Agrafil du 29 juin 2022

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HVE : le projet d’arrêté envoyé à la CNCE, en vue d'un vote ce jeudi

Le projet d’arrêté détaillant la modification du référentiel de la Haute Valeur Environnementale – troisième niveau de la certification environnemental – a été envoyé aux membres de la Commission nationale de la certification environnementale le 27 juin, en vue d'un vote le 30 juin. Ce nouveau cadre (voir notre synthèse) présente «peu de modifications» par rapport aux éléments présentés lors des précédentes réunions avec les services du ministère, analyse une source d’Agra presse. D'après les documents que nous avons consulté, les principaux changements comprendraient : la suppression de la voie B, l’interdiction des molécules classées CMR 1 pour l’indicateur phyto (sauf dérogation), un item sur la taille des parcelles dans l’indicateur biodiversité qui permettrait de remporter jusqu’à 5 points, ainsi que la prise en compte dans l’indicateur fertilisation de l’azote organique, de la surface non fertilisée ou encore de la surface en légumineuses. La grille de notation serait également durcie ou rendue plus progressive pour de nombreux items, notamment sur le pourcentage de culture principale, la surface non traitée, ou encore sur les bilans azotés. Un arrêté précise enfin que la nouvelle certification entrera en vigueur à partir du 1er octobre 2022, et que les agriculteurs déjà certifiés auront une dérogation jusqu'au 31 décembre 2024 pour se mettre en conformité. Les textes ne détaillent pas en revanche plusieurs points qui ont fait débat, notamment sur les modalités de calcul des haies, ou sur les références à choisir pour les IFT.

HVE : les syndicats espèrent (encore) poursuivre la négociation

«Tant que l’arbitre n’a pas sifflé, le match continue», glisse-t-on à la FNSEA, alors que les projets de textes posant un nouveau cadre pour la HVE ont été dévoilés le 27 juin, en vue dun vote le 30 juin. Le syndicat majoritaire semblerait cependant avoir obtenu gain de cause sur plusieurs points, avec une dérogation possible sur l’interdiction des CMR1 «en cas d’impasse», et un délai de mise en conformité avec le nouveau cadre repoussé à fin 2024. Face à ces concessions, et plus généralement au «vide de la HVE», LPO, FNE, Civam et Confédération paysanne «voteront contre le texte», assure de son côté Cécile Claveirol, secrétaire nationale de FNE. Alors que certains coefficients de calcul sur les haies ou les pesticides restent à préciser, «il faut que tous les acteurs puissent participer à l’élaboration du plan de contrôle», poursuit Cécile Claveirol. Un document qui n’a pas encore été dévoilé et qui détaillera le nouveau cadre pour les organismes certificateurs. Seules avancées saluées par FNE : la suppression de la voie B et l’introduction du critère de taille des parcelles. Autant de mesures qui restent toutefois «insuffisantes», selon le porte-parole de la Confédération paysanne Nicolas Girod, qui espère «négocier jusqu’au dernier moment». La Coordination rurale indique s’opposera, elle aussi, aux textes dans les versions actuelles, estimant qu’ils «ne rehaussent pas significativement l’ambition, et ne créeront aucune valeur ajoutée».

Déforestation importée: un accord trouvé entre les Vingt-sept

Les ministres de l’environnement de l’UE se sont mis d'accord, le 28 juin à Luxembourg, sur une position commune concernant la lutte contre la déforestation importée. Les Vingt-sept ont repris les grandes lignes du dispositif proposé par la Commission européenne au mois de novembre 2021 qui vise à garantir que les importations européennes de viande bovine, bois, huile de palme, soja, café et cacao soient exemptes de déforestation. Les entreprises qui mettent sur le marché ces produits de base (et certains de leurs dérivés comme le cuir ou le chocolat) seront tenues de mettre en œuvre des systèmes de diligence raisonnée prouvant qu’ils ne sont pas issus de terres déboisées ou dégradées. Les Vingt-sept ont toutefois introduit, à la demande des grands pays forestiers du nord de l’Europe, des modifications de la définition de la dégradation des forêts. Pour WWF il s’agit d’une dilution qui affaiblit fortement la portée du texte. L’ONG dénonce également la suppression des contrôles obligatoires dans les pays jugé à faible risque de déforestation. Des négociations avec le Parlement européen pour trouver un compromis final sur ce dossier pourront s’engager dès que les eurodéputés auront, de leur côté, finalisé leur position sur ce texte.

