Négociations commerciales : Ania et LCA veulent réunir en urgence un comité de suivi
Dans deux communiqués distincts, l’Ania (industriels de l’agroalimentaire) et la Coopération agricole (CLA) ont lancé un appel le 17 avril pour qu’un comité de suivi des négociation commerciales soit réuni en urgence par le ministre des PME Serge Papin. L’Ania appelle aussi les distributeurs « à entendre (…) les besoins que leur feraient remonter les entreprises agroalimentaires dans les semaines à venir dans le cadre de demandes de négociations individuelles. » Selon elle, « sept entreprises sur dix déclarent avoir subi une hausse significative du coût de leurs emballages » et « près d’une entreprise sur deux déclarent faire face à une hausse significative des factures de transport et de carburant. » Il y a quelques jours, Serge Papin s’était montré ouvert à une réouverture des négociations commerciales, tout comme certains industriels à l’image de Lactalis. Dans un communiqué le 17 avril, la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) a jugé «les demandes de réouverture des négociations commerciales (...) prématurées», soulignant qu’elles restaient «à ce stade, limitées». L’organisation patronale rappelle l’existence des «clauses de révision» permettant «de rouvrir la discussion dès lors que les hausses de coûts sont réelles, justifiées et difficiles à absorber». «C’est dans ce cadre que les situations seront examinées avec discernement, dans le respect du principe de révisibilité des conditions à la hausse comme à la baisse», déclare la FCD.
Saisonniers : la France veut mieux encadrer les flux de travailleurs en provenance du Maroc
Le 9 avril, la France, l’Union européenne et le Maroc ont lancé deux dispositifs de « migration circulaire » visant à encadrer davantage les flux de travailleurs saisonniers, apprend-on sur le site de l’ambassade de France au Maroc. Baptisé THAMM+, le volet français « crée des parcours structurés dans les secteurs de l'agriculture et de l'hôtellerie-restauration ». Selon Le Monde (article payant), ce programme « doit permettre à quelque 500 Marocains de décrocher un contrat pour travailler comme saisonniers dans le secteur agricole et l’hôtellerie-restauration à travers l’Hexagone ». La condition pour y participer : retourner au pays une fois le contrat terminé (d’où le terme de « migration circulaire »). « Sur le long terme, il y a une volonté de mieux encadrer et mieux contrôler les flux qui existent déjà », a précisé l'ambassadeur français Christophe Lecourtier, cité par le quotidien vespéral. Le programme est financé à hauteur de 4 M€ par l’UE, l’Agence française de développement et le ministère des Affaires étrangères, précise Le Monde. D’après l’OFII, le nombre de travailleurs marocains en France a fortement augmenté entre 2020 et 2024, passant de 9 000 à 16 000 ; dans le même temps, le taux de retour dans leur pays d’origine a reculé, passant de 93 % à 80 %.
Contrôle annuel unique des agriculteurs: l'Etat s'organise
Le gouvernement va créer dans chaque département une instance chargée de coordonner les contrôles administratifs des agriculteurs, pour concrétiser la promesse d’un seul contrôle par an dans les fermes, selon un décret publié le 19 avril au Journal officiel. «Le décret crée l’instance départementale de coordination des contrôles administratifs réalisés sur place dans les exploitations agricoles et le traitement de données correspondant», indique ce texte signé du Premier ministre Sébastien Lecornu et de plusieurs ministres, qui entrera en vigueur dès le 20 avril. Ce contrôle administratif unique, réclamé par les syndicats de la profession, a été annoncé par le gouvernement fin 2024. La simplification des contrôles dans les exploitations agricoles était l’une des grandes revendications lors du mouvement de colère agricole qui a secoué le pays au cours de l’hiver 2024-2025. Cette visite unique ne concerne toutefois pas tous les contrôles. «La mission inter-services de l’agriculture n’est pas prévenue, avant leur réalisation, des contrôles qui tendent à la détermination de l’assiette et au recouvrement des impôts et recettes publiques, à l’établissement des cotisations et prestations sociales, à la vérification du respect de mesures de police administrative ou à l’inspection de la législation du travail», précise le décret.
