Agrafil du 25 mai 2022

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Pac: l’Allemagne demande à reporter à 2024 l’obligation de rotation des cultures

Le ministre allemand de l'Agriculture Cem Özdemir a demandé le 24 mai lors de la réunion du Conseil Agriculture à Bruxelles à la Commission européenne de reporter d'une année les obligations de la nouvelle Pac, censées entrer en vigueur en janvier 2023, en matière de rotation des cultures afin de permettre à agriculteurs de produire plus de blé dans le contexte actuelle de guerre en Ukraine. «Nous avons à gérer une situation exceptionnelle, et je pense que cela nous aidera que nos agriculteurs puissent faire pousser du blé à nouveau, afin de soulager le marché», a-t-il indiqué. Une proposition soutenue par quelques délégations (l’Autriche notamment) et à laquelle le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a répondu qu’il réfléchirait. «Nous n’avons pas pris de décision à ce stade mais nous y réfléchissons afin de cultiver plus de blé l’année prochaine», a-t-il précisé. La Commission européenne a déjà présenté fin mars un ensemble de mesures pour répondre aux questions de sécurité alimentaire qui permet notamment aux États membres de déroger aux obligations liées aux jachères en 2022.

Pesticides: nouvelle campagne d'ONG pour accélérer la substitution des molécules les plus dangereuses

Pesticide Action Network (PAN Europe qui regroupe des associations européennes dont Générations Futures) a lancé le 24 mai une campagne appelant les États membres de l’UE à «immédiatement interdire les douze pesticides candidats à la substitution les plus toxiques» (dont la cyperméthrine ou le tébuconazole). Dans le cadre du règlement de 2009 sur la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, l’UE avait identifié 55 molécules préoccupantes candidates à la substitution. Mais selon une étude menée par l’ONG, alors qu’en 2011, «18% des fruits étaient contaminés par ces pesticides candidats à la substitution, ce chiffre est passé à 29% en 2019». PAN Europe demande donc à la Commission européenne de veiller à ce que les lignes directrices en matière de substitution fassent l'objet d'une révision indépendante d'ici à la fin de l'année 2022, afin de favoriser les alternatives non chimiques. Bruxelles doit présenter le 22 juin ses propositions pour la révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides qui est censée mettre en application l’objectif de réduction de 50% des usages et des risques liés aux pesticides d’ici 2030 prévu dans le cadre de la stratégie De la ferme à la table.

Sécheresse : baisse des rendements en grandes cultures dans l’UE, notamment en France

Le service de prévisions Mars de la Commission européenne a révisé le 23 mai les rendements des cultures d’hiver à la baisse dans l’UE. «Un fort déficit pluviométrique est observé dans de majeures parties de la France, des pays du Benelux, du Royaume-Uni, du Danemark, de l'Allemagne, de la Pologne, de la Slovénie, de la Croatie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Grèce, de la Turquie et de l'Ukraine, selon un rapport. L'épuisement progressif des réserves d'humidité du sol qui en résulte a des effets négatifs sur les cultures d'hiver. » Sont particulièrement touchées les régions ayant connu des températures élevées, «notamment le centre de la France, le nord de la Bulgarie, le sud et l'est de la Roumanie et l'ouest de l'Ukraine». En Espagne, les zones centrales subissent des températures excessives, affectant les céréales d’hiver et l’orge de printemps. Le rapport du service Mars abaisse ses prévisions de rendements européens, qui restent supérieurs à la moyenne quinquennale. Concernant la France, les régions Poitou-Charentes et Centre-Val de Loire sont les plus affectées. Les rendements nationaux sont annoncés inférieurs à la moyenne sur cinq ans en blé tendre à 7,07 t/ha (-2,6 %), en orge d’hiver à 6,38 t/ha (-1,4 %).

