Agrafil du 2 mars 2022

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Russie/Ukraine: la France appelle Bruxelles à se préparer à intervenir sur les marchés agricoles

Face aux conséquences imprévisibles du conflit russo-ukrainien sur les filières agricoles européennes, la présidence française du Conseil de  l’UE appelle dans une note qu’elle présentera aux ministres de l’Agriculture des Vingt-sept lors d'un Conseil informel extraordinaire le 2 mars, la Commission européenne «à anticiper la mobilisation des mesures de marché, dès que la situation l’exigera». En vue d’assurer la «souveraineté alimentaire» de l’UE (en raison des risques de rupture des approvisionnements), elle recommande également «d’identifier et d’activer le moment venu les leviers réglementaires dans le cadre notamment de la Pac permettant d’accroître la production européenne de produits agricoles, en particulier si la campagne de production 2022/2023 en Ukraine était compromise». Par ailleurs, la France demande à l’exécutif européen de mener «un suivi régulier de l’évolution des marchés (approvisionnement en alimentation animale, prix de l’énergie et des engrais) avec une actualisation aussi fréquente que nécessaire, qui pourrait passer par le mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire (dont la première réunion du groupe d’experts est prévue avant Pâques)». Sur le plan international, elle souhaite que toutes les enceintes compétentes telles que la FAO, le PAM, l’OCDE ou le G20, se mobilisent «pour analyser la situation et envisager, s’il le faut, des réponses de court et de moyen terme».

Céréales: nouveaux records des cours du maïs et du blé sur le marché européen

Les prix du blé meunier et du maïs ont clôturé le 1er mars à un nouveau record sur le marché européen, respectivement à 351,25 et 340 euros la tonne sur l'échéance de mars 2022, galvanisés par la crise russo-ukrainienne. Les cours des céréales ont poursuivi leur envolée de la veille, alors que «la crise s'installe»: les ports ukrainiens sont toujours bloqués et la demande est forte, avec «des acheteurs qui cherchent des solutions» pour remplacer les cargaisons ukrainiennes sur lesquelles ils espéraient pouvoir compter, a expliqué à l'AFP Damien Vercambre, courtier pour le cabinet Inter-Courtage. «Rien n'a vraiment changé aujourd'hui, mais les marchés commencent à prendre la mesure de la situation: les exportations totalement à l'arrêt en provenance d'Ukraine et l'urgence de trouver de nouveaux débouchés», a-t-il poursuivi. L'Egypte, qui cherche depuis trois jours à acheter du blé, "a une nouvelle fois annulé son appel d'offres, jugeant probablement les prix trop élevés», a relevé le cabinet Agritel. «La Chine attendait 4 à 5 millions de tonnes de maïs ukrainien et cherche à s'approvisionner ailleurs», a indiqué M. Vercambre. En blé, le précédent record avait été battu lundi soir, avec une tonne clôturant à 322,50 euros sur l'échéance de mars 2022 sur Euronext. Sur le marché européen, le précédent record pour le maïs remontait au 4 août dernier: le cours avait alors atteint les 320 euros en clôture.

Egalim 2: «Il n’y aura pas d’ultime négociation de complaisance» prévient le médiateur

«Il n’y aura pas d’ultime négociation de complaisance pour les retardataires qui n’ont pas négocié de bonne foi en amont», a prévenu le médiateur des relations commerciales agricoles Thierry Dahan, lors d’une table ronde sur la loi Egalim 2 au Salon de l’Agriculture, le 1er mars, jour de la fin des négociations commerciales entre industriels et distributeurs. Le médiateur a été saisi dans 45 dossiers et une vingtaine sont déjà clos. «Nous terminerons les médiations en cours dans les dossiers très avancés, et où il y a encore un point de blocage. Sur la clause de révision automatique, par exemple», affirme Thierry Dahan. Les industriels ont en grande majorité fait le choix de recourir à un tiers de confiance «chargé de certifier au terme de la négociation» la part de la matière première agricole dans le tarif fournisseur. Or, le choix de cette «troisième option» de transparence a parfois freiné les négociations. Pour «faciliter les choses» l’année prochaine, le médiateur émet la suggestion «de certifier ces coûts avant d'arriver à la table des négociations, de manière que les choses soient plus transparentes», sans pour autant modifier la loi.