OFB : l'enquête sur la nomination contestée d'une responsable est «classée»
L’enquête administrative sur la nomination d’une responsable de l’Office français de la biodiversité (OFB), contestée à droite et par certains syndicats agricoles, a été «classée», a annoncé le 17 avril la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. «Les conclusions administratives nous disent que le dossier a été fait dans les règles. Donc voilà, dont acte: terminé, classé», a déclaré Mme Barbut en marge de l’inauguration de locaux de l’OFB à Brest. Anne Le Strat, ex-cadre des Ecologistes et ex-dirigeante d’Eau de Paris, est depuis le début de l’année directrice générale déléguée au sein de l’établissement public. Sa nomination a été critiquée à droite et par une partie du monde agricole, notamment la Coordination rurale (CR) puis la FNSEA, pour son engagement militant passé, poussant le gouvernement à annoncer le 27 janvier, par la voix de Mme Barbut, une enquête administrative sur cette décision. «Si la neutralité des fonctionnaires est exigée dans leur travail, rien ne leur interdit d’avoir eu des engagements politiques ou militants par le passé. Ce principe, essentiel, doit être défendu», avait défendu la ministre dans une interview à Ouest-France en février.
Algues vertes: une association saisit la justice pour que l'Etat renforce ses actions
L’association Eaux et Rivières de Bretagne (ERB) a annoncé le 17 avril avoir saisi le juge de l’exécution pour faire appliquer une décision de justice obligeant l’État à renforcer ses actions contre la pollution aux nitrates, à l’origine des marées vertes. Le 13 mars 2025, le tribunal administratif de Rennes avait laissé au préfet un délai de dix mois pour prendre «toutes les mesures nécessaires pour permettre de réduire effectivement la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole sur le territoire breton». ERB dénonce dans un communiqué l’«inertie» des autorités au moment où le gouvernement présente une loi d’urgence agricole qui va, selon elle, «de nouveau affaiblir la réponse de l’État sur les pollutions d’origine agricole». L’association a saisi «le juge de l’exécution afin que l’exécutif comprenne bien qu’il ne peut gouverner au seul profit de l’agriculture industrielle». Le même délai de dix mois était donné au préfet pour mettre en œuvre «toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique résultant de la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole». Entretemps, le préfet a annoncé à ERB que le plan d’action régional contre les algues vertes serait révisé, avec une application au 1er septembre. Pour le porte-parole d’ERB, Arnaud Clugery, cette réponse réglementaire reste insuffisante.
Cuivre/vin : recours de l'Anses contre une annulation de ses décisions
L'Anses a annoncé le 16 avril son pourvoi en cassation contre une ordonnance en référé de la justice administrative suspendant certaines de ses décisions de restriction d'usage du cuivre en viticulture. Le 31 mars, le tribunal de Melun, saisi par les fabricants, avait demandé à l'agence de « réinstruire » dans les deux mois les demandes d’AMM de certains produits dont elle n'avait pas renouvelé l'autorisation. L’Anses « s'est pourvue en cassation le 16 avril devant le Conseil d'Etat contre cette ordonnance en référé pour défendre son approche d'évaluation et de décision », indique-t-elle à l'AFP, confirmant une information du média Vitisphere. Le tribunal de Melun, saisi en procédure d'urgence, avait suspendu l'exécution de la non-réautorisation de plusieurs produits de la société Cosaco, au regard de leurs « conséquences économiques » pour l'industriel « et de la réduction très importante de l'offre de solutions à base de cuivre pour le secteur viticole ». Du fait de cette ordonnance, l’usage de ces produits sur vigne est à ce jour réautorisé, souligne l'Anses le 16 avril. L'agence avait décidé, en juillet 2025, de ne pas réautoriser 17 produits, les fabricants n'ayant pas fourni les éléments attendus et les données disponibles ne permettant « pas d'exclure un risque d'effet nocif pour les travailleurs du secteur agricole ».