Sécurité alimentaire : les pays du G7 s’engagent à verser 4,5 Md$

Face aux défis posés par la crise alimentaire mondiale dans le contexte de la guerre en Ukraine, les pays du G7 ont décidé, à l’issue de leur sommet des 26-28 juin (à Elmau, Bavière), dans une déclaration finale, de lancer, conjointement avec la Banque mondiale, l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire. Dans ce nouveau cadre, ils se sont notamment engagés à verser 4,5 Md$ aux populations les plus vulnérables, ce qui portera à plus de 14 Md$ leur engagement commun en faveur de la sécurité alimentaire mondiale en 2022. Les pays du G7 ont réitéré, dans le même temps, leur appel à la Russie de mettre fin instamment à son blocus des ports ukrainiens de la mer Noire et à la destruction des principales infrastructures portuaires et de transport, des silos et des terminaux céréaliers. Ils ont assuré qu’ils veilleraient à ce que les sanctions visant Moscou ne ciblent pas les denrées alimentaires et permettent la libre circulation des produits agricoles, y compris en provenance de Russie, et l'acheminement de l'aide humanitaire. En outre, ils ont précisé qu’ils maintiendraient ouverts leurs marchés alimentaires et agricoles tout en appelant les autres pays à éviter les mesures commerciales restrictives injustifiées qui augmentent la volatilité des marchés et donc le risque d'insécurité alimentaire.

Engrais: Poutine «s’engage» à garantir «un approvisionnement ininterrompu» au Brésil

Le président russe Vladimir Poutine a assuré le 27 juin par téléphone à son homologue brésilien Jair Bolsonaro que la Russie «s’engage» à garantir au Brésil «un approvisionnement ininterrompu» d’engrais, primordial pour la puissante agriculture brésilienne. S’exprimant lors d’un événement le 27 juin à Brasilia, Jair Bolsonaro a déclaré que les deux dirigeants avaient discuté «sécurité alimentaire» et «insécurité énergétique», sans donner plus de détails. Le Kremlin a indiqué dans un communiqué que, lors de cette conversation téléphonique, Vladimir Poutine avait «souligné que la Russie s’engage(ait) à remplir ses obligations pour assurer un approvisionnement ininterrompu des agriculteurs brésiliens en engrais russes». Il a en outre appelé à «rétablir l’architecture du libre-échange des denrées alimentaires et des engrais, effondrée par les sanctions occidentales» contre la Russie en raison de son invasion de l’Ukraine le 24 février. Puissance agricole mondiale, le Brésil importe plus de 80% de ses engrais, un chiffre qui atteint les 96% dans le cas du potassium, selon les données du ministère de l’Agriculture. Plus de 20% des engrais importés proviennent de la Russie, principal fournisseur du Brésil.

Séparation vente/conseil: Fesneau veut un «plan d'action» et une «nouvelle dynamique»

