Accélération des projets : Macron veut appliquer la « méthode Notre-Dame » à l’agriculture
Pour « sortir des projets » agricoles et industriels « beaucoup plus vite », en s'inspirant de la « philosophie Notre-Dame », Emmanuel Macron a promis le 16 avril « d'installer cette méthode », carte à l'appui, lors du prochain Conseil des ministres qui sera délocalisé dans l'Allier le 22 avril, selon l’AFP. À cette occasion, « on va installer cette méthode avec une carte, tous les projets qu'on sort et on mobilise nos préfets à vos côtés dans cette philosophie pour sortir ces projets », a-t-il. « Comment on peut être dans une nation qui rebâtit Notre-Dame en cinq ans, et à qui on dit à un agriculteur qui veut étendre son poulailler, ça sera cinq ans ? », a déclaré le chef de l’État devant plusieurs centaines de maires nouvellement élus et réunis à l’Élysée. « On doit aller beaucoup plus vite en mettant les procédures en parallèle, en s'affranchissant des choses qui sont inutiles et des bureaucraties tatillonnes », a-t-il ajouté. Une méthode que la FNSEA proposait d’appliquer à l’agriculture en janvier, quand elle réclamait une loi d’urgence pour le secteur. Entre autres mesures, la « loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris » du 29 juillet 2019 avait donné au gouvernement la possibilité de « prendre par ordonnance les mesures d’aménagement ou de dérogation à certaines dispositions législatives qui seraient nécessaires » au chantier de reconstruction.
Conflit au Moyen-Orient : le Royaume-Unis se prépare à de potentielles pénuries alimentaires
Le gouvernement britannique craint de possibles pénuries de CO2 qui pourraient affecter l’industrie agroalimentaire et prépare des mesures d’adaptation si le détroit d’Ormuz reste bloqué d’ici l’été en raison du conflit au Moyen-Orient, selon des informations du Times rapportées le 16 avril par l’AFP. Dans ce scénario, l’approvisionnement en dioxyde de carbone (CO2), sous-produit notamment de la fabrication d’engrais à partir de gaz naturel, pourrait baisser de 18 %, avec des conséquences sur de nombreux secteurs, dont l’agriculture et l’agroalimentaire. Ce gaz est utilisé dans l’abattage des porcs et des volailles, ainsi que pour accroître la conservation des aliments emballés. Les brasseries, qui l’utilisent pour la fabrication de la bière, pourraient aussi être concernées. Interrogé sur le sujet par la chaîne de télévision Sky News, Peter Kyle, le secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie, estime que l’approvisionnement en CO2 « ne représente pas une source d’inquiétude pour notre économie pour le moment ». Une baisse de l’approvisionnement en CO2 ne devrait pas causer des pénuries majeures dans les rayons des supermarchés, mais réduire la diversité des produits vendus, précise toutefois le Times.
Conflit au Moyen-Orient : Lactalis veut « minimiser l'impact » sur les prix de ses produits
Le géant laitier français Lactalis a affirmé le 16 avril vouloir « minimiser l’impact » sur les prix de ses produits engendré par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné pour le groupe des surcoûts de « plusieurs dizaines de millions d’euros ». À l’occasion de la présentation à Grenade (Espagne), des résultats annuels du groupe, Emmanuel Besnier, son p.-d.g. depuis 2000, a relevé « le contexte assez compliqué » pour le secteur et « l’instabilité dans de nombreux pays en 2025 et qu’on va retrouver en 2026 ». La guerre au Moyen-Orient « a un impact important sur les coûts, à la fois sur les transports et les emballages », a reconnu M. Besnier, prévenant que son groupe, fondé par son grand-père André Besnier en 1933, avait « la nécessité d’aller répercuter ça auprès de nos clients ». Une hausse des prix des produits vendus est donc à prévoir, comme dans de nombreux secteurs. Mais Lactalis cherchera à « minimiser l’impact » pour les consommateurs « en fonction des catégories » de produits, a assuré Thierry Clément, directeur général des opérations, chiffrant les surcoûts liés à la guerre à « plusieurs dizaines de millions d’euros » pour le groupe. Lactalis réclame, tout comme d’autres industriels de l’agroalimentaire, la réouverture au plus vite de négociations commerciales.