Egalim 2: le ministère installe le comité de règlement des différends commerciaux

Par un décret du 26 février, le ministère de l’Agriculture a nommé les membres du comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA), installant, de fait, ce nouveau comité crée par la loi Egalim 2. Il est présidé par deux conseillers d’État: Marie-Françoise Guilhemsans, en qualité de présidente, et Fabrice Dambrine, en qualité de président suppléant. Quatre personnalités ont été choisies en raison de leur expérience des relations commerciales: l’ancienne vice-présidente de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Marie-Thérèse Bonneau; l’ancien p-d.g. de Système U Serge Papin; un représentant de l’OFPM (observatoire des prix et des marges) Jean-Louis Gérard; et l’économiste Claire Chambolle. Deux personnalités représentent la production: Yannick Fialip, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Loire et Laurence Sellos, présidente de la chambre d’agriculture de la Seine-Maritime. Et, enfin, deux membres du comité représentent la transformation: Jean-Bernard Bonduelle, ancien dirigeant du groupe du même nom, et Bertrand Rouault, d.g. d’Eurial. Le comité de règlement des différends interviendra en cas d’échec de la médiation pour régler un litige et avant toute saisine du juge.  

Influenza aviaire: la pression monte subitement dans l'Ouest, dense en volailles

Les cas d'influenza aviaire hautement pathogène se multiplient ces derniers jours en Vendée et en Loire-Atlantique, laissant craindre un embrasement de l'épizootie dans cet important bassin de production de volailles. Le dernier bilan officiel au 28 février faisait état de 12 foyers confirmés dans des élevages en Vendée. Mais d'après Réussir Volailles, le nombre de cas (suspectés et confirmés) le même jour «oscillait entre 30 et 40, selon les sources (vétérinaires, organisation de production)». Le 27 février, la préfecture de Loire-Atlantique a confirmé la présence du virus dans deux élevages situés à Vieillevigne, selon Ouest-France. En tout, la zone touchée dessinerait un croissant de «80 à 100 km de long», allant «de Challans à Cholet, riche en élevages, en couvoirs et en abattoirs», relèvent nos confrères de Réussir volailles. Quelque 2000 bâtiments avicoles seraient présents dans ce secteur à cheval sur quatre départements (Vendée, Loire-Atlantique, Deux-Sèvres, Maine-et-Loire). «Aux dires de professionnels, l’espèce la plus touchée serait le canard (chair et à foie gras)», poursuit le média spécialisé. Quant au cabinet vétérinaire vendéen Labovet, il évoque sur sa page Facebook une «situation très évolutive», ainsi qu'une «forte pression virale dans la faune sauvage et l'environnement».

Antibio: l’Agence européenne du médicament établit une liste de molécules à réserver aux humains

L’Agence européenne du médicament a publié le 1er mars un avis scientifique sur les groupes d'antimicrobiens qui doivent être réservés exclusivement au traitement des infections chez l'Homme et donc interdits en médecine vétérinaire. Ces recommandations ouvrent la voie à l'adoption prochaine d'un règlement en la matière comme prévu par la récente loi sur les médicaments vétérinaires, entrée en application fin janvier. Trois critères avaient été retenus par la Commission européenne pour définir les molécules concernées: «grande importance pour la santé humaine»; «risque de transmission de résistance» et «besoin non essentiel pour la santé animale». Les discussions avec les États membres sur l'adoption de la liste des antimicrobiens vont désormais pouvoir débuter. Par ailleurs, la présidence française du Conseil de l’UE organise le 7 mars à Paris une conférence ministérielle dédiée à l’antibiorésistance avec pour objectif d’actualiser la feuille de route de l’UE pour lutter contre ce phénomène.

