Coopératives : Océalia et la Scar se rapprochent pour étudier les synergies
Le 26 mars, Océalia (932 M€ de CA, 930 000 t de collecte, 7000 adhérents) et la Scar (50 M€ de CA, 107 000 t de collecte, 1350 adhérents) annoncent avoir engagé une réflexion stratégique pour s’associer. À partir du 1er juillet 2025, elles fonctionneront en « coopérative associée » : un schéma, validé à l’unanimité par les deux conseils d’administration, qui permet à la Scar, implantée en Dordogne, de « sécuriser son fonctionnement tout en préservant son autonomie et sa gouvernance locale. » Le directeur général, Éric Gazagnes, arrivé en juillet 2024, reste en place tout comme l’ensemble de l’équipe. Les deux coopératives précisent « partager des valeurs communes » et souhaiter « une stabilité pour leurs adhérents ». Via cette nouvelle organisation, elles comptent étudier toutes les synergies possibles pour profiter de « capacités de développement optimisées », « mutualiser les ressources », « bénéficier d’économies d’échelle et d’une force de négociation plus importante », « saisir de nouvelles opportunités », « construire des filières nouvelles »... En nutrition animale, les complémentarités industrielles entre Alicoop, filiale du groupe Océalia et l’usine d’aliments de Coutures de la Scar, qui a récemment bénéficié d’investissements significatifs, permettront de gagner en efficacité commerciale. (Anne Gilet)
Biogaz/biocarburants: les députés votent en commission la suppression des ZFE
La commission spéciale chargée d'étudier le projet de loi de «simplification» a voté le 26 mars la suppression des «Zones à faibles émissions» (ZFE), censées pousser les automobilistes à acheter des véhicules moins polluants, mais qui pénaliseraient les ménages modestes selon certains politiques. Leur développement profite aux véhicules électriques, mais également aux camions roulant au bioGNV et au B100 (biocarburant à 100 %). Mise en difficulté par la flambée des prix du gaz en lien lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, la filière GNV avait d’ailleurs contesté l’obtention de la vignette Crit’Air 1 par le B100. Ce 26 mars, les députés ont adopté, contre l'avis du gouvernement, des amendements identiques de LR et du Rassemblement national, avec certaines voix des groupes macronistes, Horizons et des indépendants de Liot, et l'abstention de plusieurs députés de gauche. Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces ZFE affichent l'objectif d'améliorer la qualité de l'air et de limiter les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de 40.000 décès par an selon Santé Publique France. Le ministre de l'Industrie et de l'Énergie Marc Ferracci a appelé à «se doter d'évaluations» avant de légiférer.
Blé : le Maroc allonge son programme de subventions aux importations
L’Office marocain interprofessionnel des céréales et des oléagineux (ONICL), établissement public dépendant des ministères de l’Agriculture et des Finances, a annoncé l’allongement de son programme de subventions aux importations de blé, dans un communiqué du 24 mars. Il s’étend désormais jusqu’au 31 décembre 2025, contre fin avril précédemment. Le pays est en proie à une importante sécheresse, pénalisant les cultures locales, qui engendrerait d’importants besoins d’importations supplémentaires. L’observatoire des ressources agricoles de la Commission Européenne, Mars, confirment les craintes de baisse attendue de la production nationale. Dans son dernier rapport du 24 mars, il table sur un recul du rendement moyen marocain 2025 en blé de 18 % par rapport à 2024, à 1,14 t/ha, et de 27 % par rapport à la moyenne quinquennale. En orge, ils dégringoleraient à 0,75 t/ha, en repli de 21 % par rapport à 2024, et de 27 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les autorités ont pour habitude d’agir ainsi lorsqu’elles anticipent une mauvaise récolte. Le Maroc constitue actuellement le principal acheteur de blé tendre français hors UE, spécialement depuis la dispute diplomatique avec l’Algérie.
Fièvre aphteuse : un quatrième cas en Slovaquie, l’état d’urgence décrété
Quelques jours après la confirmation de trois premiers cas de fièvre aphteuse en Slovaquie, un quatrième foyer a été détecté le 24 mars dans le pays, à 7 km d’un élevage déjà touché, ont annoncé les autorités. Cette fois, c’est un élevage de 279 bovins qui a été touché, s’ajoutant aux 2 771 bovins présents dans les trois fermes précédemment infectées. Selon la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA), « les autorités sanitaires locales ont mis en place des mesures de vaccination des animaux sensibles » dans deux des élevages concernés. « Un dépeuplement préventif est également en cours dans la zone de protection » (rayon de 3 km) autour d’un troisième foyer. Le 24 mars, le gouvernement slovaque a décrété l’état d’urgence, ce qui permettra une meilleure « coordination des ressources et du personnel », et donc une réponse plus rapide, selon le ministre de l’Intérieur Šutaj Eštok. Selon le média Euractiv, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Robert Fico a indiqué que les dégâts étaient actuellement impossibles à estimer, mais qu’ils pouvaient « augmenter de manière astronomique », provoquant potentiellement une pénurie de viande ou de lait. Selon le chef du gouvernement, l’épidémie pourrait menacer le pays tout entier. En Hongrie, après un premier cas début mars, un second foyer a été détecté le 25 mars, dans un élevage de de 3 000 bovins situé à 7 km de la frontière autrichienne, selon la plateforme ESA.