Foncier rural: échanges en «nette reprise» en 2021, prix en baisse (FNSafer)

Après avoir connu une forte contraction en 2020 (-3,7% en surfaces), les marchés fonciers ruraux sont «en nette reprise en 2021 en nombre de transactions, en surface et en valeur, dans un contexte de reprise économique généralisée», constate la fédération des Safer (FNSafer) dans son étude annuelle, présentée le 24 mai. Ce dynamisme s’est traduit par une hausse de 33,5% des ventes en valeur, tous marchés confondus. Le marché des terres et prés représente plus de 60% des surfaces échangées : 467 800 d’hectares (+15,1%/2020) ont été vendus au cours de 103 500 transactions (+19,2%) pour une valeur totale de 6,8 Md€ (+23,5%). «Les départs à la retraite des exploitants semblent se matérialiser sur ce marché avec une intensité croissante sur les cinq dernières années», souligne la FNSafer. Dans un contexte de forte augmentation des surfaces mises en vente, les prix des terres et des prés libres non bâtis sont en légère baisse : -2,3% par rapport à 2020, soit 5 940€/ha. Dans le secteur viticole, le nombre de domaines mis en vente atteint «un niveau inédit en 30 ans». Ce marché, le plus affecté par la crise Covid, connaît un «rattrapage» dans quasiment tous les bassins viticoles. Le prix moyen des vignes AOP est en recul de 1,7%, tiré par la baisse des prix des vignes champenoises (-5,6%).

Influenza aviaire: les Vingt-sept demandent une stratégie vaccinale européenne

Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont adopté le 24 mai, à l’occasion de leur réunion à Bruxelles, des conclusions sur l’influenza aviaire hautement pathogène appelant l’UE à développer une approche stratégique pour le développement de la vaccination comme outil complémentaire de prévention et de contrôle contre l’épizootie. Mais comme l’ont rappelé de nombreux ministres, l’UE devra aussi veiller à éviter toute perturbation des échanges commerciaux de volailles avec les pays tiers en engageant un dialogue au sein de l’organisation mondiale de la santé animale (OIE). La République tchèque qui prendra la présidence du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet s’est engagée à inscrire le sujet parmi ses priorités. La Commission européenne doit, elle, adopter au cours du second semestre des règles spécifiques pour la vaccination contre la grippe aviaire et elle s’apprête à mandater l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour travailler sur les connaissances scientifiques en la matière et combler les lacunes. «Une fois que des vaccins adaptés seront disponibles et que des règles spécifiques permettant leur utilisation auront été adoptées, nous vous aiderons à mettre en place des stratégies de vaccination appropriées», a promis la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides.

Volaille: végétalisation et RSE, les ambitions du leader LDC à 2027

Le n°1 européen de la volaille LDC lance «un nouveau cycle de développement» qui vise à porter son chiffre d’affaires à 7 Mrd€ en 2026-2027, contre un peu plus de 5 Mrd€ en 2021-2022, a-t-il annoncé en conférence de presse le 24 mai. Pour y parvenir, il s’appuiera sur trois «axes de progrès»: la «végétalisation des offres», la «responsabilité sociétale et environnementale» et «l’attractivité des métiers». Les plus fortes ambitions concernent le pôle Traiteur (plats préparés), que le groupe compte propulser à la place de n°1 français, notamment via des acquisitions dans les salades et les pâtes. En 2021-2022, le chiffre d’affaires de LDC a progressé de 14,5%, notamment grâce à la relance de l’export et de la restauration. Concernant l’influenza, le groupe prévoit une baisse de volumes de «12% à 15%» sur la période de mars à août, soit moins que les pertes de 20% estimées en avril, grâce à un «plan d’entraide» entre les différents sites. Sur les négociations commerciales, LDC indique avoir obtenu 25% de hausses, quand le prix de revient de ses volailles a gonflé de 35% avec l’inflation des matières premières et des coûts industriels. «Les négociations avancent bien, je suis confiant» pour obtenir les 10% restants d’ici l’été, a déclaré le nouveau d.g. Philippe Gélin.

Légumes: Bonduelle prêt à céder 65% de son activité Americas Long Life

Le spécialiste français des légumes en conserve et surgelés Bonduelle a franchi un pas vers la cession de son activité Bonduelle Americas Long Life (ou BALL) présente en Amérique du Nord, a annoncé le groupe le 24 mai. Bonduelle est «entré en négociations exclusives avec les investisseurs institutionnels du Fonds de solidarité FTQ et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), en vue de l'acquisition, à parts égales entre eux, de 65% de Bonduelle Americas Long Life», indique-t-il dans un communiqué. La société précise que la cession se fait sur la base d'une valorisation de la cible de 850 millions de dollars canadiens, ou environ 625 millions d'euros. La valeur de la transaction est donc d'environ 400 millions d'euros. L'entrée au capital des deux investisseurs «permettrait à BALL de poursuivre son développement dans un marché nord-américain en constante consolidation et de financer ses investissements de croissance et de rentabilité», précise le directeur général du groupe Bonduelle Guillaume Debrosse cité dans le communiqué. L'entreprise avait annoncé en septembre dernier qu'elle réfléchissait à céder «tout ou partie» de ses activités de légumes en conserve et surgelés en Amérique du Nord pour se concentrer sur ses marques propres.

