Engrais/carburants : face à l'envolée des prix, Bruxelles veut assouplir les règles sur les aides d'Etat
La Commission européenne a présenté, le 13 avril, un projet de proposition pour ajuster temporairement le cadre d'aides d'État du Pacte pour une industrie propre afin de faciliter les soutiens pour faire face aux hausses de prix des carburants ou des engrais. Comme durant la crise liée à la pandémie de Covid puis à la guerre en Ukraine, le projet soumis à consultation propose d'autoriser les États membres à octroyer un soutien d'un montant «limité par entreprise» des secteurs les plus exposés aux conséquences du conflit au Moyen-Orient «couvrant une partie des hausses de prix des carburants ou des engrais, par rapport à la période antérieure au 28 février 2026». Les États membres ont désormais la possibilité de formuler leurs observations, l'objectif de Bruxelles étant d'adopter ce cadre temporaire d'ici la fin avril. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a par ailleurs annoncé le 13 avril qu’une série de mesures pour faire baisser les coûts de l’énergie serait présentée le 22 avril, en amont de la réunion informelle des dirigeants européens qui se tiendra le lendemain à Chypre. Et la Commission européenne est aussi en train de mettre la dernière main à un plan d’action sur les engrais qui devrait être, lui, présenté début mai.
Carburant : le gouvernement français envisage de contrôler les prix, flou pour le GNR
Le gouvernement envisage d’encadrer les marges des distributeurs sur les prix des carburants. Le projet de décret, consulté le 14 avril par l’AFP, vise notamment à «éviter des effets d’aubaine», selon la fiche de présentation du projet de texte, qui doit être soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’État. Toutefois, la décision, révélée par Le Parisien, d’encadrer ces marges de distribution, «n’est pas tranchée», a souligné Matignon à l’AFP. Dans sa note aux rédactions, Bercy ne précise pas si le dispositif concernera ou non le gazole non routier (GNR) des agriculteurs. Le projet de texte stipule que «les prix de vente des stations-service situées en France métropolitaine font l’objet, dans les conditions prévues au présent article, d’un plafonnement jusqu’au 31 août 2026». Selon une source gouvernementale, ce texte donne la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais il ne s’agit pas en tant que tel d’un plafonnement des prix à la pompe, qui resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés. Concrètement, le dispositif comprend trois paramètres, pour chaque station-service et chaque carburant. Il prévoit tout d’abord que le prix de vente autorisé devra être calculé en tenant compte du prix de référence quotidien de l’essence ou du gazole calculé sur la moyenne lissée des 5 derniers jours (ou 5 dernières cotations) sur le marché de Rotterdam.
GNR/engrais : à Toulouse, la CR bloque un dépôt de carburant, les JA reçus à la DDT (presse)
Les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale de Haute-Garonne ont manifesté séparément à Toulouse et à proximité, le 14 avril, pour réclamer davantage de soutien de la part du gouvernement face à la flambée des carburants et des engrais, rapporte La Dépêche le même jour. Selon le quotidien local, qui ne mentionne aucun débordement, « une soixantaine d’agriculteurs » de la CR, venus de Haute-Garonne et d’Ariège avec « huit tracteurs et trois remorques », se sont rassemblés au dépôt de carburant de Lespinasse, au nord de la ville rose. Ils réclamaient « le GNR à 1 € TTC, le gazole à 1,50 € TTC et la baisse des engrais ». Après avoir bloqué l’accès à ce site TotalEnergies, « ils en sont partis vers 14h30 », indique Ici Occitanie. Déclarée trop tardivement et de manière imprécise, l’action n’avait pas été autorisée par les pouvoirs publics, selon un autre article (payant) de La Dépêche. De leur côté, les JA de Haute-Garonne se sont rassemblés, sans tracteurs, le même jour devant la Cité administrative de la Roseraie, à Toulouse. Une action autorisée par le préfet. Une délégation a été reçue à la DDT (préfecture), afin de demander notamment « une année blanche de MSA, pas un report ».
Biogaz/biocarburant: l'Assemblée adopte la suppression des ZFE, dernier vote mercredi au Sénat
L’Assemblée nationale a validé une nouvelle fois le 14 avril le projet de loi de «simplification de la vie économique», et avec lui la suppression controversée des «zones à faibles émissions» (ZFE) contre les voitures polluantes, avant un vote final au Sénat le 15 avril. Le développement des ZFE a accéléré le développement des filières biogaz (BioGNV) et dans une moindre mesure celle des biocarburants. Deux ans après son dépôt, et un examen chaotique entre une dissolution et trois changements de Premier ministre, les députés ont finalement approuvé le texte du gouvernement par 275 voix contre 225. En cas d’approbation, probable, au Sénat mercredi, il sera définitivement adopté. Initiées en 2019, étendues en 2021, ces zones entendent limiter les émissions de particules fines en excluant certains véhicules anciens et polluants, surtout dans les centres-villes. Dans tous les groupes toutefois, des députés les considèrent au mieux mal conçues et potentiellement injustes pour les foyers modestes. L’exécutif a donc tenté le 14 avril un dernier coup : maintenir une base légale pour les ZFE, en laissant la main aux collectivités locales pour les appliquer ou non. Mais les voix du RN et de l’UDR d’Eric Ciotti, des LR sont venus contrer l’amendement du gouvernement.
