Dans le sous-bassin de l’Adour, une mission conjointe du CGAAER et de l’IGEDD appelle à renouer le dialogue entre l’État et le monde agricole.
Une mission conjointe du CGAAER (ministère de l’Agriculture) et de l’IGEDD (Transition écologique), publiée le 30 septembre, appelle à créer les conditions d’un retour du dialogue entre l’État, les collectivités territoriales et le monde agricole, estimant « impératif » de penser la « reconquête » d’un bon état des eaux en même temps que l’avenir de l’agriculture. La mission, qui s’est concentrée sur les enjeux liés à la gestion quantitative de l’eau pour les besoins de l’irrigation agricole, recommande d’engager, à l’échelle du bassin, une démarche prospective pour construire une vision partagée des trajectoires agricoles, économiques et territoriales compatibles avec les ressources disponibles.
Pour l’heure, la mission constate toutefois que la question des volumes prélevables « occupe une place telle qu’elle empêche d’aborder d’autres sujets pourtant déterminants pour l’avenir du bassin ». Pour rappel, la prochaine autorisation unique de prélèvement d’eau pluriannuelle (AUP) destinée à l’irrigation fixera le cadre des volumes prélevables et, ainsi, du dispositif d’accompagnement du territoire au regard des conséquences socio-économiques à l’horizon 2040. « L’échéance de 2027 ne constitue pas une fin en soi », prévient la mission, soulignant qu’elle ne règle pas la question de l’adaptation de l’agriculture au changement climatique.
Mieux répartir les volumes disponibles
À court terme, la mission suggère notamment qu’Irrigadour reprenne l’intégralité de son rôle technique d’organisme unique de gestion collective (OUGC), alors que son rôle d’interface entre les irrigants et les pouvoirs publics apparaît « fragilisé », selon le document. Autres recommandations : mieux répartir les volumes disponibles, alors qu’ils ne sont pas toujours intégralement consommés ; mais aussi de simplifier la mise en œuvre des actions prévues dans les projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE), dont la réalisation des projets hydrauliques.
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Pour l’après-2027, la mission préconise de dimensionner le dispositif d’accompagnement du territoire au regard des volumes prélevables retenus et des impacts socio-économiques évalués conjointement. À ce stade, elle considère que la trajectoire décidée pour 2027 conduirait à une perte annuelle de revenus de l’ordre de 40 M€ et de 500 à 600 emplois pour l’ensemble du secteur économique. Elle souligne toutefois qu’il ne s’agit là que d’un ordre de grandeur qui devra être précisé par une étude socio-économique en cours. Enfin, si elle estime nécessaire de faire évoluer le modèle agricole vers des systèmes plus économes en eau et protecteurs des sols, elle se dit favorable au renforcement de la ressource en eau pour l’irrigation, et à la création d’ouvrages collectifs à vocation multi-usages.
JJ