Fruits: St Mamet projette de relocaliser sa production d’abricots

St-Mamet, leader français des fruits en conserve, compte planter des vergers d’abricotiers en France d’ici «à cinq ans», a indiqué son directeur général Stéphane Lehoux le 24 mai. À l’heure actuelle, l’entreprise gardoise s’approvisionne en abricots originaires de Grèce. L’ambition «pour 2024» est de mettre en boîte, dans son usine de Vauvert, des abricots provenant à la fois de France et de Grèce, a précisé M. Lehoux. Ce projet de relocalisation de la production d’abricots s’inscrit dans le cadre de l’acquisition de St-Mamet par Agromousquetaires (groupe Les Mousquetaires), opération en attente du feu vert de l’Autorité de la concurrence. St Mamet est détenue actuellement «à 94%» par la société d’investissement Hivest Partners, et «à 6%» par des membres de l’entreprise, a détaillé le directeur général. St-Mamet transforme plus de 35 000 t de fruits chaque année. L'entreprise dispose de son propre verger dans la moitié sud de la France: ce dernier avoisinait les 500 ha d’arbres fruitiers (poires, pêches, cerises et pommes) en 2020, d’après son site internet.

Pêches: vers une récolte normale en France et en Europe sauf en Espagne (Medfel)

La récolte française de pêches et nectarines devrait frôler les 193 000 tonnes cette année, selon les prévisions de récolte européennes du Medfel présentées à la presse le 24 mai. Ce niveau de récolte est en hausse de 20% par rapport à 2021, année très perturbée par le gel, mais en baisse de 1% par rapport à la moyenne olympique (2016-2020). Ainsi, à moins «d’un accident climatique de dernière minute», la récolte 2022 s’annonce «proche» du potentiel de production tricolore estimé autour de 200 000t. La récolte «revient [aussi] à des niveaux normaux» en Italie et en Grèce, après une année 2021 très déficitaire. L’Italie table sur une production supérieure à 1 million de tonnes (Mt), qui demeure toutefois inférieure à la dernière saison «normale» en 2019. La Grèce anticipe une récolte supérieure à 353 000t, en hausse de 120% par rapport à l’an passé (14% au-dessus de la moyenne quinquennale). Très affectée par le gel de début avril, l’Espagne, table sur une production de près de 715 000t. Soit, une baisse de 25% par rapport à 2021 (41% au dessous de la moyenne quinquennale). En tout, la production européenne de pêches, nectarines et pavies devrait affleurer 2,9 Mt.

Inflation du GNR : les pistes des chambres pour réduire la consommation

Alors que le carburant agricole (GNR) a augmenté de 60% en six mois, les chambres d’agriculture s’apprêtent à partager avec leur réseau une liste de pratiques permettant de réaliser des économies d’énergie. «Si on ne peut pas aller sur des changements dans les rotations, qui prennent jusqu’à cinq ou six ans, il ne reste que les changements technologiques», reconnaît Nicolas Walter, chargé de mission agroéquipement au sein de Chambres agriculture France. Parmi les principaux leviers: la réduction de la profondeur de travail en labour ou en décompactage, avec des économies de 5 à 10l/ha de GNR pour 10 cm de profondeur en moins. Les chambres recommandent également de diminuer la puissance des tracteurs utilisés, alors qu’un andaineur de 7,5 m consomme 3,2 m/ha avec un tracteur 135 CV contre 1,8 l/ha avec un tracteur 85 CV. Une incitation à revoir aussi à moyen terme la stratégie d’investissement des fermes, puisque «l’achat de matériel n’est pas toujours influencé par une réflexion sur les besoins», selon Nicolas Walter. Rappelant qu’un tracteur de 200 CV consomme 70 l/100 km contre 40 l/100 km pour un poids lourd portant ce même tracteur, les chambres invitent enfin à réduire les déplacements sur route, voire à revoir les assolements pour les minimiser.