Méthanisation : Sublime Energie inaugure son système de liquéfaction du biogaz
Dans un communiqué du 14 avril, la société Sublime Energie a annoncé l’inauguration de son démonstrateur « Charlie » basé à Plélo (Côtes-d’Armor), développant un système de liquéfaction du biogaz issu de la méthanisation à la ferme, permettant de produire du carburant renouvelable, « sans dépendre des réseaux gaziers ». L’entreprise tente de mettre en place un système inspiré « de la tournée du laitier » : « le biogaz produit à la ferme est liquéfié, puis collecté directement sur les exploitations avant d’être acheminé vers une unité de valorisation mutualisée ». Pour rappel, le projet avait été annoncé en 2024. La capacité de production de l’installation est d’environ 180 tonnes de bioGNL et 330 tonnes de bioCO₂ liquide par an, indique Sublime Energie. « Les premières productions interviendront dès cette année, à l’issue des phases d’essais et de mise en service », précise le communiqué. L’entreprise travaille en parallèle sur le projet « Delta », destiné à réunir « une dizaine de fermes autour d’un hub mutualisé dans les Côtes-d’Armor. Ce premier de série industrielle permettra une production à plus grande échelle de bioGNL et de bioCO₂, avec une mise en service prévue à l’horizon 2028 ». Elle déclare enfin espérer un développement de l’activité en Europe à l’avenir.
Biométhane : la République tchèque débloque 3,7 Md€ pour soutenir la filière
La Commission européenne a donné son feu vert, le 14 avril, à un régime tchèque d’aides d’Etat d’un montant de 3,7 milliards d’euros destiné à stimuler la production de «biométhane durable» utilisé pour les transports, le chauffage et l’industrie. Ce régime, qui doit contribuer à la transition vers une économie à zéro émission nette, a été approuvé en vertu du cadre des aides d'État du Pacte pour une industrie propre (CISAF) adopté le 25 juin 2025. Dans le détail, celui-ci prendra la forme d'un soutien direct des prix, au moyen d'un contrat d'écart compensatoire bidirectionnel prévoyant une prime pour chaque MWh de biométhane produit pour une durée de 15 ans, sur la base d'un «prix d'exercice». Cela signifie que si les prix du marché du gaz naturel sont inférieurs au prix d'exercice, l'État tchèque paiera les producteurs, tandis que s'ils sont plus élevés alors les entreprises devront rembourser la différence. Bruxelles indique que les bénéficiaires seront sélectionnés dans le cadre d'une procédure de mise en concurrence. Ce régime sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030 et il sera ouvert aux producteurs de biométhane titulaires d'une licence de production de gaz en République tchèque.
Grandes cultures : baisse des soles d’orge de printemps et de pomme de terre (ministère)
Dans son dernier rapport du 14 avril, le service de statistique du ministère de l’Agriculture table sur un repli notable de la sole française 2026 d’orge de printemps et de pomme de terre. Dans le détail, les surfaces de la céréale à paille tomberaient à 501 000 ha cette année, contre 598 000 ha en 2025. De leur côté, « les surfaces de pommes de terre de conservation et demi-saison (hors primeurs), estimées à 0,18 Mha, reculeraient de 5 % par rapport au point haut de 2025 », peut-on lire dans le document. Toutefois, ce niveau resterait supérieur « de près de 11 % à la moyenne de la période 2021-2025 ». La faiblesse des prix justifie le recul des assolements. Notons que la surface nationale de pomme de terre à destination de la féculerie se replierait également, de 4 %, à 10 000 ha. Notons aussi que de premières prévisions ont été publiées concernant les protéagineux. La sole de pois protéagineux augmenterait de 2,6 % entre 2025 et 2026, à 166 000 ha. Celle de féverole régresserait quelque peu, de 5,9 %, à 106 000 ha. Ces chiffres restent prévisionnels, et sont amenés à évoluer dans les prochains mois.
Betterave à sucre: Cristal Union attend une nouvelle baisse des surfaces en UE
Lors d’une conférence de presse à Paris le 14 avril, le groupe Cristal Union a indiqué s’attendre à un possible déficit d’offre en sucre sur le marché européen (UE + Royaume-Uni) de 1 à 2 Mt pour 2026-2027. Ce recul de l’offre serait consécutif à un nouveau repli des surfaces européennes, qui passeraient d’environ 1,5 Mha à 1,4 Mha entre 2025-2026 et 2026-2027. En France, la sole est attendue à 370 000 ha par le sucrier, contre 379 000 ha par Agreste (ministère de l’agriculture) dans son rapport du 14 avril. Le prix du sucre européen, qui s'affiche actuellement à seulement 520 €/t environ, devrait constituer « un point bas. Nous espérons que le marché rebondira, et puisse peut-être atteindre les 600-650 €/t dans les prochains mois », rassure Stanislas Bouchard, le directeur général adjoint. Néanmoins, aucune alerte particulière concernant la production mondiale de sucre 2026/2027 n’est à signaler, raison pour laquelle les cours européens ne dépasseront probablement pas ces niveaux, si aucun accident climatique ne survenait. Néanmoins, le phénomène El Nino pourrait frapper certains pays. Ensuite, « il faudra surveiller la production d’éthanol au Brésil. Les industriels sont davantage incités à produire du bioéthanol que du sucre actuellement », prévient l’expert. Le conflit au Moyen-Orient est également à suivre.