Vin : ouverture d’une aide de 40 M€ à la distillation de crise (FranceAgriMer)
Comme prévu dans le « plan national de sortie de crise » du 25 septembre, l’Etat ouvre une aide de 40 M€ à la distillation de crise de vins rouges et rosés. Elle comprend « 30 euros par hectolitre pour le détenteur des vins et 3 euros par hectolitre pour le distillateur », détaille le 17 avril un communiqué de FranceAgriMer. « Chaque opérateur doit livrer un volume minimum de 30 hectolitres à la distillation. » L’aide, financée dans le cadre de la réserve de crise européenne, vise à « retirer du marché une partie des volumes excédentaires et à les orienter vers des usages industriels ou énergétiques ». Peuvent en bénéficier les producteurs vitivinicoles mais aussi les caves coopératives, organisations de producteurs, négociants et négociants vinificateurs. FranceAgriMer leur ouvre, du 20 avril au 12 mai, une plateforme de dépôt des engagements. Sont concernés « les vins rouges ou rosés uniquement, livrés en vrac, dont le titre alcoométrique est supérieur ou égal à 11 % et dans la limite des volumes de vins détenus par chaque opérateur au 31 juillet 2025 », précise le communiqué. En cas de dépassement de l’enveloppe de 40 M€, un coefficient stabilisateur est prévu sur les volumes mais sans impact sur le montant de l’aide unitaire.
Muguet : Matignon présentera un projet de loi pour l’ouverture des fleuristes le 1er mai
Après l’échec d’une proposition de loi visant à autoriser l’ouverture de certains commerces et services le 1er mai, le gouvernement a annoncé, dans un communiqué du 17 avril, « son intention de présenter dans les prochains jours un projet de loi » ciblant uniquement les fleuristes et les boulangers. Le texte s’appuiera sur « les conditions définies par accord des partenaires sociaux de branche », les professionnels s’étant « engagés à ouvrir des négociations à brève échéance ». Le cadre fixé par Matignon : « Seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur pourront travailler ce jour-là, et seront payés double conformément à la loi ». En cas d’adoption par le Parlement, cette loi ne s’appliquerait qu’à partir du 1er mai 2027. Comme annoncé le 15 avril, les fleuristes pourront toutefois ouvrir, avec leurs salariés volontaires, le 1er mai 2026, traditionnel pic de vente du muguet. « Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi », précise le gouvernement. Tout en appelant « toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération ».
Oléagineux : possible hausse de 15 % de la sole française 2026 de tournesol, 10 % en soja (interprofession)
Contactée par Agra Presse, l’interprofession Terres Univia (oléagineux et protéagineux) a indiqué s’attendre, pour le moment, à une hausse sensible des assolements de tournesol et de soja en 2026. Dans le détail, elles pourraient respectivement progresser de 15 % et 10 % environ par rapport à 2025. Prudence néanmoins : il s’agit de toutes premières prévisions, qui pourraient encore significativement évoluer dans les prochaines semaines. En 2025, l’organe statistique du ministère de l’agriculture (Agreste) indique que la surface de tournesol s’élevait à 686 000 ha, et celle de soja à 150 000 ha environ. Dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, de nombreux professionnels de la filière émettaient l’hypothèse d’un attrait accru des agriculteurs pour le tournesol et le soja, moins exigeants en engrais azotés que le maïs, par exemple. Pour rappel, les cours des engrais azotés ont flambé, plombant la rentabilité de la culture de la graine jaune (et potentiellement d’autres céréales d’hiver). En conséquence, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) table, pour l’instant, sur un hypothétique repli de la sole hexagonale 2026 de maïs, pouvant aller de 10 à 15 %. De son côté, Agreste avait publié de premières estimations de surfaces de printemps le 14 avril, évoquant des reculs significatifs des surfaces d’orge, de pomme de terre ou encore de betterave.
