Agrafil du 16 avril 2026

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Budget la Pac : la commission des Budgets du Parlement européen se prononce pour une hausse de 139 Md€

La commission des Budgets du Parlement européen a adopté le 15 avril (par 26 voix contre 9 et 5 abstentions) un projet de position sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE proposant une augmentation de 139,31 milliards d’euros du budget de la Pac. Les eurodéputés souhaitent réintroduire le second pilier de la Pac (supprimé par la Commission européenne dans sa proposition initiale) avec une enveloppe pour les zones rurales de 106,41 Md€. L’enveloppe consacrée aux aides aux revenus serait, elle, revue à la hausse de 26,6 Mrd€. Au total, le budget de la Pac devrait donc atteindre donc 433 Mrd€ sur la période (contre 293,7 Md€ dans la proposition de Bruxelles) demandent les élus de la commission des Budgets. Globalement, ils se sont prononcés pour une augmentation de 10% du CFP répartis de manière égale entre les différentes rubriques. Bien que le rapport ne modifie pas la structure proposée par la Commission, les eurodéputés préviennent qu’ils «s’opposent fermement à la renationalisation du budget européen, rejettent l’idée d’une Union "à la carte" et avertissent que l’approche consistant à établir un plan par État membre pourrait porter atteinte aux politiques de l’UE, réduire la transparence et créer une concurrence entre les bénéficiaires». Cette position sera soumise à un vote en plénière le 29 avril. Les États membres eux sont encore loin d’avoir une position dans ce dossier. Réunis à Nicosie (Chypre) les 23 et 24 avril, les dirigeants européens aborderont cette question avec l’objectif très ambitieux fixé par le président du Conseil européen, António Costa, d’aboutir à un accord d’ici la fin de l’année.

UE/Mexique : large soutien des eurodéputés en faveur de la conclusion de l’accord commercial

A l’occasion d’une réunion conjointe le 15 avril avec la commission des Affaires étrangères, les eurodéputés de la commission du Commerce international ont exprimé un large soutien en faveur de la modernisation de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mexique. Moins controversé et sensible que le traité commercial avec les pays du Mercosur, les parlementaires européens mettent en avant son importance stratégique en matière de diversification commerciale dans un contexte géopolitique mondial complexe. Au niveau agricole, « le Mexique est un pays importateur net de produits agroalimentaires et nos exportateurs verront donc augmenter le volume des expéditions », précise la Commission européenne. De son côté, la française Céline Imart (PPE, droite) s’interroge sur les effets cumulés des concessions agricoles accordées dans le cadre des accords de libre-échange. La Commission européenne prévoit de signer le texte de l’accord modernisé le 22 mai à l’occasion d’un sommet UE/Mexique. La plénière du Parlement européen pourrait alors être amenée à se prononcer sur la validation du traité au mois de juillet.

Pratiques commerciales déloyales: les pistes de Genevard pour la révision de la directive

A l’occasion de son audition devant la Commission d'enquête du Sénat portant sur les marges des industriels et de la grande distribution, le 15 avril, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a dévoilé les demandes de la France concernant la révision de la directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales attendue pour la fin 2026. Elle souhaite notamment supprimer le seuil du chiffre d’affaires pour l’application de la directive. «Il faut protéger tous les fournisseurs et pas simplement ceux qui font moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires», a expliqué la ministre. Annie Genevard propose également de compléter la liste des pratiques interdites pour y ajouter, par exemple, le déséquilibre manifeste, les avantages sans contrepartie ou encore l’obligation de négocier avec une centrale de services avant de discuter avec la centrale d’achat. Pour elle, il faut aussi multiplier les contrôles durant les négociations et «pas seulement à la fin». Interrogée sur la possibilité d’établir un «Egalim européen», la ministre a déclaré y travailler en tentant «d’infuser l’esprit d’Egalim» tout en rappelant que la révision ciblée de l’OCM en cours de finalisation renforce la contractualisation, «une mesure inspirée de la France».

