Agrafil du 21 avril 2026

hero

Budget 2026 : nouvelles coupes attendues ce mardi, l'agriculture pas épargnée

Le gouvernement devrait annoncer le 21 avril, lors d'une réunion du comité d'alerte des finances publiques, des mesures d'économies pouvant aller jusqu'à six milliards d'euros, alors que la guerre au Moyen-Orient pèse sur les finances publiques, ont indiqué à l'AFP des sources concordantes proches des discussions. Cette annonce est «transversale et concerne tous les ministères, précise-t-on au cabinet de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Son équipe confirme que le portefeuille agricole «sera concerné au même titre au les autres ministères.» Selon l'AFP, la clé de répartition pourrait mettre certains ministères moins à contribution, comme la Défense. «Un travail interministériel est en cours pour déterminer la répartition entre ministères de cette mesure d'économie», déclare-t-on chez Annie Genevard. Tel que voté cet hiver, le budget de l'Etat 2026 incluait déjà une baisse de 200 millions d’euros (M€) pour la mission Afaar (agriculture, forêt, ruralité), à 3,8 milliards d’euros (Md€). Au total, selon les sources de l'AFP, confirmant des informations du Monde, le gouvernement pourrait annoncer ce mardi des mesures d'économies de 4 milliards d'euros sur les dépenses de l'Etat et 2 milliards sur la Sécurité sociale. «Ce serait six milliards, deux tiers pour les dépenses de l'Etat et un tiers pour les dépenses sociales», a indiqué à l'AFP l'une de ces sources.

Négociations commerciales : le gouvernement ne veut pas les rouvrir dans leur «ensemble»

Le gouvernement ne souhaite pas «rouvrir l’ensemble des négociations commerciales» entre les supermarchés et leurs fournisseurs agroalimentaires et appelle les industriels à être «raisonnables» dans les hausses de prix, a indiqué le 19 avril sa porte-parole, Maud Bregeon. Il n’y a «pas aujourd’hui nécessité de rouvrir l’ensemble des négociations commerciales», a-t-elle dit sur BFMTV. La porte-parole du gouvernement a renvoyé aux propos du ministre des PME Serge Papin dans le Journal du dimanche, où il estime que «nous ne sommes pas dans la situation de 2022, lorsque les négociations avaient été rouvertes». «Aujourd’hui, il faut d’abord observer l’évolution des prix des matières premières, de l’emballage, de la logistique ou encore du carburant», selon M. Papin. Ce dernier avait d’abord jugé le 14 avril qu’il allait «falloir sans doute rouvrir» ces négociations commerciales, au regard de «l’inflation» qu’entraînera selon lui, l’envol des prix des carburants. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon des produits (hors marques propres des distributeurs). Les tarifs pour 2026 ont été négociés avant le début des bombardements en Iran.

UE/Israël : l’Espagne appelle l’UE à « rompre » l’accord d’association

A l’occasion d’une réunion politique en Andalousie le 19 avril, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a appelé l’UE à « rompre » son accord d’association avec Israël. « Nous n'avons rien contre le peuple israélien, bien au contraire. Mais un gouvernement qui viole le droit international et, par conséquent, les principes et les valeurs de l'UE ne peut être notre partenaire », a-t-il affirmé. Cette demande devrait être portée par son ministre lors du Conseil Affaires étrangères qui se déroule le 21 avril à Luxembourg. Elle fait suite à une lettre adressée le 17 avril à la Commission européenne par l’Irlande, la Slovénie et l’Espagne, demandant que le sujet soit à l’ordre du jour de la réunion. En parallèle, une initiative citoyenne européenne réclamant la suspension de l’accord UE/Israël a obtenu, le 14 avril, le million de signatures nécessaires à son examen par la Commission européenne. En raison de la situation humanitaire à Gaza, la Commission européenne avait proposé en septembre 2025 de suspendre une partie des avantages commerciaux accordés à Israël, sans que cela ne se matérialise pour le moment. 

Tomates marocaines : rumeur de suspension d’exportation vers l’UE, démenti au Maroc

Selon le site Media 24 le 15 avril, le Maroc n’a pas suspendu ses exportations de tomates vers l’Europe, contrairement à des rumeurs circulant depuis plusieurs jours. « Aucune décision de suspension globale n’a été prise et le marché marocain continue d’être approvisionné. Les limitations actuelles ne concernent que les tomates industrielles destinées à certains pays d’Afrique subsaharienne », est-il précisé. Le royaume chérifien connait actuellement une forte augmentation du prix au détail de la tomate sur son marché intérieur. Cette flambée s’explique par une baisse importante des volumes. Les producteurs font face à une conjonction d’événements adverses : forte pression du mildiou, tempête ayant ravagé des milliers d’hectares de serres dans la région du Souss-Massa, hausse du coût des engrais et de l’énergie. Le secteur pointe du doigt la multiplication d’intermédiaires dans la commercialisation de la tomate dans le pays : « Le prix des tomates double ou triple entre les zones de production et les centres urbains. La crise actuelle ne vient pas des exportations », rapporte Média 24, citant des sources professionnelles. Ce n’est pas la première fois que le Maroc doit démentir ce type d’assertion, la dernière remontant à l’automne 2025.

