Edition du 22 août 2022

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Sécheresse: Fesneau réunit les syndicats lundi, leurs demandes

Le ministre de l'Agriculture réunira les syndicats agricoles, ce lundi 22 août, pour évoquer les conséquences de la sécheresse sur la Ferme France. Cela pourrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs touchés, notamment en matière de semis des cultures intermédiaires. Ces derniers jours, la FNSEA plaidait notamment pour une dérogation générale aux semis de SIE et Cipan, un assouplissement exceptionnel du régimes des calamités agricoles, des mesures de soutien à la trésorerie (MSA, banques, assurances, taxes...) et une «levée des freins» à la constitution de réserves d'eau. Dans un communiqué le 19 août, la Coordination rurale propose des mesures similaires : soutiens à la trésorerie, «aide à l'achat et au transport de paille et fourrage», aide au re-semis, dérogations de semis de cultures intermédiaires, «bienveillance de l'INAO» sur les cahiers des charges... De son côté, la Confédération paysanne se distingue en plaidant pour une «aide d'urgence forfaitaire par actif», une «priorisation de l'irrigation en période de restrictions pour les cultures vivrières et les cultures à forte valeur ajoutée en emplois», et l'interdiction d'alimenter les méthaniseurs», liste le porte-parole national Nicolas Girod, contacté par Agra presse.

Lait: une antenne 4G controversée coupée par les éleveurs, puis rebranchée

D'après plusieurs médias dont l'AFP, une action pour couper l'antenne relais 4G soupçonnée d'affecter la santé d'un troupeau de vaches en Haute-Loire a été menée le 18 août, au lendemain d'une décision du Conseil d'Etat retoquant sa désactivation. «En fin de matinée, on a tombé le disjoncteur. On n'a rien cassé, on a simplement coupé car ce n'est plus tenable», a déclaré à l'AFP Frédéric Salgues, éleveur à Mazeyrat d'Allier (Haute-Loire). Selon l'éleveur, plusieurs dizaines de personnes, dont le maire du village, étaient présentes en soutien à cette action destinée à voir si l'état des vaches s'améliore quand l'antenne est désactivée. Mais le lendemain, Orange était déjà «en train de rebrancher l’antenne, avec les gendarmes», a confié Frédéric Salgues à nos confrères de Réussir, contacté par téléphone ce 19 août en fin de matinée. Le Conseil d'Etat avait débouté l'éleveur pour une erreur de droit, plus exactement un usage non justifié d'une mesure de référé conservatoire. Le Conseil d'Etat rappelait toutefois que le Gaec pourra recourir ultérieurement à un autre type de procédure d'urgence appelé référé-suspension. Contacté peu avant la décision, l'avocat du Gaec rappelait enfin qu'une expertise judiciaire se poursuit en parallèle pour déterminer le lien éventuel entre l'antenne et les problèmes sanitaires du cheptel.

Miel: le dioxyde de soufre autorisé temporairement contre le coléoptère des ruches

Les insecticides contenant du dioxyde de soufre, une substance controversée, sont autorisés pour 180 jours pour tuer les colonies d'abeilles infestées par le coléoptère des ruches afin de lutter contre sa propagation, selon un arrêté publié le 19 août au Journal officiel. Le coléoptère des ruches, ou Aethina tumida de son nom scientifique, est un insecte dangereux pour les ruches car il se nourrit du couvain (les oeufs et les larves d'abeilles), du miel et du pain d'abeilles et détruit les cadres des ruches, indique le ministère de l'Agriculture sur son site. «L'introduction en France de ce danger sanitaire de première catégorie aurait des conséquences sanitaires et économiques lourdes pour la filière apicole», précise le ministère. Le coléoptère des ruches a été découvert en Europe en 2014 dans le sud de l'Italie et en juillet 2022 un foyer a été repéré à La Réunion. Le dioxyde de soufre, de la famille des sulfites, est interdit depuis 2007 comme insecticide. Il est considéré comme un produit polluant et peut provoquer des irritations des muqueuses, de la peau et des voies respiratoires. Il a néanmoins déjà été autorisé temporairement en 2013 contre les frelons asiatiques.