Relations commerciales : Genevard renvoie Egalim 4 à l'élection présidentielle

A l'occasion d'une audition au Sénat le 15 avril, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a renvoyé la question d'un projet de loi sur les relations commerciales (Egalim 4) à l'élection présidentielle. «Rebâtir un cadre commercial respectueux du travail du monde agricole, tout en pacifiant les relations nécessite des orientations fondamentales que seule un débat démocratique comme l'élection présidentielle pourra trancher». En janvier, la ministre de l'Agriculture avait prévu d'aborder la question en deux temps : une proposition de loi sur le seuil de revente à perte (SRP + 10) au printemps, puis un projet de loi Egalim 4, sans préciser de calendrier. Finalement, une loi d'urgence agricole a été promise par le Premier ministre, qui a été assortie d'un volet dédiée à la défense du revenu des agriculteurs, incluant une proposition de «tunnel de prix» pour les filières qui sont intéressées, et des dispositifs de consolidation des organisations de producteurs (OP). La déclaration de la ministre sous-entend que les débats parlementaires n'ouvriront pas le texte à une réforme plus profonde des relations commerciales. Quant à la proposition de loi sur le SRP, déposée par le député Stéphane Travert (Renaissance), elle n'a toujours pas été inscrite au calendrier d'examen parlementaire. Interrogé par Agra presse sur son devenir, son auteur n'a pas répondu à nos sollicitations.

Relations commerciales : les propositions de la FNSEA pour la présidentielle

Lors d'un point avec la presse le 15 avril, la FNSEA a présenté le rapport d'orientation qu'elle a rédigé, il y a quelques jours, à l'occasion de son dernier congrès, et qui contient cette année ses propositions aux candidats à la prochain élection présidentielle. Au-delà de la réforme constitutionnelle (suppression du droit de précaution, intérêt général de l'agriculture...) déjà présentée, le syndicat a présenté ses propositions pour les relations commerciales, avec deux idées mises en avant : un « prix d'équilibre » (que la FNSEA ne prévoit pas de proposer dans la loi d'urgence), intégrant «les coûts complets de production», y compris la rémunération, équivalente à « un salaire décent » dont le montant n'est pas précisé. Et des «tunnels de prix» pouvant « exclure ce qui part dans le marché européen et mondial », a expliqué Yohann Barbe, président de la FNPL (producteurs de lait). Comme prévu dans la loi d'urgence, «charge à chaque filière de s'en saisir ou non», a expliqué l'éleveur, qui a répété, après son homologue Luc Smessaert il y a quelques semaines, que certaines filières végétales réfléchissaient à intégrer les dispositions d'Egalim si les «tunnels de prix» étaient étendues à leur production. Pour l'heure, seule la filière viticole, par l'intermédiaire de la Cnaoc (viticulteurs AOC) s'est dite intéressée par le concept, contre l'avis des négociants.

Carburants : le GNR pas concerné pas le projet de contrôle des marges (Bercy)

Divulgué le 14 avril, le projet du gouvernement d'encadrer les marges des distributeurs sur les prix des carburants ne concernera pas le gazole non routier (GNR) utilisé par les agriculteurs, a précisé le cabinet du ministre de l’Économie, interrogé par Agra Presse. Le projet concerne « uniquement les carburants vendus en stations-service, et uniquement le diesel et l'essence ». Le projet de décret, consulté le 14 avril par l’AFP, vise notamment à « éviter des effets d’aubaine », selon la fiche de présentation du projet de texte, qui doit être soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’État. Toutefois, la décision, révélée par Le Parisien, d’encadrer ces marges de distribution, « n’est pas tranchée », avait souligné Matignon à l’AFP. Selon une source gouvernementale, ce texte donne la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais il ne s’agit pas en tant que tel d’un plafonnement des prix à la pompe, qui resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés. Concrètement, le dispositif comprend trois paramètres, pour chaque station-service et chaque carburant. Il prévoit tout d’abord que le prix de vente autorisé devra être calculé en tenant compte du prix de référence quotidien de l’essence ou du gazole calculé sur la moyenne lissée des cinq derniers jours (ou cinq dernières cotations) sur le marché de Rotterdam.

Pesticides : la gouvernance de l’épandage par drone précisée par décret (JO)

Un décret paru au JO le 15 avril précise quelles sont les autorités compétentes pour mettre en application la loi du 23 avril 2025 qui permet l’épandage de pesticides par drone. Les préfets de région sont compétents pour « autoriser » les « programmes d’application » tant dans le cadre du cœur de la loi (parcelles ayant une pente supérieure à 20%, bananeraies, vignes mères de porte-greffes conduites au sol) que dans le cadre d’essais sur d’autres types de parcelles et cultures. Le décret précise que « l’approbation » des produits phytopharmaceutiques pour leur épandage par drone est accordée par le ministre de l’agriculture. Dans les deux cas, le silence gardé « pendant plus de deux mois (…) vaut rejet » de la demande. Pour rappel, la loi du 23 avril 2025 concerne les produits phytos relevant du biocontrôle, de l’agriculture biologique et des produits à faible risque au sens du droit européen. Le 2 avril, le ministère de l’Agriculture a ouvert, jusqu’au 23 avril, une consultation publique sur deux autres textes d’application : un arrêté interministériel qui définit les conditions d’autorisation des programmes, et un décret qui définit les conditions d’autorisation et les modalités des essais.

