Céréales ukrainiennes: le premier chargement a quitté le port d'Odessa
Le premier chargement de céréales ukrainiennes a quitté le port d'Odessa le 1er août à 6h17 GMT, conformément aux termes de l'accord international avec la Russie signé à Istanbul, a annoncé le ministère turc de la Défense. «Le navire Razoni a quitté le port d'Odessa à destination du port de Tripoli au Liban. Il est attendu le 2 août à Istanbul. Il continuera sa route vers sa destination à la suite des inspections qui seront menées à Istanbul», a ajouté le ministère. Selon le ministre ukrainien de l'Infrastructure Oleksandre Koubrakov, le bateau est chargé de 26 000 tonnes de maïs. Il devrait arriver à l'entrée du Bosphore mardi à la mi-journée, a estimé Yörük Isik, spécialiste du suivi des mouvements des navires sur le Bosphore et dans la région. D'autres convois vont suivre ce premier départ en respectant «le couloir [maritime] et les formalités convenues», d'après le ministère turc, cité par l’AFP. Signé le 22 juillet à Istanbul entre des représentants de Russie, Ukraine, Turquie et des Nations unies, l'accord permet la reprise des exportations ukrainiennes sous supervision internationale. Un accord similaire signé simultanément garantit également à Moscou l'exportation de ses produits agricoles et engrais, malgré les sanctions occidentales.
Eau: le décret sur les volumes prélevables en hautes eaux est publié au JO
Le décret sur les volumes prélevables en hautes eaux a été publié au Journal officiel le 30 juillet. Issu des travaux du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique, il vise à faciliter l’accès à l’eau. D'après l’article 2, peuvent être définis «soit des conditions de prélèvement en volume ou en débits, soit des volumes pouvant être disponibles pour les usages anthropiques». Et ce en tenant compte de deux paramètres: le régime hydrologique et le «bon fonctionnement des milieux aquatiques». L’article 3 confie au préfet coordinateur de bassin la «stratégie» d’évaluation des volumes pouvant être disponibles pour les usages anthropiques. Un stratégie qui devra respecter les paramètres précédemment évoqués (hydrologie, milieux aquatiques), mais aussi les «équilibres naturels» et les «objectifs du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage)». Enfin, l’article 4 du décret précise que, dans le cadre d’une demande d’autorisation unique de prélèvement déposée par un organisme unique de gestion collective, cette dernière peut déposer le programme de retour à l’équilibre «même si la concertation territoriale n’est pas finalisée».
Influenza aviaire: un nouveau foyer confirmé en élevage, dans la Somme (préfecture)
Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé le 30 juillet dans un élevage de dindes à Feuillères (Somme), à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Amiens, annonce la préfecture dans un communiqué le 1er août. «Une opération de dépeuplement des 8000 dindes présentes sur l’élevage concerné a été menée», précisent les autorités. Une zone de protection (dix communes) et une zone de surveillance (37 communes) ont été instaurées; les mouvements d’animaux y sont interdits, et les éleveurs y sont appelés à «respecter strictement les mesures de biosécurité (notamment la mise à l’abri)». Le 28 juillet, un autre cas avait été confirmé dans la Manche. Ces deux foyers sont les premiers depuis le 15 mai, date du dernier foyer détecté, dans le Lot-et-Garonne. Depuis la fin du printemps, de nombreux cas ont été rapportés sur des oiseaux sauvages le long du littoral de la Manche, depuis le département du Nord jusqu’au Finistère. En 2021-2022, la France a connu l’épisode d’influenza aviaire le plus dévastateur à ce jour, avec 1380 cas et quelque 19 millions de volailles abattues pour tenter d’enrayer la maladie. Le 29 juillet, le ministère de l’Agriculture a présenté un plan élaboré avec les filières pour relancer la production et réduire les risques d’épizootie.
Inflation: accalmie sur les prix agricoles, la flambée se poursuit dans les rayons
D’après les estimations de l’Insee, les prix des produits agricoles à la production (première mise sur le marché) ont enregistré une baisse mensuelle en juin, mais restent en forte progression sur un an: +25,3% en juin 2022 par rapport à juin 2021, après +28,8% au mois de mai. En excluant les fruits et légumes, les prix agricoles à la production augmentent alors de 30% sur un an (après +32,6% en mai) et se replient sur un mois (-2,7% après +1,7 %). Les prix des céréales baissent pour la première fois depuis février et le déclenchement de la guerre en Ukraine. «Ce recul s'inscrit dans le sillage des baisses des prix du blé tendre (-5,8% après +3,6%) et du maïs (-9,2% après +4%) en raison notamment de craintes d’une récession économique mondiale et dans un contexte de négociations avec la Russie visant à débloquer les exportations ukrainiennes», note l’Insee. Sur un an, la hausse des prix des céréales reste très importante: +72,6%. Les prix à la consommation augmenteraient, eux, de 6,1% sur un an en juillet, après avoir augmenté de 5,8% le mois précédent, d’après les estimations de l’Insee. L’inflation des prix des produits alimentaires s’accélère et atteint 6,7%, contre 5,8% en juin. Elle est moins forte sur les produits frais (4,8%, contre 6,6% en juin) et s’amplifie sur le reste (7,1%, contre 5,7% en juin).