Relations commerciales : Genevard invite industriels et distributeurs à « se remettre autour de la table »
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a appelé le 16 avril industriels et distributeurs à « se remettre autour de la table » pour voir comment « partager » les coûts supplémentaires qu'entraînera l'inflation liée à la guerre au Moyen-Orient. Si la hausse des coûts de production (carburants, engrais) dure et se répercute sur l'alimentation, « il est clair que cela peut amener à renégocier ou à discuter des avenants dans les contrats qui viennent d'être signés entre les fournisseurs et la distribution », a déclaré Annie Genevard sur la chaîne Public Sénat. Interrogée pour savoir s'il fallait dès lors rouvrir les négociations commerciales, elle a répondu : « Peut-être pas. Elles viennent de s'achever. Elles ont été dures comme chaque année. » De son côté, le ministre des PME et du Commerce Serge Papin avait estimé, en début de semaine, qu'il allait « falloir sans doute rouvrir » les négociations commerciales. Pact'Alim se félicite de la position de Serge Papin, affirmant dans un communiqué déjà subir des « surcoûts » liés à la guerre. Les emballages, notamment plastiques, « enregistrent des hausses de 15 à plus de 30 % selon les polymères et résines, tandis que les emballages métalliques augmentent de 10 à 20 % », selon l'organisation. À cela « s'ajoutent les surcoûts de transport maritime et routier ».
NGT : la question des brevets rejaillit avant l’adoption prévue par les Vingt-sept
Le Conseil des ministres de l’UE devrait adopter sans débat, le 21 avril, le règlement encadrant les végétaux obtenus au moyen de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT), ouvrant la voie à une adoption définitive. Mais, au Parlement européen, certains estiment que la messe n’est pas dite et voudraient rouvrir partiellement l’accord sur la question spécifique des brevets. L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau espère pouvoir déposer un paquet d’amendements qu’il prépare avec d’autres eurodéputés de son groupe, a-t-il indiqué le 16 avril. Pour être recevables, ces amendements devront recevoir le soutien de la majorité des membres du Parlement (et non pas la majorité simple des membres présents). Il propose notamment que les détenteurs des brevets sur les plantes NGT aient l’obligation de participer à des plateformes certifiées par la Commission européenne dont la mission serait de faciliter l’accès aux ressources génétiques pour les autres semenciers à des prix raisonnables, et ainsi empêcher un blocage de l’innovation et une situation de monopole. Des eurodéputés PPE (droite) ont aussi écrit le 8 avril à la Commission européenne pour demander un engagement « clair » afin que les caractères génétiques pouvant apparaître naturellement ou via de techniques de sélection conventionnelle ne soient pas soumis à des brevets. Il faudrait pour cela mettre à jour la directive sur la protection juridique des inventions biotechnologiques.
UE-Australie : face au risque d’effets cumulés pour l’agriculture, Bruxelles se veut rassurante
À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du 16 avril, les eurodéputés ont eu un échange de vues avec la Commission européenne au sujet de l’accord commercial avec l’Australie, récemment conclu. Une opportunité pour Bruxelles de prendre le pouls de l’hémicycle au sujet de l’accord annoncé le 24 mars. Si, d’une manière générale, les intervenants ont souligné l’importance géostratégique d’un tel traité en matière de diversification commerciale dans le contexte mondial actuel, certains ont exprimé des préoccupations quant à l’effet cumulatif des concessions accordées pour le secteur agricole. Face à ses inquiétudes, la Commission européenne se veut rassurante. « L’accord protège les secteurs agricoles les plus sensibles et ne permettra qu’un accès limité au marché européen par la baisse calibrée des droits de douane, progressive dans le temps et qui peut être soumise à des conditions de durabilité », avance Christophe Kiener, le négociateur en chef de l’accord pour Bruxelles. « Tous les chiffres ont été calibrés à la virgule près », assure, quant à lui, son collègue de la DG Agriculture.