Sucre : la faiblesse des cours pèse sur les résultats de Cristal Union
Lors d’une conférence de presse à Paris tenue le 14 avril, le groupe Cristal Union a annoncé un repli notable de ses résultats financiers entre 2024-2025 et 2025-2026, essentiellement justifié par la faiblesse des cours du sucre. Le chiffre d’affaires s’effrite de 14 % annuellement, tombant à 2,275 Md€. De son côté, l’Ebitda décroche lui aussi nettement, passant de 287 M€ à 138 M€. Toutefois, Cristal Union juge ses performances financières résilientes, car survenues dans un contexte de marché particulièrement dégradé. En plus de la faiblesse des cours du sucre, le groupe rappelle la conjoncture actuelle de hausse des coûts de production, notamment de l’énergie, et le renforcement de la concurrence de produits importés. Le groupe indique être parvenu à dégager un résultat net positif de 20 M€ « avant dépréciation des actifs incorporels à hauteur de -462 M€ ». Il ajoute avoir été en mesure d’accorder une rémunération moyenne de bon niveau, à plus de 35 €/t pour les betteraves contractées, « grâce à l’utilisation partielle de la caisse de péréquation collective » mise en place en 2024 et 2025.
Pesticides : le plan Perturbateurs endocriniens 2030 en consultation publique
Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation publique, jusqu’au 8 mai, son projet de priorités d’actions et son plan d’action pour tendre vers l’objectif de « zéro exposition aux perturbateurs endocriniens (PE) » en 2030. Ces projets de texte complètent les stratégies nationales sur les PE adoptées en 2014 (SNPE1) puis en 2019 (SNPE2). Parmi les six grandes priorités d’action, le gouvernement veut « renforcer les contrôles et la surveillance » des PE notamment dans les denrées et dans l’alimentation animale dont eau de consommation. Pour faciliter ce travail, il propose d’établir « une liste de substances PE par usage et susceptibles de se retrouver » dans ces produits. Le gouvernement veut aussi améliorer la surveillance de l’imprégnation des perturbateurs endocriniens dans l’air, l’eau et le sol -via par exemple les pesticides, les PFAS, les boues d’épuration et mieux identifier leur impact sur les écosystèmes. Il souhaite mieux protéger les travailleurs agricoles en contrôlant la présence de PE dans les produits utilisés sur les exploitations. Il veut également mieux informer le grand public sur les sources de contamination (matériaux au contact d’aliments, résidus de pesticides et contaminants, phyto-estrogènes tels isoflavones du soja) et souhaite encourager le développement de dispositifs comme les « ordonnances vertes » pour protéger les femmes enceintes et enfants à naître.
Pesticides : Phyteis demande des « mesures d’urgence » dans la LUA
Dans un communiqué le 14 avril, Phyteis (fabricants de produits phytosanitaires) déplore que le projet de loi d’urgence agricole fasse «l’impasse sur les solutions de protection des cultures». La fédération des producteurs de phytos estime que le titre 2 du projet de loi, qui vise à lutter contre les importations « déloyales » car traitées avec des produits interdits en UE, « laisse penser que le protectionnisme pourrait pallier l’absence de solutions de protection des plantes dans les fermes » et « oublie » le fait que « les principaux "concurrents" des agriculteurs français sont leurs confrères européens, en théorie soumis aux mêmes règles ». Phyteis demande l’introduction de plusieurs « mesures d’urgence » dans le projet de texte : « la fluidification des procédures d’autorisation de mise en marché (AMM) » avec « la possibilité de fournir des données complémentaires en cours d’évaluation » ; une « convergence réelle » des pratiques avec le reste de l’UE ; une « visibilité pour la mise sur le marché de toutes les innovations, du biocontrôle aux solutions conventionnelles » ; et le « renforcement » du comité de suivi des AMM. Pour rappel, lors d’un point presse le 7 avril, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a déclaré qu’« il y a des accroches dans le texte » pour débattre de la réautorisation de l’acétamipride.
Cerises : la France relève la LMR d’esfenvalérate, suscitant les critiques d’associations
Dans un arrêté publié le 2 avril au Journal officiel (JO), la ministre de l'Agriculture a rehaussé la limite maximale de résidus (LMR) d’esfenvalérate sur les cerises mises sur le marché français. Cette mesure dérogatoire s'applique à la production nationale et aux importations. Pour rappel, l’Union européenne établit la LMR d'esfenvalérate sur cerises à 0,02 mg/kg, correspondant à la limite de quantification par défaut. Dans un avis produit le 11 février à la demande de la DGAL (ministère de l'Agriculture), sollicitée par la filière cerise, l’Anses a conclu qu'une LMR nationale de 0,1 mg/kg pourrait être proposée ; la limite européenne « n’étant pas compatible » avec les conditions d’utilisation du produit dans les vergers. « Les niveaux estimés des expositions aiguë et chronique du consommateur (…) sont inférieurs respectivement à la dose de référence aiguë et à la dose journalière admissible de la substance active », précise l’agence. Contactée, l’AOP Cerises de France n’a pas souhaité commenter. La mesure suscite toutefois de vives critiques de la part du Collectif des victimes des pesticides de l’Ouest, qui appelle à la suspension « immédiate » de cette dérogation. « En relevant artificiellement le seuil autorisé plutôt qu’en interdisant un produit dangereux, le gouvernement fait le choix de dissimuler le problème plutôt que de le résoudre », précise-t-elle.
