Influenza: la nouvelle feuille de route attendue avant fin juillet (professionnels)
Le ministère de l’Agriculture devrait présenter la nouvelle feuille de route sur l’influenza aviaire d’ici la fin du mois de juillet, apprend Agra Presse de source professionnelle. Elle comporte cinq axes, dont trois seraient plus consensuels – et donc plus avancés: l’expérimentation sur la vaccination, le renforcement de la biosécurité et la détection précoce des cas d’influenza. Concernant ce dernier point, une piste consisterait à mettre en place une surveillance routinière (y compris hors des périodes à risque), comprenant des autopsies d’animaux. Les professionnels nourriraient de fortes attentes quant à la quatrième thématique, qui porte sur la gestion des foyers. Les pouvoirs publics envisageraient notamment le recours à des techniques «permettant de maintenir les oiseaux en bâtiments au moment de l’euthanasie», comme suggéré par l'Anses dans son bilan de l'épisode 2021-2022, publié le 13 juillet (lire ci-dessous). Cette méthode (étanchéification des bâtiments et euthanasie au gaz) est employée par le hollandais TCC, venu en renfort cette année. Elle présenterait moins de risques de propagation de la maladie que celle utilisée par le français GT Logistics, actuel titulaire du marché public. Enfin, le dernier axe de la feuille de route, portant sur l’organisation de la production, est plus sensible, en l’absence de consensus entre les filières sur la réduction de la densité.
Influenza: l’Anses appelle à la «diminution durable de la densité» en canards
«La diminution durable de la densité des élevages de canards dans certaines zones est un objectif structurel à moyen-long terme», estime l’Anses dans son bilan de l’épisode 2021-2022 d’influenza aviaire, publié le 13 juillet. Un rapport sur lequel le ministère de l’Agriculture doit s’appuyer pour élaborer sa nouvelle feuille de route (lire ci-dessus). L’agence sanitaire propose une «forme de supervision globale» des pouvoirs publics afin d’éviter de «déconcentrer par endroits pour concentrer dans d’autres». Pour l’Anses, au-delà des critères environnementaux actuellement en vigueur, l’autorisation d’exploiter «devrait être également dépendante de critères sanitaires». «Le positionnement des unités de reproducteurs des filières avicoles doit aussi être repensé », ajoute l’agence, demandant «une réglementation qui permette d'interdire l'installation de certains élevages à proximité des sites très sensibles déjà implantés». À plus court terme, l’Anses recommande «fortement» aux filières avicoles de s’accorder sur une «réorganisation permettant de mettre en place un cloisonnement géographique des activités aviaires» afin de limiter les croisements, ou encore d’identifier les intervenants en élevage qui «restent absolument incontournables en période de crise sanitaire».
Indemnisations influenza: guichet ouvert pour les producteurs d’œufs jusqu’au 22 juillet
Les producteurs d’œufs ont jusqu’au 22 juillet pour demander en ligne une indemnisation pour leurs pertes économiques dues aux restrictions sanitaires liées à l’influenza aviaire. Cette enveloppe de 2 M€ vise à couvrir les «pertes liées à la destruction ou à la moindre valorisation des œufs» pour cause d’interdiction de mouvements. Y sont éligibles les exploitations «ayant un bâtiment d’élevage de poules pondeuses au moins situé dans une zone réglementée» de huit départements*. Un deuxième dispositif «sera mis en place plus tardivement» pour les autres départements touchés par l’épizootie, peut-on lire dans la décision de FranceAgriMer. L’intégralité des pertes est prise en charge, qu’il s’agisse de la destruction d’œufs de consommation ou d’une «perte liée à la non-valorisation ou à la moindre valorisation» (par rapport à un prix de référence entendu comme le «dernier prix de vente des œufs avant restrictions sanitaires»). Le plafond de cette aide est de «150 000 euros par entreprise».
