Conflit au Moyen-Orient : Lactalis veut « minimiser l'impact » sur les prix de ses produits
Le géant laitier français Lactalis a affirmé le 16 avril vouloir « minimiser l’impact » sur les prix de ses produits engendré par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné pour le groupe des surcoûts de « plusieurs dizaines de millions d’euros ». À l’occasion de la présentation à Grenade (Espagne), des résultats annuels du groupe, Emmanuel Besnier, son p.-d.g. depuis 2000, a relevé « le contexte assez compliqué » pour le secteur et « l’instabilité dans de nombreux pays en 2025 et qu’on va retrouver en 2026 ». La guerre au Moyen-Orient « a un impact important sur les coûts, à la fois sur les transports et les emballages », a reconnu M. Besnier, prévenant que son groupe, fondé par son grand-père André Besnier en 1933, avait « la nécessité d’aller répercuter ça auprès de nos clients ». Une hausse des prix des produits vendus est donc à prévoir, comme dans de nombreux secteurs. Mais Lactalis cherchera à « minimiser l’impact » pour les consommateurs « en fonction des catégories » de produits, a assuré Thierry Clément, directeur général des opérations, chiffrant les surcoûts liés à la guerre à « plusieurs dizaines de millions d’euros » pour le groupe. Lactalis réclame, tout comme d’autres industriels de l’agroalimentaire, la réouverture au plus vite de négociations commerciales.
Lait : le chiffre d'affaires de Lactalis en hausse en 2025, malgré les taux de change
À l’occasion de la présentation à Grenade (Espagne) des résultats annuels du groupe, le 16 avril, Lactalis a indiqué que l’exercice 2025 s’est achevé avec une hausse du chiffre d’affaires de 2,9 %, à 31,2 milliards d’euros (Md€), malgré le « fort impact » des taux de change sur ses activités, notamment aux États-Unis, son deuxième marché. « C’était une année charnière pour le groupe avec la consolidation de notre développement sur le continent américain », où le chiffre d’affaires régional « a dépassé les 10 milliards d’euros » pour la première fois, a relevé le p.-d.g. Emmanuel Besnier lors d’une conférence de presse. Au 1er juillet 2025, Lactalis a intégré les activités yaourts de l’entreprise américaine General Mills pour « consolider » sa place sur ce marché jugé clé. « Dans un contexte assez compliqué », entre taxes douanières mises en place par les États-Unis et la Chine ou des maladies animales, notamment en France (fièvre catarrhale ovine, dermatose nodulaire contagieuse...), Lactalis a su « continuer sa croissance », a fait valoir M. Besnier. Son bénéfice net est passé à 528 M€, après un exercice 2024 marqué par le règlement d’un litige avec le fisc français qui avait plombé son résultat net.
Œufs : Armor Œufs soutient 32 nouveaux projets en plein air ou au sol
En assemblée générale le 9 avril, Armor Œufs, premier groupement français de producteurs d’œufs, a présenté son projet d’augmentera sa capacité d’un million de places de poules pondeuses d’ici 2028, à travers 40 projets. Un développement « considérable », explique son président Frédéric Chartier à Agra Presse, puisque le groupement compte aujourd’hui 5,7 millions de places. Huit de ces projets correspondent à des agrandissements et 32 émanent de nouveaux producteurs, selon nos confrères de Réussir Volailles. Une vingtaine de ces projets d’élevages en plein air ou au sol seront portés par des agriculteurs qui ne sont pas éleveurs de poules, et qui ont adhéré au groupement, précise M. Chartier. Les projets des primo-installés et nouveaux producteurs recevront les soutiens combinés du groupement et de son partenaire Sanders, conformément au programme lancé il y a un an. Il s’agit d’une prime de 2 € par poulette mise en place (0,50 € provenant d’Armor Œufs et 1,50 € de Sanders). Sachant qu’une poulette coûte environ 5 € (en fonction du prix de l’alimentation). Cette aide, combinée à un « contrat adapté » et à la revalorisation des contrats, motive les candidats à la construction de coûteux bâtiments. « En comptant 55 € par place de poule, un bâtiment plein air de 30 000 poules revient à 1,65 M€ », rappelle Frédéric Chartier.
