GNR : Lecornu annonce une revalorisation de l'aide à 15 ct par litre
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 21 avril le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs. Insistant sur sa volonté de ne pas mettre en place des «mesures générales indiscriminée, non financées, non finançables», Sébastien Lecornu a confirmé que les aides sectorielles pour les pêcheurs et agriculteurs seraient reconduites et renforcées en mai. Celle pour les agriculteurs sera multipliée «par quatre» pour atteindre 15 centimes d’euros par litre, a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la FNSEA a accueilli «positivement» cette annonce, et annonce qu'elle sera «vigilante à ce que les modalités d'application soient simples et rapides, afin que les agriculteurs en bénéficient sans délai». De même, les Jeunes agriculteurs ont salué l'annonce. Ils préviennent toutefois : « Si le conflit perdure et pour prévenir les prochaines crises, nous attendons maintenant de l'exécutif une vision de long terme sur l'avenir énergétique du secteur agricole. » Un dépôt pétrolier avait été bloqué près de Toulouse dans la nuit du 13 au 14 avril, puis dans la matinée, par quelques dizaines d’agriculteurs de la Coordination rurale (CR), qui protestaient contre la hausse du prix du gazole non routier (GNR), selon des sources concordantes.
NGT : les Etats membres valident le nouveau règlement
Le Conseil des ministres de l’UE a adopté, sans débat, le 21 avril, le règlement encadrant les végétaux obtenus au moyen de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT) et leurs produits ouvrant la voie à une adoption définitive de ce texte. Un compromis avec le Parlement européen avait été trouvé fin 2025 sur ce dossier. Le règlement distingue deux catégories de NGT: la première pour les plantes considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles et la seconde pour celles ayant subit des modifications plus importantes qui resteront soumises au cadre législatif sur les OGM. La question délicate des brevets resterait régie par la directive européenne sur les biotechnologies mais le règlement introduit de nouvelles mesures (base de données publique, plateforme volontaire de coopération entre semenciers). De plus, un groupe d'experts sera chargé de publier, l'année suivant l'entrée en vigueur du règlement, une étude sur l'impact du brevetage pour l'innovation, la disponibilité des semences et la compétitivité du secteur, et proposera des mesures de suivi si nécessaire. Mais, certains eurodéputés ne sont pas satisfaits de cet accord et voudraient le rouvrir partiellement sur cette question spécifique des brevets. Un vote en commission de l’Environnement est prévu lors de la réunion des 4 et 5 mai puis en plénière lors de la session du 18 au 21 mai à Strasbourg. Si le texte est validé en l’état, la plupart des dispositions s'appliqueront après une période de transition de 24 mois à partir de mi-2028.
Pesticides : Bruxelles insiste sur le renforcement des contrôles, les ONG demandent d'accélérer
«Les accords de libre-échange sont importants pour l'Europe, mais ils ne fonctionnent que si les règles sont pleinement respectées. Ce qui est interdit dans l'UE ne doit pas y être importé. C'est pourquoi nous renforçons les contrôles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'UE, afin de garantir le respect total de ces règles», a réaffirmé le commissaire européen à la Santé, Oliver Varhelyi, le 20 avril lors d’un déplacement en Espagne où il a visité le poste de contrôle des frontières d'Algésiras. La Commission européenne a fait de ce dossier une priorité. Elle a lancé une étude d’impact, dont les résultats sont attendus pour le mois de juin, afin d’évaluer les possibles conséquences vis-à-vis de l’OMC de la fixation à zéro des limites maximales de résidus (LMR) dans les importations pour les molécules interdites d’usage dans l’UE. Bruxelles pourrait proposer des modifications du cadre juridique mais les décisions en la matière devraient de toute façon rester du cas par cas. Pourtant, un nouvel avis juridique, commandé par les ONG PAN Europe, Foodwatch et l'Institut Veblen, publié le 20 avril, conclut que la Commission européenne a d’ores déjà le pouvoir d'interdire les résidus de pesticides prohibés «et qu'en s'abstenant de le faire, elle est susceptible de manquer à ses obligations légales au titre du droit de l'UE».