Intervenant en clôture de la Convention des chambres d'agriculture le 28 juin, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé l'élaboration prochaine d'un «plan d'action» pour faire face au faible développement du conseil stratégique sur les pesticides, les agriculteurs devant y avoir recours d'ici 2023, en application de la loi Egalim instituant la séparation du conseil et de la vente de ces produits. «Avec 18 mois de recul, nous sommes conscients que le marché du conseil ne se développe pas de manière adaptée, ce qui met en difficulté les opérateurs mais évidemment aussi les agriculteurs», a déclaré Marc Fesneau. Et de plaider une «nouvelle dynamique», l'élaboration d'un «plan d'action» et d'un «calendrier volontariste mais aussi réaliste». Dans un rapport adopté en commission des Affaires économiques le 23 février, les députés estimaient «nécessaire de travailler rapidement à la correction [des] effets de bord» de la séparation vente/conseil des phytos, afin de «s’assurer que l’offre de conseil se développe correctement». «Très peu d’exploitations ont bénéficié de ce conseil stratégique à ce jour», relevait le rapport. Par ailleurs, une enquête d'Agra Presse montrait que la séparation de la vente et du conseil était très peu appliquée sur le terrain. Au point que les acteurs du conseil indépendant réclament des contrôles.

Influenza aviaire: les grands axes de la feuille de route esquissés à l’AG d’Anvol

La DGAL (ministère de l’Agriculture) est en train d’analyser les propositions des parties prenantes pour la nouvelle feuille de route sur l’influenza aviaire, a indiqué sa sous-directrice adjointe à la santé et au bien-être animal, Karen Bucher, lors de l’assemblée générale d’Anvol (interprofession des volailles de chair) le 28 juin. À court terme, «les instruments disponibles consistent à réduire la densité et augmenter l’intensité de surveillance», estime Jean-Luc Guérin, de l’École nationale vétérinaire de Toulouse. Le renforcement de la surveillance fera l’objet d’un arrêté ministériel, d’après Karen Bucher: «L’État peut prendre en charge une partie des coûts, mais nous demanderons probablement des autocontrôles avant mouvement d’animaux.» Sur la mise à l’abri, du point de vue scientifique, «il y a de la place pour retravailler sur un confinement adapté au niveau de risque», d’après M. Guérin. Enfin, deux chantiers portent sur le maillon génétique, selon le président du SNA Louis Perrault (accouveurs). Il s’agirait d’une part d’implanter «des sites de sélection dans des régions de moindre densité, dans des zones où on évite d’implanter des élevages», dans le cadre du plan d’investissement France 2030; et d’autre part «sécuriser les sites sensibles» comme les couvoirs, pour lesquels «il y a un besoin de proximité dans les territoires».

Indemnisations influenza: Anvol s’impatiente quant au volet économique

«Qu’en est-il de notre proposition d’indemniser les pertes économiques à 100% jusqu’à 150 jours après la date de remise en place?», a lancé le président d’Anvol, Jean-Michel Schaeffer, lors de l’assemblée générale de l’interprofession des volailles de chair le 28 juin à Angers. «Le ministère [en] a accepté le principe», rappelle-t-il, car «vu l’impact sur le maillon accouvage, le retour à la normale sera très long.» «L’aide pour les entreprises de l’aval a-t-elle été notifiée à Bruxelles?», s’est encore interrogé M. Schaeffer, estimant «impératif que tous les types d’entreprises soient reconnus, notamment le ramassage». Concernant les élevages des zones indemnes, «le FMSE ne pourra pas intervenir pour tous, il y aura besoin de l’intervention de l’État», revendique le président d’Anvol. Quelque 1800 élevages ont bénéficié du premier dispositif ouvert fin avril pour le Nord et le Sud-Ouest, a précisé le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau dans un message vidéo. «Le second dispositif [pour le grand Ouest] ouvrira très prochainement.» «L’État est à l’écoute, a reconnu Jean-Michel Schaeffer. Les sommes débloquées, même si elles sont insuffisantes, sont importantes et essentielles.»

Protéines végétales : l’interprofession Terres Univia s’élargit dans les légumes secs

L’interprofession des huiles et protéines végétales Terres Univia a annoncé le 28 juin l’arrivée de deux nouveaux membres, parmi lesquels la Fédération nationale des légumes secs (FNLS) au sein du collège transformation – conditionnement. Cette intégration «permettra de générer de nouvelles synergies avec l’ensemble des oléoprotéagineux, de consolider sur le long terme le développement de la filière lentille-pois chiche et de donner les moyens d’atteindre les objectifs de souveraineté protéique portés par les professionnels : l’autosuffisance en légumes secs début 2030, soit environ 100 000 ha de surfaces cultivées (4%)», selon un communiqué. Deux nouvelles CVO (contributions volontaires obligatoires) sont créées, en lentilles et pois chiches, pour financer «de nouvelles actions visant à favoriser le développement de la production et l’organisation de ces filières». Egalement dans le collège transformation – conditionnement, Terres Univia accueille l’association d’entreprises Protéines France, en remplacement du GEPV (Groupe d’étude et de promotion des protéines végétales).

