Face au recul des surfaces et des volumes, producteurs, distributeurs et semenciers avancent leurs solutions, pas toujours concordantes, pour consolider la filière.
Lors de la Journée nationale Salade organisée par le CTIFL le 1er octobre à Châteaurenard, les différents maillons de la filière (production, distribution, semenciers) ont débattu des moyens à mettre en œuvre pour consolider l’offre française, rapporte Légumes de France dans son bulletin le 2 octobre. Au-delà de la canicule en 2026, le marché de la salade est sous tension : son taux d’auto-approvisionnement est relativement peu élevé, entre 40 et 60 % selon les espèces de salades (chicorées, cresson, laitues, mâche et autres salades). En une décennie, les surfaces de laitue seules ont reculé de 20 % (environ 7 000 ha aujourd’hui). Depuis 2010, les volumes de salades ont baissé de 30 % pour passer sous la barre des 300 000 tonnes (plus de 400 000 tonnes en 2010)
« Sixième légume le plus consommé, la salade reste très marquée par l’image prix. La moindre fluctuation se répercute défavorablement sur l’acte d’achat », a souligné Delphine Tailliez, directrice générale déléguée du CTIFL. De plus, le panel d’achats des ménages montre une offre qui évolue, tant sur ce qui est acheté que sur les lieux d’achat. La laitue Iceberg, la Romaine ou les « autres salades » (jeunes pousses, mesclun…) progressent au contraire de la batavia, les feuilles de chêne ou les autres laitues. Côté retail, la GMS reste dominante, mais les spécialistes du frais (type Grand Frais) progressent aux dépens des marchés et des primeurs.
Des solutions diverses
« Les attentes se rejoignent sur certains points, sans se recouper spontanément », remarque le syndicat. La production attend le minimum tarifaire associé à des périodes de promotion, des cahiers des charges assouplis face aux aléas et évolutifs selon les saisons, la priorité à l’origine France et la poursuite du soutien aux investissements. La distribution demande des variétés plus résistantes, notamment l’été. Elle appelle aussi la production à s’entendre sur un « couloir de coût de revient mini/maxi pour stabiliser la rémunération des producteurs ».
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Légumes de France reste dubitatif : « Sous couvert de régulation, cette stratégie ne risque-t-elle pas d’étrangler les producteurs ? » Enfin, les semenciers réclament un cahier des charges lisible pour la « salade de demain », au risque de voir certaines sociétés se tourner vers d’autres espèces. Tous trois s’entendent sur la nécessité d’expliquer au consommateur les fluctuations et de rappeler la valeur des productions. « Seule une communication, sur les volumes, sur les prix et les attentes de chacun, semble permettre de réduire les effets de marché, au profit de l’ensemble des producteurs », conclut Légumes de France.
PG