Résidus de pesticides : feu vert des Vingt-sept pour ramener à zéro les LMR de trois molécules
Les experts des États membres du comité permanent sur les résidus pesticides ont approuvé, le 21 avril à l’issue d’une procédure écrite, la proposition de la Commission européenne visant à abaisser les limites maximales de résidus (LMR) de trois pesticides interdits d'usage dans l'UE : le carbendazime, le bénomyl et le thiophanate-méthyl. Bruxelles avait présenté cette proposition au mois de janvier comme signe de bonne volonté face à la pression d’Etats membres, notamment la France, qui lui demandent d’imposer la réciprocité des normes aux importations. Le nouveau règlement abaissera les LMR actuelles au niveau technique de détection avec les technologies les plus récentes. Et une période de transition de six mois est prévue pour permettre aux opérateurs de s’y adapter. Le Parlement européen et le Conseil de l'UE disposent désormais de deux mois pour examiner la proposition. En l’absence d’objection de leur part d’ici au 21 juin, la Commission européenne adoptera le règlement en juillet. En parallèle Bruxelles évalue la possibilité de généraliser l'abaissement à zéro des LMR pour toutes les molécules interdites d’usage dans l’UE.
Engrais : la production indienne en fort recul à cause de la guerre au Moyen-Orient
L’Inde a vu sa production d’engrais chuter de près d’un quart en mars, victime des difficultés d’approvisionnement en énergie et en matières premières causées par la guerre au Moyen-Orient, selon des statistiques publiées le 21 avril. Le pays le plus peuplé de la planète - près d’un milliard et demi d’habitants - importe une large part de ses besoins en hydrocarbures, notamment de la région du Golfe, servant à la production de matières fertilisantes. Et pour la première fois depuis plusieurs mois, la production d’engrais a reculé de 24,6% en mars par rapport au même mois de l’année précédente, a annoncé le ministère indien du Commerce. Elle avait progressé de 3,4% en février, de 3,7% en janvier et de 4,1% en décembre 2025, a-t-il précisé. Le ministère indien du Pétrole répète que le pays dispose «de stocks suffisants d’engrais» et qu’il varie ses sources d’approvisionnement pour maintenir ses réserves. En Inde, la demande d’engrais atteint son plus haut niveau de l’année en juin et en juillet, avant le début de la mousson estivale, puis en octobre et en novembre au moment des semailles des plantations d’hiver. Pour éviter toute tension sur leurs prix, le gouvernement a augmenté plus tôt ce mois-ci ses subventions aux agriculteurs de 11% par rapport à l’an dernier.
Engrais: l'AFD a accordé un prêt à OCP malgré des alertes internes (presse)
L’Agence française de développement (AFD) a accordé un prêt de 350 millions d’euros au groupe industriel marocain OCP, géant des phosphates servant à la production d’engrais, malgré des alertes internes sur des risques environnementaux, a indiqué Mediapart le 21 avril. Le prêt, qui a fait l’objet d’une convention signée le 9 mai 2025 et dont 200 millions ont déjà été versés, vise notamment à décarboner la consommation d’électricité du groupe OCP et à développer un filière d’«hydrogène vert», selon des informations publiées par l’AFD. L’ex-Office chérifien des phosphates est une société publique détenant le monopole de l’exploitation du phosphate au Maroc, base de la production d’engrais minéraux phosphatés, une source de contamination de l’environnement au cadmium. Mediapart indique que le prêt accordé à l’OCP avait fait l’objet d’un avis «réservé» de la commission développement durable de l’AFD, présenté lors d’un conseil d’administration de décembre 2024 où il était à l’ordre du jour. D’après le site d’informations et d’investigation, cet avis soulignait entre autres le risque d’un «impact négatif» sur les plans environnemental et social.
Engrais/cadmium : une PPL écolo veut une trajectoire de baisse plus ambitieuse
Le député écologiste Benoît Biteau (Charente-Maritime) a déposé, le 14 avril, une proposition de loi (PPL) visant à «réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation». Le projet de texte a pour but de «faire respecter les recommandations de l’Anses» sur les teneurs maximales en cadmium dans les fertilisants. Il est cosigné par une centaine de députés de la gauche et du centre, y compris l’ancienne ministre déléguée à l’Agriculture, Agnès Pannier-Runacher. Constituée d’un article unique, la PPL propose d’abaisser les «valeurs limites» de teneur en cadmium dans les engrais organo-minéraux phosphatés à 40mg par kilo d’anhydride phosphorique (P2O5) à partir du 1er janvier 2027, et à 20mg/kilo de P2O5 à partir du 1er janvier 2030. Un pas de temps considérablement plus rapide que celui envisagé par le gouvernement. Pour rappel, le 25 mars, la ministre de l’Agriculture disait vouloir abaisser la valeur limite nationale de 90 à 60mg (soit le niveau européen) en 2027, puis à 40mg en 2030 et à 20mg d’ici 2038. Dans son avis présenté la veille, l’Anses appelait à appliquer «dès que possible» des valeurs limites afin de respecter «une teneur maximale de 20mg de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P205) dans les engrais minéraux phosphatés».
