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Bovin vif : afflux sur les marchés, pas en abattoirs

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La sécheresse et la pénurie de fourrages n’ont pas encore provoqué « d’afflux inhabituel d’animaux en abattoir », constate Interbev. À fin septembre, les abattages étaient même en recul. De leur côté, les marchés de bétail vif ont vu leur activité augmenter brusquement depuis quelques semaines.

Interrogée par Agra Presse au Sommet de l’élevage, le 6 octobre, Sophie Villanova, directrice de la Fédération des marchés de bétail vif (FMBV), témoigne d’un récent « afflux » d’animaux dans les marchés. En semaine 38 (du 14 septembre), environ 1 500 bovins de boucherie ont transité par les marchés (+ 500 en une semaine), ainsi qu’environ 800 bovins maigres (+ 400). Deux semaines plus tard, en semaine 40 (du 28 septembre), l’activité se maintenait encore à un niveau élevé, avec 1 399 bovins de boucherie et 7 589 bovins maigres, selon le site de la FMBV.

D’après Sophie Villanova, cet afflux tient à au moins deux raisons : la sécheresse et le décalage des vêlages dû aux maladies vectorielles de 2024. Un phénomène également pointé par Interbev, qui y ajoute la mauvaise conjoncture laitière dans une note parue le 5 octobre. Après l’Idele début septembre, l’interprofession ne note pas « d’afflux inhabituel d’animaux en abattoir à l’échelle nationale ». En cumul entre le début de l’année et fin septembre, les abattages de gros bovins sont en recul de 3,9 % (en têtes) sur un an (-9,2 % pour les vaches allaitantes et -0,2 % pour les laitières). Des chiffres qui « ne traduisent […] pas, à ce stade, de phénomène massif de décapitalisation lié aux conditions climatiques de cet été ».

« Garder des vaches quoi qu’il arrive »

Face à la crainte d’une décapitalisation massive, le président de la section bovine d’Interbev Emmanuel Bernard appelle les éleveurs à « préserver le potentiel de production », autrement dit à « garder des vaches quoi qu’il arrive ». En raison de l’effondrement de la production fourragère, « la période va être très difficile », selon lui. En raison de la sécheresse et des canicules, au 30 septembre, la pousse de l’herbe était inférieure de 42 % à la normale (1989-2018), selon le dernier bilan d’Agreste. « On ne sait pas comment on va passer l’hiver », s’inquiète M. Bernard auprès d’Agra Presse, le 6 octobre au Sommet de l’élevage. Avant de préciser que le secteur bovin traverse aujourd’hui une crise uniquement d’ordre climatique. L’élu d’Interbev exhorte donc les éleveurs à envisager tous les leviers possibles avant d’envoyer davantage d’animaux à l’abattoir. Une des possibilités pourrait consister à « mobiliser les ressources locales », par exemple en remplaçant la paille utilisée comme litière par d’autres produits (sciure, etc.), afin de l’intégrer dans la ration.

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L’éleveur nivernais incite aussi à se projeter sur la prochaine campagne pour voir comment « reconstituer les stocks ». « Pourquoi pas contractualiser avec des céréaliers pour implanter des cultures fourragères dérobées ? », avance-t-il. « Dans les systèmes de polyculture-élevage incluant des grandes cultures, il n’est pas encore trop tard pour réduire le blé et implanter une dizaine d’hectares de méteil qui pourront être ensilés au printemps », abonde de son côté Claude Vincent, de la chambre d’agriculture de l’Indre, lors d’une conférence au Sommet.

Premiers effets « fin 2026, début 2027 »

« Les effets de la sécheresse pourraient se faire sentir fin 2026, début 2027 », estime toutefois Emmanuel Bernard. Le niveau de la décapitalisation pourrait aussi dépendre du prix du lait ; en l’absence de rebond, il pourrait inciter les producteurs à réduire leur cheptel. Côté allaitant, le manque de fourrages pourrait pousser les éleveurs à « vendre davantage d’animaux maigres », craint l’élu d’Interbev (laitonnes, broutards légers, vaches maigres). Une éventuelle décapitalisation pourrait même avoir effets à long terme, prévient Christèle Pineau, de l’Institut de l’élevage (Idele). « Va-t-on abattre davantage de vaches de réforme dans les prochaines semaines ? », s’interrogeait-elle lors d’une conférence au Sommet de l’élevage, le 7 octobre. Ce qui provoquerait alors une baisse des effectifs de jeunes bovins « en 2027 et les années suivantes », faute de naissances.

Abattages de gros bovins en recul de 3,9 % à fin septembre

Déjà se projeter pour tenter de « reconstituer les stocks »