Incendies: Attal évoque «indemnisations» et «dégrèvements» pour les agriculteurs
Dans un entretien accordé au quotidien régional Le Télégramme, publié le 15 août, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a évoqué des «indemnisations» et «dégrèvements» pour les agriculteurs victimes des incendies ou mobilisés dans la lutte contre les feux. «Les agriculteurs qui se sont mobilisés, en mettant par exemple à disposition leur réserve d’eau pour aider les pompiers, seront évidemment indemnisés», explique-t-il dans un premier temps, avant d'évoquer le cas des agriculteurs «qui ont été victimes des incendies et dont les terres ont été réduites en cendres». Dans leur cas, Gabriel Attal explique avoir «demandé aux services des impôts, en lien avec les services du ministère de l’Agriculture, de mobiliser les mécanismes de dégrèvement exceptionnel sur les taxes foncières sur les propriétés non bâties pour perte de récoltes». Et de préciser que «lorsque ce sera possible, les zones sinistrées seront identifiées et le dégrèvement sera octroyé d’office à hauteur de la perte de la récolte subie». La veille, l'Elysée avait annoncé qu'Emmanuel Macron réunirait prochainement l'ensemble des acteurs des départements concernés, une fois les feux éteints, afin de réfléchir au «modèle de prévention et de lutte contre les incendies» en France.
Sécheresse: Limouzin demande un assouplissement exceptionnel des calamités
A l'instar de ce qui a été mis en place pour l'arboriculture suite au gel de 2021, le vice-président de la FNSEA en charge des gestion des risques sanitaires et climatiques, Joël Limouzin, demande, dans un entretien accordé à FranceInfo le 14 août, un assouplissement «exceptionnel» du régime des calamités agricoles pour permettre à un maximum d'agriculteurs, en particulier aux éleveurs, de faire face aux conséquences de la sécheresse. Dans le détail, explique-t-il à Agra presse, la FNSEA plaide pour un abaissement du taux minimal de pertes du produit brut d'exploitation (aujourd'hui fixé à 13%), pour permettre d'ouvrir l'indemnisation à des exploitations multi-productions ; et pour une augmentation du taux d'indemnisation (28%), pour compenser le niveau très élevé de pertes constaté cette année, notamment dans les élevages. Le syndicat majoritaire demande par ailleurs qu'un Comité national de gestion des risques agricoles (CNGRA) soit convoqué de manière exceptionnel dès septembre pour établir «un état des lieux» et fournir «un cadrage» aux préfets. Selon Joël Limouzin, les pertes de fourrages s'élèveraient entre 1,5 et 2 milliards d'euros - des estimations plus précises devraient être fournies par les professionnels d'ici la semaine prochaine.
Vendanges: premiers coups de sécateur «précoces» dans le Bordelais
Les premiers coups de sécateur ont été donnés le 16 août dans le vignoble bordelais sur les blancs secs, les vendanges «les plus précoces» jamais connues dans la région en raison de la canicule et de la sécheresse, survenues même avant celles des crémants qui traditionnellement ouvrent le bal. «Ce sont vraiment les vendanges les plus précoces que nous ayons eues. En 2003, c'était le 18 août, en 2020 le 17 et là encore, on aurait pu les commencer hier, lundi, ou la semaine dernière», rapporte à l'AFP Jacques Lurton, président du syndicat de l'appellation bordelaise Pessac-Léognan. «Cela est dû à une climatologie exceptionnelle, le cycle de la vigne s'est accéléré au-delà de ce que l'on connaissait», a ajouté M. Lurton, précisant que «c'est en ce moment que le pic aromatique du sauvignon est le plus haut, le moment idéal pour ramasser». Dans le Bordelais, comme dans de nombreux bassins viticoles français, les fortes chaleurs de juin, juillet et août ont accéléré la maturation du raisin, contraignant les viticulteurs à avancer les vendanges de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Ainsi, quelques vignerons du Languedoc-Roussillon donnaient déjà fin juillet leurs premiers coups de sécateurs. Dans la région, trois appellations - Pessac-Léognan, Pomerol et Saint-Emilion - avaient cet été obtenu l'autorisation d'irriguer leurs jeunes vignes, mal-en-point du fait des conditions climatiques extrêmes.
Sécheresse: en Italie, le lac de Garde à son plus bas niveau depuis 15 ans
En Italie, la sécheresse a ramené le lac de Garde dans le nord de l'Italie à son niveau le plus bas depuis 15 ans. «Nous sommes maintenant à 30 cm au-dessus du zéro hydrographique, alors que la moyenne de ces dernières années était de 80 à 100 cm au-dessus en cette période», explique à l'AFP Gianluca Ginepro, directeur de Garda Unico, la société de promotion du lac de Garde. «C'est une situation à tenir sous contrôle, mais pour le moment il n'y a pas de problème du point de vue de l'utilisation du lac pour des activités comme la voile ou le windsurf», dit-il, assurant que le tourisme se porte très bien dans la région. «Nous avons un peu perdu la possibilité de fournir de l'eau à l'agriculture», en aval du lac, à travers la rivière Mincio, reconnaît aussi M. Ginepro. Confronté à la pire sécheresse depuis 70 ans, le gouvernement italien avait décrété début juillet l'état d'urgence dans plusieurs régions du centre et du nord du pays. D'une superficie d'environ 367 km carrés, le niveau du lac de Garde n'a cependant toujours pas atteint celui de l'été 2007, quand, selon l'organisme italien chargé du suivi des lacs, il avait enregistré un niveau de 9,9 cm au-dessus du zéro hydrographique.
Agriculture indoor: des chercheurs explorent la photosynthèse artificielle
Dans un article publié dans la revue Nature Food le 2 juin, des scientifiques américains décrivent comment ils sont parvenus à cultiver des algues hétérotrophes en les nourrissant d'une molécule issue de photosynthèse artificielle. Le terme de photosynthèse artificielle désigne une combinaison d'appareils photovoltaïque et électrolytique permettant de convertir de la lumière et du CO2 en composés organiques, mimant ainsi le procédé de photosynthèse bien connu chez les plantes. Essentiellement expérimenté pour produire des carburants, ce domaine de recherche aurait un potentiel dans la production agricole indoor (micro-algues de biomasse, agriculture verticale) où il pourrait remplacer l'éclairage artificiel et apporter une meilleure efficacité énergétique, estiment les chercheurs. Pour leur expérience, ils ont développé un nouvel appareil dédié à la photosynthèse artificielle de l'acetate, un composé organique qu'ils ont ensuite utilisé pour cultiver différents organismes hétérotrophes (algues, levures, champignons) connus pour être capables de se nourrir d'acetate dans le noir. Résultats: des rendements énergétiques prometteurs. Des tests moins concluants ont aussi été conduits de jour sur une culture agricole autotrophe, la salade ; les chercheurs ont constaté que l'acetate est assimilé par ces plantes, avec un effet négatif sur la croissance.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.