Maïs doux : l’AGPM table sur un nouveau recul des surfaces en 2026
Dans un communiqué du 17 avril, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a annoncé tabler pour l’instant sur un nouveau recul de la sole hexagonale 2026 de maïs doux, de 4 % par rapport à 2025, pour tomber à 17 000 ha. La culture est particulièrement en souffrance, puisque depuis 2023, la chute des assolements est estimée à 40 % par l’association spécialisée. Rappelons que cette filière a été particulièrement affectée par la concurrence chinoise, en plus du contexte macroéconomique particulièrement difficile aujourd’hui (guerre au Moyen-Orient, flambée des engrais). Par ailleurs, l’association spécialisée s’attend à une stabilisation de la sole de maïs semences (63 000 ha) et fourrage (1,2 Mha). Enfin, l’AGPM a confirmé s’attendre à un effritement notable de la sole 2026 de maïs grain, de 10 à 15 %, à 1,33 Mha. Ces baisses prévisionnelles des assolements interviennent alors que les conditions climatiques sont pour le moment favorables aux travaux de semis. Ce qui fait dire au syndicat que « la baisse des surfaces ne s’explique donc ni par le climat ni par l’eau (…) mais bien par l’asphyxie économique des producteurs de grandes cultures. Et dans ce contexte, pour de trop nombreux producteurs, l’alternative au maïs sera peut-être de ne pas semer du tout ! »
DNC/bovins : deux nouveaux foyer en Sardaigne, à proximité du dernier cas récent
Deux nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés dans le sud de la Sardaigne les 14 et 15 avril à proximité du premier foyer qui avait été détecté le 14 avril, indique la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans une note publiée le 17 avril. «A ce stade, aucun élément ne permet de déterminer s’il s’agit d’une résurgence ou d’une nouvelle introduction», répètent les analystes français. Avant ces trois cas, le dernier foyer sarde remontait au 24 octobre 2025. C’est dans l’île italienne que cette maladie exotique a fait son retour en Europe fois en juin 2025, une dizaine d’années après un épisode dans les Balkans (2015-2017). En 2025, 79 foyers ont été détectés en Sardaigne. Les dernières restrictions y ont été levées le 24 février. Toujours selon la plateforme ESA, les autorités y ont mis en place une « campagne de vaccination massive » couvrant 97 % du cheptel, et « projettent de reproduire cette stratégie en 2026 ». Un seul autre pays européen a déclaré des foyers de DNC en 2026, l’Espagne avec deux cas en février. En France, aucun dernier foyer n’a été détecté depuis le début de l’année, et une nouvelle campagne de vaccination vient d’être lancée dans les anciennes zones réglementées.
Lait/loi d’urgence agricole : la Fnil craint un surcoût de 500 millions d’euros
La Fnil (industriels laitiers privés) est vent debout contre les articles 19, 20 et 21 du projet de loi d’urgence agricole qui sera examiné à partir de fin avril par les députés. Sur les tunnels de prix, la Fnil s’alarme de la prise en compte des coûts de production des éleveurs via un indicateur mis au point par l’Idele, qui augmenterait mécaniquement le prix du lait. Ce serait un surcoût de 500 millions d’euros pour les industriels, selon les calculs de la Fnil. « D’une marge nette de 1,1% aujourd’hui, on passerait à -0,5%, donc dans le rouge ! », s’alarme François-Xavier Huard, PDG de la Fnil. Il estime que le dispositif, bien qu’il nécessite un accord interprofessionnel, ne soit tout de même utilisé par une OP. Les relations avec les organisations de producteurs (OP) vont être inutilement complexifiées selon la Fnil, qui dénonce l’ajout de « huit cas nouveaux de pénalisation administrative », la limitation à quatre mois de la durée de négociation entre l’agriculteur et son premier acheteur ou des formulation trop floues, laissant la porte ouverte à des conflits. Enfin, la Fnil s’oppose au rétablissement de l’engagement entre un producteur et une OP pour 5 ans, une obligation qu’avait invalidée la jurisprudence du Conseil d’Etat.
Lait : Danone investit dans ses laiteries normandes pour doper sa production de skyr
Face à l’«engouement durable» des Français pour le skyr, yaourt d’origine islandaise fortement protéiné, Danone va augmenter la capacité de ses deux sites normands pour répondre à la demande. Le géant des produits laitiers a annoncé investir 20 millions d’euros, qui serviront notamment à installer deux nouvelles lignes de conditionnement à la laiterie de Ferrières-en-Bray (Seine-Maritime), à 50 km à l’est de Rouen, «berceau du Skyr Danone en France». Une première, en cours d’installation, «nous permettra de produire 10% de plus de skyr d’ici à fin 2026» et une seconde, G80% de plus à l’horizon 2027-2028», a assuré le 17 avril à la presse Alban Quenneville, directeur de l’usine. A la laiterie du Molay-Littry (Calvados), 200 km plus à l’ouest, de nouveaux équipements seront installés pour permettre d’y «intégrer la technologie de production du Skyr», indique Danone. Ces investissements s’inscrivent aussi dans un mouvement, déjà annoncé, de «relocalisation des volumes en France». Danone s’est ainsi engagé à rapatrier la production de plus de 45.000 tonnes de produits et d’augmenter sa collecte de lait de 100 millions de litres d’ici 2028. Sur les deux laiteries historiques de Ferrières-en-Bray (370 salariés) et du Molay-Littry (150 collaborateurs), près de 22.000 tonnes de production seront ainsi relocalisées.