Semences : hausse de cotisation Recherche en céréales à paille (interprofession)

Semae, l’interprofession des semences, a confirmé le 28 juin un «renforcement des moyens de la recherche et de l’innovation dans le domaine des céréales à paille», via une hausse de cotisation dès le 1er juillet. Cette mesure intervient dans le cadre du renouvellement d’un accord interprofessionnel, publié le 22 juin au Journal officiel, indique-t-elle dans un communiqué. L’accord repose sur la collecte d’une contribution recherche et innovation variétale (Criv) lors de la livraison des céréales, qui «vient compenser le droit d’obtenteur sur l’utilisation de semences de ferme, et repose sur un équilibre entre cotisation à la collecte et avoir lors de l’achat de semences certifiées», explique Semae. A compter du 1er juillet, le montant de la Criv passe à 1,05 €/t de céréales produites en France (contre 0,90 €/t auparavant). L’avoir sur l’achat de semences certifiées sera de 5,25 €/q (1,12 €/dose de 500 000 grains). Les sommes collectées (restantes après financement des avoirs), donc issues de l’utilisation des semences de ferme, sont réparties entre les obtenteurs.

Pac 2023: lancement de la mission d'évaluation des transferts de personnel aux Régions

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a officialisé le lancement d'une mission d'inspection qui doit vérifier la bonne évaluation des effectifs qui seront transférés, d'ici la fin de l'année, de l'administration centrale vers les conseils régionaux dans le cadre de la nouvelle gouvernance de la Pac 2023, rapporte-t-on chez Régions de France. L'annonce a été faite lors d'un comité État-Régions le 28 juin sous la co-présidence du ministre de l’Agriculture et du président de la commission Agriculture de Régions de France Loïg Chesnais-Girard. Dans le cadre de la future Pac, les Régions vont gérer intégralement les aides non-surfaciques du second pilier de la Pac à partir de 2023 (aide à l'installation et à l'investissement). En novembre 2021, il avait été convenu qu’une enveloppe de 100 M€/an serait versée par l'État aux régions, au titre du cofinancement des aides, et qu’un budget annuel couvrant l’emploi de 430,2 équivalents temps plein et 60 postes de vacataires serait versé au titre de l’instruction des aides. Mais l'État et le ministère de l'Agriculture n'étaient pas tombés définitivement d'accord sur l'évaluation des effectifs, si bien qu'une mission d’inspection doit être conduite d’ici fin 2022 pour vérifier la bonne évaluation de ces effectifs.

Données agricoles : Bruxelles n’utilise pas les bons outils pour analyser l’incidence de la Pac

La Commission européenne ne dispose pas de données probantes suffisantes pour évaluer de manière exhaustive les besoins et l’incidence de la Pac, estime la Cour des comptes de l’UE dans un rapport d’audit publié le 28 juin. «Si elle détient des volumes importants de données pertinentes pour la définition, le suivi et l’évaluation de la Pac, les outils et les données qu’elle utilise actuellement ne lui fournissent pas tous les éléments nécessaires à une élaboration éclairée de la Pac», expliquent les auditeurs. Ils regrettent notamment le fait que Bruxelles «analyse encore manuellement les données collectées auprès des pays de l’UE à l’aide d’outils classiques, tels que des feuilles de calcul, et n’ait pas recours à des techniques reposant sur les mégadonnées pour l'exploration de textes et l'extraction automatisée». À cette fin, la Cour des comptes de l’UE recommande à l’exécutif européen d’utiliser des outils de traitement automatisé ou semi-automatisé permettant de mener des analyses prédictives ou prescriptives de ces données.