Pesticides: la future patronne de l'Anses défend la «liberté académique» des scientifiques

L’Anses fonde ses avis sur la science et «cherche à protéger tous les citoyens», à commencer par les agriculteurs, premiers touchés par «les maladies neurodégénératives et cancers liés aux pesticides», a défendu à l’Assemblée nationale Élisabeth Claverie de Saint-Martin, candidate au pilotage de l’agence sanitaire. L’actuelle patronne du Cirad a été proposée par Emmanuel Macron pour succéder à Benoît Vallet, précédent DG de l’Anses, une nomination soumise au vote des commissions des Affaires sociales de l’Assemblée et du Sénat, qui l’auditionnaient successivement le 15 avril. Interrogée par Nicolas Turquois (Les Démocrates) sur la manière de «concilier exigence de sécurité sanitaire, protection de l’environnement et production agricole sur notre territoire», Mme Claverie de Saint-Martin a d’emblée défendu la «liberté académique» des scientifiques. Répondant à «des questions précises» dans «un cadre réglementaire», ils «écrivent ce qu’ils jugent pertinent d’écrire, vont chercher les données pertinentes, et je crois que vous pouvez leur faire confiance», a-t-elle dit. Réfutant l’opposition entre une «analyse scientifique qui serait froide» et «la réalité des filières», que «la plupart des scientifiques connaissent», la haute fonctionnaire a estimé que ces derniers «cherchent à trouver les solutions les moins impactantes possibles et qui protègent le plus (...) tous les citoyens, en premier lieu les agriculteurs, les plus impactés par les maladies neurodégénératives, les cancers liés aux pesticides».

HVE/cantines : la LUA prolonge la CE2 dans les objectifs Egalim jusqu’à fin 2029

Le projet de loi d’urgence agricole propose de prolonger, pour trois ans, la possibilité pour les produits agricoles ayant la certification environnementale de niveau 2 (CE2) d’être comptabilisés dans les 50% de produits durables et de qualité en restauration collective définis par la loi Egalim. L’article 4 propose en effet de reporter la fin de cette disposition au 31 décembre 2029, au lieu du 31 décembre 2026 pour « laisser davantage de temps » aux exploitations pour obtenir la certification Haute valeur environnementale (HVE), niveau supérieur et ultime de la CE2. Le gouvernement explique qu’initialement, l’échéance était fixée à fin 2029 dans la loi Egalim de 2018, avant d’être avancée à fin 2026 dans la loi climat et résilience car « l’objectif était d’encourager la transition plus rapide des exploitations vers la certification HVE ». Mais, suite à l’entrée en vigueur d’un référentiel HVE plus contraignant (V4) début 2025 (voir notre dossier) des « alertes » ont été remontées par « certaines filières » sur leurs « difficultés » à s’adapter « dans les délais impartis de manière à accéder à la certification HVE ». De plus, « les acteurs de la restauration collectives » ont fait part de « leurs craintes de se voir priver (…) d’une possibilité d’approvisionnement importante en produits durables et de qualité pour remplir les objectifs fixés par la loi ». 

Eau : des chambres d’agriculture contestent le Sdage Loire-Bretagne, en cours d’élaboration

Une majorité des chambres consulaires du bassin Loire-Bretagne (agriculture, industrie et artisanat, commerce) a rejeté le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2028-2033 actuellement en élaboration, dans un courrier commun envoyé le 13 avril à la préfète coordonnatrice de bassin, Sophie Brocas. Pour rappel, ce document vise à assurer la gestion de la ressource et des écosystèmes aquatiques, à l'échelle des grands bassins hydrographiques. Les signataires – huit chambres d’agriculture, trois chambres de métiers et de l’artisanat et une chambre de commerce et d’industrie – demandent que le projet intègre davantage les enjeux économiques. « Plus particulièrement, pour l’agriculture, il doit prendre en considération l’intérêt général majeur de la protection, la valorisation et le développement de l’agriculture », souligne le courrier consulté par Agra presse. Ils appellent à concilier préservation de l’eau potable et le maintien des activités, en évitant des dispositions susceptibles de porter « atteinte disproportionnée, excessive et non nécessaire » à l’économie sur le bassin. À l’inverse, l’association Eau et rivières de Bretagne appelle, dans un communiqué du 10 avril, à maintenir le calendrier et à renforcer l’ambition du Sdage. Elle alerte sur les dégradation des cours d’eau, la persistance des marées d’algues vertes et la multiplication des épisodes de sécheresse en Bretagne. 