Alcool : Pernod Ricard prévient que le conflit en Iran pèsera sur ses ventes annuelles
Pernod Ricard a fait état le 15 avril d’une petite hausse de 0,1 % de ses ventes en données organiques au troisième trimestre, tout en avertissant que le déclin du tourisme lié à la guerre en Iran pèserait sur leur montant annuel. Le groupe de vins et spiritueux a enregistré un chiffre d’affaires de 1,95 milliard d’euros sur les trois mois clos le 31 mars, en baisse de 14,6 % sur un an, mais stable (+0,1 %) à taux de change et périmètre constants. Il a déclaré anticiper sur l’ensemble de l’exercice 2025-2026 une baisse organique de ses ventes comprise entre 3 % et 4 %, dans un contexte jugé « volatil et incertain ». Pernod Ricard est le dernier en date à signaler un impact significatif du conflit au Moyen‑Orient sur ses ventes, les groupes français du luxe ayant eux aussi fait état d’un affaiblissement de la demande au premier trimestre, en raison du net ralentissement des achats dans la région. Les magasins « duty free », qui vendent notamment des parfums et des spiritueux haut de gamme, souffrent également de la fermeture de certains aéroports et des restrictions de déplacement vers le Moyen‑Orient. La distribution en « travel retail » a représenté 6 % des ventes nettes de Pernod Ricard en 2025.
Boissons : Pepsico rapporte des résultats en hausse au premier trimestre
Le géant américain des snacks et des boissons Pepsico a annoncé le 16 avril des résultats en nette hausse pour le premier trimestre, portés par des ventes de boisson en forte progression sur son principal marché, l'Amérique du Nord, ainsi que par son dynamisme à l'international. Le résultat net de Pepsico atteint 2,33 milliards de dollars (Md$), en hausse de plus de 27 % sur un an au premier trimestre. De janvier à fin mars, le groupe a dégagé un chiffre d'affaires de 19,44 Md$, en hausse de 8,5 % sur un an. C'est davantage que les prévisions les plus optimistes parmi les consensus d'analystes. Dans le détail, la croissance des ventes de Pepsi au premier trimestre s'explique principalement par des acquisitions et des effets de change bénéfiques. Sur son principal marché, l'Amérique du Nord, Pepsico s'est montré plus dynamique sur la vente de boissons (+9 %) que sur la nourriture (+2 %). Mais c'est à l'international – en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique – que la croissance du chiffre d'affaires a été la plus vigoureuse (+18 %), tout comme la nourriture en Amérique latine (+16 %), ces deux zones ayant largement été aidées par des taux de change favorables au cours des trois derniers mois.
Distribution bio : 12 M€ d'amendes pour pratiques anticoncurrentielles
L'Autorité de la concurrence a prononcé le 16 avril des amendes d'un total de 12,67 millions d'euros (M€) à l'encontre du Syndicat des magasins bio spécialisés Synadis Bio, Greenweez, ITM Entreprises et Les comptoirs de la Bio pour une entente dans la vente de produits bio entre 2017 et 2024. Cette « stratégie collective » visait « à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio au sein » des magasins spécialisés d'une part et des grandes surfaces généralistes d'autre part « afin d'éviter une comparabilité des prix entre les deux circuits », a expliqué l'autorité de régulation dans sa décision. La comparabilité des tarifs « aurait pu conduire à une baisse généralisée des prix au détriment » des magasins spécialisés, est-il ajouté. Le Synadis Bio, qui a écopé de la plus forte amende (10 M€), dénonce une sanction « infondée et profondément disproportionnée » et fera appel. Greenweez a été sanctionné à hauteur de 1,85 M€ « solidairement avec sa société mère Carrefour SA », ITM Entreprises solidairement avec sa société mère Les Mousquetaires (740 000 €) et Les comptoirs de la Bio (groupement Mousquetaires/Intermarché) à hauteur de 80 000 €.
Grossistes : le réseau Vivalya ouvre son offre et l’inscrit dans ses statuts
Dix ans après sa création, le réseau Vivalya annonce une diversification progressive de son offre. « On a même modifié les statuts de la coopérative pour ouvrir cette possibilité, c’est-à-dire aller vers les produits de crèmerie ou d’épicerie en complément des fruits et légumes et de la marée. Cela concerne de plus en plus de clients, devient un axe stratégique majeur, mais reste à la carte », indique Yves Braun, directeur général du commerce. Le groupe a par ailleurs réalisé un bilan carbone auprès des adhérents en 2025, qui a révélé que 70 % des émissions de GES sont liées à l’approvisionnement, de la production aux dépôts, et 20 % au transport. L’optimisation de la collecte et de la logistique au plus près en local devient donc clé et concerne déjà une grande moitié ouest. Par ailleurs, le plan de déploiement RSE du réseau se poursuit, avec une « vraie volonté d’accélérer » la labellisation de la RSE et de l’anti-gaspillage alimentaire. Vivalya, c’est aujourd’hui une coopérative de grossistes en fruits et légumes (800 000 t) et marée (30 000 t), forte de 73 entreprises. Elles travaillent avec 3 500 producteurs locaux et nationaux pour livrer 70 000 clients, pour un chiffre d'affaires consolidé de 1,4 Md€ (triplement en dix ans). (Florence Rabut)
Semences potagères : BASF investit 40 M€ dans des installations de traitement aux Pays-Bas
Dans un communiqué du 16 avril, BASF - Nunhems (activité semences potagères de BASF) a annoncé avoir investi 40 M€ dans des installations de traitement de semences potagères « nouvelle génération » aux Pays-Bas. Le projet consiste à moderniser et agrandir les installations basées à son siège, à Nunhem, afin de maintenir « une position de leader mondial sur le marché des semences potagères ». Le début des travaux est prévu pour le deuxième trimestre 2026. Leur mise en service est de son côté attendue pour la fin 2028. BASF explique que les sites actuels de traitement de semences s’étendent sur environ 20 000 m2. « Les semences issues de la chaîne d’approvisionnement mondiale de BASF - Nunhems sont expédiées à Nunhem pour être nettoyées, traitées, testées et préparées avant leur distribution aux clients dans le monde entier ». Les travaux permettront d’agrandir les installations de 6 000 m2 ; celles-ci « fonctionneront entièrement à partir d’énergies renouvelables, pour des opérations plus efficaces sur le plan énergétique et des émissions nettement réduites ». Plus en détail, l’investissement inclut « la rénovation de deux bâtiments de traitement existants, la modernisation de deux zones opérationnelles actuelles ainsi que la construction de nouvelles installations ».