UE/Israël: Berlin et Rome ne sont pas favorables à la suspension de l’accord d’association
En réponse à l’appel du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 19 avril, invitant l'UE à «rompre» l’accord d’association avec Israël, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a confirmé, le 21 avril, le refus de son pays de suspendre ce texte. «Nous considérons cela comme inapproprié», a-t-il ainsi affirmé en amont de la réunion du Conseil Affaires étrangères à Luxembourg où le sujet figurait à l’ordre du jour. Un sentiment partagé par l’Italie. «Je ne crois pas que le blocage d’un accord commercial soit un outil utile, car cela revient à frapper l’ensemble de la population israélienne», a déclaré de son côté, le chef de la diplomatie transalpine, Antonio Tajani. L’unanimité des Vingt-sept étant requise pour parvenir à cette suspension, les positions allemande et italienne empêchent donc l’interruption effective du texte en vigueur depuis 2000. Toutefois, la Commission européenne a proposé, en septembre 2025, de suspendre uniquement le volet commercial de cet accord, une possibilité qui peut être décidée à la majorité qualifiée (55% Etats membres représentant 65% de la population de l’UE) sans toutefois parvenir, pour l’heure, à la trouver.
Budget 2026: la coupe de 6Mrd€ confirmée, pas de détail pour l'agriculture
Le gouvernement a annoncé mardi que six milliards d’euros d’économies sur les dépenses pourraient être réalisées en 2026 pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient. Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a indiqué que l’effort pèserait pour quatre milliards d’euros sur l’Etat, et deux milliards d’euros dans «la sphère sociale». Cela pourra prendre la forme de gels de crédits ou d’«annulations ciblées», mais le détail de ces décisions n’est pas arbitré, a-t-il dit. Un «point d’étape» sur les mesures envisagées sera fait «avant le prochain comité d’alerte», qui aura lieu en juin, a précisé Bercy. Cette annonce est «transversale et concerne tous les ministères, précisait-on, la veille, au cabinet de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Son équipe confirmait que le portefeuille agricole «sera concerné au même titre au les autres ministères.» Selon l'AFP, la clé de répartition pourrait mettre certains ministères moins à contribution, comme la Défense. L'annonce intervient alors que Bercy lorgne déjà depuis plusieurs semaines sur les reliquats d'aide à la conversion en bio. Et que le ministère de l'Agriculture cherche des financements pour les Contrats d'avenir.
Œuf : le géant brésilien Global Eggs rachète l'américain Pearl Valley Farms
Dans un communiqué du 16 avril, la multinationale brésilienne de l’œuf Global Eggs, dont le siège est au Luxembourg, annonce l’acquisition de Pearl Valley Farms dans l’Illinois (Etats-Unis), connu dans le segment de l’œuf bio ou « premium ». Tout en se diversifiant, Global Eggs poursuit ainsi son expansion mondiale. Un article paru le même jour sur le média en ligne WattPoultry met en perspective de cette acquisition l’internationalisation des grands industriels brésiliens de l’œuf que sont Granja Faria, dont émane Global Eggs, et Granja Mantequeira (joint-venture avec JBS). Il y est rappelé que Global Eggs a acquis en 2025 Hillandale Farms aux Etats-Unis, et les Espagnols Hevo Group et El Granjero, puis un producteur uruguayen. De son côté Granja Mantequeira a acquis, également l’an dernier, l’Américain Hickman’sEgg Ranch, affaibli par l’influenza aviaire. Global Eggs affiche des cheptels de 20 millions d’oiseaux (reproducteurs et de production) au Brésil et de plus d’environ 22 millions de poules pondeuses aux Etats-Unis, en comptant les quelque 2 millions de Pearl Valley. Dans ce pays, Global Eggs est en train de dépasser Cal-Maine dans la course au leadership mondial, selon l’article.
Œufs : action antitrust aux Etats-Unis, Cal-Maine, et Versora visés (presse)
Aux Etats-Unis le département de la justice prépare une action antitrust à l’encontre d’acteurs majeurs de la filière œufs soupçonnés de s’être entendus sur les prix, a informé le Wall Street Journal le 17 avril. Cette affaire, qui implique notamment le leader, Cal-Maine, et Versora, fait suite à une vague de recours collectifs de consommateurs pendant la phase de forte inflation consécutive à l’hécatombe de poules pondeuses causée par l’influenza aviaire. Si les prix des œufs avaient reculé en janvier 2026 lorsque l'administration Trump a levé certains droits de douane, ils ont à nouveau bondi en février. L'an dernier, Cal-Maine avait déclaré coopérer avec les enquêteurs tout en avertissant que la portée, la durée et l'issue de l'enquête seraient incertaines. La plainte allègue que les producteurs d'œufs se sont coordonnés en utilisant un service d'analyse comparative des prix du secteur. Selon le département de la justice, les acteurs pourraient conclure un accord afin d’éviter un litige.
