Edition du 12 août 2022

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Porc: les cours frôlent les 2€/kg à Plérin, niveau historique

La cotation du marché du porc breton (MPB) de Plérin a connu, lors de la séance du 11 août, une hausse de 5 cents/kg (le maximum autorisé) pour atteindre 1,972 euro le kilo, soit un niveau jamais atteint depuis au moins 25 ans. Il faut remonter à mars 2001 pour retrouver une cotation similaire, à 1,866 euro le kilo, conséquence indirecte de la crise de la vache folle. Cette fois, le record est nourri par une faiblesse de l'offre sur l'ensemble des bassins de production européens, aggravée par les effets de la canicule sur les élevages du sud de l'Europe. La période est notamment marquée par un recul historique du cheptel allemand, d'environ 10% par rapport à l'an passé, selon les analystes de MPB. Toutefois, contrairement à 2001, les producteurs ne profiteront pas complètement de ces cours exceptionnels, puisque le prix de l'alimentation animale atteignait également des records ces dernières semaines. L'indice Ipampa porc a progressé de 30% sur un an, pour atteindre un niveau (153,7) jamais atteint depuis au moins 2005. Avant de marquer le pas, la production européenne avait subi une période de prix bas dus à la reconstitution du cheptel porcin chinois et à l'irruption de la peste porcine africaine (PPA) en Allemagne, l'empêchant de commercer avec la Chine.

Blé OGM: la première récolte de l'histoire vendue sur le marché argentin

Interrogée par Agra presse le 10 août, la société de biotechnologie argentine Bioceres a annoncé, exclusivité, que sa récolte 2022 de blé transgénique - la première à avoir été commercialisée dans le monde, 124 188 tonnes - a été transformée et vendue par plusieurs meuniers locaux. «Notre récolte de blé HB4 a été transformée par des meuniers argentins, lesquels sont libres d’en disposer», a expliqué à Agra presse, Gabino Rebagliati, directeur de communication de Bioceres, en marge du congrès annuel de l’association argentine des producteurs en semis direct (AAPRESID). Le 12 mai dernier, le gouvernement argentin avait publié un décret autorisant, pour la première fois dans le monde, la culture et la consommation de blé OGM. Le texte n'impose toutefois pas d'obligation d’étiquetage auprès des consommateurs finaux. D'ailleurs, le président du Centre des exportateurs de céréales (CEC) de l’Argentine confie à Agra presse que «la récolte de blé OGM de Bioceres 2021/2022 a été moulue par des meuniers qui restent dans l’anonymat par peur d’être la cible d’activistes anti-OGM». Selon Gabino Rebagliati, d'autres pays pourraient suivre rapidement l'Argentine, comme le Brésil, les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Colombie et le Nigéria.

Agrumes: accord avec l'Afrique du sud pour mettre fin au blocage dans les ports européens

L'Afrique du Sud a annoncé le 11 août avoir trouvé un accord pour mettre fin au blocage de tonnes d'agrumes dans les ports européens en raison d'un conflit commercial avec l'Union européenne. L'Afrique du Sud, deuxième exportateur mondial d'agrumes frais après l'Espagne, a déposé plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le mois dernier quand l'UE a introduit de nouvelles exigences phytosanitaires de lutte (contre l'introduction du faux carpocapse) qui, selon les producteurs, menacent leur survie. Le 11 août, Pretoria a indiqué avoir mis en place de nouveaux documents qui intègrent les nouveaux critères, permettant à plus de 300 conteneurs de passer les contrôles douaniers. Et d'autres devraient suivre. Selon le nouvel accord trouvé avec l'Union européenne, les cargaisons qui ne sont pas aux normes souhaitées, peuvent subir le traitement par le froid exigé par l'UE à leur arrivée, a expliqué le ministère sud-africain de l'Agriculture. Mais «les agriculteurs ne recevront sans doute que la moitié des revenus attendus, puisque la plupart des conteneurs sont bloqués depuis des semaines» entraînant le pourrissement des fruits, a souligné l'association sud-africaine des producteurs d'agrumes (CGA).

Sécheresse: situation «préoccupante» des nappes phréatiques en juillet (BRGM)

La situation est «préoccupante» pour un grand nombre de nappes phréatiques en France métropolitaine en juillet, en raison d'une recharge en eau «nettement inférieure à la normale» pendant l'hiver et de la sécheresse historique en cours, selon le bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publié le 11 août. «En juillet, la vidange se poursuit et l'ensemble des nappes observent des niveaux en baisse», indique le BRGM. «Ce constat n'est pas étonnant, compte tenu de l'absence de précipitations», selon l'établissement public français géologique, qui note toutefois que le niveau de la vidange ralentit «sur de nombreuses nappes, conséquences probables des pluies de fin juin et de la diminution des prélèvements» grâce aux restrictions ordonnées dans la quasi-totalité des départements. «La situation demeure cependant préoccupante pour un grand nombre de nappes qui affichent des niveaux bas à très bas», en particulier dans le «centre-ouest (Poitou, Brenne, Maine, Touraine)» et dans le «sud-est (Bas-Dauphiné, Provence et Côte d'Azur)». «Les niveaux sont peu satisfaisants», insiste le BRGM. Malgré des orages et de la pluie attendue à partir de dimanche, ces "pluies ne devraient pas réussir à s'infiltrer en profondeur", les sols trop secs favorisant le ruissellement, explique le BRGM.