Négociations commerciales : la MPA « ne semble pas sanctuarisée » (rapporteure)
À l'occasion d'une audition le 14 avril du ministre du Commerce, Serge Papin, la rapporteure de la commission d'enquête sur les marges de la grande distribution, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl, a déclaré que, dans le cadre des négociations commerciales, la matière première agricole (MPA) « ne semble pas être sanctuarisée » et « ne l'est que facialement ». Lors de leur échange, le ministre a répondu qu'elle « l'était sur le plan législatif », et que ces dispositions avaient fonctionné dans certaines situations, sans les nommer. Ce à quoi la rapporteure a répondu : « Nous avons les témoignages quasiment unanimes (de fournisseurs, NDLR) que la MPA n'est pas sanctuarisée, et que cela revenait à négocier deux fois plus dur sur la matière première industrielle, ce qui revient à une forme de contournement de la loi ». La rapporteure a également mis en avant des cas de contournement de ces dispositions par des centrales d'achat européennes, qui argueraient que les contrats ont été signés par des sociétés basées hors de France, quand bien même une partie de la MPA serait française, et le produit final commercialisé en France. Lors de l'audition, le ministre a rappelé, sans précision du véhicule législatif, sa proposition de favoriser la « pluriannualité » des négociations. Il a souhaité attendre les conclusions de la commission d'enquête avant d'aller plus loin.
Défaillances d’entreprises : l’agriculture à +23 % au 1er trimestre, la vigne souffre
Le groupe Altares a dévoilé, le 14 avril, les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le premier trimestre 2026 : dans le secteur agricole, elles progressent de 23 %, comparé aux trois premiers mois de 2025. « L’agriculture signe, ce trimestre, un des plus mauvais chiffres sectoriels avec 487 entreprises agricoles ayant fait l’objet d’une ouverture de procédure (+23 % par rapport au 1er trimestre 2025). La tendance est fortement influencée par les activités de culture (276 ; +37 %), et parmi celles-ci, la vigne », selon le communiqué. Altares notait, il y a deux ans, des signaux d’alerte concernant la viticulture, « en particulier girondine » : « Alors que 2023, comptait déjà plus de 130 défaillances, le 1er trimestre 2024 accélérait encore (+24 %) avant qu’un an plus tard les défaillances n’explosent (+75 %). Début 2026, la hausse est encore très lourde (+32 %) et déjà 83 viticulteurs, dont la moitié girondins, sont tombés. » Parmi les autres secteurs, la restauration voit son nombre de défaillances se stabiliser (-0,4 % au 1er trimestre). Elle est toutefois à deux vitesses : si la restauration à table est dans le vert (-2,5 %), la restauration rapide est dans le rouge (+2,4 %).
Adaptation au changement climatique : 110 agriculteurs accompagnés par les chambres
Selon un communiqué de presse du 9 avril, les chambres d’agriculture ont réalisé 110 accompagnements sur l’adaptation au changement climatique dans le cadre du projet ClimaTerra. Arrêté à mars 2026, ce chiffre représente un tiers de l’objectif de ce projet exploratoire (350 accompagnements). Piloté par Chambres d’agriculture France, le projet Casdar ClimaTerra (2023-2026) vise, à terme, à « proposer à tous les agriculteurs un accompagnement dans la mise en œuvre d’un plan d’action personnalisé ». Il permet déjà à des agriculteurs de bénéficier gratuitement d’un « diagnostic de vulnérabilité » de leur exploitation. Les étapes suivantes de la démarche sont la construction d’un plan d’action personnalisé (deux jours, 557 plans réalisés) et l’accompagnement à la mise en place des différents leviers (quatre jours). Par ailleurs, ClimaTerra a permis de sensibiliser 10 241 personnes (agriculteurs, conseillers, étudiants). Le projet Casdar sera suivi d’une phase de massification, qui vise à accompagner 10 000 agriculteurs par an jusqu’en 2030. Une suite dont la forme n’est pas encore définie (nouveau projet ou poursuite du projet actuel) : « Nous ne savons pas encore sous quelle forme pourront être menés ces accompagnements et avec quels fonds », indique-t-on chez Chambres d’agriculture France.
Eau : les États-Unis au cœur des échanges mondiaux « d’eau virtuelle »
Dans une étude publiée en décembre 2025, le cercle de réflexion britannique Chatham House analyse l’empreinte hydrique du commerce mondial agricole, recourant à la notion « d’eau virtuelle », c’est-à-dire le volume d’eau incorporé dans les produits tout au long de leur chaîne de production. Elle souligne la progression continue de ces échanges depuis les années 1980, pour l’ensemble des produits agricoles. Les États-Unis y occupent une position centrale. Ils représentaient à eux seuls 19 % des exportations mondiales d’eau virtuelle incorporée dans les cultures en 2015, devant le Pakistan, l’Inde, le Mexique et l’Espagne. Côté importations, les États-Unis figurent également parmi les principaux acteurs, aux côtés de la Chine. Dès 2015, les deux pays comptaient parmi les vingt premiers importateurs d’eau virtuelle dans les cultures. En 2022, la Chine concentrait à elle seule une part importante des importations mondiales d’eau virtuelle, pour certaines denrées (40 % pour le soja, 16 % pour l’élevage, 10 % pour l’huile de palme). L’étude souligne toutefois que ces échanges peuvent accentuer les tensions sur la ressource, notamment lorsque les stratégies d’exportation ne tiennent pas compte des contraintes hydriques locales. Le cas du Pakistan illustre ces dérives : bien que très vulnérable sur le plan hydro-climatique, il exporte des volumes massifs de riz et de canne à sucre alors que les méthodes de culture sont décrites comme peu efficaces.