Légumes d'industrie: le Cénaldi monte au créneau sur les prix payés aux producteurs
Le Cénaldi, AOPn des légumes d’industrie, demande une «revalorisation urgente du prix des légumes» dans un communiqué le 29 juillet. L’organisation pointe «une hausse exponentielle» des coûts de production, qu’elle évalue à «+10% en 2022», et anticipe une nouvelle hausse «d’au moins +16%» en 2023. En parallèle, les rendements sont «de plus en plus aléatoires» à cause «du manque d’alternatives disponibles» pour protéger les cultures et de «la multiplication des aléas climatiques». Le Cénaldi souligne que la revalorisation demandée «doit prendre en compte les hausses de coûts et le risque inhérent à ces cultures et garantir une marge attractive» aux producteurs. La filière «subit depuis une dizaine d’années une dégradation de son équilibre économique qui ne lui laisse aujourd’hui plus de marge de manœuvre pour traverser les crises», affirme l'AOPn. D'après elle, «de nombreux producteurs» ont abandonné la culture légumière pour se tourner vers les grandes cultures, plus rémunératrices.
Tuberculose bovine: l’État étend sa participation financière pour les dépistages (JO)
Dans un arrêté paru au Journal officiel le 28 juillet, le ministère de l’Agriculture prévoit, pour une durée de trois ans, la prolongation de la participation financière de l’État au dépistage de la tuberculose bovine, afin de compenser le surcoût résultant du recours obligatoire à l’intradermotuberculination comparative ou au test de dosage de l’interféron gamma. Ces deux méthodes de dépistage sont en effet les seules autorisées depuis un arrêté du 8 octobre 2021. Celui-ci visait à mettre en conformité les prescriptions techniques et administratives nationales avec le droit européen. L’arrêté dispose que l’État prend désormais en charge une partie du coût de l’intradermotuberculination comparative (à hauteur d’un forfait de 6,15 € HT par bovin) et la totalité du coût du dosage de l’interféron gamma. Le texte prévoit trois cas de prise en charge des dépistages: par intradermotuberculination comparative pour les troupeaux classés à risque sanitaire; même méthode pour ceux dont au moins un animal a pâturé dans une zone à risque (telle que définie par l’arrêté du 8 octobre 2021); par dosage de l’interféron gamma dans les cas où la finalité zootechnique rend impossible la première méthode.
Pac: les États membres consacreront 24% du premier pilier aux éco-régimes (étude)
Selon un récent rapport de l’Institut Thünen, les États membres se montrent prudents dans l’utilisation qu’ils comptent faire des éco-régimes, principal nouvel outil de la future Pac. En moyenne, ils consacreront 24 % des paiements directs aux éco-régimes, contre 25 % minimum requis par la Commission européenne. Cette différence est notamment due aux exceptions et au temps d’adaptation, l’enveloppe minimum étant fixée à 20 % du premier pilier pour 2023 et 2024. D’après l’étude, qui analyse les premières versions des projets de plans stratégiques nationaux (PSN) soumises par les États membres, la France fait bonne figure avec 25,1% du premier pilier. L’Allemagne prévoit de son côté d’y consacrer 22,9% de ses paiements directs. Le maximum monte à 30% pour la République tchèque, alors que la Suède a l’un des plus faibles pourcentages avec 19,8%. «Près de 87% de ces fonds sont consacrés aux interventions en faveur du climat, de l'eau/du sol et de la biodiversité», précise le rapport. Quelque 7% sont attribués au bien-être animal et 6% à l’agriculture biologique. Pour certains pays membres, comme la Bulgarie, un très faible pourcentage est accordé aux mesures forestières.