* Haute-Garonne, Gers, Landes, Lot-et-Garonne, Nord, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Seine-Maritime
Céréales: l’export de blé tendre démarre en trombe sur 2022-23 (FranceAgriMer)
FranceAgriMer table sur des exportations françaises de blé tendre en nette hausse à l’international, avec «un très fort démarrage» sur la nouvelle campagne, a-t-il indiqué le 13 juillet. À 10,3 Mt prévues sur 2022-23, l’export de blé tendre vers les pays tiers marque un fort rebond (+1,5 Mt sur un an), selon les prévisions de l’établissement national. Cela s’illustre par «un début de campagne particulièrement actif» sur plusieurs destinations, notamment l’Afrique sub-saharienne, le Yémen, l’Égypte et le Maghreb. Le blé français profite d’une «bonne compétitivité» et d’une concurrence de la Russie «moins présente». Exemple à destination du marché égyptien: 530 000 t ont été vendues au cours de deux appels d’offres avoisinant 1,3 Mt. L’origine France montre «une compétitivité prix très importante en ce début de campagne», renforcée par «une parité euro/dollar qui joue en sa faveur», a déclaré en conférence de presse Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre. FranceAgriMer signale toutefois que sa prévision d’export est susceptible d’évoluer, vu les «incertitudes» concernant la demande chinoise et l’offre russe. La Russie s’achemine vers une récolte record de 85,4 Mt, mais ses exportations restent entravées par les sanctions financières internationales.
Vin: baisse des ventes en France, les professionnels à la rencontre de M. Fesneau
Le vin se vend mal sur le marché intérieur. Les ventes de vins tranquilles en grande distribution de début janvier à fin mai (3,30 millions d’hectolitres, Mhl) sont en baisse de 9% en volume par rapport à la même période de 2021. Un recul qui atteint 10% par rapport à la moyenne 2019/21. C’est ce qu’indique la dernière note de conjoncture de FranceAgriMer et du Cniv, citant le panel distributeur Iri. Le recul est de 14% sur les rouges. Tous les segments sont concernés par ce repli, à l’exception des vins sans indication géographique (IG), autrement dit les vins de France. Les ventes de vins AOP, segment le plus important (à 1,4 Mhl), ont fléchi de 9%. Les vins étrangers ont reflué de 13%. Bordeaux propose un plan d’arrachage, des professionnels de Provence demandent des mesures de distillation. La profession viticole rencontrera le ministre de l’Agriculture le lundi 25 juillet. L’ordre du jour n’a pas été calé. Il comprendra les questions d’actualité, mais il est probable aussi que des sujets de fond aussi importants que la réforme des IG, l’assurance récolte et la HVE (Haute valeur environnementale) puissent être abordés.
Huile de palme: la justice conforte l'autorisation de la raffinerie TotalEnergies de La Mède
Le tribunal administratif de Marseille a conforté, le 13 juillet, l'autorisation d'exploitation de la raffinerie TotalEnergies de La Mède, près de Marseille, où est utilisé de l'huile de palme importée d'Asie. En avril 2021, la justice avait exigé que le groupe pétrolier revoie son étude d'impact sur l'utilisation d'huile de palme. À l'audience, le 30 juin, la rapporteure publique avait réclamé le rejet de cette nouvelle exigence, estimant au contraire que la nouvelle étude transmise par TotalEnergies avait permis d'améliorer le projet. La nouvelle étude produite par le groupe pétrolier n'a pas satisfait les associations requérantes, notamment Greenpeace France et France nature environnement Paca, qui ont demandé que soit mesuré non seulement l'impact sur le climat de l’huile de palme, mais celui toutes les autres huiles transformées en carburants (celles de soja, tournesol, colza, importées ou non). FNE-Paca, contacté par Agra Presse, voudrait que soit pris en compte «l’enjeu que représentent les grandes cultures destinées à la production de carburants, alors que le contexte alimentaire s’aggrave». Les associations requérantes «envisagent donc de faire appel de cette décision», indique leur communiqué.
Pesticides: polémique sur le maintien de l’autorisation du propyzamide
Dans des lettres ouvertes adressées à la Commission européenne et aux États membres le 11 juillet, les ONG Pesticides action network Europe (PAN) et Générations futures appellent à ne pas maintenir l’autorisation de mise sur le marché de l’herbicide propyzamide. L’autorisation actuelle de cette molécule court normalement jusqu’au 30 juin 2025, mais son approbation (en 2018) avait été conditionnée à la présentation par le demandeur d’informations complémentaires. Dans un avis publié en février 2022 après l'examen de ces nouvelles données, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a identifié des «préoccupations» concernant la génotoxicité de certains métabolites de cette molécule. Pourtant, la Commission européenne devrait proposer lors de la réunion des experts nationaux du comité permanent sur les produits phytosanitaires, les 14 et 15 juillet de maintenir quand même l’autorisation du propyzamide. «C’est l’un des pesticides toxiques les plus fréquemment trouvés dans les fruits et légumes cultivés en Europe et il figure sur la liste des douze pesticides les plus toxiques qui devraient être interdits immédiatement», selon PAN Europe, qui appelle les États membres à rejeter la proposition de Bruxelles.