Caprins/lait : forte hausse des volumes collectés au début 2026
Les deux premiers mois de d’année 2026 se caractérisent par une forte progression de la collecte de lait de chèvre en France, selon le dossier annuel caprins publié par l’Idele. Des fourrages de bonne qualité et un nombre important de chevrettes nées en novembre expliquent cette hausse. « La suite dépendra de la météo et de la qualité des fourrages récoltés au printemps », constate l’Idele. Pour ce qui est des prix du lait, ils sont stables début 2026. Les revenus des éleveurs pourraient varier en fonction des gains techniques qui restent possibles. « Restent les inconnues sanitaires (maladies vectorielles) et géopolitiques qui pourraient venir perturber un début d’année positif. » L’Idele reste prudente sur les tendances du marché des produits finis. La demande intérieure de fromage qui s’est maintenue en 2025 pourrait se poursuivre en 2026. Et les tarifs obtenus lors des négociations commerciales pourraient être rapidement revus en raison des conséquences potentielles du conflit au Moyen Orient sur les prix de l’énergie et des emballages. Pour ce qui est spécifiquement de la restauration hors domicile, les difficultés économiques de la restauration à table pénalisent les fromages de chèvre, plus chers que ceux au lait de vache, note l’Idele.
Caprins/lait : en 2025, volume stable, prix du lait en légère hausse
La collecte de lait de chèvre en France en 2025 a été stable par rapport à 2024, à 497 millions de litres (-0,5%). « Au premier semestre, les livraisons ont été en fort retrait, en particulier jusqu’en avril. Puis elles se sont stabilisées avant de connaître un second semestre très dynamique », indique l’Idele dans son dossier annuel caprins 2025. La principale explication réside dans la qualité et la quantité de fourrages. Le prix payé du lait a connu une légère hausse à +0,8% par rapport à 2024 sous l’effet de la hausse du prix de base principalement et des taux de matière protéique. Il s’est élevé à 920 euros les 1 000 litres en 2025, soit +8 euros par rapport à 2024 et +95 euros par rapport à 2022. « L’évolution des prix s’insère dans une dynamique haussière amorcée depuis novembre 2019, soutenue par la mise en oeuvre des lois Egalim », souligne l’Idele. Pour ce qui concerne la filière biologique, les livraisons de lait sont en recul assez net, à -2% vs 2024, à cause d’une baisse du nombre de livreurs et de fourrages de mauvaise qualité. Le prix du lait bio a progressé moins vite que le prix du lait conventionnel. La reprise progressive du marché des produits bio en 2025 a permis de ralentir le rythme du recul du nombre de livreurs et de la collecte par rapport à 2024 qui était à -11% en 2023 pour chacun.
Viande caprine : en 2025, la production recule et les exportations progressent (Idele)
Poursuivant les tendances de ces dernières années, la production française de viande caprine a reculé en 2025, tandis que les exportations ont légèrement progressé en volume, indique l’Idele dans son bilan annuel paru le 9 avril. L’année dernière, la France – qui ne compte pas de cheptel caprin spécifiquement orienté vers la viande – a produit 5 600 téc de viande caprine (-3 %). Les deux catégories d’animaux s’affichent en recul : la viande de chevreaux (2 650 téc), comme celle de chèvres de réforme (2 950 téc). Selon l’institut technique, les éleveurs ont été incités à conserver leurs animaux en raison d’un bon prix du lait, de « la stabilisation des charges », de la « faible productivité [laitière] par animal », ainsi que des effets de la fièvre catarrhale ovine (FCO). L’export, débouché essentiel avec 38 % de la production, a légèrement progressé en volume (+1 %, à 2 160 téc). La France a toutefois réduit ses envois vers ses deux premières destinations, le Portugal et l’Italie. En valeur, les exportations ont poursuivi leur hausse continue entamée depuis le point bas atteint en 2020 avec la pandémie de Covid-19. « Sous l’effet de la hausse des volumes et de l’inflation », le chiffre d’affaires à l’export a gonflé de 7 %, à 21 M€. Les importations sont stables (à 1 200 téc) et la consommation recule de 3 % (à 4 750 téc).