FNSEA : le tandem Rousseau-Lapie reconduit pour trois ans
Le conseil d’administration de la FNSEA a réélu Arnaud Rousseau comme président et Hervé Lapie comme secrétaire général pour le mandat 2026-2029, a-t-on appris en conférence de presse le 16 avril. Respectivement céréalier en Seine-et-Marne et polyculteur-éleveur dans la Marne, ils avaient été élus pour la première fois en 2023. Les administrateurs ont procédé au renouvellement du bureau (quinze membres élus), qui compte trois femmes et quatre nouveaux entrants : Charlotte Vassant (Aisne), secrétaire générale adjointe ; Cédric Tranquard (Charente-Maritime) et Marie-Amélie Viargues (Aveyron), membres ; et Sylviane Lefez (Seine-Maritime), membre de droit en tant que présidente de la commission des agricultrices. L’instance exécutive du syndicat compte désormais quatre secrétaires généraux adjoints, avec Brice Guyau (Vendée), Christophe Chambon (Doubs) et Romain Blanchard (Bouches-du-Rhône). Trois postes stratégiques sont inchangés : Jérôme Despey (Hérault) comme premier vice-président, Patrick Bénézit (Cantal) comme second vice-président, Éric Thirouin (Eure-et-Loir) comme trésorier. Le bureau compte aussi quatre vice-présidents (contre cinq au mandat précédent) : Damien Greffin (Essonne), Franck Sander (Bas-Rhin), Jérôme Volle (Ardèche) et Yohann Barbe (Vosges). Yannick Fialip (Haute-Loire) et Stéphane Aurousseau (Nièvre) sont de nouveau présents dans le bureau. Enfin, Pierrick Horel (Alpes-de-Haute-Provence) est aussi membre de droit, jusqu’à son remplacement par le futur nouveau président des JA.
Distribution bio : 12 M€ d'amendes pour pratiques anticoncurrentielles
L'Autorité de la concurrence a prononcé le 16 avril des amendes d'un total de 12,67 millions d'euros (M€) à l'encontre du Syndicat des magasins bio spécialisés Synadis Bio, Greenweez, ITM Entreprises et Les comptoirs de la Bio pour une entente dans la vente de produits bio entre 2017 et 2024. Cette « stratégie collective » visait « à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio au sein » des magasins spécialisés d'une part et des grandes surfaces généralistes d'autre part « afin d'éviter une comparabilité des prix entre les deux circuits », a expliqué l'autorité de régulation dans sa décision. La comparabilité des tarifs « aurait pu conduire à une baisse généralisée des prix au détriment » des magasins spécialisés, est-il ajouté. Le Synadis Bio, qui a écopé de la plus forte amende (10 M€), dénonce une sanction « infondée et profondément disproportionnée » et fera appel. Greenweez a été sanctionné à hauteur de 1,85 M€ « solidairement avec sa société mère Carrefour SA », ITM Entreprises solidairement avec sa société mère Les Mousquetaires (740 000 €) et Les comptoirs de la Bio (groupement Mousquetaires/Intermarché) à hauteur de 80 000 €.
Biogaz/biocarburants : le Parlement entérine la suppression des ZFE
Le Parlement a définitivement adopté le 15 avril le projet de loi de « simplification de la vie économique » après un ultime vote du Sénat, actant la suppression controversée des « zones à faibles émissions » (ZFE) contre les voitures polluantes. Le développement des ZFE a accéléré le développement des filières biogaz (BioGNV) et, dans une moindre mesure, celle des biocarburants. Après un long cheminement et des débats parlementaires chaotiques, ce texte achève son parcours avec ce vote large du Sénat à 224 voix contre 100, au lendemain de son adoption à l’Assemblée nationale. Il devra désormais passer le filtre du Conseil constitutionnel, plusieurs groupes parlementaires espérant notamment que la suppression des ZFE soit censurée par les Sages. Leur suppression est soutenue par la droite, le Rassemblement national (RN) et la France insoumise, ainsi que par une partie du centre, même si certains élus macronistes restent réticents face à l’abandon de ce marqueur environnemental du premier quinquennat. Le gouvernement a même tenté de soumettre un amendement de compromis pour assouplir la mesure à la dernière minute, mais il a été rejeté. Jugé sans lien suffisamment étroit avec le projet initial, l’article pourrait néanmoins être censuré par le Conseil constitutionnel, affirment de nombreux parlementaires.
Céréales : l'Indonésie va fournir des engrais à l'Australie pour pallier la pénurie
L'Australie a négocié un accord qui va permettre à l'Indonésie de fournir 250 000 t d'engrais aux agriculteurs australiens, confrontés en raison de la guerre au Moyen-Orient à des pénuries qui perturbent les approvisionnements, ont annoncé le 16 avril des responsables australiens. Le Premier ministre Anthony Albanese a déclaré que cet accord, qui couvre 20 % des besoins en engrais pour la saison des semis, constituait « un résultat significatif pour nos agriculteurs », l'Australie étant un fournisseur alimentaire majeur des pays d'Asie du Sud-Est, dont l'Indonésie, incluant des céréales. L'accord signé avec l'Indonésie « montre également pourquoi il est d'une importance cruciale que nous entretenions des relations solides avec nos partenaires régionaux », a poursuivi M. Albanese. Le gouvernement indonésien a contribué à cet accord commercial entre Incitec Pivot, le plus grand fournisseur d'engrais d'Australie, et PT Pupuk Indonesia, ont indiqué des responsables australiens. Le président d'Incitec Pivot, Scott Bowman, a déclaré que les produits issus des exploitations australiennes étaient essentiels à la sécurité alimentaire dans toute la région. « Il reste encore du travail à accomplir pour que les besoins des agriculteurs puissent être pleinement satisfaits lors de la prochaine saison », a-t-il ajouté.