Présidentielle: le programme agricole de Marine Le Pen

À la veille de la venue de Marine Le Pen au Salon de l'agriculture, son équipe de campagne a diffusé, ce mardi 1er mars, le volet agricole de son programme. En matière de relations commerciales, elle veut «modifier» les dispositifs Egalim, pour «permettre l'intervention de l'État dans l'élaboration des indices utilisés pour fixer des prix minimums tenant compte des variations des prix des matières premières agricoles». Concernant l'artificialisation des sols, la candidate RN propose de «mettre fins aux projets éoliens et solaires au sol, à l'exception de l'outre-mer», et d'«interdire (...) l'utilisation de terres agricoles pour des projets d'urbanisation, sauf dérogations accordées par les préfets». Elle «s'opposera résolument» à la stratégie De la ferme à la table et veut renforcer la Pac par des «dispositifs nationaux» compatibles avec le cadre des aides dites de minimis. En bio, Marine Le Pen promet un «plan de soutien de cinq ans» et de réserver les produits bio dans les cantines scolaires à l'origine France. En matière de commerce international, elle veut mettre fin à l'application provisoire du Ceta et «s'opposera à la poursuite des négociations» avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Mercosur. Elle veut interdire l'importation de matières agricoles hors UE «destinées à produire de l'énergie». Sur les phytos, elle propose l'indemnisation intégrale des ZNT.

Recherche : des «moyens supplémentaires» pour l'Inrae sur 2022-2026

Chercheurs, agriculteurs, start-ups, entreprises : «nous comptons sur l’Inrae pour faire vivre l’ensemble de la communauté agricole», a encouragé Julien Denormandie le 1er mars à l’occasion de la signature du contrat d’objectif et de performance de l’établissement de recherche. Après l’Inserm, l’Inrae est le second établissement à signer un contrat de ce type. «Nous aurons des moyens supplémentaires pour aller plus loin dans la connaissance», se félicite Phillipe Mauguin, p.-d.g. d’Inrae, alors que le contrat accordera à l’établissement deux dotations supplémentaires de 57 et 45 millions d’euros étalés sur la période 2022-2026 pour maintenir voire développer ses effectifs, et élargir ses partenariats. En application de la loi de programmation de la recherche, 250 millions d’euros additionnels seront également fléchés par l’Agence Nationale de la recherche vers les projets de l’établissement. Pour rappel, le budget de l'Inrae est d'environ 1 milliard d'euros. Autant de moyens qui aideront l’Inrae à «prodiguer l’expertise indispensable pour éclairer les politiques publiques en matière d’agriculture, d’alimentation et d’environnement», selon Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Carbone : la filière CRC veut créer une place de marché de crédits carbone

La filière CRC (Culture raisonnée contrôlée) a présenté le 1er mars une solution blockchain pour valoriser ses données de traçabilité sur le blé tendre jusqu’au consommateur. Cette plateforme, développée avec la start-up Crystalchain, doit être opérationnelle « au début de l’automne », a précisé Anne Pigeyre, responsable traçabilité au sein du GIE. Elle s’appuie sur un pilote mené depuis un an autour de la baguette C’est qui le patron, avec la coopérative La Tricherie et Axiane Meunerie (Axéréal). La phase de déploiement consiste à retenir notamment des indicateurs de la traçabilité, en concertation avec les organismes stockeurs, meuniers, transformateurs. Dix adhérents (sur 134) ont répondu présents. «L’objectif est d’emmener l’ensemble de la filière CRC», déclare le d.g. Marc Bonnet, parlant de 100 000 ha. Lancée pour le blé, la plateforme de traçabilité doit s’étendre à l’orge, au maïs. Le projet a aussi vocation à devenir une place de marché d’échange de crédits carbone. Un financement par BPIFrance est pour cela attendu. «Notre place de marché sera ouverte en marque blanche à d’autres filières», annonce Marc Bonnet, en visant un marché de 850 000 ha de céréales produites, transformées en France et à destination de la consommation humaine.

Carbone : France Carbon Agri à la veille d’une grosse vente

France Carbon Agri aurait trouvé un acheteur privé pour près de 60 000 t de crédit carbone, apprend Agra presse auprès de l’association. «Des organisations commencent à s’intéresser à de gros volumes, la demande évolue», se félicite Jean-Baptiste Dollé, chef du service environnement à l’Institut de l’élevage (Idele). Cette vente viendrait en complément des annonces du 1er février, lors de table ronde sur le carbone organisée par le ministère de l’Agriculture. Le Crédit Agricole et la Caisse des dépôts avaient à cette occasion indiquer se porter respectivement acheteurs de 25 000 et de 20 000 tonnes de crédits. Julien Denormandie avait également assuré que son ministère compenserait 7 000 tonnes de carbone au titre des émissions de l’administration centrale. Autant de promesses récentes intervenant alors que «nous avons vendu plus de la moitié des 137 000 tonnes de carbone du premier appel à projet», complète Marie-Thérèse Bonneau, présidente de France Carbon Agri. Son association, confie-t-elle, devrait déposer officiellement son second projet auprès du ministère dans les prochains jours, pour 600 000 t supplémentaires de carbone. Un volume qui pourra également intéresser les compagnies aériennes, alors que la loi Climat impose à celles-ci de compenser 50 % des émissions de leurs vols domestiques depuis le 1er janvier.

