Négociations commerciales: seulement 30% de contrats signés en marques nationales à J-5 de l'échéance
Une semaine avant la fin des négociations commerciales annuelles le 1er mars, le taux de signature des contrats entre industriels et distributeurs est de 30% pour les marques nationales et 75% pour les PME, informe le ministère de l’Agriculture à l’issue du quatrième comité de suivi des négociations, le 23 février. Le taux de signature moyen est inférieur à la normale (-20 points par rapport à 2021). Quant aux coopératives, les deux tiers ont finalisé leurs contrats ou sont dans «une avancée favorable», déclare la Coopération agricole. Le dernier tiers est «dans une zone à risque» et craint de ne pas signer ses contrats avant la date butoir. Les blocages concernent particulièrement certains produits comme les œufs, la volaille, la charcuterie ou les légumes en conserve. «La situation est encore plus tendue sur le non alimentaire», relève le cabinet du ministre. «Ceux qui reprochent à la loi Egalim 2 de créer de la complexité et d’empêcher les signatures ont tout faux, conclut l'entourage du ministre. Les tensions sont plus liées à l’inflation des coûts de production agricoles et industriels.» Le gouvernement rappelle sa détermination à faire appliquer la loi et cible plusieurs «comportements inadmissibles» de la part d’industriels «qui refusent toute transparence» ou de distributeurs «qui remettent en cause le prix de la matière première agricole, même certifié».
Egalim: l’Adepale réclame une non-négociabilité de tous les coûts de production
L’Adepale (entreprises alimentaires), face à un «tsunami inflationniste», a réclamé le 23 février une loi Egalim 3 pour «aller vers la non-négociabilité de la totalité des coûts de production». Il s’agit, sur le modèle des matières premières agricoles dans Egalim 2, d’«instaurer l’extension de la clause de révision automatique aux autres coûts de production (énergie, emballage, transports…)», a déclaré le président Jérôme Foucault, en présentant 16 propositions pour «renforcer la souveraineté alimentaire et industrielle» à l’horizon 2030. Selon le baromètre Adepale, en décembre 2021, 86% des entreprises connaissaient des difficultés d’approvisionnement, avec une hausse de coûts sur tous les postes, notamment les emballages cartons, plastiques et métalliques. «La plus grosse crainte du chef d’entreprise, c’est une potentielle rupture en linéaires dans les prochains mois», a alerté le vice-président Thierry Goubault, évoquant une «situation jamais connue» en 25 ans de métier, avec des hausses de prix «tous les quinze jours» pour les emballages. «Si un industriel n’a pas d’emballage, il arrête de produire pendant une semaine, ça risque d’arriver», et dans ce cas «il n’achète pas de produit agricole», prévient M. Goubault, également président du fabricant de desserts aux fruits Charles & Alice.
Egalim 1: les députés de la Coméco veulent évaluer le ruissellement lié au SRP
Présentant le rapport d'évaluation de la loi Egalim 1 en commission des Affaires économiques, le 23 février, le député Jean-Baptiste Moreau (LREM, Creuse) a appelé à créer des «outils statistiques» pour évaluer «la mise en œuvre du SRP (seuil de revente à perte, NDLR) et le partage des revenus générés». Une des mesures phares de la loi Egalim 1, promulguée le 30 octobre 2018, est le relèvement à 10% du SRP. «Nos auditions ont montré de grandes interrogations sur ce point: où est passée la valeur libérée par le [relèvement du] SRP? Une chose est sûre, elle n'est pas redescendue chez le producteur», a lancé M. Moreau. Alors que le texte a introduit une part minimale de 50% de produits sous signe de qualité et durables en restauration collective, «nos auditions nous amènent à réfléchir sur le financement» de cette mesure, a souligné Grégory Besson-Moreau (LREM, Aube). Co-rapporteur de l'évaluation, il a salué «une bonne loi qui nécessitait un léger réajustement, ce qui a été fait avec Egalim 2». «Nous avons encore à progresser sur la maîtrise des volumes, la formation et l'accompagnement au regroupement de l'offre», a relativisé son co-rapporteur Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle), estimant que «tous les instruments de la Pac n'ont pas été mobilisés» dans ce sens.
Présidentielle: l'import/export au cœur des propositions de l'interprofession Inaporc
Dans un communiqué du 23 février, l'interprofession porcine Inaporc propose aux candidats à l'élection présidentielle «neuf mesures indispensables à la sauvegarde [de la] filière». Ces mesures «permettront de répondre à la demande du marché national et de continuer à exporter les produits porcins non consommés en France». En écho à une récente demande de la Fict (charcutiers industriels), Inaporc souhaite «renforcer les équipes export de l’État», tout en rappelant que «l’export concerne 30% de la production française et valorise des pièces de découpe non consommées en France (pieds, oreilles...)». La filière porcine insiste aussi sur le dossier de la peste porcine africaine (PPA): outre la lutte contre la maladie, elle enjoint les candidats à «obtenir des accords de zonage» avec «les pays tiers et notamment les pays d’Asie». Un premier protocole a récemment été signé avec la Chine, qui permet la poursuite des exportations en provenance des zones indemnes de PPA. Enfin, pour freiner les importations, Inaporc veut que seuls les produits «dont la matière première principale est d’origine française» puissent «évoquer la France» sur leurs emballages (usage du drapeau notamment). Une disposition prévue par la loi Egalim 2 du 18 octobre 2021 (article 12), mais dont le décret d'application n'est pas paru.