Ukraine: 200 000 t de céréales perdues dans la région occupée de Kherson (autorités russes)
Quelque 200 000 t de céréales ne peuvent être récoltées dans la région ukrainienne de Kherson, largement occupée par les forces russes, ont indiqué le 13 juillet les autorités mises en place par Moscou, accusant l'Ukraine de brûler et miner des champs. «Ce ne sont pas seulement les récoltes incendiées qui sont perdues, une partie des champs (...) sont minés», a affirmé le chef de l'administration d'occupation russe, Vladimir Saldo, selon l'agence de presse russe TASS. «La région de Kherson ne pourra pas récolter 200 000 t de céréales, c'est beaucoup», a-t-il dit, estimant que la récolte totale serait de 1,2 à 1,3 Mt, au lieu de 1,4 Mt. L'offensive russe lancée le 24 février contre l'Ukraine a ravagé ce grenier à blé, si bien que la sécurité alimentaire mondiale s'en trouve menacée. Les autorités ukrainiennes accusent la Russie d'incendier les cultures du pays, de voler les récoltes dans les zones occupées et de bloquer les exportations par voie maritime des céréales ukrainiennes. La Russie rejette ces accusations.
Bretagne: un collectif demande l’accès à la MAEC Herbivores sur l’ensemble du territoire
Dans un communiqué du 11 juillet, un collectif rassemblant le mouvement Civam, la Confédération paysanne et l’association Eau et rivières de Bretagne dénonce la politique «peu ambitieuse» de l’État sur les MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques) en Bretagne, et en particulier la «régression» pour les systèmes herbagers. Une réaction à la présentation par la Draaf de Bretagne, le 8 juillet, des modalités d’ouverture des MAEC pour l’appel à projets 2023-2027. «Conformément au cadrage national, des zones à enjeux prioritaires ont été définies afin de cibler les territoires où il convient de mettre en œuvre certaines MAEC», précise l'administration dans un document explicatif. Ce découpage régional a été défini en fonction de trois niveaux de la qualité de l’eau (voir carte). En dehors des bassins versants algues vertes (BVAV), seuls les niveaux intermédiaires et supérieurs de la MAEC dite «Herbivores» seront ouverts. Ce qui exclut, de fait, «un quart» du territoire breton du premier échelon, estime le collectif, qui demande l'ouverture de tous les échelons de la MAEC sur tout le territoire. L’ouverture de la MAEC «eau» est également territorialisée, tandis que les MAEC «biodiversité» et «sol» restent accessibles sur l’intégralité du territoire.
Start-up: Jean-Noël Barrot annonce les 22 lauréats du French Tech Agri20
En visite le 13 juillet à Toulouse dans les bureaux de la start-up Agreenculture (spécialisée dans les solutions de guidage), le ministre délégué à la Transition numérique et aux télécommunications Jean-Noël Barrot a annoncé les lauréats du French Tech Agri20. Un programme qui vise à «accompagner les start-up à fort potentiel qui répondent à un objectif commun d’accélération de l’innovation au service de notre souveraineté alimentaire», explique le ministère de l’Agriculture, partenaire du programme. «French Tech Agri20 a été bâti à la suite du rapport French AgriTech publié par la Ferme digitale à l’occasion du Salon de l’agriculture», a rappelé Jean-Noël Barrot. Alors que 20 candidatures devaient être retenues, ce sont finalement 22 lauréats qui ont été annoncé «tant les innovations présentées étaient de qualité», a indiqué le ministre. Intègrent le programme d’accompagnement d’un an: Agreenculture, Agriloops, Algama, Asclepios Tech, Axioma, Circul’Egg, Dry4Good, Elicit plant, Gaïago, Green impulse, Green spot technologies, Javelot, Jungle, Kapsera, Lisaqua, Micropep technologies, Mycophyto, Naïo technologies, Neofarm, Sencrop, Toopi organics et Touti terre. (Bérengère Bosi)
Prairies: des pluies de juin insuffisantes, notamment dans le Sud-Est (Idele)
Dans sa note de conjoncture mensuelle, publiée le 12 juillet, l’Institut de l’élevage (Idele) fait le constat qu’en dépit de la forte pluviométrie du mois de juin, «les sols s’assèchent à nouveau» en ce début du mois de juillet. «Les précipitations sont tombées sous forme d’épisodes orageux intenses, peu efficaces sur le long terme pour la végétation, et souvent accompagnés de vent violent et de grêle», relève l’Idele. L’institut souligne de «fortes disparités régionales, avec un déficit hydrique qui s’est encore aggravé dans le Sud-Est». La situation est particulièrement alarmante en Provence-Alpes-Côte-d’Azur: les quantités d’herbe disponibles sont inférieures de respectivement 20 et 50% par rapport aux deux dernières années. «Le manque d’eau après la première coupe laisse présager qu’il n’y aura pas de deuxième coupe sur les zones non irriguées», notent les auteurs, alors même que l’assèchement des cours d’eau pourrait faire redescendre prématurément les troupeaux des estives. Inquiétude aussi en Normandie, où la pousse reste déficitaire et les stocks de fourrage diminuent à mesure que le pâturage devient impossible dans certaines zones. En Bretagne, le bilan est mitigé: la croissance de la pousse d’herbe, supérieure à la normale au printemps, a été totalement stoppée par les fortes chaleurs de la mi-juin.