Foncier : Barbut « regrette » l'assouplissement du Zan par la loi Simplification

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a dit le 15 avril regretter l'assouplissement du principe de zéro artificialisation nette (Zan) voté la veille à l'Assemblée nationale, « qui vise à encore bétonniser 25 000 hectares ». « Le premier rempart face aux événements climatiques, c'est une nature en bonne santé et cette réalité doit être prise en compte dans nos décisions d'aménagement du territoire », a-t-elle dit lors d'une audition devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. « C'est pourquoi, à titre personnel, je regrette la décision qui a été prise hier sur la loi simplification qui vise à encore bétonniser 25 000 ha supplémentaires », a poursuivi la ministre. L'Assemblée nationale a validé une nouvelle fois le 14 avril le projet de loi de « simplification de la vie économique », avant un vote final au Sénat le 15 avril. Il prévoit, pour certains projets d’envergure nationale, une restriction du Zan, dispositif contre la bétonnisation des sols. Plusieurs députés, y compris au camp gouvernemental, ont annoncé qu'ils saisiraient le Conseil constitutionnel sur ce point. La gauche devrait aussi porter le texte devant les Sages, espérant qu'ils sabrent des mesures touchant le droit environnemental.

Contrôle unique/port d'arme : vers un rejet des demandes d’annulation au Conseil d’Etat

En séance au Conseil d’Etat le 15 avril, le rapporteur public s’est prononcé pour le rejet de la demande d’annulation de la circulaire du 4 novembre 2024, signée par Premier ministre pour mettre en place le contrôle unique dans les exploitations agricoles. Cette demande était portée par l’Union fédérale des syndicats de l’Etat (UFSE-CGT) qui arguait d’un « excès de pouvoir ». Le rapporteur public a estimé que la circulaire met en place « de simples mesures d’action de coordination qui ne portent pas atteinte aux prérogatives des agents » de l’Office français de la biodiversité (OFB). Il a ajouté que l’objet du contrôle administratif unique est limité (hors contrôle fiscal, inspection du travail, urgence, exigence sanitaire ou phytosanitaire, NDLR). Dans la foulée, il s’est prononcé pour le rejet de la demande d’annulation de la circulaire du 3 décembre 2024, signée par les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique pour imposer aux agents de l’OFB le port d’arme « discret », via notamment des étuis « inside ». Cette requête était portée par la CGT Environnement. Le rapporteur public a fait référence à un arrêté de 2024 du ministère de l’Ecologie qui encadre le port d’arme, puis a expliqué qu’une circulaire « a même valeur qu’un arrêté » et doit donc être vue « comme une nouvelle règle ». Il a ajouté que le port « discret » est limité à l’objet de la circulaire, c’est-à-dire au contrôle unique « administratif ».  

Aides agricoles: la FNSEA propose de décliner France Territoires d'industrie à l'agriculture

Dans son rapport d'orientation 2026, qui contient ses propositions pour l'élection présidentielle, la FNSEA propose de créer une déclinaison agricole du dispositif « France Territoires d’industrie », créé par l'Etat en 2018 sous l’impulsion des organisations patronales. Pour l'agriculture, l'objectif de «France Territoires d'industrie» serait de «substituer au schéma habituel plans nationaux / appels à projets / dossier / délais, un continuum bien plus opérationnel à partir des orientations des conférences de souveraineté, à identifier les projets concrets et à les assortir d’un accompagnement accéléré, en fonction des besoins des filières et des territoires.» Ce dispositif serait placé sous la gouvernance d’un binôme « préfet / élu local », assorti d'une «animation qui pourrait être confiée aux chambres d’agriculture» avec l’objectif « de passer des plans de filière à des portefeuilles de projets». « France Territoires d’Agriculture » pourrait « labellisés» les plans d’avenir inscrits dans le projet de loi d'urgence agricole «s’ils répondent à un besoin identifié lors des conférences de la souveraineté alimentaire». Ils permettraient un «accès prioritaire et coordonné » au foncier (Etat, collectivités, SAFER…), à l’ingénierie (ANCT, FranceAgriMer, chambres d’agriculture…), aux compétences (formation, emploi permanent et saisonnier, attractivité…), à des simplifications réglementaires ciblées».