Cyclones à La Réunion: le gouvernement annonce des aides pour les agriculteurs
Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a annoncé le 23 février un ensemble de mesures pour aider les agriculteurs de l'île de La Réunion dont les exploitations ont été touchées en février par deux épisodes cycloniques intenses, Batsirai et Emnati. «Je viens de valider le déclenchement du FSOM, le Fonds de secours outre-mer, pour vingt communes à La Réunion. Les autres communes vont être étudiées prochainement, ce qui va nous permettre de déclencher (…) l'ensemble des procédures de calamités agricoles dès le mois de mars, dans un délai donc particulièrement réduit», a déclaré le ministre, en réponse à une question du sénateur réunionnais Jean-Louis Lagourgue (indépendant). Le ministre a indiqué que les délais d'instruction seront réduits à cinq mois (contre un an), soit «le maximum de ce que les services de l'État savent faire, en lien avec la chambre d'agriculture». Les organismes collecteurs seront appelés à «faire preuve de bienveillance sur les différentes échéances pour les cotisations sociales ou un certain nombre de rendez-vous fiscaux», a ajouté M. Lecornu. Le gouvernement va aussi «maintenir les prêts garantis par l'État pour les agriculteurs de La Réunion». La chambre d'agriculture de La Réunion a estimé à 47 M€ les dégâts infligés aux exploitations agricoles par le cyclone Batsirai, le 3 et le 4 février.
Transition écologique: Terra Nova réclame un cadre législatif
Loi de transition écologique, réorientation des soutiens publics, obligation de 70% de produits «origine France» en magasins: le think tank Terra Nova a publié le 23 février un projet pour l’agriculture alliant souveraineté alimentaire et transition écologique. Un des chantiers prioritaires «à l’horizon 2030 ou 2040» concerne l’accompagnement de la transition, selon la note. «Il s’agit d’assurer aux agriculteurs des débouchés stables et rémunérateurs, de pousser les distributeurs à proposer une majorité de produits «origine France», d’imposer un affichage environnemental sur les produits alimentaires, de favoriser des régimes moins carnés et d’aider les ménages les plus modestes à accéder à des produits de qualité», explique Terra Nova. Le think tank classé à gauche préconise des Assises de l’agriculture, avant une loi de de transition écologique. Également parmi ses vingt propositions, il y a celle de «négocier avec les distributeurs un engagement à proposer au moins 70% de produits "origine France" sur les produits agricoles non transformés d’ici 2027». Par ailleurs, Terra Nova appelle à généraliser l’application des clauses miroirs dans les règlements sectoriels de l’UE.
Céréales: Sénalia compense la faible moisson par ses activités agro-industrielles
Sénalia, qui exploite des terminaux portuaires à Rouen, a publié le 23 février un exercice 2020-21 montrant une «bonne performance de l'agro-industrie, [laquelle] a permis de compenser la mauvaise année d’exportation de céréales». Sur les 6 Mt manutentionnées, 3,049 Mt sont des chargements de céréales (-42%), affectés par une faible récolte en 2020. L’autre moitié, 2,956 Mt, vient des métiers de l’agro-industrie, en croissance de 4% «grâce aux nouvelles prestations développées pour les clients industriels». Le groupe dégage au total un chiffre d’affaires de 32,9 M€ (-7%). Concernant l’export de céréales, la Chine (41% des volumes) devient la première destination avec 20% du flux de blé tendre, 95% en orge fourragère et 61% en orge de brasserie. Elle passe devant l’Algérie, à 12% des volumes (contre 31% la campagne précédente) et le Maroc, à 18% (contre 25%). L’activité dans l’agro-industrie est tirée par la trituration de colza (1,909 Mt en 2020-2021, contre 1,781 Mt en 2019-20). Sénalia met en avant les plus de 40 M€ investis sur huit ans dans la modernisation des équipements pour l’export de céréales, le développement des services pour l’agro-industrie. Et de vanter sa qualité de prestations: «On peut ségréguer plus de huit classes de qualité différentes en simultané», souligne le d.g. Gilles Kindelberger.