Champagne: lancement précoce des vendanges, dès lundi

Les vendanges dans le vignoble champenois pourront commencer dès lundi dans certaines communes de l'Aube, une date précoce liée à un été chaud et sec, mais néanmoins plus tardive qu'en 2020, a annoncé le 20 août le Comité champagne, qui se réjouit d'une évolution «idéale». Les vendangeurs pourront se mettre au travail dès lundi 22 août dans certaines communes de l'Aube et seront suivis au cours des jours suivants par la Marne, la Haute-Marne, l'Aisne et la Seine-et-Marne - où trois villages font partie de l'appellation. Les dates de début de vendanges autorisées s'échelonnent selon les communes jusqu'au 5 septembre, soit un coup d'envoi une quinzaine de jours plus tôt que l'an dernier. Dans l'Aube, quelques exploitations avaient obtenu des dérogations pour donner les premiers coups de sécateurs dès jeudi 18. «Ce sont les huitièmes vendanges qui démarrent en août depuis 2003, cela devient non pas la règle, mais fréquent», a commenté auprès de l'AFP David Chatillon, co-président du Comité champagne. «On est dans la courbe idéale, avec un stress hydrique modéré, et il ne faut pas oublier que la vigne est une plante méditerranéenne, le stress hydrique est bon pour elle», a-t-il ajouté.

Sécheresse: en Italie, des vaches empoisonnées par de jeunes pousses de sorgho

La mort spectaculaire, début août, dans le nord-ouest de l’Italie, d’une cinquantaine de vaches empoisonnées par de jeunes pousses de sorgho est probablement une conséquence de la sécheresse actuelle, a expliqué, le 18 août, un scientifique. Le 6 août, 50 vaches de race piémontaise d’un élevage de Sommariva del Bosco, près de Turin dans la région du Piémont, ont été terrassées par une intoxication aiguë à la durrhine, naturellement présente dans les jeunes pousses de sorgho, mais pas dans une concentration aussi importante que celle relevée dans les échantillons prélevés sur place. «Nous soupçonnons la sécheresse d’être responsable de la très grande quantité de durrhine trouvée dans les plantes de sorgho», a dit à l’AFP Stefano Giantin, vétérinaire à l’Institut zooprophylactique expérimental du Piémont, de la Ligurie et du Val d’Aoste. Les analyses ont démontré que la concentration de durrhine s’élevait à 10’717 mg/kg, une quantité jugée «très anormale» par le vétérinaire. Une présence élevée due, selon les premières analyses, au stress hydrique provoqué par la sécheresse frappant l’Italie et l’Europe en général.

Ukraine: l'ONU veut «intensifier» les exportations de céréales avant l'hiver...

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a promis, le 18 août que son organisation allait s'efforcer «d'intensifier» les exportations de céréales ukrainiennes avant l'arrivée de l'hiver, celles-ci étant cruciales pour l'approvisionnement alimentaire de nombreux pays d'Afrique. «Nous ferons de notre mieux pour intensifier nos opérations afin de faire face aux difficultés de l'hiver à venir», a déclaré M. Guterres à l'issue d'une rencontre trilatérale à Lviv, dans l'Ouest de l'Ukraine, avec les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et turc Recep Tayyip Erdogan. Au total, 25 navires chargés de céréales ont jusqu'à présent quitté les ports ukrainiens depuis la signature d'un accord par Kiev et Moscou sous égide de l'ONU et de la Turquie. Il s'est félicité d'un «début de stabilisation» des marchés dans ce secteur depuis l'accord entre la Russie et l'Ukraine. «Ne nous faisons pas d'illusion: il y a encore un long chemin avant que cela ne se traduise dans la vie quotidienne des gens, dans leur boulangerie et sur les marchés», a-t-il nuancé, pointant du doigt les «chaînes d'approvisionnement perturbées» et les «coûts de l'énergie et du transport inacceptables».

... et appelle à lever les «entraves» à l'exportation des produits russes

Les engrais et produits agricoles russes doivent pouvoir accéder aux marchés mondiaux «sans entrave», au risque d'une crise alimentaire mondiale dès l'an prochain, a réaffirmé le 20 août à Istanbul le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. «Il est important que les gouvernements et le secteur privé coopèrent pour les faire parvenir sur le marché», a-t-il déclaré depuis le Centre de coordination conjointe (CCC), qui supervise l'application de l'accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes signé en juillet par Kiev et Moscou sous l'égide de l'ONU et de la Turquie. «L'autre partie de cet accord global est l'accès sans entrave aux marchés mondiaux des produits alimentaires et des engrais russes, qui ne sont pas soumis aux sanctions», a affirmé M. Guterres, soulignant qu'en dépit de cela les exportations d'engrais et de produits agricoles russes se heurtaient encore à des «obstacles». «De notre point de vue, il n'y a aucun obstacle juridique lié aux sanctions (occidentales contre la Russie, NDLR), aucun obstacle opérationnel à l'exportation du grain russe», avait déclaré, la veille, la présidence française à l'issue d'un entretien entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. Il y a «de la part de la Russie une volonté d'instrumentaliser politiquement cette question», a-t-elle ajouté.