Agra Business | Arla, Tereos, 80 Acres Farms, Céréco, Calycé sun

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Ovosexage: réunion annulée par la GMS, appel à un arrêt des livraisons de Carrefour et Leclerc

Les éleveurs de la CFA (FNSEA) ont appelé le 19 février à un arrêt des livraisons d'oeufs aux enseignes Carrefour et Leclerc après l'annulation à la dernière minute d'une réunion sous l'égide du ministère de l'Agriculture pour déterminer le partage des charges de l'ovosexage entre la distribution et les producteurs. Dans le cadre d'un accord interprofessionnel, qui expire le 28 février, la grande distribution payait une cotisation de 59 centimes pour 100 oeufs au titre des investissements nécessaires pour mettre en place cette technologie. La CFA accuse la GMS de «bloquer toutes les discussions pour empêcher tout accord de financement et, pour finir, obliger les producteurs à payer le surcoût de l'ovosexage», qu'elle estime à 40 millions d'euros. «A aucun moment», la distribution «n'a envisagé de solutions dans lesquelles les producteurs auraient à contribuer au paiement de l'ovosexage», a réagi Layla Rahhou, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), auprès de l'AFP. Selon elle, «la position des producteurs (CFA) vise à bloquer les discussions pour parvenir au maintien de l'accord initial de 2022 pourtant caduc», ce qui «n'est pas acceptable». L'interprofession française de l'oeuf (CNPO), qui devait participer à la réunion, a confirmé à l'AFP son annulation.

Alimentation animale : Bruxelles soumet la valine chinoise à enregistrement

Bruxelles poursuit son enquête antidumping à l’encontre des importations de valine, acide aminé utilisé comme complément alimentaire dans la nutrition animale, en provenance de Chine. Dans un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 19 février, la Commission européenne soumet les produits chinois à enregistrement. Cette phase prendra fin neuf mois après son entrée en vigueur (le lendemain de sa publication au JO de l’UE). Cette étape est cruciale dans l’hypothèse où les conclusions de l’enquête aboutiraient à l’institution de droits antidumping. En effet, Bruxelles précise que cela permettra de percevoir rétroactivement ces sanctions sur les importations enregistrées. L’exécutif européen a décidé d’ouvrir, en décembre, une enquête antidumping à la suite d‘une plainte d’Eurolysine, déposée le 5 novembre. L’entreprise estime que la marge de dumping serait de l’ordre de 65 % et que le niveau d’élimination du préjudice se situerait entre 150% et 250% pendant la période allant du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024. Cette enquête se déroule parallèlement à celle sur les importations chinoises de lysine pour lesquelles l’UE impose déjà des droits antidumping provisoires.

Lait : le géant scandinave Arla prévoit des prix élevés en 2025

Dans un communiqué paru le 19 février, le géant lait scandinave Arla Foods s'attend à ce que son chiffre d'affaires progresse en 2025, pour atteindre en 14,5 et 15,3 milliards d'euros (contre 13,8 milliards en 2024), porté par les «niveaux élevés» du prix du lait. «Pour l'année 2025, Arla s'attend à ce que l'offre mondiale de lait, qui était restée en deçà de la demande en 2024, s'ajuste aux niveaux de prix plus élevés, accroissant potentiellement la disponibilité en 2025», ajoute toutefois la coopérative. La veille, les analystes du Cniel (interprofession laitière) avaient expliqué, en effet, que la production des grands pays exportateurs était stable depuis 2022, après plusieurs années de hausse, à l'inverse des pays asiatiques en essor. Mais que ces derniers mois, la production progressait toutefois en Nouvelle-Zélande et dans l’Union Européenne - elle diminue toutefois aux Etats-Unis, en lien avec l'influenza aviaire. Sur l'année 2024, Arla affiche un chiffre d'affaires de 13,8 milliards d'euros, contre 13,7 en 2023) et une résultat net de 401 millions d'euros (contre 399 en 2023).