Boulangerie industrielle : progression du chiffre d’affaires de la filière
Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 16 avril, la FEB (boulangerie industrielle) a rapporté, via une étude de la Banque de France, une progression du chiffre d’affaires de la profession entre 2023 et 2024, passant de 10,7 Md€ à 10,9 Md€. La hausse s’explique par l’inflation, mais aussi la « dynamique des ventes du secteur BVP (boulangerie-viennoiserie-pâtisserie) », qui s’avère « plus soutenue que celle de l’ensemble de l’industrie alimentaire », argue l’étude. La FEB en conclut que les produits du secteur sont considérés « comme une valeur refuge par les consommateurs ». L’étude de la Banque de France révèle par ailleurs que le secteur de la boulangerie industrielle se concentre. Elle constate une baisse de 12,9 % du nombre d’entreprises entre 2020 et 2024, à 2 298. « Le marché français de la BVP est mature et se tourne de plus en plus vers l’export », ce qui requiert une plus grande taille et une plus grande surface financière, justifie le délégué général de la FEB Paul Boivin. Le président Didier Boudy a précisé s’attendre à une nouvelle hausse du chiffre d’affaires du secteur en 2025, « de 1 à 3 % ». En revanche, 2026 pourrait être plus compliquée, en raison du contexte macroéconomique morose (hausse de l'énergie notamment). « Le premier trimestre est très morne. Heureusement que l’export sauve la mise », pointe Paul Boivin.
Anses : des députés proposent de la placer sous tutelle principale du ministère de la Santé
Un rapport de la mission d'évaluation des politiques de santé environnementale, présenté par la députée écologiste Catherine Hervieu le 16 avril (voir vidéo), propose de placer l’Anses sous la tutelle principale du ministère de la Santé, rapporte l’AFP. La responsabilité de l’agence sanitaire est aujourd'hui partagée entre quatre tutelles, dont le ministère de l'Agriculture. Le rapport appelle aussi à réduire la part des financements de l'agence provenant de ce dernier. L'Anses pourrait être chargée d'une mission de « planification de la santé environnementale », suggèrent encore les députés. Par ailleurs, des recommandations concernent spécifiquement les pesticides, pour que leur utilisation et leur présence dans l'environnement soient mieux surveillées. Plus largement, le rapport préconise de rendre plus cohérent le pilotage des politiques de santé environnementale en confiant un rôle de « chef de file » aux ministères chargés de l'Environnement et de la Santé. Les parlementaires considèrent que la santé environnementale « constitue une politique encore émergente et sous-dimensionnée dont les moyens et les outils sont hors de proportion avec les besoins ».
Bovins/DNC : la Sardaigne déclare son premier foyer en 2026
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé en Sardaigne le 14 avril, indique la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans une note publiée le 16 avril. Ce premier cas déclaré sur l’île en 2026 est survenu dans un élevage de 148 bovins à Muravera (sud). Les experts de la plateforme ESA ajoutent que, « à ce stade, aucun élément ne permet de déterminer s’il s’agit d’une résurgence ou d’une nouvelle introduction ». Avant cela, le dernier foyer sarde remontait au 24 octobre 2025. C’est dans l’île italienne que cette maladie exotique a fait son retour en Europe fois en juin 2025, une dizaine d’années après un épisode dans les Balkans (2015-2017). En 2025, 79 foyers ont été détectés en Sardaigne. Les dernières restrictions y ont été levées le 24 février. Toujours selon la plateforme ESA, les autorités y ont mis en place une « campagne de vaccination massive » couvrant 97 % du cheptel, et « projettent de reproduire cette stratégie en 2026 ». Un seul autre pays européen a déclaré des foyers de DNC en 2026, l’Espagne avec deux cas en février. En France, aucun dernier foyer n’a été détecté depuis le début de l’année, et une nouvelle campagne de vaccination vient d’être lancée dans les anciennes zones réglementées.
