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Conflit au Moyen-Orient : des craintes pour la sécurité alimentaire

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L’escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner des conséquences pour la sécurité alimentaire mondiale. Des pays font pression pour une réouverture du détroit d’Ormuz alors que le Royaume-Uni se prépare à de possibles pénuries.

Après l’échec des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan et malgré un fragile cessez-le-feu, le président américain, Donald Trump, a mis en œuvre dès le 14 avril un blocus naval des ports iraniens. Cette escalade du conflit entraîne de nouvelles craintes pour la sécurité alimentaire mondiale. L’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA), qui représente les intérêts des organisations agricoles, avance, dans un communiqué du 8 avril, que l’incertitude sur la disponibilité et le prix des engrais pourrait engendrer une utilisation moindre ou sous-optimale des intrants. Une telle possibilité pourrait se traduire à terme par une baisse de la production et des tensions sur la sécurité alimentaire contribuant à la volatilité des prix alimentaires à l’échelle mondiale.

Lire aussi : Prix alimentaires mondiaux : le conflit au Moyen-Orient pèse sur l’indice FAO de mars

Un sentiment partagé par Maximo Torero, économiste en chef de la FAO. « La dernière chose que nous souhaitons, ce sont des rendements agricoles plus faibles et des prix des matières premières plus élevés, ainsi qu’une inflation alimentaire sur l’année à venir », a-t-il déclaré le 13 avril dans un podcast. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu’en juin.

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Pressions sur la réouverture

De son côté, le gouvernement britannique craint de possibles pénuries de CO2 qui pourraient affecter l’industrie agroalimentaire et prépare des mesures d’adaptation si le détroit d’Ormuz reste bloqué d’ici l’été, selon des informations révélées par le Times reprises par l’AFP.  Ce gaz est utilisé dans l’abattage des porcs et des volailles, pour accroître la conservation des aliments emballés ou pour la fabrication de la bière. Interrogé sur le sujet par la chaîne de télévision Sky News, Peter Kyle, le secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie, estime que l’approvisionnement en CO2 « ne représente pas une source d’inquiétude pour notre économie pour le moment » et que « pour l’instant, il n’y a pas lieu de s’inquiéter ».

La Chine, dont l’approvisionnement en pétrole dépend de l’Iran, et la Turquie réclament la réouverture du détroit d’Ormuz. La France et le Royaume-Uni souhaitent, elles, organiser « dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer » à « une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation » dans la région. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a rappelé, le 13 avril à l’issue d’une réunion du collège des commissaires où le sujet était à l’ordre du jour, que le rétablissement de la liberté de navigation est d’une importance « primordiale ».