PJL pouvoir d’achat: le Sénat précise la compensation carbone pour le charbon
En première lecture du projet de loi (PJL) sur le pouvoir d’achat le 29 juillet, le Sénat a adopté deux amendements du gouvernement précisant l’obligation de compenser les émissions de gaz à effet de serre pour les centrales à charbon productrices d’électricité, si leur production devait être augmentée pour cause d’approvisionnement national insuffisant en gaz. Le premier amendement (n°420) supprime l’obligation d’utiliser des crédits carbone issus de programmes de compensation, qui avait été votée par la commission des Affaires sociales du Sénat. En effet, un projet de décret «actuellement en consultation» permet, aux exploitants des installations concernées, de payer un montant «proportionnel au volume de CO2 émis» à un «fonds», qui «sera chargé ensuite de financer des projets de réduction ou de séquestration d’émissions», justifie le gouvernement dans l’exposé des motifs. Le deuxième amendement (n°421) précise que la compensation des émissions peut se faire via des projets forestiers ou agricoles ayant le label bas carbone, mais pas exclusivement. Comme discuté en commission, les projets de compensation doivent être «situés sur le territoire français».
Climat : l’agriculture responsable de 60% des émissions liées à l’alimentation (ministère)
Dans un rapport décomposant l’empreinte carbone des Français par poste de consommation publié en juillet 2022, le service de la statistique du ministère de la Transition écologique (SDES) confirme que 60% des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation proviennent des exploitations agricoles. Principaux postes d’émissions: le méthane issu de l’élevage, le dioxyde de carbone des tracteurs et bâtiments agricoles, ou encore le protoxyde d’azote des cultures. L’industrie agroalimentaire est la deuxième branche d’activité la plus contributrice au poste alimentation (18%), en raison des émissions de CO2 liées aux usages énergétiques des usines. Le reste des émissions provient des repas hors domicile, du transport et des repas au domicile des ménages. Plus généralement, l’alimentation représente le troisième poste le plus contributeur à l’empreinte carbone, avec 2,1 t CO2éq par personne et par an, soit 22% de l’empreinte carbone totale de la demande finale des Français. Le rapport rappelle en conclusion que «par construction, l’empreinte carbone attribue la totalité des émissions au consommateur final». Pour autant, nuancent les auteurs, le consommateur ne doit être considéré comme «l’unique responsable des émissions», puisqu’il «ne dispose pas de toutes les marges de manœuvre pour les réduire».
Agroécologie : un manque de coordination des politiques dans le monde (Cirad)
Partout dans le monde, les politiques publiques en faveur de l’agroécologie manquent encore de cohérence et de transversalité, constate la plateforme partenariale pour la transition agroécologique, dont le Cirad fait partie, dans un rapport publié en juillet. Comme le rappelle ce document, les politiques agroécologiques peuvent concerner la consommation, la production, les accords commerciaux, la régulation des marchés, ou viser tous ces leviers à la fois. Le Mexique, illustre le rapport, a pris la décision d'interdire progressivement le glyphosate d’ici 2024. En France, le programme de Stéphane Le Foll lancé en 2012, «Produisons autrement», serait aussi selon les auteurs typique des «politiques multisectorielles». Pourtant, ces dernières resteraient rares en raison de la fragmentation des politiques publiques. «L’agriculture, la sylviculture, l’eau, l’énergie, l’environnement et le commerce sont souvent régis par différents ministères», analyse le rapport, invitant à «une plus grande intégration horizontale entre les secteurs». Les scientifiques appellent également à «une accélération de la recherche appliquée» en la matière et à la «consolidation des données», pour combler le manque de littérature sur les politiques favorables aux transitions agroécologiques.
Développement/climat: l’agriculture, une priorité du financement de l’adaptation (OCDE)
Selon une analyse de l’OCDE publiée en juillet 2022, portant sur les aides climatiques apportées par les pays développés aux pays en développement entre 2013 et 2020, les activités du secteur de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche représentent – avec celles de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement – la majorité des financements pour l’adaptation au dérèglement climatique. Cependant, l’agriculture, la sylviculture et la pêche ne correspondent qu’à une faible part (9 %) de la totalité des fonds mobilisés (83,3 Mrd$ en tout en 2020). Car même si le financement de l’adaptation a augmenté en termes absolus et relatifs entre 2019 et 2020, l’atténuation reste majoritaire avec 58 % du total des aides climatiques en 2020. «Les pays développés doivent continuer à intensifier leurs efforts conformément aux engagements affichés dans la perspective de la Cop26, ce qui permettrait d'atteindre l’objectif des 100 milliards [de dollars] à partir de l’an prochain», a encouragé le secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann. Évoqué dès 2009 à Copenhague, cet objectif des 100 Mrd$ avait été réaffirmé et prorogé jusqu’en 2025 lors de la Cop15 à Paris.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.