Ministère de l'Agriculture: la FNSEA veut une nouvelle direction générale, et du lest de Bercy

Lors d'un point avec la presse le 15 avril, la FNSEA a présenté le rapport d'orientation qu'elle a rédigé, il y a quelques jours, à l'occasion de son dernier congrès, et qui contient cette année ses propositions aux candidats à la prochain élection présidentielle. Le syndicat propose de créer une nouvelle direction générale dévolue à la Souveraineté alimentaire au sein de ministère de l'Agriculture. Elle aurait pour mission de «suivre les objectifs, de coordonner les travaux des autres directions générales opérationnelles en les centrant sur les objectifs de production». La direction leader du ministère de l'Agriculture est actuellement la DGPE (direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises). «La DGPE applique des politiques déjà décidées. Mais quelle est la vision de la DGPE ? Je ne la connais pas», a expliqué Yohann Barbe, administrateur de la FNSEA. Et son homologue Franck Sander d'étayer : «A la DGPE, tout le monde fait du réglementaire, du fiscal. Nous voulons une vision.» Pour Yohann Barbe, la DGPE est aussi trop tributaire du ministère de l'Economie en matière de budget, preuve en est l'épisode récent de l'aide GNR, financée selon lui sur les fonds du ministère de l'Agriculture: «Nous voulons que les ministres de l'Agriculture n'aient pas besoin de passer par Bercy quand il y a besoin d'argent».

Maïs grain : recul attendu de la sole française 2026 de 10 à 15 % (profession)

Contacté par Agra Presse, le service communication de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a expliqué tabler sur un repli de la sole française de maïs grains 2026 de 10 % à 15 % par rapport à 2025, qui s’élevait à 1,5 Mha environ selon le ministère de l’Agriculture. Il s’agit de chiffres d’Arvalis, « que nous avons confirmés », précise l’association spécialisée. Ces chiffres peuvent encore évoluer, beaucoup de choses étant susceptibles de survenir dans les prochaines semaines. Les raisons de ce décrochage sont multiples, explique l’association spécialisée. Une première est la progression des surfaces de céréales d’hiver, d’environ 300 000 ha par rapport à l’an dernier. Une deuxième, plus inquiétante : les trésoreries des producteurs sont en grande souffrance, « alors que les charges d’implantations sont plutôt élevées, le tout couplé à la hausse des prix du gaz, de l’engrais et du GNR ». Si les conditions de semis sont actuellement bonnes pour la graine jaune, la déprise prévue démontre, pour l’AGPM, « l’urgence de débloquer les moyens de production, d’avancer sur le stockage de l’eau et d’aider à la trésorerie sans tarder », sous peine d’accentuer les difficultés de la filière.

Betterave à sucre : la CGB alerte sur la forte présence de pucerons, vecteurs de la jaunisse virale

Dans un communiqué du 15 avril, la CGB (producteurs de betteraves, FNSEA) alerte sur « la très forte présence de pucerons verts » dans les parcelles françaises de betteraves sucrières, vecteurs de la jaunisse virale. « Encore profondément marqués par la crise de 2020, ils (les betteraviers, NDLR) redoutent le pire pour cette nouvelle campagne », ajoute l’association spécialisée. L’origine de la présence des ravageurs est à mettre sur le compte de conditions climatiques particulièrement favorables, à savoir des températures élevées, supérieures aux normales, pointe la CGB. Cette dernière rappelle que cette invasion d’insectes s’ajoute à un contexte particulièrement difficile, à savoir le conflit au Moyen-Orient, qui a engendré une explosion des charges : flambée du GNR (+100 %) et des engrais (+20 %). « Les semis sont à peine terminés que les betteraviers se voient contraints de traiter ces minuscules betteraves - au stade deux feuilles. Si cette pression persiste, ils seront obligés de recommencer dans 10 jours », déplore le syndicat. Il rappelle ainsi sa demande de changer la loi française, afin de pouvoir utiliser le flupyradifurone en enrobage des semences. « Cette solution, comme l’acétamipride (en aspersion), est accessible à tous les betteraviers européens mais les betteraviers français en sont privés, ce qui plombe leur compétitivité », alerte la CGB.