ONG: la plateforme Pour une autre Pac s’élargit et devient le Collectif Nourrir

Confédération paysanne, FNE, WWF, Greenpeace, CIWF, Attac, Civam, etc.: cinquante organisations ont créé fin juin une nouvelle association baptisée Collectif Nourrir, apprend Agra Presse auprès de ses fondateurs. La nouvelle structure a été construite sur les bases de la plateforme Pour une autre Pac, à laquelle se sont jointes cinq nouvelles associations, dont Oxfam, Max Havelaar, ou encore le CCFD-Terres solidaires. «Nous nous laissons jusqu’à l’automne pour finaliser notre stratégie et nos axes de travail, mais la gouvernance restera proche de celle de Pour une autre Pac», confie Mathieu Courgeau, agriculteur et actuel président de la plateforme. Comme il l’explique, un chantier serait même déjà en cours «depuis plusieurs mois» sur l’élevage, afin de construire une vision commune entre organisations sur ce sujet qui avait pu créer des tensions. «Dès qu’il y aura un événement de l’ampleur des États généraux de l’alimentation, il reviendra au collectif d’animer l’action en inter-association», précise Mathieu Courgeau, évoquant la loi d’orientation agricole évoquée par Emmanuel Macron lors du dernier Salon de l’agriculture. Avec le départ annoncé d’Aurélie Catallo, actuelle coordinatrice de Pour une Pac, le travail quotidien sera assuré par une équipe permanente renouvelée.

Chambres d'agriculture: Windsor demande une hausse de la TATFNB, Fesneau prend note

A l'occasion de la Convention des chambres d'agriculture le 28 juin, à la Cité des sciences de Paris, le président de Chambres d'agriculture France (ex-APCA) Sébastien Windsor a demandé une hausse de la TATFNB, la taxe affectée au financement du réseau consulaire, qui représente plus d’un tiers de son budget. Cette demande fait suite à l'annonce toute récente d'un augmentation de 2,75% du point d'indice des salariés du réseau à partir de juillet, pour faire face à l'inflation. «Ce n'est pas facile car nous n'avons pas le revenu en place», a expliqué Sébastien Windsor, alertant d'un risque d'augmentation des prestations payantes en l'absence de hausse de la TATFNB. Présent lors de la convention, le ministre de l'Agriculture a pris note de la demande du réseau, sans y répondre pour l'instant. En novembre dernier, les chambres d’agriculture et leur ministère de tutelle avaient signé un Contrat d’objectifs et de performance pour la période 2019-2025, incluant un engagement de l’État à «défendre le principe d’une stabilité» de  la TATFNB sur cette période. Une bonne initiative, a souligné le nouveau ministre Marc Fesneau.

Eau: les Régions ont «envie d'assumer davantage de responsabilités»

À l'occasion d'un comité État-Régions le 28 juin, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau et le président de la commission Agriculture de Régions de France Loïg Chesnais-Girard ont partagé leur volonté de travailler sur d'autres sujets que la Pac 2023, qui monopolisait leurs discussions depuis deux ans. Parmi les thématiques que souhaiteraient aborder les Régions et le ministre: la transmission, le foncier, ou la gestion de l'eau. «Sur l'eau, les conseils régionaux ont envie d'assumer davantage de responsabilités», explique Loïg Chesnais-Girard à Agra Presse. Pour rappel, les Agences de l'eau sont aujourd'hui organisées par bassin versant, placées sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et animées par les services déconcentrés de l'État. Lors de cette rencontre, il ne fut pas question de la Pac, en particulier de la seconde version du projet de plan stratégique national (PSN), qui doit être présentée en Conseil supérieur d'orientation (CSO) le 1er juillet. Lors d'une précédente rencontre le 8 juin, le ministre avait confié qu'il faisait de la gouvernance du parcours d'installation «un vrai chantier en vue de la loi d'avenir agricole de l'année prochaine». Après avoir récupéré la compétence de la dotation Jeunes agriculteurs (DJA) pour la prochaine Pac, les Régions demandent de gérer également le parcours d'installation (PAI, CE3P et stage collectif de formation de 21 heures).