Carbone: l’Apad mandatée pour vendre 200 000 tonnes

L’Apad (Association pour la promotion d’une agriculture durable) est mandatée pour vendre 200 000 crédits carbone, a-t-elle annoncé le 28 février lors d’une présentation de son projet de label bas carbone en grandes cultures. «Le 1er février, nous avons notifié notre projet de label bas carbone au ministère de la Transition écologique et solidaire», a indiqué le président François Mandin. Ce projet rassemble «plus de 350 agriculteurs, représentant 230 fermes sur 40 000 ha», qui ont mandaté l’Apad pour vendre 200 000 tonnes de crédits carbone correspondant aux réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre. L’Apad compte 1000 agriculteurs en agriculture de conservation des sols. Quelque 300 fermes sont engagées dans son label Au cœur des sols, lancé en 2020. C’est à elles que le projet carbone s’adresse, et 230 ont déjà répondu présent. Un prix plancher de 60 € par crédit carbone leur est proposé. Le label prévoit aussi une indexation chaque année, pour «prendre en compte les différentes parties», à savoir la production agricole, le marché du carbone. À l’occasion du Salon de l’agriculture, l’Apad a signé le 28 février avec Sede Environnement (Veolia) un premier partenariat financier pour soutenir «l’équivalent de deux fermes».

Lait: des salariés de la CGT manifestent au Salon contre la fermeture de l’usine Euroserum

Le 1er mars en fin de matinée, une centaine de personnes se sont rassemblées au Salon de l’Agriculture pour manifester contre la fermeture de l’usine Euroserum en Saône-et-Loire, annoncée par Sodiaal le 1er février. À l’appel de la CGT, les manifestants se sont rendus au stand du ministère de l’Agriculture et celui de la Coopération agricole pour faire entendre leurs revendications. La manifestation devait se poursuivre au siège social de Sodiaal à Paris. «Sodiaal brade une industrie d’avenir sur l’hôtel des sacro-saints profits», dénonce le syndicat dans un communiqué distribué au public. Il en appelle à l’État : «[il] doit être le garant de notre développement industriel, en mettant sous son contrôle et celui des travailleurs, des productions alimentaires indispensables.» L’usine d’Euroserum est spécialisée dans la production de sérum destiné à l’alimentation infantile et emploie 120 salariés. Elle fait partie des deux sites dont Sodiaal a annoncé la fin de l’activité, début février, avec l’usine Candia de Campbon (Loire-Atlantique). Au total, les deux usines emploient 316 salariés.

Lait: Lidl et LSDH signent à 405 €/1000 litres pour du lait MDD non OGM

Le distributeur Lidl et l'industriel LSDH (Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel) ont signé, le 1er mars au Salon de l'agriculture, un contrat tripartite avec l'organisation de producteurs APLBC pour du lait MDD non OGM payé 405 €/1000 litres aux producteurs. Une revalorisation importante – l'ancien prix était de 380 €/1000 litres – pour ce contrat qui concerne 38 millions de litres (Ml). «Ce niveau de prix ne constitue pas un frein» pour les consommateurs, estime le directeur exécutif Achats de Lidl France, Michel Biéro, pour qui «ce n'est pas l'inflation alimentaire ui va détruire le pouvoir d'achat». Les volumes vendus par LSDH à Lidl ont «doublé en sept ans», se félicite M. Biéro, soulignant la «totale transparence» de son fournisseur quant à la répercussion de la valeur aux éleveurs. Par ailleurs, le 28 février, Lidl a renouvelé ses accords avec trois importants groupes laitiers. Le prix négocié avec Lactalis augmente de 15 €/1000 litres en un an (à 385 € en prix de base, pour plus de 220 Ml). Toujours en prix de base, Sodiaal se situe à 395 € (pour plus de 200 Ml) et Savencia «entre 374 et 383 €/1000 l selon les régions». L'ensemble des contrats conclus par Lidl sur le lait représente «entre 650 et 700 millions de litres» sur un total de quelque 760 Ml vendus, une part stable ces dernières années, d'après Michel Biéro.