Porc : arrivée des premiers containers français d’abats blancs en Chine
Sur le réseau social Linked’In le 21 avril, la directrice d’Inaporc, Anne Richard salue au nom de l’interprofession porcine « l’arrivée des premiers containers d’abats blancs en Chine ». En effet, rappelle-t-elle, cinq entreprises françaises ont eu l’agrément chinois pour les estomacs et intestins. « La France est le premier pays à obtenir cet agrément pour les intestins de porc », vante-t-elle, en remerciant la DGAL (ministère de l'Agriculture), FranceAgrimer et l’ambassade de France en Chine pour leur concours. Pour célébrer cette réussite, une soirée a été organisée réunissant « tous les acteurs du port de Tianjin, l’un des ports principaux pour le dédouanement du porc congelé », rapporte-t-elle. En 2025, malgré les taxes chinoises sur le porc, la France a exporté 105 000 tonnes vers ce pays, qui est la première destination des abats porcins produits en France, constate Inaporc, qui table sur une augmentation de 10% des tonnages grâce aux abats blancs. Il aura fallu deux ans de travaux franco diplomatiques et sanitaires pour parvenir à cette ouverture chinoise aux estomacs et intestins de porcs.
Melon : l’association interprofessionnelle s’ouvre à la production de pastèque
À l’occasion de son assemblée générale fin mars, l’Association interprofessionnelle du melon (AIM) a annoncé l’arrivée de la pastèque dans son périmètre. « Nous nous intéressions depuis quelques années à la pastèque », reconnaît Myriam Martineau, présidente de l’AIM à Agra Presse, « comme le melon, c’est un cucurbitacée météo-sensible estival. La pastèque, dont la consommation est différente de celle du melon, a le vent en poupe, surtout auprès des jeunes consommateurs ». Une étude d’Interfel menée cet été devrait préciser les contours de ce marché, considéré comme complémentaire à celui du melon. L’Association interprofessionnelle du melon et de la pastèque (AIMP, nouveau nom) va dans un premier temps s’attacher à recenser les producteurs et à définir une grille des calibres. La France est un petit producteur de pastèque avec une production allant de 12 000 tonnes à 15 000 tonnes annuelles, sur environ 400 hectares. Elle est essentiellement produite dans le Sud-Est (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse), selon le CTIFL. Cependant, depuis quelques années, la production remonte un peu au nord (Pays de la Loire). L'Union Européenne produit 2,8 millions de tonnes de pastèques, dont 88% proviennent d'Espagne, de Grèce et d'Italie.
Tomate d’industrie : en Italie, des exportations plombées par les taxes américaines (syndicat)
À l'occasion de la troisième édition de la Journée nationale du « Made in Italy » le 15 avril, l’ Anicav (association italienne des industries de conserves de légumes) a dressé le bilan des exportations de tomates transformées, rapporte le site Tomato News. En 2025, les exportations de tous les produits dérivés ont enregistré une baisse en volume et, surtout, en valeur, chutant respectivement de 2 % et d'environ 8 % par rapport à 2024. Cela représente plus de 2,2 millions de tonnes de conserves, pour une valeur totale de 2,8 milliards d'euros. La majorité des exportations (plus de 64 %) est composée de tomates pelées et de pulpe qui ont été les plus durement touchés par les droits de douane américains (baisse de 7,1 % en valeur). « Pour la première fois en plus de dix ans, nous constatons une baisse de nos exportations, tant en valeur qu'en volume, s’expliquant par le contexte géopolitique international, marqué par de nombreux conflits, et par les politiques protectionnistes de certains pays, notamment les États-Unis », a commenté Marco Serafini, président d’Anicav. L’Europe demeure le principal marché, représentant plus de 60 % de la valeur des exportations, avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France en tête. Les États-Unis constituent le premier marché d’exportation hors Europe, avec une part de 7,5 %, suivis par le Japon.
