Agrafil du 15 juin 2022

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Jachères: Janusz Wojciechowski favorable à de nouvelles dérogations en 2023

«Je vais essayer de convaincre le reste de la Commission européenne de la nécessité de prolonger, une nouvelle fois en 2023, la dérogation accordée cette année permettant de mettre en production les jachères» pour faire face au défi de sécurité alimentaire posé par l’invasion russe en Ukraine, a promis le commissaire européen Janusz Wojciechowski, le 13 juin, à l’issue de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg. Cette demande est portée par une quinzaine d’Etats membres. En 2022, cette dérogation aux règles sur la rotation des cultures et les terres non productives a été accordée en urgence au mois de mars n’a pas donc pas pleinement pu être déployée. «Nous avions estimé qu’il était possible de mobiliser 4 millions d’hectares de jachères, ce sera sûrement moins», a indiqué Janusz Wojciechowski. «Il est nécessaire d’avoir une décision prise suffisamment en amont pour l’année prochaine», a confirmé le ministre français Marc Fesneau qui présidait son dernier Conseil Agriculture avant de passer la main à la République tchèque le 1er juillet.

Satellites: deux lancements de constellations «agricoles» attendus pour 2024

Présentes au LFDay (salon des start-up agricoles) le 14 juin, deux sociétés concurrentes, la start-up belgo-allemande ConstellR et l'américain EarthDaily Analytics (ex-UrtheCast) projettent de lancer chacune une constellation de satellites dédiée uniquement à l'agriculture à partir de 2024. Le marché de l'imagerie satellitaire en agriculture est actuellement dominé par des constellations «généralistes», fournies par des opérateurs privés comme l'américain Planet, ou publics avec les missions Sentinel de l'agence spatiale européenne (Esa). «En visant uniquement l'agriculture, nous pouvons choisir de meilleures données, des matériels moins chers et obtenir de meilleures fréquences de survol», a expliqué Thomas-Louis de Lophem, de la start-up ConstellR. La société aurait levé les fonds nécessaires à la construction des satellites, mais cherche de nouveaux financements pour améliorer «la pertinence de l'information» fournie. Ce n'est pas la première promesse de ce type. En 2018, UrtheCast avait déjà annoncé à Agra Presse le lancement d'une constellation de 20 mini-satellites tournés vers l’agriculture pour ... fin 2019. Depuis, la société a été rachetée par un fonds d'investissement américain, Antarctica Capital, spécialisé dans les infrastructures. Au passage, la société française Geosys, filiale d'UrtheCast, a changé de de nom, pour devenir EarthDailyAgro.

Vin: effervescence autour des NFT dans les vignobles haut de gamme

Après une opération pionnière de Dom Perignon en octobre dernier, de nombreuses start-up se lancent dans l'utilisation des NFT (non fongible token) pour la commercialisation de bouteilles de vin haut de gamme. «On voit énormément de start-up qui se créent, quasiment une tous les deux, trois jours, dans le secteur des NFT et du vin», a déclaré Laurent David, président de la Wine Tech (association de start-up) à l'occasion du LFDay le 14 juin. Son association va d'ailleurs organiser un évènement dédié à ce sujet le 5 juillet à Montrouge. Il existerait déjà une vingtaine de start-up lancées sur ce créneau en France, selon Laurent David. Tendance très récente née dans le monde de l'art contemporain, la création de NFT consiste à produire des certificats d'authentification d'un objet numérique (p.ex. image, message posté sur un réseau social...) grâce à la technologie blockchain. Dans le cas du vin, la certification d'un double numérique d'une bouteille, associé à l'objet physique par une puce RFID, ouvrirait plusieurs usages: lutte contre la fraude, facilitation de la revente d'une bouteille (avant même sa livraison), communication... «Nous pensons que le recours aux NFT sera massif dans le vin d'ici deux à trois ans», assure Laurent David.

