Agrafil du 28 février 2022

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Au Salon de l'agriculture, le stand de la FNSEA pris d'assaut par Extinction Rebellion

Plusieurs dizaines de militants écologistes d'Extinction Rebellion ont pris d'assaut le stand de la FNSEA au Salon de l'agriculture, vêtus de combinaisons de gaze blanches, avec le logo «lobby busters» (chasseurs de lobby) plaqué dans le dos pour dénoncer le «modèle productiviste et mortifère» prôné selon eux par le syndicat. Leur mission: «décontaminer» la parole et la réflexion sur l'agriculture, et offrir un récit alternatif au «discours majoritaire», ici à grands coups de peinture orange plutôt que d'échanges policés. Certains se sont enchaînés au stand, d'autres ont gagné l'étage du stand où déjeunaient quelques cadres et employés de la FNSEA. Furieux, certains syndicalistes ont tenté de repousser les militants, en venant brièvement aux mains, sous les caméras de quelques journalistes. La FNSEA s'apprête à porter plainte, indique à l'AFP son premier vice-président, Arnaud Rousseau. Au total, deux personnes ont été interpellées pour «dégradations de biens et violences volontaires», a indiqué une source policière à l'AFP. Elles n'ont pas été placées en garde à vue immédiatement, mais se sont fait remettre une convocation ultérieure au commissariat. Trente-huit autres ont été verbalisées pour participation à une manifestation non-déclarée.

Au Salon de l'agriculture, Greenpeace tance Macron sur les «nouveaux OGM»

Greenpeace a interpellé le président Emmanuel Macron, le 27 février, au lendemain de sa venue au Salon de l'Agriculture, sur ses prises de position en faveur des nouvelles techniques d'édition génomique des plantes qui produisent selon l'association de «nouveaux OGM». Une poignée de militants ont d'abord escaladé l'arche qui marque l'entrée du parc des Expositions de la porte de Versailles pour y déployer une banderole «Pour une agriculture durable, non aux nouveaux OGM», avant d'actionner des fumigènes de couleur verte, a constaté un journaliste de l'AFP. Une douzaine de militants, revêtus de combinaison blanche type NRBC aux noms des plus grandes firmes d'agrochimie, ont ensuite «semé» des grains de maïs de couleur verte, autour d'un militant grimé en Emmanuel Macron, sur l'esplanade du parc des Expositions, sous les regards parfois amusés, parfois réprobateurs des visiteurs. L'ONG souhaitait «mettre un peu de pression sur les candidats à l'élection présidentielle qui ont d'ores et déjà déclaré qu'ils souhaitaient voir se développer les nouveaux OGM dans l'agriculture française, en premier lieu Emmanuel Macron», a déclaré à la presse Joseph D'Halluin, chargé de campagne Agriculture à Greenpeace. L'action, qui s'est poursuivie dans certains pavillons du Salon de l'Agriculture, a été dispersée dans le calme en fin de matinée.

Bovins viande: Interbev veut intégrer un diagnostic bien-être animal au Label rouge

L'interprofession bétail et viandes Interbev veut que le Label rouge intègre une obligation de diagnostic du bien-être animal via l'outil BoviWell, dont elle a présenté une nouvelle version le 27 février au Salon de l'agriculture. Les quelque 16 000 élevages bovins Label rouge devraient donc évaluer leur niveau au regarde des cinq «libertés fondamentales» du bien-être animal (alimentation et abreuvement; confort; absence de douleur; absence de stress; expression des comportements naturels). Pour être qualifié Label rouge, chaque élevage devra être diagnostiqué tous les trois ans et être classé «supérieur ou excellent», ce qui est le cas pour 93% des exploitations déjà auditées. Comme prévu depuis fin 2019, Interbev va proposer à l'Inao (Institut de la qualité et de l'origine) d'inclure cette disposition dans les conditions de production communes aux labels rouges bovins. Initié en 2014 par Moy Park et McDonald's, avant d'être élargi, le diagnostic BoviWell a été réalisé dans 3067 élevages de bovins lait et 1685 élevages de bovins allaitants (dont 963 Label rouge). «Ce n'est pas un outil maison», insiste le président de la section bovine d'Interbev Emmanuel Bernard, rappelant qu'il a été «partagé» avec des ONG et basé sur le référentiel scientifique européen Welfare Quality.

Dérive climatique: Météo-France va renforcer ses services dans l'adaptation

A côté de ses prévisions météorologiques et de ses travaux sur le réchauffement du climat, Météo-France va renforcer ses services dans l'adaptation au changement climatique, notamment sur les questions liées au cycle de l'eau, a fait savoir sa PDG, Virginie Schwarz, à l'AFP. «Nous venons de signer notre nouveau contrat d'objectif, avec cinq axes dont un à part entière dédié au changement climatique et à l'adaptation au changement climatique», a indiqué Mme Schwarz lors d'un entretien. L'objectif est de devenir «la source de référence en France pour aider à construire les stratégies d'adaptation», a-t-elle poursuivi. Avec ce nouveau contrat d'objectif et de moyen (COM) 2022-2026, «nous voulons vraiment intensifier nos actions dans le domaine de l'adaptation», indique Mme Schwarz. «Nous avons l'ambition de mettre à disposition au moins un nouveau service climatique chaque année» pendant cette période, précise-t-elle. Météo-France va notamment travailler sur le cycle de l'eau, «un des secteurs qui va être le plus impacté par le changement climatique», avec l'objectif de fournir «des informations beaucoup plus précises sur l'impact sur les rivières notamment, les débits, l'évolution des étiages».

Agenda de la semaine agricole du 28 février (modification)

Lundi 28 février
A partir de 17h15 (et non plus 12h) - Présentation de l'initiative French Agri Tech - Hall 4 - Ferme digitale