Mayotte : les fonctionnaires déplorent une « insécurité généralisée et préoccupante » (syndicat)
Dans un compte rendu du Comité social d'administration du ministère de l'Agriculture du 2 avril, les fonctionnaires du Spagri-CFDT rapportent une « insécurité généralisée et préoccupante » à Mayotte, depuis le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Le syndicat fait état d'« agressions sur le trajet domicile-travail », que certains fonctionnaires tentent d'éviter en quittant leur domicile « à 3 ou 4 heures du matin ». Pour limiter ce risque, la direction « développe le télétravail mais toutes les missions ne sont pas télétravaillables ». Sur le site de la Daaf, le Spagri rapporte « cambriolages et vols de matériels informatiques malgré le gardiennage ». Sur le site de Kawéni, « une clôture est en cours de réalisation ». Au lycée agricole de Coconi, on déplore des cambriolages, des « vols de canards et de poulets récurrents, d’un veau, de deux toits en tôle, ainsi que des gardiens agressés la nuit ». Dans un rapport d’information paru le 4 juillet 2024 sur l’autonomie alimentaire des outre-mer, les députés Marc Le Fur (LR) et Estelle Youssouffa (UDI) faisaient déjà état du niveau d’insécurité grandissant que rencontraient les agriculteurs de Mayotte, dont désormais « toutes les installations sont gardiennées la nuit et doivent être protégées » pour se prémunir des vols, notamment de fruits.
Espagne/Chine: six nouveaux accords de coopération pour l'agroalimentaire
A l’occasion de la visite en Chine du Premier ministre Pedro Sanchez, le ministère espagnol de l’Agriculture a annoncé, le 14 avril, la conclusion de six nouveaux accords bilatéraux de coopération dans le domaine agroalimentaire. Cela comprend notamment un protocole permettant à Pékin de reconnaitre la régionalisation en cas d’influenza aviaire et de maladie de Newcastle pour l’exportation de volailles depuis les zones indemnes. Les parties ont également conclu un protocole phytosanitaire autorisant l’exportation de pistaches et de figues sèches d’Espagne vers la Chine. Au niveau du secteur porcin, Madrid annonce la finalisation d’un protocole relatif à l’exportation de protéines transformées, qui permettra de valoriser les sous-produits, et la modification d’un accord en vigueur sur l’exportation de porcins pour y inclure les produits cuits. Ces deux nouveaux textes viennent s’ajouter à l’accord de régionalisation concernant la peste porcine africaine, annoncé en novembre et permettant l’exportation de viandes de porc issues des zones indemnes de cette maladie. Par ailleurs, un accord sur l’utilisation des protéines animales comme engrais et un mémorandum sur les indications géographiques visant à renforcer la coopération entre les autorités nationales ont aussi été paraphés.
DNC : l'Espagne rachète des doses de vaccins pour 1 M€ suite aux foyers de mars
Le gouvernement espagnol a annoncé, le 14 avril, avoir débloqué un million d'euros supplémentaires afin de lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), portant à 2,8 millions d'euros l’enveloppe totale dédiée à l'acquisition de doses de vaccins depuis le mois d’octobre. Le ministère de l’Agriculture avait déjà acquis 1,4 million de doses pour un montant de 1,82 M€. Le nouveau financement permettra d'accroître la banque nationale de vaccins de 757 575 doses. Le premier cas de cette maladie en Espagne a été signalé le 3 octobre dans la province de Gérone. Depuis, 20 foyers épidémiques ont été découverts: 18 dans la province de Gérone où la zone de restriction a été levée le 26 février, et deux à Huesca, le plus récent début mars. Ces nouveaux foyers épidémiques ont entraîné l'extension des zones de vaccination et la nécessité de vacciner les animaux introduits dans ces zones en provenance de régions indemnes. Cette situation, conjuguée à la revaccination prévue des animaux vaccinés en 2025, a conduit le ministère de l'Agriculture à renforcer son stock de vaccins afin de pouvoir réagir en cas d'urgence. La DNC est d’abord réapparue en Sardaigne (Italie) en juin 2025 alors qu’elle n’avait pas été détectée en Europe depuis octobre 2017.
Ovins viande : vers une nouvelle baisse de la production en 2026, sous l’effet de la FCO
Les abattages contrôlés d’ovins en France devraient reculer une nouvelle fois en 2026, de 4 % (à 64 000 téc), principalement en raison des effets sur le long terme de la fièvre catarrhale ovine (FCO), selon le bilan annuel de l’Idele paru le 14 avril. Après cette épizootie, dont le pic a été atteint en 2024, les éleveurs reconstituent leurs troupeaux : le cheptel hexagonal atteint 4,9 millions de brebis en novembre 2025 (+1 % sur un an), et les abattages d’ovins de réforme sont attendus en baisse de 3 % en 2026. « La hausse des mortalités des reproducteurs au second semestre 2024 a provoqué une baisse des naissances puis des sorties en 2025 », explique l’Institut de l’élevage. En 2026, les importations de viande ovine, comme celles d’ovins vivants, sont une nouvelle fois attendues en baisse, tandis que les exportations françaises devraient se maintenir (-1 %). Résultat : « Le manque d’approvisionnement pour le marché français est notable », avec un disponible prévu à -3 %. Un déficit qui ne sera pas forcément synonyme de prix records, prévient l’institut technique : « Si l’offre recule franchement, la demande semble encore se replier davantage, freinée par le niveau de prix de vente atteint ». Sur les onze premières semaines de 2026, la cotation entrée abattoir est en baisse de 24 ct€/kg sur un an (à 9,88 €/kg).
