Edition du 10 août 2022

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Vin: première estimation de la vendange 2022, «proche de la moyenne quinquennale»

En plein épisode de sécheresse, le service de statistique du ministère de l'Agriculture vient de faire paraître, le 9 août, sa première estimation de la vendange 2022. Au 1er août, la récolte est attendue entre 42,6 et 45,6 millions d'hectolitres, soit un niveau supérieur (+13 à +21%) à la faible récolte de 2021, marquée par un épisode sévère et étendu de gel au printemps, mais «proche de la moyenne quinquennale». La hausse sur un an concerne l'ensemble des bassins viticoles à l'exception de celui des Charentes particulièrement touché par les épisodes de gel et de grêle au printemps. Très affectés également par ces phénomènes cette année, le Bordelais et le Sud-Ouest n'atteindront pas la moyenne quinquennale. Dans sa note Agreste, le ministère prévient qu'il «s’agit d’une première estimation à affiner au regard de l’incertitude entourant l’évolution de la sécheresse en cours». En effet, si elle se poursuivait, de nombreux bassins risqueraient une diminution de la production, notamment dans le Beaujolais, le Val de Loire, le Sud-Ouest, le Languedoc et Roussillon, le Sud-Est, et la Corse. Et de rappeler que les vendanges devraient être particulièrement précoces cette année (fin-août, voire mi-août) et que les maladies sont peu présentes dans les vignobles.

Pommes: la récolte européenne 2022-2023 attendue en légère hausse

La production européenne de pommes (UE + Royaume-Uni) devrait augmenter de 1% en 2022-2023, pour atteindre 12,168 millions de tonnes (Mt), selon les prévisions de récolte Prognosfruit présentées, le 4 août, par l’association mondiale de la pomme et de la poire (WAPA). Soit, une hausse de 9% par rapport à la moyenne triennale, indique le secrétaire général de la Wapa Philippe Binard dans un communiqué. La France prévoit de récolter 1,468 Mt, soit une hausse de 6% par rapport à l’an dernier. La Pologne anticipe une production de 4,495 Mt (+5%). L’Italie table sur une production de 2,150 Mt (+5%) et l’Allemagne prévoit une récolte de 1,067 Mt (+6%). En revanche, la production espagnole devrait descendre à 431 000t (-23%) à cause des gelées d’avril (article en Espagnol).

Poires: rebond attendu de la récolte européenne 2022-2023

La récolte européenne de poires (UE + Royaume-Uni) devrait augmenter de 20% par rapport à l’an dernier, selon les prévisions Prognosfruit de l’association mondiale de la pomme et de la poire (Wapa) dévoilées le 4 août. Ainsi, la production attendue pour 2022-2023 devrait avoisiner 2,077 millions de tonnes (Mt). Soit, une hausse de 5% par rapport à la moyenne triennale, sachant que 2021-2022 fut une année noire à cause du gel. Ce rebond de la production européenne est «principalement dû à l’Italie et à la France, qui font plus que doubler leur production par rapport à 2021», même si la prévision française «demeure sous le plein potentiel de production», souligne le secrétaire général de la Wapa Philippe Binard dans un communiqué. Dans le détail, la France prévoit de récolter 137 000t de poires, soit une hausse de 136% par rapport à l’an dernier. L’Italie devrait produire 474 000t (+135%). Les Pays-Bas anticipent une récolte de 368 000t (+8%), et la production belge attendue est de 366 000t (+3%). En revanche, la production espagnole devrait descendre à 256 000t (-17%), et la production portugaise à 167 000t (-26%).

