Elevage: Bruxelles consulte en amont de sa stratégie attendue avant l'été
La Commission européenne a ouvert le 13 mars (jusqu’au 10 avril) une consultation publique sur sa future stratégie sur l’élevage qui devrait être présentée avant l’été. L’initiative vise à alléger « un ensemble de pressions structurelles et quotidiennes » qui fragilisent le secteur de l’élevage de l'UE et plus particulièrement le secteur des ruminants, souligne Bruxelles. Parmi elles: décapitalisation, maladies animales, nécessaire réduction de l’empreinte environnementale, ou encore normes strictes de l’UE, notamment en matière de bien-être animal, dont le coût n’est pas toujours récompensé par le marché. La Commission européenne souhaite à la fois apporter des réponses aux exploitations des régions où la concentration de la production est importante qui doivent réduire leurs externalités négatives et à celles des territoires où l’élevage joue un rôle clé dans l’emploi, la gestion des terres et les chaînes de valeur locales. Pour y répondre, elle table sur: l’innovation, les approches territoriales, la valorisation des produits animaux de grande qualité, l’économie circulaire, la promotion des systèmes de pâturage, les investissements dans le bien-être animal, la traçabilité et les systèmes de certification. Au Parlement européen, la commission de l’Agriculture doit de son côté adopter le 18 mars un rapport d’initiative sur les moyens d’assurer « un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE » préparé par le conservateur italien Carlo Fidanza qui donnera la position des eurodéputés sur ce dossier.
Génétique animale : le solde commercial français dépasse le demi-milliard, un record
Au Salon de l'agriculture, France Agrimer a présenté aux représentants de la France à l’étranger le solde commercial record de plus d’un demi-milliard d’euros d’exportations de génétique animale en 2025. D’après le bilan effectué par la commission thématique interfilières Ressources zoogénétiques de l’Office, réunie le 18 février, ce solde a atteint 558,5 millions d’euros (uniquement en espèces terrestres), soit une progression de 24 % sur une année. Il résulte d’un nouveau record d’exportations de 831,47 millions d’euros, en croissance de 16,7%, face à des importations stables de 272,3 (+ 3,7%). Les deux plus gros marchés (hors génétique équine) sont l’aviculture (458,2 millions d’euros) et les bovins (146,6 millions d’euros), qui ont respectivement progressé de plus de 21,5% et 21%. « C’est le quatrième solde commercial agricole et alimentaire de la France, après les vins et spiritueux, les céréales et les produits laitiers », fait valoir auprès d’Agra Presse Thomas Pavie, délégué de France Agrimer pour la génétique animale. Le délégué estime que l’on peut être « raisonnablement optimiste » quant à récupérer en 2026 les marchés bovins suspendus par la crise de la DNC.
Bien-être animal : CIWF met en avant les efforts de Fleury Michon sur le poulet
A l’occasion de la nouvelle édition, le 12 mars, du Chicken Track mesurant la progression des entreprises européennes vers le BCC (Better chicken commitment, dénommé aussi European chicken commitment), CIWF France salue Fleury Michon pour avoir lancé en avril 2025 des tranches de poulet conformes à ces critères européens établis par les ONG du bien-être animal. La carte interactive du site du charcutier montre que cette référence « Engagements Bien-être animal » est distribuée par des centaines de grandes surfaces, essentiellement sous les enseignes Carrefour et U. Ces tranches de poulet sont fabriquées à partir cuisse et de filets de poulets qui respectent non seulement les critères d’aménagement des bâtiments et d’abattage de ce standard, mais aussi le critères de souches et de densité d’élevage. Cette dernière est de 30 kg/m2 contre 38,70 kg/m2 en moyenne dans les approvisionnements de Fleury Michon et 42 kg/m2 autorisés dans l’UE. L’industriel déclare 1% d’approvisionnements selon la totalité des critères. Fleury Michon fait aussi partie des bons élèves du BCC, avec 40% de poulets ayant accès à la lumière naturelle, 25% disposant d’enrichissements conformes leur permettant de piquer et se percher, et 55% étant étourdis sous atmosphère contrôlée.
Lactalis : audience le 20 mars pour non-publication des comptes consolidés
Une audience est prévue le 20 mars devant le tribunal des affaires économiques de Paris afin d’obtenir la publication des comptes consolidés de Lactalis, selon Me Renaud Portejoie. Cette procédure est distincte de celle de 432 plaignants, salariés et ex-salariés de Lactalis adhérents de l’association Justice pour nos primes, qui estiment ne pas avoir perçu leurs primes de participation pour plusieurs exercices comptables. Emmanuel Besnier, président du directoire du groupe Lactalis et de sa holding BSA, devrait comparaître prochainement, en avril ou en mai selon l’avocat, devant le tribunal correctionnel de Laval. Il lui est reproché d’avoir présenté ou publié des comptes infidèles pour la période du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2025, en omettant de faire apparaître la régularisation de la réserve spéciale de participation, selon la citation directe devant le tribunal, consultée par Agra Presse. Lactalis a souligné n'avoir pas connaissance d'une quelconque citation directe à son encontre. Cette affaire est liée au règlement de 475 millions d’euros par Lactalis au fisc en 2024 pour clore un différend portant sur un montage financier minorant son bénéfice, et donc les primes de participation qui en découlent.