Comptabilité environnementale: l'agriculture doit s'y intéresser davantage (rapport)

«Il faut que le monde agricole s'implique dans le processus de normalisation de la comptabilité socio-environnementale», a plaidé Francky Duchâteau, lors de la présentation, le 24 mai, de son rapport pour le cercle de réflexion Agridée, réalisé en partenariat avec l'Académie de l'agriculture. «Aujourd'hui nous sommes souvent à l'écart de ces grands lobbyings». Par comptabilité environnementale, l'auteur entend un ensemble de méthodes de calcul des effets d'une activité sur son environnement (biodiversité, ressources, climat...). Cela inclut des méthodes aujourd'hui disparates telles que l'Analyse de cycle de vie (ACV), la déclaration de performance extra-financière (DPEF) ou la méthode Care (comprehensive accounting in respect of ecology). Pour peser davantage sur ces normes, les auteurs recommandent par exemple de s'impliquer auprès des structures travaillant sur la comptabilité financière (p. ex. autorité de normalisation comptable, groupe européen consultatif sur l'information financière). «Il faut intégrer les spécificités de l'agriculture, notamment le fait qu'elle peut améliorer l'environnement», souhaite l'ancien expert-comptable Jean-Marie Séronie (Académie de l'agriculture). Prochaine échéance: l'entrée en application en 2024 au niveau européen de la nouvelle norme de déclaration extra-financière (CSRD) pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Abattoirs: la vidéosurveillance plébiscitée par ceux qui l’ont expérimentée (CGAAER)

Les cinq abattoirs ayant expérimenté la vidéosurveillance sont «unanimement satisfaits du dispositif qu’ils trouvent utile et pratique», relève un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) publié le 17 mai. Le contrôle vidéo, dont l’expérimentation a été initiée par la loi Egalim 1 du 30 octobre 2018, est «un excellent outil de contrôle interne», d’après un rapport d’enquête annexé au document. L’instance de la Rue de Varenne – qui a présidé le comité de suivi de l’expérimentation – liste de nombreux avantages pour les abattoirs: «amélioration des locaux et des process», «utilisation en formation», «gain de temps pour réaliser le contrôle interne», ou encore «réponse aux exigences de clients», notamment anglais. Par ailleurs, «le fait d’avoir ses propres images peut être une sécurité» en cas de diffusion d’images volées. Le premier inconvénient du système reste son coût et la principale limite les difficultés liées au stockage des images. Tirant un bilan «très positif», le CGAAER plaide pour la «généralisation» de la vidéosurveillance, ainsi que son élargissement. Alors que la loi Egalim 1 ne vise que les «postes de saignée et de mise à mort», l’auteur suggère ainsi de filmer «l’animal vivant pendant tout son temps de présence à l’abattoir».

Nomination de M. Fesneau: «scandaleuse», pour la Fondation Brigitte Bardot

Dans un communiqué du 24 mai, la Fondation Brigitte Bardot (FBB) qualifie de «scandaleuse» la nomination de Marc Fesneau au ministère de l’Agriculture, estimant que ce choix met «le bien-être animal sous la coupe d’un chasseur à l’arc». «Désormais responsable de la protection animale en France, il pourra user de son pouvoir pour bloquer toute avancée en matière de condition animale», avance l’association. «Cette insulte et ce mépris pourraient être sanctionnés lors des prochaines élections législatives pour faire barrage à ce gouvernement», prévient la FBB, alors que M. Fesneau est candidat dans la 1re circonscription du Loir-et-Cher. L’association rappelle que Marc Fesneau «a été vice-président du groupe d’études "Chasse et pêche" à l’Assemblée nationale». Député pendant l’élaboration de la loi Egalim 1, «il s’est fait remarquer par son rejet de toute amélioration de la condition animale», pointe la FBB (fin des cages pour les poules pondeuses et les lapins, vidéosurveillance dans les abattoirs, menus végétariens dans les cantines scolaires). Par ailleurs, de par sa nomination Rue de Varenne, «il devient, hélas, l’un des administrateurs [de la Fondation Brigitte Bardot] comme la loi l’exige», déplore l’association.