Sans pesticides: le label Zéro résidu continue sa croissance et lorgne sur le vrac
Les produits labellisés Zéro résidu de pesticides affichent une hausse de 9% du chiffre d'affaires, à 53 millions d’euros (M€) en 2021, a indiqué le collectif Nouveaux champs, porteur de la démarche, en conférence de presse le 23 février. Cela correspond à 25 000 t de volumes produits, et à 33 millions d’UVC (unités de vente consommateur). Porté essentiellement par la tomate à ses débuts (85% de l’offre sous label en 2018), cette dernière ne constitue plus que «48% des volumes globaux» avec à la «progression» des autres produits, a étayé le président du collectif Gilles Bertrandias. Le label est désormais présent dans six univers: fruits et légumes frais, fruits et légumes surgelés, fruits secs, boissons, produits d’épicerie et vins. «Les premiers vins Zéro résidu ont fait leur apparition assez largement dans la distribution en 2021 et cela va continuer», a ajouté Gilles Bertrandias. Le collectif prévoit de passer «d’une douzaine» de références de vins actuellement à «une vingtaine» en 2022. Par ailleurs, il travaille à «l’émergence d’une offre en vrac», y compris pour des fruits tels que la pomme et l’abricot – actuellement commercialisés en barquettes à petite échelle.
Lin: ouverture en Normandie d'une des seules filatures en France
Une filature de lin vient de démarrer à Saint-Martin-du-Tilleul (Eure), nouvelle étape dans le début de relocalisation de la filière en France, a appris l’AFP le 23 février auprès de son propriétaire, le groupe NatUp. Il s'agit de la deuxième filature de lin à ouvrir en France, après celle lancée à Hirsingue (Haut-Rhin) par le groupe Velcorex-Emmanuel Lang en 2020, a précisé le groupe agro-industriel normand. Les dernières filatures de lin françaises avaient été délocalisées au début des années 2000. «Depuis vendredi (18 février, NDLR), il y a du fil qui sort tous les jours» à Saint-Martin-du-Tilleul, a précisé à l'AFP Karim Behlouli, d.g. de NatUp Fibres. Près de 4,4 M€ ont été investis, avec 25% de subventions, de l'État et la Région et 25% d'avancement de ces financeurs. Le premier vêtement en fil normand de lin devrait voir le jour dans les prochaines semaines, assure M. Behlouli. L'objectif est de produire 250 tonnes de fil par an, l'équivalent de 1,25 million de chemises ou 750 000 pantalons de yoga. NatUp vise le tissage et la confection française pour des vêtements 100% made in France. La France est le premier producteur de lin au monde. Mais 80% de la production part en Chine et 20% dans l'est de l'Europe.
Gel 2021: M. Denormandie précise les dernières échéances, dont 63 M€ pour les assurés
Dans une communication sur le plan gel présentée en Conseil des ministres le 23 février, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a indiqué que «63 millions d’euros» seront débloqués «à partir du mois de mars» pour «compléter» les indemnités perçues par les agriculteurs assurés. Et ce dans le cadre du «dispositif ad hoc de soutien» élaboré pour que les assurés «restent mieux indemnisés que les non-assurés», a rappelé le ministre. Concernant les aides exceptionnellement versées aux viticulteurs au titre des calamités agricoles, Julien Denormandie a précisé que ceux «ayant déposé leur déclaration de récolte en décembre recevront les premières indemnisations début mars 2022». Enfin, il a annoncé que le dispositif de soutien à l’aval «sera ouvert à l’été 2022, une fois les comptes des entreprises clôturés». Dans ce cadre, des avances sont d’ores et déjà accessibles aux entreprises.
Méthane: les Vingt-sept approuvent un premier additif pour les vaches laitières
Les experts des États membres ont donné, le 23 février, leur feu vert à l’autorisation dans l’UE de l’additif alimentaire 3-nitrooxypropanol (3-NOP) commercialisé sous le nom de Bovaer, qui permet de réduire les émissions de méthane des ruminants. Selon l’évaluation menée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ce produit permet de diminuer les émissions de méthane des vaches laitières de 20 à 35%, sans affecter la production, sans danger pour les vaches et les consommateurs, et sans impact sur la qualité des produits laitiers. La Commission européenne devrait définitivement autoriser dans les mois à venir la commercialisation de ce produit qui deviendra le premier du genre disponible sur le marché de l’UE.
Semences: HM. Clause nomme Eugenia Rigaud au poste de d.g.
Eugenia Rigaud a été nommée le 1er janvier directrice générale de HM. Clause, spécialiste des semences potagères pour professionnels, annonce la filiale (359 M€ de chiffre d’affaires) du groupe Limagrain. Elle succède à Rémi Bastien, qui a récemment pris les fonctions de directeur général de l’entité Limagrain Vegetable Seeds, selon un communiqué. Entrée dans le groupe semencier en 2020 comme d.g. de Vilmorin Jardin, Eugenia Rigaud a précédemment occupé le poste de vice-présidente Europe de SBM Life Science, spécialiste de la protection des plantes. Sa carrière l’a aussi menée chez Bayer, dans des fonctions marketing avant de prendre la direction France pour les activités jardin, espaces verts, hygiène publique et rurale.