Lait : le chiffre d'affaires de Lactalis en hausse en 2025, malgré les taux de change
À l’occasion de la présentation à Grenade (Espagne) des résultats annuels du groupe, le 16 avril, Lactalis a indiqué que l’exercice 2025 s’est achevé avec une hausse du chiffre d’affaires de 2,9 %, à 31,2 milliards d’euros (Md€), malgré le « fort impact » des taux de change sur ses activités, notamment aux États-Unis, son deuxième marché. « C’était une année charnière pour le groupe avec la consolidation de notre développement sur le continent américain », où le chiffre d’affaires régional « a dépassé les 10 milliards d’euros » pour la première fois, a relevé le p.-d.g. Emmanuel Besnier lors d’une conférence de presse. Au 1er juillet 2025, Lactalis a intégré les activités yaourts de l’entreprise américaine General Mills pour « consolider » sa place sur ce marché jugé clé. « Dans un contexte assez compliqué », entre taxes douanières mises en place par les États-Unis et la Chine ou des maladies animales, notamment en France (fièvre catarrhale ovine, dermatose nodulaire contagieuse...), Lactalis a su « continuer sa croissance », a fait valoir M. Besnier. Son bénéfice net est passé à 528 M€, après un exercice 2024 marqué par le règlement d’un litige avec le fisc français qui avait plombé son résultat net.
Œufs : Armor Œufs soutient 32 nouveaux projets en plein air ou au sol
En assemblée générale le 9 avril, Armor Œufs, premier groupement français de producteurs d’œufs, a présenté son projet d’augmentera sa capacité d’un million de places de poules pondeuses d’ici 2028, à travers 40 projets. Un développement « considérable », explique son président Frédéric Chartier à Agra Presse, puisque le groupement compte aujourd’hui 5,7 millions de places. Huit de ces projets correspondent à des agrandissements et 32 émanent de nouveaux producteurs, selon nos confrères de Réussir Volailles. Une vingtaine de ces projets d’élevages en plein air ou au sol seront portés par des agriculteurs qui ne sont pas éleveurs de poules, et qui ont adhéré au groupement, précise M. Chartier. Les projets des primo-installés et nouveaux producteurs recevront les soutiens combinés du groupement et de son partenaire Sanders, conformément au programme lancé il y a un an. Il s’agit d’une prime de 2 € par poulette mise en place (0,50 € provenant d’Armor Œufs et 1,50 € de Sanders). Sachant qu’une poulette coûte environ 5 € (en fonction du prix de l’alimentation). Cette aide, combinée à un « contrat adapté » et à la revalorisation des contrats, motive les candidats à la construction de coûteux bâtiments. « En comptant 55 € par place de poule, un bâtiment plein air de 30 000 poules revient à 1,65 M€ », rappelle Frédéric Chartier.
Fruits et légumes frais : Genavard favorable à une extension du Nutri-Score
Interrogée par le sénateur Jean-Claude Tissot (PS, Loire), la ministre de l’Agriculture Annie Genevad s’est montrée « favorable » à une extension du Nutri-Score aux fruits et légumes frais, lors de son audition au Sénat, le 15 avril, dans le cadre de la commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Portée par l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel), la demande vise à encourager le consommation de fruits et légumes, classés en majorité « A » (à l’exception de la noix de coco, notée « B »). Introduit dans le sillage de la loi Santé de 2016, le Nutri-Score est un dispositif d’étiquetage nutritionnel classant les aliments de A à E, du vert foncé au rouge, en fonction de leur composition nutritionnelle, apposé sur les produits préemballés. Les produits non transformés, par exemple les fruits, les légumes ou le poisson frais, ne sont pas concernés pour le moment. Des réflexions sont en cours afin d’étendre le champ d’application du Nutri-Score aux produits non pré-emballés, dont les fruits et légumes frais, et à la restauration hors-foyer, a souligné Santé publique France dans un dossier pédagogique publié en juin 2025. Interrogé par Agra Presse le 16 avril, le ministère de l’Agriculture indique que l’extension du Nutri-Score aux fruits et légumes frais relèverait d’un arrêté, à l’instar du dispositif actuel.