Agriculteurs en difficulté: le critère de contribution pour toucher l’Area est élargi

Interrogé le 9 août, le cabinet du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a confirmé l’assouplissement de la condition de contribution pour les exploitants en difficulté souhaitant toucher l’Area (aide à la relance de l’exploitation agricole). En effet, les exploitants doivent contribuer à hauteur d’au moins 25% des coûts du plan de restructuration, si ce dernier s’avère possible au terme d’un audit. «Jusqu'à présent, cette contribution devait être vérifiée par une "contribution de l'exploitant". Le décret du 5 août 2022 modifie cette règle en prévoyant un engagement de "contribution propre"», a expliqué le cabinet de Marc Fesneau. «Dans ce cadre, une "contribution propre" aux coûts de restructuration peut non seulement provenir des ressources propres du bénéficiaire de l’aide, mais également de ses actionnaires ou de ses créanciers, à l’exclusion en revanche de toute contribution provenant d’un dispositif d’aide publique.» Cet assouplissement avait été promis par l’ancien ministre Julien Denormandie lors de la présentation de la feuille de route contre le mal-être en agriculture, le 23 novembre.

Salariés agricoles: la revalorisation salariale en vigueur depuis le 6 août (JO)

La récente revalorisation des grilles salariales des employés d'exploitations agricoles ou d'entreprises de travaux agricoles (ETA) est entrée en vigueur depuis le 6 août. En effet, le ministre de l'Agriculture a fait paraître au Journal officiel un arrêté portant extension d'avenants salariaux aux deux principales conventions collectives du secteur agricole : la convention collective nationale de la branche Production agricole et Cuma (avenant signé le 15 juin), et celle des ETA (avenant signé le 12 mai). Ainsi, les dispositions contenues dans les avenants sont rendues obligatoires pour tous les employeurs et salariés des branches depuis le 6 août. Pour rappel, en ce qui concerne la branche Production agricole et Cuma, les partenaires sociaux ont acté une augmentation de 2,45 à 2,65% des salaires minimaux. Concernant la branche des ETA, les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur une hausse de 2,65% des minimas de salaires pour toutes les grilles, à l'exception des entreprises de services à l'aviculture. Ces augmentations font suite à la revalorisation du Smic de 2,65% le 1er mai, vu l'inflation.

Stockage de l'eau: un sénateur UDI veut faciliter la construction de petites retenues

Le sénateur UDI du Gers Alain Duffourg a déposé, le 18 juillet, une proposition de loi visant à «faciliter la constitution de retenues d'eau jusqu'à 150 000 mètres cubes» en modifiant leur classification au regard du code de l'environnement. Il propose d'instaurer dans la loi que «les retenues collinaires de moins de 150 000 mètres cubes d’eau» sont soumises à déclaration. Actuellement, les retenues d'eau sont soumises à déclaration ou à autorisation en fonction notamment de seuils de superficie: autorisation pour une surface supérieure ou égale à 3 ha et déclaration en 0,1 et 3 ha. Ces seuils peuvent cependant être modifiés dans certaines situations spécifiques. Selon un recensement national établi entre 1995 et 2000, près de 50% des retenues d'eau (tous usages confondus) avaient une superficie inférieure à un hectare. Pour référence, le projet controversé du lac de Caussade mesurait 20 hectares et 920 000 mètres cubes, et celui du barrage de Sivens 60 hectares pour 1,5 milllion de mètres cubes.

Carbone: une plateforme d’échange européenne rachète de l’analyse d’images satellites

Agreena, une plateforme danoise spécialisée dans l’émission de certificats carbone pour les exploitations agricoles, a officialisé le 28 juillet l’acquisition de la start-up britannique Hummingbird Technologies, spécialisée dans l'analyse des pratiques agricoles à partir d'images satellitaires. La technologie développée par Hummingbird Technologies permet notamment de déterminer à distance quelles exploitations se sont tournées vers l’agriculture régénérative, en détectant les rotations, les cultures intermédiaires ou les semis directs. Les deux entreprises étaient déjà en étroite collaboration depuis quelques années. L'opération permet à Agreena de développer son activité au-delà du seul marché européen, notamment en Amérique ou en Australie, expliquent les deux sociétés dans un communiqué. De son côté Hummingbird disposera «d’importantes ressources financières et commerciales». En France, de plus en plus de start-up sont apparues ces dernières années dans le domaine de l'intermédiation sur le marché du carbone agricole, à l’instar de Terraterre, Sysfarm ou encore plus récemment Rize.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.