Tomate : une saison 2025 contrastée pour la coopérative bretonne Solarenn
A l’occasion d’un point presse le 21 avril, la coopérative bretonne Solarenn a indiqué avoir commercialisé près de 22 000 tonnes de tomates pour un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros en 2025 (contre 53 M€ en 2024). A cela s’ajoutent 150 tonnes de fraises, 25 000 mini pastèques et 5 tonnes de courgettes (légume lancée en 2025). Une performance assurée malgré une saison marquée par une forte pression sanitaire avec plusieurs ravageurs et la présence du virus ToBRFV, entamant les rendements. « Sur une même saison, nous avons eu la chance d’avoir un marché au beau fixe pour notre gamme « gourmande » une bonne partie de la saison, un marché plutôt morose pour la gamme des tomates cerise avec quelques timides éclaircies durant l’été, et un marché moyen pour la gamme classique », résume Ronan Collet, président de Solarenn. La coopérative a multiplié les promotions face à la concurrence accrue, du Maroc entre autres, notamment sur les tomates cerises. Elle a aussi participé à l’opération « Tomates Souveraines » pour soutenir la production nationale : elle a commercialisé 800 000 barquettes de 250 grammes floquées en tricolore. «Les volumes vendus n’ont pas toujours atteint les objectifs. C’était une première, il faut donc rester patient », indique Ronan Collet.
Céréales: forte progression prévue de la production marocaine grâce aux pluies hivernale
La production de céréales au Maroc devrait plus que doubler pour la campagne agricole 2025-2026 avec près de 90 millions de quintaux attendus, grâce aux importantes pluies de l’hiver, a annoncé le 21 avril le ministre de l’Agriculture. Le Maroc est sorti en 2026 de sept années consécutives de sécheresse grâce à des précipitations hivernales exceptionnelles. «La production céréalière devrait ainsi atteindre près de 90 millions de quintaux» pour la campagne agricole 2025-2026, contre 44 millions de quintaux lors de la campagne précédente, a précisé le ministre, Ahmed El Bouari, en marge du Salon international de l’agriculture à Meknès. L’agriculture avait été gravement affectée par le stress hydrique aigu des dernières années. Ce secteur clé du royaume représente environ 12% du PIB et emploie un tiers de la population active. Malgré la flambée mondiale des prix de l’énergie du fait du conflit au Moyen-Orient, la croissance dans le royaume devrait atteindre 5% au premier trimestre 2026, après 4,1% au quatrième trimestre 2025, stimulée notamment par les activités agricoles, selon un récent rapport du Haut-Commissariat au Plan. «La superficie emblavée en céréales a atteint environ 3,9 millions d’hectares» contre 2,6 millions durant la campagne 2024-2025, a précisé M. Bouari, cité par l’agence officielle MAP.
Alimentation animale : l’Inrae et Vegepolys Valley vont plancher sur les graminées estivales
Dans un communiqué commun du 21 avril, l’Inrae et Vegepolys Valley, pôle de compétitivité dédié au végétal, ont annoncé le lancement d’un projet de recherche centré sur les graminées estivales destinées à l’alimentation des ruminants, intitulé Gram’In’Eté. Plus en détail, il « vise à développer les connaissances des graminées fourragères estivales et leurs usages agronomiques sur deux volets : l’ensilage (sorgho monocoupe en remplacement du maïs ensilage) et le pâturage sur période estivale (teff gras, millet, moha, sorgho multicoupe) », indique le communiqué. Doté d’un budget de 757 000 € et soutenu par FranceAgriMer, il se déroulera sur 6 régions, via 11 sites expérimentaux, et mobilisera 14 partenaires, incluant Arvalis ou encore l’Idele. Parmi les 757 000 €, 499 749 € sont attribués dans le cadre du Fonds Casdar du ministère de l’Agriculture. Le projet se déroulera en deux phases. La première, étalée sur 2026 et 2027, correspondra à la phase expérimentale. La seconde, allant de 2028 à 2029, se dédiera « à la synthèse des résultats et à la diffusion des recommandations aux acteurs de la filière agricole ».
Semences forestières : feu vert des Etats membres à la mise à jour de la réglementation
Le Conseil de l’UE a adopté, le 21 avril, le compromis trouvé début décembre avec le Parlement européen, sur la mise à jour du règlement encadrant le matériel forestier de reproduction (MFR). Ce texte doit permettre de renforcer la traçabilité dans l’UE des semences forestières. Les États membres devront inscrire, dans des registres nationaux, le matériel de base approuvé sur leur territoire, tandis que la Commission européenne publiera une liste européenne assurant une traçabilité complète. Ils pourront également, sur une base volontaire, établir des plans nationaux d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement en MFR. Ce nouveau règlement doit encore être formellement adopté par le Parlement européen. Puis « son délai d'application a été fixé à cinq ans, afin de permettre l'adaptation nécessaire de plus de 25 ans de pratiques nationales établies et la mise en œuvre du nouveau système de contrôle », souligne le Conseil de l’UE.