Ovins lait : la collecte 2025 en légère hausse, tout comme le prix
Le bilan 2025 que vient de publier l’Idele fait apparaître une collecte française de lait de brebis en légère hausse (+1,4%) durant la campagne 2024/2025 par rapport à la campagne précédente à 290,4 millions de litres. Depuis sa chute de 2021/2022, la collecte fluctue. L’année passée, elle était en retrait de 1,6% par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. « Elle a diversement évolué dans les trois principales régions de production : hausse en Occitanie (+1,5% après -3,9% entre les deux précédentes campagnes) et en Nouvelle-Aquitaine (+1,9% contre - 0,1%) et recul de 5,9% en Corse (contre -1,6% précédemment). Au-delà de ces trois bassins, elle a progressé de 4,2% », note l’Idele. Le prix payé au producteur reste orienté à la hausse, atteignant 1291 €/1000 l sur la campagne 2024/2025, en hausse de 4,3% par rapport à la campagne précédente. La hausse de prix a été plus importante en conventionnel (+4,7%, à 1 266 €/1 000 l) qu’en bio (+2,3%, à 1 495 €). La collecte de lait bio a connu une stagnation en 2024/2025, à +1%, après trois campagnes quasiment au même niveau. Le nombre de livreurs est orienté à la baisse car les laiteries n’en acceptent plus de nouveaux, faute de débouchés.
Ovins lait : les achats de fromages repartent à la hausse en 2025
Les achats de fromages au lait de brebis en France sont repartis à la hausse en 2025 (+5,8% vs 2024), après plusieurs années de baisse, révèle l’Idele dans son bilan Ovins 2025 récemment publié, se basant sur les données de FranceAgriMer. Le prix moyen pondéré a reculé de 0,8%, mais cela fait suite à plusieurs hausses (+1% en 2024, +11% en 2023 et +5% en 2022). On constate toutefois de grandes différences d’un fromage à l’autre. Les ventes de Roquefort sont en légère hausse (+0,7%), et le prix moyen augmente de 2,8%. « À l’inverse, l’Ossau Iraty a vu ses ventes diminuer de 5,2%, avec un prix moyen en hausse de 0,4%. Les fromages à salade type féta s’en sortent mieux, avec +18,2% en volume et une baisse de prix de 2,4%. Après trois années de baisse, les ventes d’ultra-frais bondissent en 2025, de 15,3%, avec des prix en baisse de 2,7%. » La hausse du marché domestique a laissé moins de volumes disponibles à l’export qui a baissé de 1% en 2025 par rapport à 2024. Le roquefort s’est moins exporté : -29% vers les Etats-Unis à cause des taxes douanières. Les volumes vers l’Espagne (34% des volumes) étaient stables et ceux vers la Belgique (14% des volumes) en baisse de 4%.
Ovins : en 2025, hausse des revenus pour tous les systèmes, roquefort en tête
Portés par la hausse des prix des agneaux et du lait de brebis, les revenus moyens des principaux systèmes d’éleveurs d’ovins, allaitants comme laitiers, augmentent tous en 2025, apprend-on dans le bilan annuel de l’Idele paru le 14 avril. Le résultat courant le plus élevé est observé dans le système « Ovins laitiers Nord-Occitanie » (roquefort), en hausse de 79 %, à 41 900 € par UMO (unité de main-d’œuvre). Il est talonné par le système mixte « Ovins viande et bovins viande » (38 200 €). Ces deux modèles d’élevage connaissent de fortes hausses par rapport à 2024, contrairement au troisième du classement, les systèmes pastoraux spécialisés viande (32 100 €). Les quatre systèmes restants se situent autour des 20 000 € ; deux d’entre eux augmentent fortement (ovins laitiers Pyrénées-Atlantiques, ovins viande et grandes cultures) et deux plus modérément (spécialisés ovins viande dans les zones à bon potentiel et dans celles à potentiel limité). Ces estimations sont issues du réseau Inosys, cogéré avec les chambres d’agriculture (222 exploitations en ovins viande, 44 en ovins lait). Un échantillon aux résultats « en moyenne nettement supérieurs à ceux des fermes professionnelles françaises » (Rica), rappelle l’Idele.
Lait/environnement : les Pays-Bas débloquent 615 M€ pour la réduction des troupeaux
La Commission européenne a annoncé, le 14 avril, avoir approuvé un nouveau programme d'aides d'État néerlandaises de 615,7 millions d'euros pour encourager la réduction volontaire de la taille des troupeaux laitiers sur une période de trois ans. Les éleveurs laitiers qui possédaient en 2025 des vaches laitières pourront solliciter ce soutien qui prendra la forme de subventions directes couvrant jusqu'à 100% des coûts éligibles. Le programme sera en vigueur pendant cinq ans. La Commission européenne a conclu que ce dispositif était nécessaire et approprié pour renforcer la protection de l'environnement en contribuant à la réduction structurelle des émissions de gaz à effet de serre et d'ammoniac. Limité au strict minimum nécessaire, il n'aura qu'un impact réduit sur la concurrence et les échanges entre les États membres, estime Bruxelles. Les Pays-Bas multiplient depuis quelques années les régimes d’aides d’Etat à destination du secteur de l’élevage pour satisfaire aux obligations de la directive Nitrates en soutenant la fermeture et le déplacement d’exploitations situées dans les zones les plus sensibles.