Oléoprotéagineux : Avril rapporte une hausse de ses résultats en 2025

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 15 avril, le groupe Avril a annoncé une progression de ses résultats  entre 2024 et 2025. Le chiffre d’affaires grimpe de 6 %, à 8,2 Md€, pendant que son Ebidta s’accroît de 15 %, à 426 M€. La hausse de ces performances s’explique notamment par les bons résultats de Sofiprotéol, le bras financier du groupe Avril. Ajoutons à cela la dynamique positive du pôle première transformation et Énergies renouvelables, incluant l’activité de la filiale Saipol, le bras industriel d’Avril. Les récoltes en graines oléagineuses ont été très bonnes en 2025, facilitant les approvisionnements du triturateur, précisent les dirigeants du groupe. Pour 2026, Avril se montre prudent. « Nos performances au premier trimestre 2026 ont légèrement dépassé nos attentes. Mais nous avions des hypothèses prudentes et nous le restons », s’est exprimé le nouveau directeur général Paul-Yves L’Anthoën. Le contexte macroéconomique s’avère assez peu porteur. L’inflation alimentaire pèse sur la consommation des ménages. Et la guerre au Moyen-Orient, déclenchant la flambée des prix du pétrole, grève la consommation de carburant et par ricochet de biocarburant, préviennent les dirigeants. Ces derniers ont une vigilance particulière au sujet des producteurs de grains, notamment les conséquences potentielles d’un conflit durable sur la sole française.

Champagne: 40% des bourgeons détruits par le gel, selon l'interprofession

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) a estimé le 14 avril que des récents épisodes de gel avaient détruit 40% des bourgeons du vignoble champenois, marquant la seconde pire destruction du genre après l'année 2003. « Cette année, les épisodes de gel sont survenus à une période relativement habituelle. En revanche, la vigne présentait une avance d'environ trois semaines. Le débourrement - c'est-à-dire l'ouverture des bourgeons au printemps – ayant été plus précoce, les gelées ont mécaniquement provoqué davantage de dégâts », détaille l'interprofession. Elle souligne qu'« il est toutefois trop tôt pour évaluer les conséquences sur la récolte » en termes de pertes, étant donné que « le cycle de la vigne n'est pas achevé et (que) les conditions climatiques des prochains mois joueront également un rôle important jusqu'à la vendange ». En 2025, les expéditions de champagne avaient baissé pour la troisième année consécutive, atteignant 266 millions de bouteilles, avait précisé l'interprofession en janvier. Ce chiffre était également, sans compter l'année 2020 de la crise sanitaire liée au Covid-19 (244 millions de bouteilles expédiées), le plus bas depuis 2001 (263 millions de bouteilles expédiées).

Concombre : Lidl déploie une opération pour écouler un volume « exceptionnel »

L’enseigne Lidl a annoncé le déploiement d’une opération visant à proposer un million de concombres français dans ses 1622 supermarchés, entre le 16 et le 19 avril. « En proposant ce volume exceptionnel (…), nous créons un véritable cercle vertueux : nous sécurisons les débouchés de nos maraîchers partenaires tout en rendant les produits frais et français toujours plus accessibles à nos clients », indique Adrien Laumonnier-Nadal, responsable achats Fruits et Légumes Lidl France. Et de préciser que l’enseigne privilégie massivement le terroir avec une offre composée à 73 % de fruits et légumes français, hors produits non cultivables dans l'Hexagone. L’initiative intervient dans un contexte de récolte « exceptionnellement généreuse » en ce début de saison. En 2025, plusieurs alternances entre hautes températures et météo maussade avaient compliqué la campagne concombre, selon le bilan de campagne du RNM (FranceAgriMer) paru le 25 mars. Malgré des programmes promotionnels dès le mois de février, l’équilibre du marché avait été fragilisé, entraînant une crise conjoncturelle en septembre, en raison d’une offre excédentaire.

