Alimentation animale: baisse d'activité «inédite» au premier semestre
La production d'aliments composés pour animaux a baissé de 5,7% sur le premier semestre 2022 (par rapport au premier semestre 2021), soit 550 000 tonnes de moins, l'équivalent de quinze usines, ont alerté les fabricants du Snia, lors d'une conférence de presse le 31 août. «Des chiffres inédits», selon le vice-président du Snia, Ludovic Michel. Dans le détail, les baisses sont de 4% en ruminants, 4,3% en porc et 8,2% en volaille (voir le communiqué). Ce recul est à mettre sur le compte du manque du «d'attractivité et de rentabilité» pour les deux premières productions, a résumé le directeur du Snia Stéphane Radet. Le syndicat demande des mesures d'urgence pour enrayer la décapitalisation, notamment du cheptel ruminant que la sécheresse pourrait faire perdurer ou accélérer. En volaille, l'érosion provient de l'influenza aviaire et des importations croissantes, qui font espérer un rebond à moyen terme. Toutes filières confondues, la baisse atteint même 10% en agriculture biologique, en raison des changements alimentaires liés à la crise covid et l'inflation. À ce sujet, le Snia attire l'attention sur le fait que certains États membres – mais pas la France – ont demandé des dérogations à l'obligation faite par le nouveau Réglement européen depuis fin 2021 d'avoir 100% d'aliments bio dans les élevages certifiés. Les fabricants craignent une distorsion de concurrence.
Affaire Savencia/Sunlait: condamné à verser plus de 26 M€, Savencia fait appel
Le tribunal de Coutances a condamné, le 30 août, le groupe Savencia à verser plus de 26 M€ aux producteurs de l’AOP Sunlait, dont 25,9 M€ au titre de la différence entre le prix de base producteur issu de la formule de juin 2018 et le prix «unilatéralement fixé et payé» par l’industriel en 2020. En outre, Sunlait (six organisations de producteurs) obtient 350 000 € au titre du préjudice matériel causé à l’association. Dans un communiqué du 31 août, Savencia déclare faire appel de cette décision qu’il «conteste vigoureusement», mettant en avant que «le prix moyen versé à Sunlait sur la période 2020-2021 a été supérieur de 6,3€/1000 l par rapport à la moyenne nationale». Entre octobre 2019 et décembre 2020, l'industriel est sorti «unilatéralement» de la formule de prix définie dans le contrat cadre signé entre les deux parties en 2018, avançant qu’il existait un trop grand décalage avec son environnement concurrentiel, récapitule le jugement. Une situation qui s’est répétée à plusieurs reprises dans l’année 2021. Pour le tribunal, «la société Savencia ne peut décider de rompre unilatéralement l’accord ainsi passé lorsque la formule mathématique de prix adoptée lui devient défavorable».
Phytos: le dispositif simplifié pour les pesticides biologiques adopté
La Commission européenne a adopté le 31 août les nouvelles règles visant à simplifier, et donc à accélérer, la procédure d’autorisation des micro-organismes (bactéries, champignons, virus…) utilisés comme produits phytosanitaires. Alors que la Commission européenne, dans le cadre de la stratégie De la ferme à la table, a fixé un objectif de réduction de 50 % de l’usage et des risques liés aux pesticides dans l’UE d’ici 2030, ces nouvelles règles devraient offrir aux agriculteurs de l’UE des options supplémentaires pour remplacer les produits phytopharmaceutiques chimiques par des alternatives plus durables, promet Bruxelles. «Nous avons déjà approuvé 20 alternatives à faible risque depuis le début de notre mandat», précise la Commissaire européenne à la santé Stella Kyriakides. La Commission européenne avait présenté ces dispositions au mois de février. Elles ont depuis été validées par les États membres et le Parlement européen et s’appliqueront à partir de novembre 2022.
Sécheresse: l’Inao approuve deux demandes de dérogation déposées par des AOP laitières
Deux demandes de dérogation temporaire déposées par des AOP laitières du Sud-est – l’une des régions les plus touchées par la sécheresse – ont été approuvées le 31 août, a appris Agra Presse auprès de l’Inao (institut national de l'origine et de la qualité) qui a la charge d’évaluer les dossiers. Elles ont été déposées par l’AOP Banon et l’AOP Bleu du Vercors-Sassenage. Un arrêté sera pris prochainement. «Les discussions de ce matin ont porté sur les types de fourrages autorisés à l’automne. Ce serait les fourrages de la même zone, mais peut-être pas sous la même forme», explique le président du Cnaol, Hubert Dubien. Le délégué général de l’organisation représentative des cinquante et une AOP laitières, Sébastien Breton, ajoute que d’autres demandes pourraient suivre: «La moitié des appellations d’origine y réfléchissent.» La sécheresse rend difficile pour les producteurs de remplir les critères des cahiers des charges. Le déficit de la pousse de l’herbe (-31% en moyenne sur le territoire national selon Agreste) soulève la question du temps de pâturage, mais aussi de la possibilité d’acheter du fourrage provenant de l’extérieur de la zone de production de l’AOP ou encore du taux de matières sèche dans les fourrages.