Nitrates/simplification : des groupes de travail dans chaque région jusqu’au 15 avril
Dans une circulaire parue le 11 mars au BO de la Transition écologique, les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture demandent aux préfets de région de créer un « groupe de travail » pour « améliorer [la] lisibilité et [l’]efficacité » du 7e programme national nitrates (PAN) et de ses déclinaisons régionales (PAR 7) en vue de « de leur prochaine révision ». Entrés en vigueur en 2024, le PAN et les PAR sont théoriquement révisés tous les quatre ans. Cette initiative découle des demandes de simplification et d’allègement de la charge administrative exprimés depuis le début de la crise agricole à l’hiver 2024, précise la circulaire. Le groupe de travail doit réunir « l’ensemble des parties prenantes (OPA, usagers, collectivités, associations environnementales…, NDLR) » et rendre ses réflexions d’ici le 15 avril. Le but est « d’identifier les difficultés de mise en œuvre » et de « proposer des pistes d’évolution » qui s’appuient « autant que possible, sur des cas d’usage argumentés », le tout « sans remettre en cause les ambitions environnementales de maintien en bon état des masses d’eau ». La circulaire demande également aux préfets de département d’informer les agriculteurs sur la règlementation relative aux nitrates, et précise quelles dérogations ils peuvent accorder en cas de « situations exceptionnelles, notamment climatiques ».
Engrais/Guerre au Moyen-Orient : Washington autorise l'importation d'engrais vénézuéliens
Le gouvernement américain a autorisé le 13 mars l’importation d’engrais en provenance du Venezuela, alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix de ces produits nécessaires à la production agricole. Les Etats-Unis ont publié de nouvelles licences dans le cadre de l’allègement des sanctions pesant sur le secteur énergétique vénézuélien. Cette politique a démarré après l’intervention militaire américaine et la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier, et alors que Washington entend exploiter les vastes ressources pétrolières du pays. Au-delà du pétrole et du gaz, les licences mentionnent désormais le commerce des engrais (urée, phosphate...). Ce changement intervient alors que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par de premières frappes israélo-américaines, bloque le transport de fertilisants via le détroit d’Ormuz et fait flamber les cours. Selon le ministère américain des Finances, les licences «élargissent l’éventail des investissements et des activités autorisés dans le secteur énergétique vénézuélien et permettent l’exportation directe d’engrais vers les États-Unis afin de soutenir nos formidables agriculteurs américains».
Pâtes italiennes : nouvelle baisse significative des surtaxes américaines
Le ministère des Affaires étrangères italien s’est félicité, le 12 mars, de la décision finale du Département américain au Commerce abaissant significativement les droits de douane imposés à treize marques de pâtes transalpines accusées d'exporter vers les États-Unis à des prix inférieurs à leur juste valeur marchande, après un premier allègement le 1er janvier. Selon Rome, le taux de marge antidumping applicable à « Garofalo » a été réduit à 7 %, (contre 91,7 % lors de la décision préliminaire de septembre et 13,89 % lors de la décision post-préliminaire du 31 décembre) et « La Molisana » à 2,65 %, (contre 91,7 % lors de la décision préliminaire et 2,26 % lors de la décision post-préliminaire). Le droit antidumping imposé aux onze autres entreprises visées par l'enquête est de 5,21 % (contre 91,7 % en septembre et 9,09 % en décembre). Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a salué « cette nouvelle évolution positive pour les exportations italiennes ». Et d’ajouter qu’il s’agit d’un « signal encourageant pour la poursuite d’un dialogue [transatlantique] constructif sur les questions économiques et commerciales plus larges. »
Agrivoltaïsme : Océalia s’associe à Tenergie pour déployer 100 MWc avec des volières
La coopérative Océalia, basée en Nouvelle-Aquitaine, et l’énergéticien Tenergie s’associent pour développer des volières agrivoltaïques, ont-ils annoncé le 13 mars. « Des volières agrivoltaïques seront déployées sur une dizaine de sites d’élevage de toutes volailles et petits gibiers, notamment de poules pondeuses », selon un communiqué commun. « Ces projets d’une puissance unitaire d’environ 10 MWc visent un objectif global de plus de 100 MWc à horizon 2 à 3 ans », équivalant à la consommation électrique annuelle de près de 25 000 foyers, précisent les deux partenaires. L’investissement est porté intégralement par Océalia et Tenergie via une coentreprise, chargée de développer et d’exploiter les installations agrivoltaïques. Ces dernières combinent ombrières équipées de panneaux solaires et systèmes de filets sécurisés. « Elles contribuent au bien-être animal et permettent d’améliorer les conditions d’élevage en offrant toute l’année une protection physique au cheptel et apportant de l’ombre nécessaire durant les périodes de fortes chaleurs », souligne le communiqué. Pour Océalia, le partenariat avec Tenergie s’inscrit dans sa stratégie Cap 2030, dont l’ambition première est la création de valeur pour les adhérents de la coopérative.