Volaille/œufs : la maladie de Newcastle sévit à nouveau en Allemagne et en Espagne (presse)
La maladie de Newcastle, déjà présente en Pologne depuis 2024, s’est bien installée en 2026 dans deux autres pays de l’UE, l’Allemagne et l’Espagne, selon un article du média Watt Poultry qui répertorie les cas rapportés par l’Omsa (organisation mondiale de la santé animale). En Allemagne, 35 élevages avicoles ont été touchés depuis le premier foyer déclaré en février 2026. L’aviculture allemande en était débarrassée depuis 2008. Parmi les derniers cas recensés : cinq élevages de poulets de chair (40 000 à 70 000 têtes) et un petit élevage de poules pondeuses (4 000 têtes). En Espagne, d’où la maladie était absente depuis 2022, celle-ci est réapparue en janvier 2026 et a touché 22 élevages. Derniers cas recensés : un élevage de 30 000 poules et un autre de 26 000 poulets. La Pologne, qui est en prise avec la maladie de Newcastle depuis 2024, a connu 140 foyers depuis, et le dernier cas recensé est un élevage de 37 000 poulets. La maladie de Newcastle présente des symptômes très ressemblants à ceux de l’influenza aviaire hautement pathogène. C’est aussi une maladie virale à déclaration obligatoire, qui s’attaque essentiellement aux gallinacés, à la différence de cette dernière.
Porc : en Espagne, la PPA et le SRRP pèsent sur les volumes et redressent les cours
Dans une analyse du 7 avril sur le site Pig 333.com, Guillem Burset, observateur du secteur espagnol du porc, prévoit un manque important de porcs à abattre sur la péninsule à la fin du printemps ou au début de l’été 2026. L’arrivée de la PPA à la fin 2025 en Catalogne a déclenché une baisse de production. En outre, l’élevage fait face à une épidémie ravageuse du syndrome reproductif et respiratoire (SRRP), signale-t-il. Conséquence, le prix du vif, qui était tombé à 1 euro le kg avec le freinage brutal des exportations sur pays tiers, soit « bien en dessous du coût de production », remonte depuis février, à 1,27 euro/kg selon la note des analystes du Marché du porc français du 13 avril. Il se pourrait qu’il continue d’augmenter jusqu’en juin, selon l’expert, sans dépasser cependant 1,55 euro/kg, car alors les abatteurs espagnols ne feraient plus de marge. Les abatteurs sont mis à rude épreuve en effet. Beaucoup de destinations, dont le Japon, restent fermées aux viandes d’Espagne pour cause de PPA. Le prix de la viande n’a pas évolué en conséquence car la consommation est modérée en Europe et les stocks sont hauts du fait d’achats massifs au prix bas en début d’année.
Tourbières : l'Allemagne va consacrer 1,3 Md € pour les restaurer
La Commission européenne a donné son feu vert, le 14 avril, à un programme allemand d’aides d’Etat de 1,3 milliard d'euros destiné à soutenir la restauration des tourbières. En Allemagne, le drainage des tourbières, actuellement utilisées pour l'agriculture et la sylviculture, est responsable de 7 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre. Grâce à ce programme, le gouvernement allemand entend prévenir la dégradation de celles-ci et, lorsque cela est possible, restaurer les sols tourbeux en tant que puits de carbone naturels. Le programme soutiendra des mesures pour la réhumidification permanente à grande échelle des tourbières et pour leur utilisation ultérieure à des fins agricoles dans le cadre de la paludiculture. Les aides prendront la forme de subventions directes couvrant jusqu'à 100% des coûts éligibles (services de conseil préparatoires, investissements, indemnisation des dommages économiques, aide à la création de paludicultures). Le dispositif sera en vigueur jusqu'au 31 décembre 2029. Mais ceux qui adhèreront au dispositif dès la première année pourront bénéficier d'une prime de 20 %. L'aide produit des effets positifs qui l'emportent sur toute distorsion potentielle de la concurrence, conclut Bruxelles.
CR : Venteau devant la justice en septembre pour sa saillie sur les « écolos » (presse)
Selon La Dépêche (article payant), le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau « comparaîtra au tribunal d’Auch » (Gers) le 3 septembre pour répondre de ses menaces proférées contre les « écolos » lors du dernier congrès du syndicat, en novembre 2025. Par ailleurs président de la chambre d’agriculture de Haute-Vienne, M. Venteau est convoqué pour « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit », précise le quotidien local, dont l’information a été « confirmée en début de semaine par le parquet ». Le 19 novembre 2025, lors du congrès qui l’a vu succéder à Véronique Le Floc’h, Bertrand Venteau a déclaré : « Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau ». Des propos assumés en janvier, au cours d’une audition libre par la gendarmerie de Limoges (Haute-Vienne). Ses premiers mois à la tête de la CR se montrent particulièrement chahutés, notamment en interne, à tel point qu’un collectif de salariés s’est monté pour tirer la sonnette d’alarme. Les deux anciens directeurs généraux ont été remplacés et un projet de déménagement du siège est en cours. Dans ce climat tendu, et alors qu’un élu était accusé d’harcèlement sexuel pendant le Salon de l’agriculture, l’ancienne présidente Véronique Le Floc’h a récemment démissionné du comité directeur.