Muguet : vers une ouverture des fleuristes le 1er mai 2026, avec salariés (syndicats)

Dans un communiqué du 15 avril, deux fédérations de fleuristes, l’UNF et la FFAF, rapportent que le gouvernement prépare « dans les plus brefs délais, une solution opérationnelle et sécurisée pour l’ouverture des boutiques de fleuristes avec leurs salariés à l’occasion du 1er mai 2026 ». Une annonce faite lors d’une réunion le même jour avec les ministres du Travail et de l’Artisanat, selon les deux syndicats. De son côté, lors des questions au gouvernement au Sénat le 15 avril, le Premier ministre a déclaré que l’exécutif allait « trouver une solution négociée, sécurisante et pragmatique », sans plus de détails. D’après l’UNF et la FFAF, « une nouvelle réunion est prévue dès demain jeudi avec les organisations professionnelles, dans le cadre de l’U2P, afin de finaliser les conditions permettant cette ouverture en toute sécurité juridique ». Les deux fédérations appellent d’ores et déjà les professionnels à « préparer leur activité du 1er mai sur la base de la convention collective actuelle » et à « recueillir le volontariat écrit de chaque salarié amené à travailler ce jour-là ». Pour rappel, l’Assemblée a adopté le 10 avril une motion de rejet de la proposition de loi (PPL) visant à autoriser le travail le 1er mai dans certains cas, propulsant le texte en CMP sans débat. Une manœuvre pilotée par le camp macroniste qui a provoqué une levée de boucliers à gauche.

Volaille : le Brésil bat son record d'exportation en mars malgré le blocage du détroit d'Ormuz

L’association brésilienne des viandes blanches (ABPA) se félicite dans un communiqué du 8 avril d’un nouveau record d’exportations de poulet en mars, malgré le blocage du détroit d’Ormuz que les industriels du pays ont contourné pour atteindre les pays du golfe persique. La filière brésilienne a également développé d’autres marchés. Plus de 504 000 tonnes ont été exportées le mois dernier (+6% par rapport à mars 2025), rapportant environ 945 millions de dollars (+6,2%). Le recul du tonnage expédié au Moyen-Orient a été limité à 19%. L’ABPA reprend la déclaration de son président Ricardo Santin dans une vidéo sur Linked’In : « Plus de 100 000 tonnes ont été acheminées vers les marchés de la région en mars, dont plus de 45 000 tonnes destinées aux pays directement impactés par la fermeture du détroit d’Ormuz. » Le tonnage sur l’Arabie Saoudite n’a reculé que de 5% à 38 700 t. Dans le reste du monde, le poulet brésilien a progressé, notamment de 34 % dans l’Union européenne et de 21 % en Afrique du Sud, tandis d’autres marchés « continuent de se développer », notamment en Asie. A ce titre, Ricardo Santin salue « les efforts de facilitation » du ministère de l’Agriculture, notamment en faveur du poulet halal et pour obtenir des accords de régionalisation en cas de maladies aviaires. 

Ovins : en Espagne, le cheptel amputé par la FCO et les difficultés de renouvellement

D’après le bilan annuel de l’Idele publié le 14 avril, le secteur ovin a subi en 2025 une sévère contraction en Espagne, premier producteur européen de viande ovine et deuxième de lait de brebis. Selon les chiffres de décembre 2025 pour la filière viande, le cheptel de brebis reproductrices s’est effondré de 18 % en un an, soit une baisse de 1,8 million de têtes. Une chute « possiblement » due à la fièvre catarrhale ovine (FCO), « réapparue en Espagne en juin 2024 » et à l’origine d’une « mortalité accrue des brebis ». Ce déficit devrait provoquer « un net repli de la production de viande ovine » en 2026 (-20 %), ainsi que des exportations (viande et vif). Dans un contexte de recul de la consommation domestique de viande ovine, la filière espagnole s’est réorientée depuis quelques années vers l’export, qui représente désormais la moitié de la production de viande. Concernant le lait de brebis, « la collecte a baissé de 3 %, à 478 Ml, en lien avec les conditions climatiques, la FCO et surtout un déficit de renouvellement des générations ». Comme le souligne l’institut technique français, avec moins de 2 700 exploitations collectées (-6 % sur un an), « le nombre d’élevages a (…) chuté de 30 % sur les cinq dernières années et le cheptel reproducteur ovin lait baisse depuis 2020 ».