Biocontrôle : le français Agriodor lève 15 M€ pour se développer à l’international
Agriodor, spécialisée dans le développement de solutions basées sur l’utilisation d’odeurs naturelles pour influencer le comportement des insectes, vient de lever 15 M€ (lire l’article complet sur Agra Innovation) pour « accélérer le déploiement de sa technologie de biocontrôle olfactif à l’international », indique la société dans un communiqué le 15 avril. Les fonds régionaux Région Sud investissement et CAAP Création du Crédit agricole Alpes-Provence, ainsi que les investisseurs historiques Capagro, Ambra Capital et Swen Capital Partners, ont également suivi ce nouveau tour de table de série. Après une levée de fonds de 5 M€ en avril 2023 auprès de Capagro, Cap Horn, BNP Paribas Développement, Swen Capital Partners et Breizh Up, ces mêmes actionnaires avaient réinvesti un an plus tard à hauteur de 3 M€. La technologie développée par Agriodor utilise des parfums à base d’odeurs naturellement émises par les plantes pour influencer le comportement des insectes. Ce qui permet non seulement de désorienter les ravageurs, mais aussi de mettre sur le marché « des produits dont le développement est jusqu’à dix fois moins coûteux et deux fois plus rapide que celui des insecticides conventionnels », rappelle l’entreprise. (Perrine Delfortrie)
Phytos/semences : Corteva dévoile le nom des futurs d.g. de New Corteva et SpinCo
Le 1er octobre 2025, le groupe Corteva annonçait, pour 2026, la scission de ses activités en deux sociétés distinctes : New Corteva pour piloter les marchés de protection des cultures et SpinCo pour ceux dédiés aux semences, avec les marques Pioneer et Brevant. Le 14 avril, le groupe en a dévoilé les futurs directeurs généraux. Luke Kissam pilotera l’entité New Corteva à compter du 1er juin. Il a occupé différents postes chez Albemarle Corporation (leader mondial des produits chimiques de spécialités), chez Bernhard Capital Partners Management (société de gestion de capital-investissement) ainsi que chez Monsanto, en tant que directeur juridique adjoint. De son côté, SpinCo sera dirigée par Chuck Magro, l’actuel p.-d.g. de Corteva. L’ensemble des équipes de direction prendront leurs fonctions une fois la séparation des deux entreprises actée : celle-ci est prévue pour le quatrième trimestre 2026. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 20 avril 2026
Lundi 20 avril
Salon international de l’agriculture du Maroc, à Meknès, jusqu’au 28
Mardi 21 avril
Conférence de presse de l'interprofession du reblochon
Conférence de presse de l'AOP bleu d'Auvergne
Assemblée générale de la coopérative Solarenn (légumes)
Conférence sur l'agriculture du Club Industrie et Souveraineté
Salon Macfrut à Rimini (Italie), jusqu’au 23
Mercredi 22 avril
Assemblée générale de Felcoop (coopératives fruits légumes)
Atelier média de l'Omsa (santé animale) sur son système Wahis
Colloque international sur la transhumance, à Marseille, jusqu’au 23
Conférence de Terra Vitis
Jeudi 23 avril
Congrès de la Cnaoc (vins AOC), à Reims
Congrès de GDS France (groupements de défense sanitaire), en Avignon, jusqu'au 24
Assemblée générale de Danone
Assemblée générale de Savencia
Bilan de la cellule de surveillance et d’appui au maintien du maillage vétérinaire (chambres d'agriculture)
Samedi 25 avril
Festival des 48 h de l’Agriculture urbaine