Biodiesel: les industriels européens se défendent face à l’envolée des prix alimentaires
Alors que l’envolée actuelle des prix des matières premières agricoles pose, une nouvelle fois, la question du rôle de la production de biocarburants, les industriels européens du biodiesel préviennent que réduire sa production enverrait «un mauvais signal». Dans un communiqué du 11 juillet, le Fediol (triturateurs) et l’EBB (bureau européen du biodiesel) conviennent que la réduction de la part de biodiesel issu de cultures «aurait des effets à court terme sur les prix et la disponibilité», mais qu'elle «découragerait la production à long terme», conduisant à «un nouvel équilibre à un volume beaucoup plus faible, sans avantage sur les prix». «Sans la production de biocarburants, la production européenne de farines riches en protéines pour notre secteur de l’élevage européen ne sera plus économiquement viable», «la plantation d’oléagineux, notamment de colza» sera réduite et compromettra l’industrie de la trituration de l’UE, entraînant une augmentation des importations, préviennent les deux organisations. Et d’ajouter que «les bioraffineries produisant du biodiesel et ses coproduits (glycérine, naphta) seront également compromises».
Marché à terme: une majorité d’acteurs commerciaux sur les contrats de grains (étude)
Les acteurs commerciaux ont «un rôle prépondérant» sur les marchés des contrats en blé, maïs et colza, selon une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiée le 12 juillet. «Les entreprises commerciales jouent un rôle prépondérant sur le marché européen des dérivés de matières premières agricoles»: sur le contrat blé du Matif, référence pour les prix en Europe, elles représentent «en moyenne quotidienne près de 57% des positions ouvertes», indique l’AMF, sur la base des données de reporting. À titre de comparaison, cette catégorie d’intervenants ne représente que 23% des positions ouvertes sur les contrats blé à Chicago, où les acteurs financiers y sont au contraire largement majoritaires en proportion et en nombre, d’après l’étude. La position ouverte correspond au nombre de contrats à l’achat ou à la vente détenus par les intervenants. Quelque 62% des positions à terme des entreprises commerciales sont déclarées comme correspondant à une activité de couverture du risque de variation de prix sur les grains, poursuit l’AMF. Enfin, cette catégorie d’intervenants sur le marché du blé est «quasiment toujours nette vendeuse» (positions vendeuses soustraites des positions acheteuses).
Agenda de la semaine agricole du 18 juillet
Lundi 18 juillet
Conseil des ministres de l'Agriculture (programme de la présidence tchèque, marchés agricoles, plans stratégiques de la Pac, directive pesticides, transport animal)
Les députés examinent en plénière le projet de loi Pouvoir d’achat (jusqu’au jeudi 21)
Conférence de presse de la FNSEA sur l'emploi, lors du Tour de France (dans l’Aude)
Mardi 19 juillet
Réunion constitutive de l’Opecst (Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques)
Mercredi 20 juillet
Bilan des causes de l'inflation par le comité de suivi de la loi Egalim à la commission des Affaires économiques du Sénat
Jeudi 21 juillet
Les députés examinent en plénière le projet de loi de finances rectificatives (PLFR) 2022 (jusqu’au vendredi 22)