Lait: «Il va falloir que les consommateurs payent» pour les hausses de charges (FNPL)

À l’occasion d’une conférence de presse au Salon de l'agriculture, le 1er mars, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) a alerté sur les conséquences de la guerre en Ukraine et le «risque d’accentuer encore la hausse des charges pour les éleveurs», notamment sur les prix de l’alimentation animale et des engrais. Le blocage des ports ukrainiens a fait s’envoler les cours du blé, du maïs et du colza, renchérissant les coûts de production des éleveurs qui ont déjà augmenté de 12% en un an (indice Ipampa). «Il va falloir que les consommateurs payent à un moment, les éleveurs ne vont pas pouvoir tout encaisser. On s’inquiète de savoir comment on va répercuter ces hausses», déclare le vice-président du syndicat Ghislain de Viron, à Agra Presse, alors que les négociations commerciales 2022 s'achèvent. La situation en Ukraine inquiète la FNPL «pour l’élevage, mais aussi pour le reste de la filière, et les transformateurs qui ont des usines sur place.» Dans un communiqué du 28 février, Lactalis informait que l’un de ses trois sites ukrainiens était à l’arrêt «en raison des zones de combat à proximité» et que l’activité des deux autres était ralentie du fait de la désorganisation de la collecte de lait. «Nous nous efforcerons de maintenir notre contribution à l’alimentation des populations dans la limite d’assurer la sécurité de nos collaborateurs, fournisseurs et clients», explique l’industriel.

Lait: un prix de 500 €/1000 litres «indispensable» pour un revenu «digne» (EMB)

Les producteurs laitiers français ont besoin d'être payés 500 €/1000 l pour «couvrir l’ensemble des charges et assurer une rémunération digne», a estimé l'European milk board (EMB) lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture le 1er mars. Ce niveau correspond à sa revendication historique d'un prix à 450 €/1000 litres, à laquelle s'ajoute l'évolution de l'Ipampa (indice des moyens de production) et le paiement de la qualité. Avec ses deux organisations membres en France – la Coordination rurale (CR) et l'Association des producteurs laitiers indépendants (Apli) –, l'EMB a insisté sur le difficile renouvellement des générations d'éleveurs. Installé depuis un an, le président de l'Apli Adrien Lefèvre s'est dit «pessimiste à court terme sur l'avenir de la production laitière», expliquant que les producteurs de lait tirent un revenu moyen de 1,24 € par heure travaillée. D'après ce jeune agriculteur des Ardennes, le recul de la production touche aussi notamment l'Allemagne, les Pays-Bas ou encore l'Irlande, «des pays que l'on croyait capable de produire le lait que la France ne produirait plus».

Porc: en 2022, Herta s'approvisionnera à 56% en viande française

En pleine crise du porc, le fabricant de charcuteries Herta indique, dans un communiqué du 28 février, «accroître ses achats de viande de porc française» de 4500 t, portant l'origine France à 56% de ses approvisionnements en 2022. Une annonce faite en présence des ministres Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Julien Denormandie (Agriculture). Dans son communiqué, le leader français du jambon précise avoir pris cette décision «dès le début de l’année», tout en soulignant que la France «constitue déjà son premier bassin d’approvisionnement». Par ailleurs, Herta versera 2,5 millions d'euros (M€) d'aides directes à ses éleveurs sous contrat (filière Préférence Herta). Ces «mécanismes de contrats assurantiels» ont déjà permis «le versement de près de 5 M€ ces deux dernières années», rappelle le salaisonnier. Le 31 janvier, le gouvernement a débloqué 270 M€ d'aides d'urgence pour les éleveurs de porcs, qui subissent un effet de ciseaux entre la flambée de l'alimentation animale et des prix de vente moroses. Une annonce ministérielle qui a été suivie par des mesures de soutien prises par des acteurs de premier plan de la filière (Fleury Michon, Kermené).