Influenza : les producteurs de canards espèrent une vaccination plus efficace avant l’été
Les interprofessions du canard Cifog (à foie gras) et Cicar (de chair) confient à Agra Presse leur souhait de disposer avant cet été d’un nouveau protocole vaccinal, estimé plus pratique et efficace, ayant appris que la DGAL avait reçu un avis positif de l’Anses à la mi-avril 2026. « C’est une demande forte que l’on fait à la DGAL, et on espère qu’elle se donnera les moyens de le lever quelques blocages juridiques qu’elle a identifiés afin de répondre à cette demande. Cette vaccination permettrait vraiment de mieux sécuriser la protection de nos élevages à l’automne prochain et en même temps de réduire le coût de la vaccination pour les filières », considère Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog dans un sms. Outre la protection de tout le cheptel, les expériences en élevage dont ont eu connaissance les filières laissent espérer l’inutilité d’une troisième dose de vaccin, dans les cas où celle-ci s’impose (selon l’âge et le risque). Le protocole souhaité est dit « mixte » parce qu’il comprend une dose de chacun des deux vaccins aujourd’hui employés, Ceva puis Volvac de Boehringer, alors qu’aujourd’hui les deux doses doivent être du même laboratoire.
Influenza : Genevard disposée à étendre le champ des indemnisations
Dans son discours à l’assemblée générale d’Anvol (interprofession de la volaille de chair ) à Angers le 16 avril 2026, Annie Genevard a indiqué avoir demandé à ses services d’étudier la possibilité d’indemniser « d’autres maillons » que l’élevage pour les pertes économiques subies par l’influenza aviaire. Dans une parenthèse, la ministre de l’Agriculture a aussi suggéré au coordinateur des opérations d’abattage précoce en Pays de la Loire en 2025-2026 (aux fins de « dédensification ») de faire valoir les économies d’indemnisation ainsi réalisées. Ce dernier, Frédéric Monnier, ex-directeur du pôle animal de la Cavac, a déclaré que sans ces mesures prises à l’initiative d’organisations de production (OP) et d’abatteurs, et non indemnisées, « on aurait pu avoir quatre ou cinq fois plus de cas ». Dans son discours de clôture de l’AG, Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol, venait d’évoquer les pertes économies subies par les accouveurs et les ramasseurs de volailles à abattre, du fait des restrictions à la production. Il avait aussi présenté l’intention de l’interprofession de travailler à « sécuriser juridiquement la dédensification ».
Volaille de chair : l’interprofession lance ses chantiers de responsabilité sociétale
Lors de l’assemblée générale de l’interprofession Anvol des volailles de chair les 15 et 16 avril à Angers, le président d’Anvol Jean-Michel Schaeffer et ceux des filières par espèce ont établi les quatre piliers sur lesquels reposera la démarche volontaire RSO (responsabilité sociétale d’organisation) de la volaille à l’horizon 2035. Chacun de ces piliers – souveraineté alimentaire, attractivité des métiers, climat et ressources, santé et bien-être animal – comprennent deux à trois engagements. Les présidents se sont aussi entendus sur une quinzaine d’ indicateurs d’engagements possibles, comme les taux d’auto-approvisionnement par espèce («répondre aux besoins en préservant la diversité»), le nombre d’éleveurs installés de quarante ans et moins («renouveler des générations»), la part de soja sans déforestation («réduire l’empreinte carbone») et le taux de diagnostics en bien-être animal. La commission RSO d’Anvol, présidée par Dominique Grasset et animée par Guillaume Malecki, chargé de mission RSO d’Anvol, doit définir dans l’année les indicateurs manquants ainsi que les objectifs et outils de suivi, a indiqué ce dernier à Agra Presse.
Grèce: un vice-ministre à l'Agriculture démissionne à la suite des pressions politiques
Le vice-ministre grec du Développement agricole de l’Alimentation, Makarios Lazaridis, a démissionné le 18 avril de ses fonctions après des pressions politiques le critiquant d’avoir profité de ses relations avec le parti conservateur au pouvoir pour être nommé à un poste d’expert sans les diplôme requis. Sa démission intervient à peine quinze jours après avoir été nommé vice-ministre du Développement agricole dans le cadre d’un remaniement ministériel procédé par le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, sur fond de l’enquête sur le détournement de subventions agricoles européennes, un scandale retentissant. L’opposition de gauche et des médias avaient récemment révélé que Makarios Lazaridis, 56 ans, avait profité de ses relations en tant que cadre du parti Nouvelle-Démocratie (ND) pour décrocher un poste d’expert en 2007 au ministère de l’Education sans avoir les diplômes universitaires adéquats.