PNNS 5 : les végétariens de l'AVF saluent une «reconnaissance» de la végétalisation
L’Association végétarienne de France (AVF) a salué, dans un communiqué du 14 avril, les préconisations du 5ème Programme national nutrition santé (PNNS 5) pour 2026-2030, publié la semaine précédente par les ministères de la Santé et de l’Agriculture. Elle y voit une « reconnaissance officielle » de la place accordée à la végétalisation de l’alimentation, qu’elle estime « centrale » pour la santé publique et pour un système alimentaire soutenable. Selon elle, les préconisations du PNNS 5 rejoignent des positions qu’elle défend depuis longtemps, en particulier le développement de l’offre végétarienne dans la restauration collective et l’augmentation des protéines végétales dans l’alimentation en France. L’AVF estime toutefois qu’il est « urgent » d’aller plus loin, en fixant des objectifs chiffrés de réduction de la consommation de produits animaux, en renforçant la promotion des protéines végétales, en révisant les recommandations sur le soja et en normalisant une alimentation largement végétale. Elle estime par ailleurs que le retard accusé par la publication du PNNS 5, tout comme celui de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc), montre que l’alimentation n’est pas encore considérée « à sa juste place » et la végétalisation trop souvent « soumise à des arbitrages idéologiques ».
Coopératives : les résultats financiers de Terrena en hausse en 2025
Lors d’une conférence de presse tenue le 14 avril, le groupe coopératif Terrena a annoncé une hausse de ses résultats financiers entre 2024 et 2025. Dans le détail, le chiffre d’affaires grimpe à un peu plus de 5,9 milliards d’euros (Md€), contre 5,58 Md€ l’an dernier. L’Ebitda progresse lui aussi, passant de 160 M€ à 230 M€, et le résultat net passe de 29,6 M€ à 100,2 M€. « Le résultat de l'activité coopérative augmente lui aussi annuellement, à 25,7 M€ », précise Eric Forin, le directeur général. Ces bons résultats sont la conséquence de l’inflation de certains produits alimentaires, « d’une bonne maîtrise des charges » et d’une adaptation adéquate « aux marchés. Les équipes ont bien travaillé », s’est réjoui le directeur général. Il précise que si des difficultés ont été rencontrées en céréales, le pôle nutrition animale « a bien performé, permettant largement de compenser ». Grâce aux bons résultats, Terrena proposera lors de son assemblée générale de 2026 de redistribuer 14 M€ à ses adhérents, soit 55 % de son résultat en 2025. Pour l’avenir, le groupe coopératif espère porter ses investissements à 186 M€ en 2026, contre 134 M€ en 2025 (rénovations de silos, de magasins, modernisation de sites de production etc.).
Foncier/innovation : les six nouveaux lauréats du programme Entrepreneurs du vivant
Le gouvernement a annoncé le 14 avril six nouveaux investissements du programme Entrepreneurs du vivant (EDV), doté de 395 M€ de France 2030 (116 M déjà engagés). La foncière Terre de Liens en a bénéficié à hauteur de 6 M€, d’après le communiqué. Elle détient plus de 12 500 ha de terres agricoles, permettant l’installation de près de 700 nouveaux porteurs de projet en bio. La foncière Terre Adonis a reçu 2 M€. Cet investissement lui permet d’installer une vingtaine d’exploitants, avec une priorité aux jeunes ayant des pratiques agroécologiques. Autre foncière, Le Printemps des Terres s’est vu attribuer 5 M€. Cela a permis d’installer sept agriculteurs sur 714 ha, pour 10 274 t de CO2eq en Label Bas Carbone. Enfin, la foncière Fermes en Vie (Feve) a touché 7 M€ (dont 5 M supplémentaires en 2025). Elle a installé plus de 50 fermes. Le fonds à impact de capital croissance Capagro Agri-Food Innovation Fund II a, lui, été souscrit par l’Etat à hauteur de 15 M€. Son but est d’investir dans des sociétés agroalimentaires pour soutenir l’innovation dans les pratiques agricoles durables. Le fonds à impact Résalt a été souscrit par l’Etat via EDV à hauteur de 15 M€, ainsi que pour compte propre par la Banque des Territoires. Il investit dans toute la chaîne de valeur des filières agricoles et alimentaires avec un objectif de transition et de résilience des territoires.
Alimentation solidaire : l’Occitanie réitère son appel à projets pour 200 000 euros
Dans un communiqué du 14 avril 2026, la région Occitanie annonce mobiliser 200 000 euros supplémentaires pour soutenir des « projets de solidarité alimentaire » après avoir soutenu en 2025 avec près de 210 000 euros 29 projets. L’appel à projets « Investissement pour la solidarité alimentaire », ouvert le 1er avril, vise à soutenir « des solutions concrètes, ancrées dans les territoires », déclare la présidente de la région Carole Delga dans le communiqué. Il « permettent à la fois de lutter contre la précarité alimentaire, de soutenir nos agriculteurs et de favoriser une alimentation locale et de qualité », a-t-elle énuméré. Parmi les projets retenus en 2025 (sur 40 déposés), le communiqué mentionne Terra Flor (jardin collectif et un atelier de transformation articulé avec un tiers-lieu) en Haute-Garonne, La Fenêtre Bleue (éco-restaurant solidaire) dans le même département, Jardin de Cocagne (jardins solidaires couplés à des ateliers d’alimentation durable et cantine solidaire à Toulouse), sur trois départements, Restos du Cœur (épicerie sociale itinérante) en Aveyron, La Calade (conserverie collective) dans le Gard, et Le Maillon Solidaire (cantine à visée pédagogique) dans les Pyrénées-Orientales.