Produits locaux: le nombre de PAT a doublé en un an et demi

Sous l’impulsion des financements accordés dans le cadre de France Relance, le nombre de plans alimentaires territoriaux (PAT) a doublé en un an et demi, passant la barre de 400, d’après les derniers résultats de l’Observatoire national des PAT, présentés le 24 mai à l’occasion du forum annuel du réseau RnPAT. Ces observations feront l’objet d’une publication dans les mois à venir sur le site du réseau co-piloté par l’association Terres en villes et Chambres d’agriculture France (ex-APCA). Au 31 décembre 2020, l’observatoire dénombrait 197 PAT contre 403 PAT en mai 2022. C’est plus que le chiffre officiel publié début avril par le ministère de l’Agriculture (373), car ce dernier ne comptabilise que les PAT labellisés par l’État. Les régions les mieux pourvues sont l’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) et l’Occitanie, avec respectivement 52 et 58 PAT. Entre janvier 2021 et mai 2022, le nombre de PAT a quadruplé en Aura et a triplé en Bourgogne-Franche-Comté et en Outre-mer. On compte désormais une vingtaine de PAT ultra-marins. Le nombre de PAT a augmenté sous l’effet de la crise Covid qui a «mis en avant la question de l’accessibilité de l’alimentation». Le Plan de relance a incité les collectivités à se munir de ce dispositif: sur les 80M€ consacrés aux PAT, 7,8M€ ont été fléchés vers de nouveaux projets. 

Le budget alimentaire par personne pourrait bondir de 224 euros en 2022 (étude)

Dans un contexte de forte inflation, le coût de l'alimentation pourrait flamber en 2022 de plus de 200 euros par personne en France, avertit l'assureur crédit Allianz Trade dans une étude publiée le 24 mai. «Les prix des distributeurs alimentaires pourraient croître de 8,2%, ce qui engendrerait une hausse des dépenses alimentaires annuelles de 224 euros par personne cette année, pour un total atteignant 2.963 euros», détaille Aurélien Duthoit, conseiller sectoriel chez Allianz Trade. Par rapport au reste du Vieux Continent, les Français ne seraient pourtant pas les plus mal lotis : la hausse moyenne du budget alimentaire au sein de l'Union européenne s'afficherait ainsi à 243 euros, et les Allemands paieraient même 254 euros supplémentaires en 2022. Ces estimations se basent sur l'hypothèse que les distributeurs répercutent sur leurs prix de vente 75% de la hausse des prix qu'ils paient aux industriels du secteur agroalimentaire. Or à l'heure actuelle, moins de la moitié de cette hausse des prix de production a été répercutée sur les consommateurs.

Circuits courts: au Havre, un «hôtel d’entreprises» alimentaires ouvrira fin 2023

La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a lancé, le 15 avril, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour construire un «hôtel d’entreprises agroalimentaires» dans l’objectif de développer les circuits-courts sur son territoire. L’ouverture du bâtiment est prévue fin 2023. Il sera loué à des producteurs, des porteurs de projet ou des start-up, suivant la demande. «Nous avons constaté que les agriculteurs avaient la volonté de valoriser leur production localement, a expliqué Charlotte de Soyres, chargée de projet alimentation pour la communauté urbaine. Actuellement, la majeure partie de la production de notre territoire part à l’export ou à Rungis». «Un investissement de 2M€ est prévu», précise-t-elle. Biscuits, plats cuisinés, conserves… Le projet prévoit de pouvoir transformer tous types de produits agricoles et de la mer: céréales, protéines végétales, fruits et légumes, pommes de terre, laits, viandes, etc. Il découle du PAT (plan alimentaire territorial) porté depuis 2017 par la communauté urbaine. Celui-ci poursuit deux objectifs: «permettre à tous les habitants d'avoir accès à une alimentation de qualité» et «développer une économie alimentaire de proximité». L’appel à projets est ouvert jusqu’au 12 juillet.

Cyril Le Tadic, nouveau président des experts fonciers

Cyril Le Tadic est le nouveau président de la Confédération des experts fonciers (CEF), qui a réuni, récemment près de Clermont-Ferrand plus de 200 professionnels de l’expertise foncière, agricole et immobilière. Le nouveau président et le nouveau bureau national sont élus pour un mandat de trois ans. Originaire du Cher, âgé de 48 ans, il est à la tête d'un cabinet à Clermont-Ferrand. L’assemblée générale a aussi nommé les présidents des six groupes de travail de la CEF, dont celui de l’agriculture, Nicolas Doret.