Pac: Bruxelles présente sa Vision sur l'agriculture pour simplifier et mieux cibler les aides

La Commission européenne a officiellement présenté le 19 février sa Vision pour l’agriculture et l’alimentation qui constitue sa nouvelle feuille de route en la matière remplaçant la très décriée stratégie de la Ferme à la table. L’idée est désormais de «trouver des solutions pratiques dans le dialogue plutôt qu’imposer des objectifs simplistes et brutaux», résume le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen. Au premier rang de ses priorités: alléger la charge administrative. Un paquet de simplification de la Pac sera dévoilé dans les prochains mois et un autre, plus tard dans l’année, s’attaquera aux obligations en dehors de celle-ci (politique environnementale, sanitaire…). La future Pac (post-2027) devrait aussi prévoir une réforme de la conditionnalité, réservant davantage de place aux «incitations» aux pratiques les plus vertueuses, et réduisant la part des «obligations». Autre objectif pour cette future Pac: mieux cibler les aides notamment vers les jeunes agriculteurs, les exploitations familiales, les exploitations de polyculture-élevage et celles dans des zones soumises à contraintes naturelles. Christophe Hansen plaide pour la dégressivité et le plafonnement des aides sans pour autant remettre en cause les paiements à l’hectare. Ces propositions formelles sur la prochaine Pac devraient être présentées au mois de juillet, plus ou moins au même moment que celles sur le futur cadre financier pluriannuel de l’UE. Bruxelles présentera aussi en 2025 des stratégies sur le renouvellement générationnel, une vision à long terme pour le secteur de l’élevage, une stratégie numérique de l’UE pour l’agriculture, ainsi qu’un observatoire européen des terres agricoles.

Gaspillage alimentaire : accord interinstitutionnel sur les objectifs de réduction

Les colégislateurs européens sont parvenus à un accord politique, le 18 février, concernant la révision ciblée de la directive-cadre sur les déchets, qui permet, notamment, de fixer des objectifs de réduction en matière de gaspillage alimentaire d’ici 2030. Concrètement, le compromis reprend la position défendue par le Conseil de l’UE, à savoir un objectif de réduction de 10 % dans la transformation et la fabrication, et de 30 % conjointement dans la vente au détail et autres distributions de nourriture, dans les restaurants et services alimentaires et dans les ménages. Ces objectifs seront calculés en comparaison de la quantité générée en moyenne annuelle entre 2021 et 2023. Par ailleurs, la Commission européenne sera chargée, d’ici le 31 décembre 2027, de présenter les résultats d’une étude sur le gaspillage et les pertes alimentaires dans la production primaire mais également, le cas échéant, de proposer une éventuelle réactualisation des objectifs de réduction. L’accord conclu doit, à présent, obtenir l’assentiment du Parlement européen et du Conseil de l’UE avant d’entrer en vigueur. Les États membres disposeront ensuite de 20 mois pour mettre à jour leur législation nationale.

Sucre : Tereos souffre toujours de la baisse des prix, baisse du bénéfice au 3e trimestre

Le numéro deux mondial du sucre, Tereos, a enregistré un net recul de son chiffre d'affaires et de son bénéfice au 3e trimestre, ce qu'il attribue à la baisse des prix du sucre en Europe, a-t-il indiqué le 19 février. Sur ce troisième trimestre de son exercice décalé, d'octobre à décembre, le groupe coopératif a réalisé 1,39 milliard d'euros de chiffre d'affaires, une baisse de presque un quart (-22%) en un an à taux de change constant. Son bénéfice net a été encore plus affecté, passant de 107 millions d'euros à 22 millions d'euros sur la période, soit une chute de 70% à taux de change courant. En cause: le prix négocié en Europe du sucre, région qui porte historiquement le groupe. Il s'est affiché d'octobre 2023 à septembre 2024 à 860 euros la tonne, avant de passer à 530 euros pour un an à partir d'octobre 2024, a expliqué le groupe à l'AFP, soit -38%. Une baisse plus importante que celle du chiffre d'affaires de Tereos sur la période, ce qui permet au groupe d'estimer qu'il a réalisé une «bonne performance», notamment parce qu'il a exporté en dehors de l'Europe et qu'il s'est diversifié grâce à l'amidon. Tereos a de plus jugé, dans un communiqué, avoir «partiellement» compensé cette baisse des prix «par un pilotage rigoureux de (ses) coûts» et avoir pu bénéficier de «la baisse des prix des intrants (matières premières, énergie)».