Vin : après les fumées des incendies, des résultats « rassurants » pour le Bordelais
Les premiers résultats concernant la présence de molécules pouvant donner un «goût de fumée» au vin sont «rassurants» pour le vignoble bordelais, après les incendies qui ont brûlé plus de 28 000 ha de forêt en Gironde, a appris l’AFP le 30 août lors d'une conférence à l'Institut des sciences de la vigne et du vin. «À ce stade, les premiers résultats analytiques sont rassurants», a indiqué Vincent Renouf, d.g. du laboratoire Excell, expliquant que 400 analyses avaient été faites. Sur des composés connus qui participent au «goût de fumée» dans le vin, «on reste sur des niveaux inférieurs aux seuils de perception théorique», a-t-il ajouté. Il l'a notamment expliqué par le fait que les incendies avaient frappé «très tôt» avant les vendanges, contrairement aux incendies en Californie en 2020 ou en Provence en 2021. Le raisin n'avait pas encore beaucoup de sucre et n'a pas pu beaucoup «glycoliser» les molécules issues de la combustion du bois (phénols volatils) : «Si le raisin n'a pas assez de sucre, ça (ces molécules, ndlr) ne rentre pas», a-t-il expliqué. «Dans le vignoble (bordelais), il n'y a aucune inquiétude», a assuré Dominique Guignard, patron du syndicat des Graves.
Climat : l'ONU prévoit un épisode La Niña d'une durée sans précédent pour ce siècle
L'épisode actuel du phénomène climatique La Niña, notamment responsable de l'aggravation de la sécheresse dans la corne de l'Afrique, devrait avoir une durée sans précédent pour ce siècle et persister au moins jusqu'à la fin de l'année, a indiqué l'ONU le 31 août. Il s'agirait pour ce siècle du premier épisode La Niña s'étendant sur trois hivers consécutifs dans l'hémisphère Nord (ou trois étés consécutifs dans l'hémisphère Sud), selon le nouveau bulletin publié par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU. L'actuel phénomène, qui s'est amorcé en septembre 2020, devrait se poursuivre au cours des six prochains mois : la probabilité de cette prévision s'élève à 70 % pour les mois de septembre à novembre, puis se ramène progressivement à 55 % pour la période allant de décembre à février 2023. La Niña - l'équivalent froid d'El Niño - provoque un refroidissement d'une partie des eaux de surface du Pacifique, influençant le cycle de précipitations et le climat de certaines régions du globe. «La sécheresse qui s'intensifie dans la Corne de l'Afrique et dans le sud de l'Amérique du Sud porte la marque de La Niña, tout comme les précipitations supérieures à la moyenne enregistrées en Asie du Sud-Est et en Australasie», indique le bulletin.
Pac 2023: Bruxelles valide le PSN français
Après de longs mois de concertation avec les professionnels et les ONG, puis de négociation entre Paris et Bruxelles, la Commission européenne a approuvé officiellement, le 31 août, le Plan stratégique national (PSN) français pour la prochaine programmation de la Pac qui doit s'appliquer à partir du 1er janvier 2023. Le document finalisé est à télécharger sur le site du ministère de l'Agriculture. En terme de calendrier, la France fait partie des bons élèves, avec l'Espagne et la Pologne dont les plans ont été validés le même jour. Une vingtaine de plans doit encore être adoptée d'ici la fin de l'année, dont ceux de l’Allemagne et de la Belgique qui ont été transmis tardivement à la Commission européenne. Elaboré par Julien Denormandie, le PSN français a été conçu pour assurer une forme de stabilité, entre filières, entre régions, entre soutien à la production et à la transition. Suite aux remarques de Bruxelles, son successeur Marc Fesneau avait du effectué plusieurs modifications allant dans le sens de contraintes et d'aides environnementales plus fortes (rotation des cultures, couverture des sols, montants des écorégimes accordés au bio).