Simili-viande : HappyVore lève 35 M€ pour ouvrir une grande usine dans le Loiret

La start-up française HappyVore a finalisé le 13 juin une levée de fonds de 35 M€, qui financera la mise en route «de la plus grande usine de production» de simili-viande en France, selon elle. «Les autres sites sont en République tchèque pour Nestlé, ou aux Pays-Bas pour Beyond Meat. Il n'y a aucun autre site dédié au végétal aussi grand en France, avec une capacité de 10 000 t/an», a précisé à l'AFP Guillaume Dubois, son cofondateur. La start-up a racheté il y a six mois un site agroalimentaire de 19 000 mètres carrés «en friche» à Chevilly (Loiret), et vise une mise en route de son usine début 2023. Le principal investisseur est Artal, une société européenne qui investit «sur les conseils» du fonds d'investissement Invus, «pour la plus grande partie» de la somme levée, a expliqué Guillaume Dubois. HappyVore a aussi reçu le soutien de la Bpifrance, du cofondateur de Sushi Shop, Adrien de Schompré, ou encore de Philippe Canter, l'ancien directeur d'Innocent France.

Grandes cultures: en Bretagne, la justice suspend l'abattage de plus de 25.000 choucas

Saisi par l'association One Voice, le tribunal administratif de Rennes a suspendu le 14 juin trois arrêtés préfectoraux autorisant l'abattage de 25.800 choucas des tours, ou corbeaux choucas, accusés de provoquer des dégâts sur les cultures de maïs et de blé en Bretagne. Les arrêtés en litige autorisaient la destruction de 10% à 18% de la population estimée de choucas des tours dans ces départements. Selon la juge, les préfets concernés n'ont présenté «aucun élément permettant d'établir avec certitude que l'espèce des choucas des tours opère une prédation de grande importance sur les cultures, notamment de maïs et de blé (...), que les dégâts constatés et déclarés leur sont exclusivement ou à tout le moins principalement imputables, qu'aucune autre solution satisfaisante n'existe et que la dérogation autorisée aux destructions prohibées est, par suite, justifiée et strictement nécessaire». En outre, «les diverses études existantes et menées, en Bretagne comme dans d'autres régions européennes», concluent «unanimement que les destructions à l'aveugle d'individus de cette espèce sont inefficaces», pointe-t-elle. Selon les chiffres fournis par les différentes préfectures, les choucas seraient responsables de la destruction de 1.769 hectares de cultures pour près de 2 millions d'euros de pertes en 2021.

Loup : expérimentation du comptage par drone confirmée en Auvergne-Rhone Alpes

La région Rhône Alpes-Auvergne annonce dans un communiqué du 14 juin avoir débloqué une enveloppe de 35 000 € afin de lancer «une expérimentation d’utilisation de drones pour améliorer la connaissance de la population de loups». «Les effectifs, au sein de chaque massif de notre territoire, demeurent flous alors qu’il s’agit d’une information capitale pour nos éleveurs», regrette la région. L’Union régionale de louveterie lancera donc grâce à cette aide deux expérimentations. Début novembre 2021, la Coordination rurale avait invité le préfet référent Celet dans le massif des Aravis pour une démonstration de l’utilisation des drones pour le comptage de loups. Un événement qui avait permis au syndicat de porter cette demande d’expérimentation auprès des décideurs locaux. «Tous les moyens sont bons pour améliorer la méthode de comptage, en vue de revoir les seuils de prélèvement à la hausse», glisse-t-on du côté de l’antenne savoyarde de la Coordination rurale.

Bio: quatre scenarii pour l’évolution du marché (Natexbio)

La fédération Natexbio (transformateurs et distributeurs) a présenté le 14 juin les résultats d’une étude menée avec le Crédoc détaillant quatre scénarii d’évolution pour le secteur biologique français. Dans la trajectoire tendancielle, avec une croissance modérée de 5%, la bio pourrait peser 19 Md€ et 13% de la SAU à horizon 2027, contre 10,2% et 13,3 Md€ en 2021. L’atteinte de l’objectif de 18% de SAU bio prévu par le plan stratégique national (PSN) de la future Pac reposera en revanche, selon Natexbio sur une trajectoire «favorable», avec des «politiques d’investissements ambitieuses». Grâce à 550 M€/an d’investissement, contre 270 M€/an actuellement, le chiffre d’affaires bio pourrait alors atteindre 26 Md€ en 2027. Le scénario «Ambition bio» irait encore plus loin avec une croissance de 15% aboutissant à un marché de 36 Md€. Ces deux scénarios de croissance nécessiteront «une volonté politique forte», alerte Pierrick De Ronne, président de Natexbio et de Biocoop. Or, pour l’heure, «la Pac n’est pas au rendez-vous», déplore-t-il. À défaut de soutien, la bio pourrait subir une trajectoire «défavorable», avec une croissance très faible aboutissant à 9,4% de SAU bio et à un marché de 13,4 Md€ d’ici à 2027.