Salades 4e gamme : les fournisseurs de l’industrie se constituent en AOP

Structurés en association fin 2023, les maraîchers fournisseurs de l'industrie des légumes frais prêts à l’emploi ont obtenu leur reconnaissance en tant qu’association d'organisations de producteurs (AOP) auprès du ministère de l’Agriculture le 27 décembre, annoncent-ils dans un communiqué de presse le 19 février. Baptisée Asso Leg 4G, l'association regroupe onze adhérents (sept OP et quatre sociétés produisant en partie pour l’industrie de la 4e gamme) représentant 82 000 tonnes de légumes dont 70 000 tonnes de salades pour un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros. Le périmètre de l’AOP regroupe les salades entières, les jeunes pousses et la mâche, soit les principales variétés utilisées en transformation. Les adhérents de l’association représentent près des trois quarts des volumes de salades origine France réceptionnés dans les usines métropolitaines. «Les producteurs de salade destinées à la 4e gamme, quelle que soit la taille de leur ferme et leur région de production, font face aux mêmes défis», explique Loïc Letierce, maraîcher en région Nantaise et dirigeant de la société Vendea, qui assure la présidence de l’AOP : manque de connaissance de l’offre au niveau national, conditions de production de plus ne plus compliquées, prix trop bas.

Agriculture verticale : l’américain 80 Acres Farms acquiert la biotech Plantae Biosciences

L’entreprise américaine 80 Acres Farms (agriculture verticale) a levé 115 millions de dollars supplémentaires, portant son financement total à plus de 370 millions de dollars et se tourne aussi vers la génétique végétale avec l’acquisition de la société de biotechnologie israélienne Plantae Biosciences, a signalé le site spécialisé Agfundernews le 11 février. Plantae utilise entre autres la métabolomique (étude des métabolites issus de l'organisme ou provenant de l'environnement) pour créer «des plantes aux caractéristiques uniques et nouvelles», et l’édition du génome pour accélérer le processus naturel d’évolution des plantes. «Les cultures adaptées à l’agriculture en environnement contrôlé peuvent être un atout majeur pour l’industrie», a noté Tisha Livingston, cofondatrice de 80 Acres. «Grâce à une technologie avancée de sélection végétale, nous pouvons commencer à vraiment différencier les produits en optimisant la saveur, la texture et la nutrition, contrairement à tout ce qui est disponible sur le marché aujourd’hui.» La levée de fond devrait aussi participer au développement de 80 Acres Frams  dans le commerce de détail et «à achever une expansion agricole dans le Kentucky», a indiqué Jed Portman, directeur affaires publiques, qui a ajouté que l'entreprise espère annoncer bientôt de nouvelles fermes.

Protéines d'insectes: Ynsect n'a pas encore trouvé de repreneur ou nouvel investisseur

Aucune offre de reprise ou d'investissement n'a été déposée dans les temps pour la start-up Ynsect, spécialisée dans la production de protéines et d'engrais à base d'insectes, selon le journal Les Echos le 19 février. L'entreprise française avait lancé en janvier un appel à des investisseurs ou repreneurs dans le cadre d'une procédure de sauvegarde, et les offres pouvaient être déposées auprès de l'administrateur judiciaire jusqu'au 17 février. Un porte-parole de l'entreprise n'a pas souhaité commenter l'information le 19 février au soir. La société, dont le siège social est situé dans l'Essonne, compte deux sites de production, près de Dole (Jura) et Amiens (Somme). La procédure de sauvegarde, ouverte fin septembre 2024 et courant jusqu'à fin mars, a placé Ynsect sous la protection du tribunal de commerce pendant six mois durant lesquels ses créances sont gelées. Ynsect aurait besoin de quelque 130 millions d'euros, selon Les Echos, ce qui lui permettrait d'achever sa giga-usine dans la Somme et d'augmenter sa production. La procédure peut être étendue pour six mois supplémentaires voire davantage sur décision judiciaire, mais Ynsect pourrait aussi être placée en redressement.

Céréales : l'OCCRP suspecte un vraquier de contenir du blé ukrainien volé

Dans un article du 5 février, l’OCCRP (Organized crime and corruption reporting project, organisation de journalistes internationaux) suspecte qu’un bateau contenant officiellement 27 000 t de blé tendre russe, acheté par l’Égypte, soit en réalité ukrainien. Dans le détail, il s’agit du vraquier Mikhail Nenashev, ayant accosté au port d’Alexandrie le 30 décembre, dont la cargaison a été acquise par la nouvelle agence égyptienne dépendante de l’armée Moktabal Misr, remplaçant le Gasc (General authority for supply commodities). Le fournisseur est la compagnie russe Pallada LLC. Le navire avait pour destination originelle la Syrie. Mais en raison de son instabilité, le bateau a été redirigé vers l’Égypte. Des documents obtenus par l’OCCRP indiquent que Pallada LLC avait reçu «de petites quantités de blé des zones occupées de l’oblast de Zaporijjia» au cours des deux mois précédant le départ du vraquier. L’OCCRP précise néanmoins ne pas être en mesure d’obtenir des données antérieures ou postérieures à cette période, ni de vérifier si la cargaison vers l’Égypte contenait spécifiquement des grains provenant des régions occupées.