Tomate Label rouge : ouverture de la saison avec un objectif de hausse de volume
Apparues en juin 2023, les tomates Label rouge ont annoncé, dans un communiqué du 16 avril, l’ouverture officielle de la saison 2026, dans un contexte de concurrence et de pression sur les prix. La filière confirme néanmoins la « montée en puissance » de la production française, avec un objectif de 250 t en 2026, contre plus de 169 t en 2025, portée par douze producteurs engagés dans la démarche Label rouge. « L’augmentation des volumes en 2026, sans élargir le nombre de producteurs, témoigne de l’engagement profond des exploitations dans cette démarche », souligne Frédéric Marchesin, président de la section Tomates à l'Association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG). « C’est un signal fort envoyé au marché et aux consommateurs, en faveur d’une production française valorisée par le goût et le savoir-faire ». Premier légume consommé en été, la tomate reste concurrencée par des importations représentant plus d’un tiers des volumes en France. Dans ce contexte, la filière poursuit son développement avec une commercialisation étendue du 21 mars au 31 octobre et une offre organisée autour de quatre segments : cerise, ronde grappe, ronde vrac et allongée cœur. Parallèlement, elle revendique un positionnement premium, environ 20 à 25 % au-dessus des tomates standard, alors que les prix sont régulièrement tirés à la baisse.
Grossistes : le réseau Vivalya ouvre son offre et l’inscrit dans ses statuts
Dix ans après sa création, le réseau Vivalya annonce une diversification progressive de son offre. « On a même modifié les statuts de la coopérative pour ouvrir cette possibilité, c’est-à-dire aller vers les produits de crèmerie ou d’épicerie en complément des fruits et légumes et de la marée. Cela concerne de plus en plus de clients, devient un axe stratégique majeur, mais reste à la carte », indique Yves Braun, directeur général du commerce. Le groupe a par ailleurs réalisé un bilan carbone auprès des adhérents en 2025, qui a révélé que 70 % des émissions de GES sont liées à l’approvisionnement, de la production aux dépôts, et 20 % au transport. L’optimisation de la collecte et de la logistique au plus près en local devient donc clé et concerne déjà une grande moitié ouest. Par ailleurs, le plan de déploiement RSE du réseau se poursuit, avec une « vraie volonté d’accélérer » la labellisation de la RSE et de l’anti-gaspillage alimentaire. Vivalya, c’est aujourd’hui une coopérative de grossistes en fruits et légumes (800 000 t) et marée (30 000 t), forte de 73 entreprises. Elles travaillent avec 3 500 producteurs locaux et nationaux pour livrer 70 000 clients, pour un chiffre d'affaires consolidé de 1,4 Md€ (triplement en dix ans). (Florence Rabut)
Phytos/semences : Corteva dévoile le nom des futurs d.g. de New Corteva et SpinCo
Le 1er octobre 2025, le groupe Corteva annonçait, pour 2026, la scission de ses activités en deux sociétés distinctes : New Corteva pour piloter les marchés de protection des cultures et SpinCo pour ceux dédiés aux semences, avec les marques Pioneer et Brevant. Le 14 avril, le groupe en a dévoilé les futurs directeurs généraux. Luke Kissam pilotera l’entité New Corteva à compter du 1er juin. Il a occupé différents postes chez Albemarle Corporation (leader mondial des produits chimiques de spécialités), chez Bernhard Capital Partners Management (société de gestion de capital-investissement) ainsi que chez Monsanto, en tant que directeur juridique adjoint. De son côté, SpinCo sera dirigée par Chuck Magro, l’actuel p.-d.g. de Corteva. L’ensemble des équipes de direction prendront leurs fonctions une fois la séparation des deux entreprises actée : celle-ci est prévue pour le quatrième trimestre 2026. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 20 avril 2026
Lundi 20 avril
Salon international de l’agriculture du Maroc, à Meknès, jusqu’au 28
Mardi 21 avril
Conférence de presse de l'interprofession du reblochon
Conférence de presse de l'AOP bleu d'Auvergne
Assemblée générale de la coopérative Solarenn (légumes)
Conférence sur l'agriculture du Club Industrie et Souveraineté
Salon Macfrut à Rimini (Italie), jusqu’au 23
Mercredi 22 avril
Assemblée générale de Felcoop (coopératives fruits légumes)
Atelier média de l'Omsa (santé animale) sur son système Wahis
Colloque international sur la transhumance, à Marseille, jusqu’au 23
Conférence de Terra Vitis
Jeudi 23 avril
Congrès de la Cnaoc (vins AOC), à Reims
Congrès de GDS France (groupements de défense sanitaire), en Avignon, jusqu'au 24
Assemblée générale de Danone
Assemblée générale de Savencia
Bilan de la cellule de surveillance et d’appui au maintien du maillage vétérinaire (chambres d'agriculture)
Samedi 25 avril
Festival des 48 h de l’Agriculture urbaine