Retour des farines animales: un dossier encore «à l'instruction» chez les fabricants
Un an après la parution du Réglement 2021/1372 autorisant l’introduction de protéines animales transformées (PAT) de porcs, volailles et insectes dans l’alimentation des monogastriques, aucune commande n'aurait été encore réalisée par les fabricants français d'alimentation animale, ont indiqué les professionnels du Snia lors d'une conférence de presse le 31 août. Selon le directeur du Snia, Stéphane Radet, le dossier pose plusieurs questions à la filière, qui ne sont pas tranchées et restent «à l'instruction». Trois produits ont été autorisés, à base d'insectes, de protéines de volaille, et de protéines de porc. Les industriels s'interrogent tout d'abord sur leur capacité à valoriser ces nouvelles matières et sur «l'intérêt économique» à le faire dans un cadre réglementaire assez strict (non-croisement des espèces, traçabilité). «Il faudra des usines spécialisées, des élevages spécialisés et des camions spécialisés», résume Patrick Pageard, directeur général de Nutriciab. Deuxième question, et pas des moindres: «Nos clients en voudront-ils ? Tout ça est sur la table», explique Stéphane Radet, qui alerte au passage sur des risques de distorsion de concurrence si la France venait à écarter leur usage tandis que d'autres États-membres y recourraient.
Lait: la FNPL salue les positions d’Intermarché et Système U dans les négociations commerciales
Dans un communiqué du 30 août, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) salue les prises de positions des distributeurs Intermarché et Système U vis-à-vis des demandes de hausses des transformateurs laitiers. Intermarché a annoncé, dans un communiqué du 24 août, avoir signé des accords avec tous les transformateurs «à l'exception d'un seul d'entre eux». Le distributeur assure avoir accepté toutes les hausses demandées au titre de la matière première agricole (MPA) et une partie pour les matières premières industrielles. La FNPL salue également les propos tenus par le PDG de Système U sur BFMTV qui affirmait que «le lait UHT ½ écrémé à moins d’un euro le litre à terme ce n’est pas tenable». Le syndicat appelle les autres distributeurs «à suivre cet exemple». Il attend désormais des industriels que les hausses répercutées sur la distribution reviennent aux producteurs. Dans un communiqué du même jour, la FNIL (industriels «privés») met en avant l’augmentation du prix du lait payé aux producteurs (24,5% sur un an). «Si les industriels laitiers ont pris sur leurs propres marges au cours des derniers mois pour continuer à assurer la rémunération des producteurs, cette situation n’est plus tenable», assure-t-elle, exhortant la distribution de répercuter immédiatement l’inflation des coûts.
Sécheresse: le Modef veut une révision des calamités et de la future assurance récolte
Le Modef exhorte le gouvernement à prendre des mesures «à la hauteur des sinistres subis et à venir» dus à la sécheresse, dans un communiqué le 31 août. Citant le ministère de la Transition écologique qui recensait, la veille, 93 départements concernés par des restrictions d’eau (dont 79 en crise), il demande à l’État de «redéfinir le mode de calcul des "indemnités calamités" pour la période 2022 incluse, car la moyenne quinquennale sur laquelle s’appuient les calculs empêche souvent le déclenchement du FNGRA pour les secteurs d’élevage». De plus, le Modef appelle une nouvelle fois l’État à changer son fusil d’épaule concernant la réforme de l’assurance récolte qui doit entrer en vigueur au 1er janvier. Il demande à la place de «créer un système assurantiel unique, géré par l’État, et assisté dans sa gouvernance par les syndicats et interprofessions» et propose que ce système soit financé à proportion équivalente par les agriculteurs, les «acteurs de l’amont et de l’aval», l’État et l’Union européenne. Il suggère enfin de rendre cette assurance obligatoire à condition qu’un fonds d’aide s’acquitte des cotisations des agriculteurs en difficulté pour s’assurer.
La coopérative Vivescia nomme Véronique Fontaine-Heim comme directrice générale
La coopérative céréalière Vivescia annonce la nomination de Véronique Fontaine-Heim comme directrice générale à compter du 1er septembre. Elle succède à Jean-Luc Jonet, qui a prévu d’arrêter ses activités professionnelles après son départ le 30 septembre, selon un communiqué. «Véronique Fontaine-Heim a construit tout son parcours dans le secteur alimentaire – 25 ans chez Nestlé en France en alternant des responsabilités au siège et au sein de différentes filiales, puis les 10 dernières années à des postes de direction fonctionnelle et générale au sein du groupe coopératif Sodiaal, de Sysco France ou encore du groupe Agromousquetaires», souligne Vivescia.