Les deux groupes coopératifs du Sud-Ouest ont évoqué des difficultés de financement pour finaliser l’opération, dans un contexte agricole particulièrement difficile.
En raison d’un « contexte agricole et économique qui s’est encore dégradé ces derniers mois », le projet de fusion entre Euralis et Maïsadour est reporté sine die, a indiqué le 29 septembre, la direction d’Euralis, dans un courrier adressé aux salariés, qu’Agra Presse a pu consulter, confirmant une information de RIA. « Les conditions nécessaires au financement du projet de rapprochement entre Euralis et Maïsadour ne sont pas réunies à ce jour. En conséquence, le projet tel que nous l’avions initialement conçu ne pourra pas être réalisé », indique le directeur général. Toutefois, précise le groupe, « cela ne signifie pas pour autant la fin de notre ambition commune mais nous devons d’abord prioriser la gestion court terme de nos activités respectives ». Les deux coopératives sont très touchées par les récoltes calamiteuses de cultures de printemps (maïs, tournesol, soja…) très présentes dans leurs zones. Après de longs mois d’attente, l’Autorité de la concurrence avait donné son accord le 17 juillet au projet de fusion entre les groupes coopératifs Euralis et Maïsadour.
Des conditions de cession d’actifs pas évidentes
L’accord était assorti de demande de cessions d’actifs. Les deux groupes devaient céder à des concurrents un volume de production d’au moins 2 millions de canards gras, des infrastructures de collecte de céréales, oléagineux et protéagineux et une usine dédiée à la nutrition animale. Selon des sources privées, ces cessions d’actifs ne seraient pas si évidentes, au vu des difficultés financières de nombreux acteurs locaux, limitant leurs capacités de rachat.
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Les deux entités avaient été obligées d’abandonner un projet d’entreprise commune dans le canard gras en 2023. Lors d’une visioconférence organisée par l’Afja le 29 septembre, Jean-Luc Duval, président de La Coopération agricole (LCA) a déclaré que l’Autorité de la concurrence portait « une partie de la responsabilité de l’échec de la fusion ». Reconnaissant ne pas connaître les détails du dossier, il dénonce globalement des démarches « d’une complexité extraordinaire », prenant « trop de temps », sachant que l’organisme est « à des milliers de kilomètres de savoir ce que c’est que l’agriculture ». Il a par la suite fait part d’un certain pessimisme pour l’avenir, dans un contexte de crise agricole : « Je pense que ce n’est pas fini, car nous voyons bien l’état économique de nos consœurs sur le territoire ». Ce contexte de crise pourrait aussi être un accélérateur d’opérations de fusions de petites structures, voire de disparitions, prédit-il.
L’Autorité de la concurrence « porte une partie de la responsabilité »
KC