Cuir : nouvel excédent commercial « record » en 2025, « ralentissement » début 2026

La filière française du cuir – qui va des matières premières brutes aux produits finis – a dégagé en 2025 un excédent de 4,9 milliards d’euros (Md€), « l’un des plus élevés de son histoire », indique l’Alliance France cuir (interprofession) dans son rapport annuel sur le commerce extérieur publié le 14 avril. Avec 18,6 Md€ d’exportations, un niveau « historiquement élevé », la France se place au quatrième rang mondial. Après un « cycle de croissance exceptionnel », l’année 2025 a été marquée par un « lissage » de l’export (-3 % sur un an), notamment en raison du contexte international. « Les premiers signaux pour l’année 2026 montrent quant à eux un ralentissement plus important », prévient la filière dans un communiqué. Les importations, elles, restent stables, à 13,7 Md€. Dans le détail, la France est largement excédentaire en matières premières (cuirs et peaux bruts), avec un excédent de 59 M€. Mais son taux de couverture (exportations / importations), établi à 143 % en 2025, recule depuis vingt ans. L’année dernière, l’Hexagone a exporté pour 197,4 M€ de peaux brutes (-3 %), à 80 % issues de bovins et équidés (y compris veaux). Les importations (138,1 M€, -7 %) se concentrent sur les peaux exotiques, comme les reptiles (à 71 %).

Nigéria: le gouvernement va réduire les droits de douane sur certains produits alimentaires

A compter du 1er juillet, le Nigéria va réduire de manière significative ses droits à l'importation concernant une liste de denrées alimentaires et de produits industriels. Dans un message publié le 13 avril sur le réseau social X par le Centre multimédia du président Bola Ahmed Tinubu, les tarifs douaniers sur le riz en vrac et les brisures de riz passeront respectivement de 70 % à 47,5 % et 30 %. Ceux sur le sucre de canne brut s'établiront à 55–57,5 %, contre 70 % auparavant. Les taxes sur l’huile de palme seront réduites à 28,75 %, contre 35 % actuellement. L’objectif pour le gouvernement nigérian est de freiner l'inflation et d'améliorer le niveau de vie de ses citoyens alors que ces dispositions s’inscrivent dans le cadre de mesures fiscales plus larges. Selon l'agence de presse Reuters citant un rapport de la Banque Mondiale, l’inflation au Nigéria est retombée à 15,06 % en février, après avoir atteint un pic d'environ 33 % en décembre 2024. Elle reste néanmoins élevée par rapport aux normes régionales et subit de nouvelles pressions depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Agroalimentaire : Ferrero visé par une enquête de la Commission européenne

La direction du groupe Ferrero a indiqué, le 15 avril, que «des représentants de la Commission européenne menaient actuellement des inspections dans ses bureaux». Bruxelles avait en effet annoncé deux jours auparavant qu'elle procédait à des inspections inopinées sur plusieurs sites d'un fabricant de chocolat, dans deux États membres. Le communiqué précise que la Commission craint « que l'entreprise inspectée ait pu commettre des infractions aux règles de concurrence de l'UE interdisant les ententes et les pratiques commerciales restrictives, et les abus de position dominante ». La Commission veut vérifier en particulier si Ferrero a mis en place «des restrictions à la circulation des marchandises entre États membres au sein du marché unique et des obstacles aux achats multinationaux». Des pratiques qui pourraient lui permettre de pratiquer des prix plus élevés, au détriment des consommateurs. Ferrero assure coopérer «pleinement et fournir les informations demandées». Il y a deux ans, Bruxelles avait infligé une importante amende de 337,5 millions d'euros au géant américain Mondelez, pour avoir illégalement gonflé ses prix en restreignant la concurrence dans l'UE.

Emballage : les fabricants dénoncent certaines hausses de prix sur les résines de plastique

Dans un communiqué du 15 avril 2026, le syndicat des fabricants d’emballages en plastique Elipso annonce un « plan d’action » contre « la multiplication des déclarations de force majeure abusives » venant de fournisseurs de résines qui prennent pour prétexte de revalorisations tarifaires la guerre au Moyen-Orient. Il avance que certains producteurs ne sont pas affectés directement par les perturbations logistiques du détroit d’Ormuz. A l’encontre de ceux-ci, le syndicat industriel recommande aux fabricants d’emballages de contester juridiquement les « notifications de force majeure erronées » invoquant la jurisprudence rappelant qu’ « une simple augmentation du coût d'exécution d'un contrat » ne suffit pas. Par ailleurs, Elipso lance « une campagne d'alerte » auprès de la presse économique « pour dénoncer les pratiques spéculatives qui mettent en péril la sécurité d'approvisionnement ». Enfin, le syndicat se prêt à nommer publiquement les producteurs [de résines] dont les pratiques sont jugées contraires à l'éthique commerciale afin de les tenir comptables de leurs actes. Il mentionne déjà quelques noms dans son communiqué.