Légumes d'industrie: Unilet adresse un manifeste aux pouvoirs publics

Dans un manifeste publié le 8 juin, l’interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet) adresse huit demandes aux pouvoirs publics «pour sauvegarder la filière française et contribuer à la souveraineté alimentaire». La filière (4500 agriculteurs, 23 sites de transformation, 1/3 des surfaces de légumes) demande aux pouvoirs publics et aux députés de la prochaine mandature «d’assumer un discours propice à la création de valeur», notamment en défendant «la non-négociabilité des coûts de fabrication dans un cadre législatif complémentaire à Egalim 2». Elle appelle à «valoriser» le rôle des légumes en boîte et surgelés dans une alimentation équilibrée et décarbonée, y compris pour les personnes en situation de précarité (projet de chèque alimentaire, NDLR) et en restauration collective. Unilet appelle aussi à «renforcer» l’attractivité de la filière, à «soutenir» financièrement la transition agroécologique et à «construire une politique de l’eau face au changement climatique». Enfin, l’interpro demande l’harmonisation des moyens de protection des cultures dans l’UE, et la simplification des démarches administratives.

Évènementiel: 1200 sites ouverts pour la 2e édition des Journées de l'agriculture

Les Journées de l'agriculture (JNA) se tiendront les 17, 18 et 19 juin dans toute la France avec 1200 sites ouverts, contre 1000 l'an passé, ont annoncé, le 14 juin ses organisateurs, l'association d'agriculteurs AgriDemain et la fondation Make.org. Comme l'année dernière, l'objectif est d'ouvrir au grand public des entreprises, établissements publics liés à l'agriculture et l'alimentation. Quelque 100 000 personnes s'étaient déplacées pour la première édition. Cette année, l'évènement sera labellisé par le dispositif gouvernemental «Année de la gastronomie», en sa qualité d'«initiative de valorisation sur tout le territoire». Ce soutien permettra d'ouvrir un «volet pédagogique» à l'évènement pour 2000 élèves sur les trois jours, ont expliqué les organisateurs. Autre nouveauté: aux côtés des deux mécènes initiaux de l'évènement – le marché de Rungis et Bonduelle – apparaît cette année le Crédit agricole. Enfin, l'Agence bio figure quant à elle parmi les nouveaux partenaires. «Le printemps Bio (du 22 mai au 20 juin 2022, NDLR) se clôturera cette année par les JNA», s'est félicitée Laure Verdeau, directrice de l'Agence bio.

Légumes conserve et surgelés: Cyrille Auguste prend la présidence d’Unilet

Cyrille Auguste a été élu président de l’interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet), annonce un communiqué le 14 juin. Cyrille Auguste est directeur général de la division conserves et surgelés de Bonduelle en Europe (Bonduelle Europe long life) depuis janvier 2021, après être passé par Danone. Il sera épaulé dans cette nouvelle fonction par deux vice-présidents: Jean-Claude Orhan, président du Cénaldi (AOP légumes d’industrie) et administrateur à Eureden; et Christophe Basile, président du groupe légumes de la FIAC (aliments conservés) et directeur général d’Eureden Long Life. Cyrille Auguste prend la suite d’Olivier Morel qui a passé à peine deux ans à ce poste. Olivier Morel a quitté, début juin, la division surgelés d’Eureden pour devenir directeur commercial chez le chocolatier Valrhona, selon sa page LinkedIn.

Cabinet de Marc Fesneau: un conseiller «aux élus et aux discours»

Ancien conseiller aux «élus locaux» de Marc Fesneau lorsqu'il était ministre des Relations avec le Parlement, Emmanuel Honoré va le suivre à l'Agriculture. Dans un arrêté du 13 juin, il a été nommé «conseiller chargé des élus et des discours» du nouveau ministre de l'Agriculture. Avant de travailler pour Marc Fesneau, Emmanuel Honoré était collaborateur parlementaire de Philippe Vigier, député d'Eure-et-Loir, rattaché au groupe Libertés et territoires.