Sécheresse: le Modef réclame des mesures d’urgence et structurelles à Marc Fesneau

Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Agriculture le 11 août, le Modef demande plusieurs mesures exceptionnelles pour faire face à la sécheresse historique sur le territoire. Le syndicat minoritaire réclame «l’interdiction des cultures agricoles dédiées à la méthanisation» -notamment la paille, le maïs, les céréales- qui peuvent servir aux éleveurs plutôt qu'à la production énergétique. Il réclame «le blocage des prix de la paille et du foin» et la prise en charge par l’Etat du transport de ces deux productions. Il demande aussi l’activation du régime des calamités agricoles avec, pour les pertes de récolte, un abaissement du seuil de perte physique de la production annuelle à 10% (au lieu de 30%). D’autre part, le Modef appelle à envisager l’irrigation «comme une assurance sécheresse pour compenser le déficit en eau, plutôt que comme moyen de produire plus». Il estime qu’il faut utiliser prioritairement les eaux de surfaces (lacs, réserves collinaires, nappes superficielles, cours d’eau) et non les nappes profondes «qui ne se reconstituent que très lentement». Le Modef est aussi favorable à réutiliser les eaux usées traitées à des fins agricoles.

Somalie: un million de personnes déplacées par la sécheresse

La sécheresse qui sévit en Somalie a atteint un niveau sans précédent et fait un million de personnes déplacées, ont alerté, le 11 août, l'ONU et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Plus de 755 000 personnes ont été déplacées cette année à l'intérieur de la Somalie en raison de la grave sécheresse qui frappe la Corne de l'Afrique, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés et le NRC. Cela porte le chiffre total à 1 million de personnes déplacées depuis janvier 2021, date du début de cette terrible sécheresse. «Ce cap d'un million de personnes est un énorme signal d'alarme», a déclaré le directeur du NRC en Somalie, Mohamed Abdi, cité dans un communiqué. «La famine hante désormais le pays entier. Nous voyons de plus en plus de familles obligées de tout abandonner car il n'y a littéralement plus d'eau ni de nourriture dans leurs villages. Il est urgent d'augmenter le financement de l'aide avant qu'il ne soit trop tard», a-t-il ajouté. La Somalie connaît une période de sécheresse historique depuis deux ans - une situation qui n'a pas été observée depuis plus de quarante ans, selon les deux organisations.

Campagnols: l’AOP Saint-Nectaire s'adapte temporairement

Dans un arrêté paru le 11 août au Journal officiel, le ministère de l’Agriculture prévoit une modification temporaire du cahier des charges de l’AOP Saint-Nectaire, en raison des dégâts provoqués par la prolifération des campagnols dans les prairies d’une trentaine de communes du Cantal et du Puy-De-Dôme. Cet arrêté vise à alléger les conditions imposées pour l’alimentation des bovins. Du 2 août 2022 au 15 mai 2023, la part de matière sèche provenant de la zone de production du lait dans la ration annuelle des vaches laitières peut être réduite à 50% et la condition portant sur l’origine de l’herbe composant l’alimentation de base des génisses est levée. Enfin, pour l’année 2022, la durée minimum de pâturage obligatoire des vaches laitières est réduite à 120 jours pour les communes où l’infestation est très importante, et à 90 jours si l’infestation est maximale. Ce n'est pas la première année qu'une telle mesure est prise dans cette AOP, régulièrement touchée par les pullulations de campagnols terrestres qui affectent fortement les récoltes de fourrage. Des décisions similaires avaient notamment été prises en 2015 et 2016.

L'excédent commercial boosté par le prix des céréales au premier semestre

Dans une note de conjoncture (Agreste) parue début août, le ministère de l'Agriculture observe que l'excédent commercial agroalimentaire français était de nouveau en hausse au premier semestre 2022, porté principalement par le prix de céréales. Le solde atteint 4798 millions d’euros en cumulé sur les six premier mois (+ 31 % par rapport au premier semestre 2021), du fait d’une croissance des exportations plus importante en valeur que celle des importations. La principale raison de cette progression réside dans le dynamisme des échanges de produits agricoles bruts, essentiellement porté par la forte hausse des exportations céréales sur un an (+ 52 %). Cette progression s’explique par l’augmentation des quantités expédiées – conséquence des bons rendements de 2021 – et surtout par la montée des prix moyens à l’exportation en raison de la guerre en Ukraine. Les principales céréales concernées sont le blé tendre et le maïs. A l’inverse, le solde commercial des produits transformés, bien que toujours excédentaire, enregistre une baisse par rapport au premier semestre 2021. On rappelle toutefois que le solde agricole et agroalimentaire français se dégrade tendanciellement depuis la crise financière de 2008, comme l’expliquait un rapport du Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture paru en janvier 2022.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.