Glyphosate : la Cour suprême américaine rejette une deuxième requête de Bayer

La Cour suprême des Etats-Unis a refusé le 27 juin de se saisir d'un appel du groupe allemand Bayer sur une décision liée au désherbant Roundup le condamnant à verser 87 M$, confortant une décision similaire annoncée la semaine dernière. La Cour rend ainsi définitive le verdict astreignant Bayer à verser cette somme aux époux Alva et Alberta Pilliod, tous deux atteints d'un lymphome après des années d'utilisation du produit à base de glyphosate. La haute juridiction avait déjà rejeté le 21 juin une requête de Bayer sur une condamnation à verser 25 M$ au retraité Edwin Hardeman, qui impute aussi son cancer au Roundup. Bayer a fait part sur son site internet de son «désaccord» avec la nouvelle décision de la Cour suprême, tout en soulignant n'être «pas surpris» compte tenu de la décision précédente. Mais, affirme Bayer, «il y aura probablement d'autres affaires, y compris liées au Roundup», qui se présenteront de nouveau à la Cour suprême avec les mêmes questions de fond.

UE/Nouvelle-Zélande : le Cniel et Intebev inquiets de la conclusion iminente d’un accord de libre-échange

Les présidents du Cniel (interprofession laitière), Thierry Roquefeuil, et d’Interbv (interprofession viande), Jean-François Guihard, s’inquiètent dans une lettre ouverte du 28 juin à la Première ministre Elisabeth Borne de la prochaine finalisation d’un accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande. La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen reçoit le 30 juin la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, alors que les discussions entre les deux partenaires sont intensifiées ces dernières semaines. Pour le Cniel et Interbev «la France doit s’opposer avec force à la conclusion de cet accord, en l’état» qui «facilitera l’arrivée sur le marché européen de plusieurs milliers de tonnes de produits laitiers, de viandes ovines et de viandes bovines». Les deux interprofessions estiment que pour être acceptable ce futur accord doit «au minimum conditionner les nouvelles ouvertures de marché octroyées à la Nouvelle-Zélande à un strict respect des normes européennes en matière de traçabilité, d’utilisation des produits phytosanitaires et médicaments vétérinaires, de protection de l’environnement et de bien-être animal».

Fromages: en plein essor, l’AOP Abondance alerte sur la pénurie de main-d’œuvre

Le syndicat des professionnels de l’AOP Abondance alerte, à l’occasion d’une conférence de presse le 28 juin, sur «une pénurie» de main-d’œuvre à tous les niveaux de la filière (élevage, transformation, vente…) alors que la production du fromage savoyard ne cesse de croître. La présidente du syndicat, Emilie Jacquot, estime les besoins en recrutement «au-dessus de 70 à 80 personnes». Au moment de l’obtention de l’AOC en 1990, les volumes d’abondance étaient de 350 t. «Depuis, ils n'ont fait qu’augmenter. La filière s’est structurée», souligne le directeur du syndicat Joël Vindret. L’abondance a ensuite été reconnue comme AOP en 1996. En trente ans, les volumes ont été multipliés par dix et s’approchent aujourd’hui des 3 500 t. «La filière connaît un vrai dynamisme», explique Joël Vindret. En 2021, les ventes ont augmenté de 7% en volume dans la grande distribution. Au niveau de la production, le renouvellement des générations se fait mieux que dans d’autres régions, met en avant le syndicat. «Il n’y a pas une grande déprise au niveau agricole. Chaque année de nouveaux opérateurs arrivent», se félicite Joël Vindret. Cependant, «de petites exploitations ne sont pas forcément reprises» quand «d’autres s’agrandissent un petit peu», poursuit-il.  

