,5 M€. La raison est connue : les récoltes ont chuté, spécialement en maïs, en tournesol ou en encore en orge de printemps, compte tenu de la sécheresse. Si l’on remonte jusqu’à 2024, « ce sont 540 M€ de perdu », a renchéri le président, qui alerte sur la capacité toujours plus faible des coopératives à amortir les crises agricoles. Leur capacité à rémunérer au mieux les agriculteurs s’en retrouve également affectée. Il s'attend également à une hausse des surfaces mises en jachère pour la récolte 2027, constatant que les coûts de production augmentent pendant que les prix des grains, après avoir connu une certaine hausse, sont en train de stagner, restant légèrement en dessous des charges. LCA métiers du grain a donc réitéré ses deux demandes principales, à savoir une hausse du taux de garantie de l’aval de 70 % à 80 % (caution de l’Etat sur les stocks auprès des banques), et une sécurisation des prix et de la disponibilité des engrais.