Oignons des Cévennes : modification temporaire du cahier des charges AOP

Suite à un important épisode de grêle en mars, un arrêté paru le 18 avril au Journal officiel modifie temporairement le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée (AOP) « Oignon doux des Cévennes ». Principale disposition, la période de repiquage manuel est prolongée au 25 juin (au lieu du 10 juin habituellement). Par ailleurs, les producteurs devront adresser au groupement avant le 30 juin une déclaration de mise en culture, conforme au modèle approuvé par le directeur de l'INAO, au lieu du 15 juin. Le 22 mars dernier, les Cévennes ont été frappées par un très important épisode de grêle, occasionnant des dégâts sur les plants. Une vingtaine de producteurs dans les zones de Sumène, Saint-Martial ou Val d'Aigoual, ont été concernés. Au lendemain de l’épisode de grêle, Philippe Boisson, président de la coopérative Origine Cévennes, ne cachait pas son inquiétude au micro d’ICI Gard Lozère : « La coopérative et les producteurs sont assurés pour les oignons repiqués du mois de mai. Mais pour les pépinières, l'assurance ne veut pas nous prendre en charge, car c'est une concentration de plants et il y a trop de risques ». Un repiquage très tard dans la saison devrait aussi poser la question de la disponibilité en eau au moment de l’arrosage.

Installation/transmission : la start-up Eloi lance une plateforme digitale

Cinq mois après l’annonce d’un recentrage sur la diffusion d’annonces, Eloi lance sa plateforme digitale, indique le spécialiste de la transmission d’exploitations agricoles dans un communiqué le 20 avril. L’outil permet « de centraliser l’ensemble des informations liées à la transmission d’une exploitation et de faciliter la collaboration entre tous les acteurs impliqués » (chambres d’agriculture, Safer, coopératives, banques…), selon le document. Un espace est dédié au cédant, qui peut consulter les projets de reprise et en sélectionner. S’il accepte une candidature, ses coordonnées sont transmises au porteur de projet. Les OPA ont leur propre espace sur la plateforme, qui leur permet de contacter le cédant, laisser un avis sur chaque candidature et coordonner des actions avec les autres acteurs impliqués. Le 26 novembre, Eloi expliquait ainsi son recentrage sur la diffusion d’annonces : il s’agit de « faire évoluer notre modèle pour clarifier notre rôle : nous ne sommes plus un intermédiaire mais une plateforme de diffusion experte au service des cédants, des porteurs de projets et des OPA ».

Fruits : Françoise Roch réélue présidente de la FNPF

La présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF, FNSEA) Françoise Roch a été réélue pour un nouveau mandat lors d’une assemblée générale élective le 17 avril, a annoncé l’organisation dans un communiqué de presse. Arboricultrice dans le Tarn-et-Garonne, où elle produit des pommes, des prunes et du raisin de table, Mme Roch a été élue pour la première fois à cette fonction en 2020. Dans un contexte de fortes tensions pour la filière arboricole, la FNPFruits entend défendre l’accès à l’eau, « une priorité absolue, alors que les restrictions croissantes et le manque d’investissements structurants fragilisent directement les exploitations ». Autre point crucial : les impasses phytosanitaires. « La disparition progressive de solutions de protection efficaces, sans alternatives opérationnelles, met en péril la capacité de produire, tout en laissant la porte grande ouverte aux importations », souligne l’organisation dans son communiqué. La question du coût de la main-d’œuvre mais également de la concurrence déloyale des pays de l’Union européenne seront également au cœur du mandat de Mme Roch.

Fruits et légumes : Frédéric Rosseneu, nouveau président de Freshfel Europe

A l’occasion de son assemblée générale le 17 avril en Sicile, Freshfel Europe (interprofession européenne) a élu à sa présidence Frédéric Rosseneu pour la période 2026-2030. Il succède à l’italien Salvo Laudani. Frédéric Rosseneu, qui a assurait déjà la vice-présidence de Freshfel Europe, est actuellement directeur du développement durable du groupe belge Greenyard. Il est par ailleurs trésorier de l’association « Initiative de durabilité Fruits et Légumes » (Sifav)