RSE : Céréco (groupe Olga) obtient le label Fret21 sur la durabilité du transport

Dans un communiqué du 18 février, le groupe agroalimentaire breton Olga (ex-Triballat Noyal) a annoncé que sa filiale Céréco, fabricant de céréales bio pour le petit déjeuner et détenant notamment la marque Grillon d’Or, a obtenu le label FRET21 le 24 décembre dernier. Le label a été créé pour valoriser la performance environnementale des chargeurs et transporteurs. «Ce label récompense des années d’effort», commente Clément Barbier, en charge du transport de Céréco. La filiale bénéficie de la flotte de véhicules de la société mère, qui roule essentiellement au biocarburant HVO (huile végétale hydrotraitée, correspondant basiquement à une huile alimentaire recyclée). Le communiqué rappelle que 33 poids lourds ainsi que 17 véhicules légers du groupe Olga utilisent ce carburant, « permettant une réduction de 79% des émissions carbones de sa flotte». Céréco s’est également tourné vers d’autres modalités de transports, plus écologiques. «En 2019, 100 % de nos flux de transport de marchandises se faisait par camions. Aujourd’hui, 10% sont transportées par train», précise Clément Barbier. Enfin, «nous essayons autant que possible de contractualiser avec des sous-traitants utilisant des biocarburants traditionnels (Oléo 100 notamment)», conclut-il.

Agrivoltaïsme : l’énergéticien Calycé Sun ouvre son capital pour accélérer

L'entreprise Calycé Sun, spécialisée dans le développement, la construction et l’exploitation de projets agrivoltaïques, a annoncé le 18 février l’entrée dans son capital de Rive Private Investment et de Nord Est Partenaires aux côtés de ses fondateurs et de Watts.green. La société rémoise fondée en 2011 par trois agriculteurs vise ainsi à «accélérer son déploiement, optimiser la valeur de ses projets et s’engager davantage dans l’exploitation des installations», selon le communiqué. Rive Private Investment, société européenne d’investissement, et Watts.green, gestionnaire d’actifs, apportent leur expérience dans la structuration de l’entreprise et de sa gouvernance ainsi que leur expertise technique en gestion d’infrastructures énergétiques. Nord Est Partenaires, acteur régional pour l’investissement en fonds propres et quasi-fonds propres, soutiendra l’intégration territoriale et agricole des projets, poursuit le communiqué. Calycé Sun revendique un portefeuille sécurisé de plus de 855 MW et vise une capacité opérationnelle de 450 MW d’ici à 2030.

Engrais: au Ghana, craintes de pénurie après le gel de l'aide au développement américaine

Les coupes dans l'aide américaine laissent le Ghana face à un déficit de financement de 156 millions de dollars, les secteurs de la santé et de l'agriculture se préparant à des pénuries de médicaments et d'engrais. Le Ghana, allié de longue date des Etats-Unis dans la région, cherche désormais des moyens de combler les déficits de financement, notamment en réaffectant des fonds vers des programmes essentiels comme la prévention du paludisme, la santé maternelle et le traitement du VIH/sida. Le gouvernement s'est tourné vers «les partenaires internationaux et les institutions financières, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l'Union européenne, pour obtenir des subventions et des prêts pour soutenir des projets de développement clés», a déclaré M. Ofosu. Le président John Mahama a déclaré qu'il avait chargé le ministère des Finances «d'explorer toutes les voies de financement possibles» pour aider des secteurs critiques comme la santé et l'agriculture à «rester opérationnels». Alors que le Programme alimentaire mondial a noté des progrès au cours des deux dernières décennies dans la réduction de la faim au Ghana, le nord rural du pays en particulier lutte contre la pauvreté, le changement climatique et des infrastructures médiocres.