Relations commerciales : vers des demandes de renégociations, selon Leclerc
Une guerre durable au Moyen-Orient nécessitera sans doute de renégocier les accords commerciaux entre distributeurs et industriels qui viennent d'être signés, selon Michel-Edouard Leclerc qui s’exprimait le 13 mars sur RTL. Le patron des centres E. Leclerc avait déjà estimé le 11 mars que si le conflit durait, « tous les industriels qui ont signé ces contrats vont essayer de revenir nous voir pour nous demander de renégocier ». « Pour le moment, ce n'est pas caduc. Si ça dure, il y aura certainement des renégociations », a-t-il dit. Le prix du transport « va augmenter », et « chez les agriculteurs, tout ce qui est à base de chimie, les intrants vont augmenter, tout ce qui est importé va augmenter. Et donc il va y avoir, dans des secteurs économiques, des tentations de prendre la mise ». Interrogé sur la possibilité que les prix en rayons grimpent aussi vite que ceux de l'essence, il a répondu : « oui, tout peut augmenter et s'aligner sur ce qui coûte le plus cher ». Les négociations annuelles entre fournisseurs et distributeurs se sont achevées le 1er mars et devraient déboucher sur une augmentation des prix en rayons de 0 à 1%, selon le ministre du Commerce Serge Papin. Michel-Edouard Leclerc avait lui anticipé 1 à 1,5% d'inflation sur l'année, tous produits et services confondus.
Presse agricole: «écrits intolérables» de la CR des Deux-Sèvres contre des journalistes
Dans un communiqué du 11 mars, le comité régional Poitou-Charentes du Syndicat national des journalistes (SNJ) relève des « écrits intolérables » de la Coordination rurale des Deux-Sèvres. Dans une publication posté le 8 mars sur sa page Facebook, le conseil d’administration de la section locale du syndicat agricole promet de répondre « proportionnellement et par tous les moyens mis à notre disposition à l’ensemble de nos détraqueurs dont vous faites parties depuis trop longtemps ». Cette invective s’adresse aux journalistes du Courrier de l’Ouest qui ont publié un article reprenant des propos publiés sur les réseaux sociaux par la Coordination rurale suite aux échanges de l’Assemblée générale départementale. La rédaction du Courrier de l’Ouest y avait notamment repéré cette proposition émanant d’un message vidéo de Bertrand Vanteau : « Il nous appelle à nous réunir très très nombreux à la fin du mois à Sainte-Soline pour "titilier les écologistes" qui nous font souffrir tout les jours dans nos fermes... ». Dans ce contexte, le SNJ s’inquiète des menaces adressées à des journalistes, et des moyens qui pourraient être utilisés à l’avenir. « Sera-t-il question de tracs, de menaces verbales, physiques voire pire ? » interroge le syndicat journalistique. (Tanguy Dhelin)
Nutrition/santé animale : Nicolas Tessier nommé directeur général de Nor-Feed
Nor-Feed, spécialiste mondial du développement, de la fabrication et de la commercialisation d’extraits de plantes pour la nutrition et la santé animales a annoncé dans un communiqué la nomination de Nicolas Tessier en tant que directeur général, à compter du 1er mars. Arrivé dans l'entreprise en 2009, le nouveau DG y a occupé plusieurs fonctions et responsabilités en recherche & innovation, en production, et dans le domaine commercial. Nicolas Tessier succède à Olivier Clech, qui, après quatorze années à la tête de l'entreprise, «évoluera vers une fonction non exécutive au sein du Conseil d'administration de l'entreprise». Née en 2003 en Anjou, la société Nor-Feed a intégré en 2023 le groupe Adisseo. Elle utilise un nombre limité de plantes et de molécules (saponines, extraits de raisin, extraits d’agrumes principalement) pour produire des additifs et ingrédients naturels, qui permettent de limiter l’utilisation d’antibiotiques, de coccidiostats et autres produits de synthèse donnés aux animaux. Nor-Feed réalise 85 % de ses ventes à l'export, dans une quarantaine de pays, et emploie plus de 50 salariés. (Thierry Goussin)
Enseignement : Jérémie Bosch élu président de VetAgro Sup
Le conseil d’administration de VetAgro Sup, école vétérinaire et d’agronomie, a élu le 13 mars Jérémie Bosch comme président. Il succède à Jean-Yves Parisot, CEO du géant mondial des parfums et arômes Symrise. Jérémie Bosch exerce au sein de la Coopération agricole les fonctions de délégué régional Lait en Auvergne-Rhône-Alpes et de responsable national des filières de montagne, selon le communiqué.
Erratum dans l'agenda de la semaine
Contrairement à ce que nous avons indiqué par erreur dans l'agenda de la semaine, Savencia n'organise pas, jeudi 19 mars, une conférence de presse sur les résultats 2025, mais une réunion d'information.