Lait: la société Serval perd en appel contre Lactalis Ingrédients

La cour d’appel de Poitiers a tranché, le 28 juin, en faveur de Lactalis Ingrédients dans le litige qui l’oppose à la société deux-sévrienne Serval (voir Agrafil du 1er juin), informe la filiale du groupe Lactalis dans un communiqué. Dans son arrêt, la cour d’appel «considère que Serval ne rapporte pas la preuve que les 288 tonnes de lactosérum qu’elle aurait dû commander en juillet 2017 à Lactalis Ingrédients ne correspondaient pas aux caractéristiques spécifiées au protocole d’accord de juin 2017», selon le communiqué. La fiche technique du produit «portait explicitement sur des mélanges de lait de vache, brebis et chèvre», est-il indiqué. La filiale du numéro un mondial du lait se félicite de cet arrêt «favorable». La partie adverse est condamnée à lui verser 10000€ au titre des frais de justice engagés. La décision de la cour d’appel de Poitiers vient confirmer un jugement rendu par le tribunal de commerce de Niort, en septembre 2020.

Biofioul: requis pour les chaudières neuves à partir du 1er juillet

À partir du 1er juillet, les chaudières neuves devront utiliser du biofioul, mélange de fioul fossile et d’ester méthylique d’huile de colza, et non plus du fioul purement pétrolier, indique la Fédération Française des Combustibles, Carburants & Chauffage (FF3C) dans un communiqué du 28 juin. En effet, avec l’entrée en vigueur du décret (n°2022-8) relatif à la performance environnementale des équipements de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire, l’installation de matériels utilisant à titre principal un combustible émettant plus de 300 g CO2eq/kWh PCI tout au long de son cycle de vie n’est plus autorisée. Pour Frédéric Plan, délégué général de la FF3C «l’arrivée du biofioul est une alternative pour accélérer la fin du fioul domestique traditionnel à condition que sa fiscalité le rende attractif. C’est au législateur d’en prendre l’initiative». Le biofioul est disponible, mais avec un surcoût de 15 à 20% par rapport au fioul 100% pétrole, selon la FF3C, qui note aussi que la performance d’une chaudière neuve gomme le surcoût.        

Emploi : la FNSEA sur le Tour de France pour promouvoir les métiers agricoles

Le FNSEA a annoncé le 28 juin une campagne de promotion des métiers agricoles, prévue notamment sur le Tour de France dès cet été. Il s’agit de répondre à un «double défi», a déclaré la présidente Christiane Lambert: «renouveler les générations d’agriculteurs et les équipes de salariés». L’opération est lancée sur trois ans, avec comme point d’orgue une présence sur le Tour de France, à compter du 5 au 24 juillet. Dans la caravane publicitaire, la FNSEA diffusera des messages sur l’emploi et la production agricole de la zone géographique traversée. Des «mini-villages», dédiés à la promotion des métiers et des formations, seront animés par les fédérations locales et les agriculteurs, sur des parcelles en bordure des parcours hommes et femmes de l’épreuve cycliste. Puis tout au long de l’année, la campagne de promotion continuera via le réseau FNSEA et de ses partenaires. Son slogan: «Ma nature, mon futur, l’agriculture». Le syndicat veut mettre en avant la diversité des emplois agricoles, leur accessibilité à tous les niveaux de qualification, depuis le CAP jusqu’à Bac+5.

Chasse : Willy Schraen réélu à la tête de la FNC

Willy Schraen a été réélu président de la Fédération nationale de la chasse (FNC) à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation, indique un communiqué du 28 juin. Le prochain conseil d’administration sera par ailleurs renouvelé par 15 nouveaux membres sur un total de 27 sièges.. «Avec, pour la première fois une femme qui siégera au conseil d’administration de la FNC», souligne le communiqué. Alors que l’absence d’une majorité absolue à l’Assemblée présentera «un risque politique», Willy Schraen espère «conforter [ses] liens avec les différents acteurs du monde rural».