Légumes transformés: D’aucy veut doubler le nombre d’exploitations HVE en 2022

«L’objectif c’est [d’atteindre] 60 exploitations certifiées HVE l’année prochaine», a annoncé le directeur général de D’aucy France Nicolas Facon le 1er mars, lors d’un déjeuner avec la presse à l’occasion du salon de l’agriculture. A date, la marque de légumes appertisés et surgelés (groupe Eureden) compte 31 exploitations certifiées HVE (certification environnementale de niveau 3), contre huit exploitations au 1er semestre 2020. Nicolas Facon a rappelé que, pour faciliter la transition vers la HVE, la coopérative a créé une charte agroécologique reconnue certification environnementale de niveau 2 par le ministère de l’Agriculture. «C’est une sorte de niveau intermédiaire entre le niveau 2 et la HVE» basée sur «une quarantaine d’indicateurs» avec «une obligation de moyens et de résultats», a-t-il détaillé. Côté bio, D'aucy cultive «6 à 7%» de sa surface agricole utile (SAU) en agriculture biologique et projette de «monter à 10%» d’ici 2025. Au global, la marque compte «22 à 25 000 ha» de légumes destinés à la transformation, a indiqué le président de D’aucy Serge Le Bartz. Elle s’appuie sur «1600 producteurs de légumes plein champ» dont 75% situés en Bretagne, les autres étant établis en Centre-Val-de-Loire et dans le Sud-Ouest, a précisé Nicolas Facon.

Fruits: Blédina investit 230 000€ pour équiper 15 arboriculteurs

La marque d’alimentation infantile Blédina (groupe Danone) va accompagner 15 producteurs de pommes et poires pour protéger leurs cultures des aléas climatiques, a annoncé le responsable des achats de Blédina France Pierre-Marie Brizou à Agra presse, le 1er mars. Lancé en janvier, le programme baptisé Poséidon sera déployé «jusqu’ à la fin d’année» sur 40 ha de cultures. L’idée a germé à la suite de l’épisode de gel de 2021, quand Blédina a décidé de «faire le tour» de ses partenaires arboriculteurs pour les aider à «être plus résilients» face au changement climatique. «Quinze producteurs sont venus nous voir avec différentes problématiques: certains pour mettre en place de l’aspersion [pour lutter contre le gel], d’autres pour installer des filets paragrêle ou encore pour mettre en place de l’irrigation en goutte à goutte», a détaillé Pierre-Marie Brizou. Blédina va consacrer «230 000 euros» à ce programme, assorti d’un volet conseil en stratégie d’adaptation aux risques, grâce au fonds d’agriculture régénératrice de Danone, a précisé M. Brizou.

Foncier agricole: fermiers et FNSafer pour une défiscalisation des bailleurs

La Section nationale des fermiers et métayers de la FNSEA (SNFM) et la fédération nationale des Safer (FNSafer) ont, chacune dans deux conférences de presse distinctes au Salon le 1er mars, préconisé une défiscalisation des propriétaires qui louent à des agriculteurs. Bertrand Lapalus, président de la SNFM, a annoncé qu’un axe primordial du congrès de son organisation, qui se tiendra les 9 et 10 mars à Saint Lô (Manche), sera la recherche de solutions pour encourager les propriétaires à mettre leurs terres à bail. «Il faudra trouver un moyen de légiférer pour que le bail soit plus attractif, en exonérant de l’impôt foncier ceux qui font l’effort de louer à des fermiers, notamment à des jeunes qui s’installent». Le même jour, lors d’un point presse de la FNSafer sur le challenge de la transmission des exploitations des nombreux retraités des cinq prochaines années, son président Emmanuel Hyest a estimé qu’un propriétaire qui loue à un agriculteur voulant s’installer «devrait être exempté». Une telle mesure «aurait un faible coût pour l’État et représenterait un avantage significatif pour le propriétaire», a-t-il commenté. La FNSafer a proposé cette mesure dans deux lois de finances, sans succès pour l’instant, mais elle compte remettre le couvert, a-t-il ajouté, tandis que la FNSEA prépare une nouvelle proposition en ce sens, a précisé Bertrand Lapalus.

Aides couplées végétales : des montants en baisse pour la campagne 2021 (JO)

Dans un arrêté paru au Journal officiel le 1er mars, le ministère de l’Agriculture dévoile le montant unitaire de certaines aides couplées végétales pour la campagne 2021. Le texte est marqué par des baisses : l'aide à la production de pommes de terre féculières est fixée à 78 euros (contre 80 euros sur 2020) ; celle pour le chanvre est à 91 euros (contre 96 euros) ; l’aide pour les cerises destinées à la transformation est à 561 euros (contre 595 euros) ; celle pour les pêches destinées à la transformation est fixée à 527 euros (contre 565 euros).