Insectes : Everfly lance une augmentation de capital de 1 million d’euros
Alors que deux des trois principaux acteurs français, Ynsect et Agronutris, connaissent des difficultés, la start-up Everfly lance une levée de fonds de 1 million d’euros via la plateforme de mise en relation d’investisseurs Place Quatorze. La société qui vient de terminer sa phase de R&D veut financer son industrialisation. « Nous souhaitons lever 1 million d’euros en equity en 2025 pour financer notre pilote industriel et faire face aux premières commandes, soit plus de 700 000 euros sécurisés », indique Issa Mourifie, président d’Everfly. Ce premier site pilote aura une capacité annuelle de production de 1500 tonnes de larves fraîches et de 2000 tonnes de frass (engrais organique). La société prévoit ensuite de se doter de plusieurs sites en Région Centre-Val de Loire : trois sites de bioconversion de coproduits agricoles, dont le premier sera à Contres (Loir-et-Cher) et un site de transformation des larves en protéine (farine) et huile. Everfly veut se différencier de la concurrence par des sites « low tech », sans bacs de grossissement, ayant recours à moins d’automatismes complexes et plus simples à maintenir. Selon ses prévisions, Everfly prévoit d’atteindre, pour l’exercice 2031, 12 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Vins/guerre commerciale : des expéditions déjà à l'arrêt vers les Etats-Unis (exportateurs)
La menace brandie mi-mars par Donald Trump de tarifs douaniers de 200% sur les alcools européens si l'UE ne renonçait pas à taxer le bourbon américain, a eu un «effet immédiat: ça a stoppé une grande partie des expéditions», décrit Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). «Les importateurs américains, dans l'incertitude, ont stoppé leurs retiraisons (expéditions, NDLR), y compris certains conteneurs quasiment en train d'être chargés sur le bateau. Cela touche l'ensemble des régions, petites exploitations, sociétés de négoce...» «Arrêtez tout envoi de vins européens», a «fortement conseillé» l'Alliance américaine pour le commerce du vin (USWTA) dans un courrier à ses adhérents. «Le risque de taxation est trop fort», souligne l'organisation professionnelle. Alors que la Commission européenne a repoussé à la mi-avril l'application de ses contre-mesures douanières, le monde du vin en France s'active donc de nouveau, à Paris et Bruxelles, pour tenter de sortir de ce mauvais pas. «Notre demande, claire depuis longtemps, est que ni le bourbon, ni les spiritueux ni les vins américains ne soient dans» la liste de rétorsions, explique M. Picard.
PPL Agrivoltaïsme : en commission, instauration d’un bail à clauses agrivoltaïques
Lors de l'examen de la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme le 26 mars en commission, les députés ont instauré un bail rural à clauses agrivoltaïques. L’amendement du rapporteur démocrate Pascal Lecamp vise à la fois à « assurer le bon fonctionnement de l’installation agrivoltaïque et protéger la pérennité de l’activité agricole », selon l’exposé. Cette évolution du texte va dans le sens de la PPL déposée le 10 septembre par le sénateur centriste Franck Menonville « tendant à créer un bail rural à clauses agrivoltaïques ». Les clauses peuvent notamment prévoir les modalités selon lesquelles l’installation apporte à la parcelle un des services (amélioration agronomique, adaptation au climat, protection contre les aléas, bien-être animal) mentionnés dans la loi Aper de 2023. Elles peuvent aussi prévoir les conditions dans lesquelles les parties s’assurent périodiquement de « l’adéquation des conditions d’exploitation des projets agricoles et agrivoltaïques, et mettent en place les adaptations nécessaires ». Une autre évolution du texte, voté le 26 mars, concerne la relation entre le propriétaire et l’énergéticien, régie par un bail emphytéotique. « L’emphytéote est seul tenu à l’obligation de démantèlement », selon l’amendement.
Outils numériques : un céréalier sur deux les juge utiles en protection des cultures (étude)
D’après une étude élaborée en 2024 par le cabinet ADquation et le représentant français des producteurs de pesticides Phyteis, un céréalier sur deux juge les outils numériques utiles en protection des cultures. L’enquête quantitative a été réalisée à partir d’un échantillon de 200 producteurs, cultivant au moins plus de 50 ha chacun. « Malgré le caractère relativement récent de certaines solutions liées au numérique, près de la moitié des répondants considèrent déjà le numérique comme utile pour la protection des cultures », a commenté lors d’une visioconférence présentant l’étude le 26 mars Julien Durand-Reville, responsable santé et agronomie digitale de Phyteis. Toutefois, 29 % des interrogés les estiment « pas du tout utile », signe d’un maintien d’une certaine réticence. Le représentant de Phyteis précise qu’il n’y a « pas d’écart significatif de résultats selon l’âge ou le mode de production (bio ou conventionnel) ». Un des principaux intérêts des outils numériques pour les agriculteurs est l’économie d’usage d’intrants. La principale critique est son coût élevé, complète l’étude.
Livraisons de repas à domicile : l'organisation du travail nuit à la santé des livreurs (rapport)
L'Anses a examiné les conditions de travail des livreurs à deux-roues et leurs expositions pour son avis d'« évaluation des risques liés à l'activité des livreurs des plateformes de livraison de repas à domicile » rendu public le 26 mars. Une intelligence artificielle attribue les livraisons « sans interaction humaine directe », décrit l'agence, livrant un panorama inédit d'une « organisation du travail à risque » pour la santé des livreurs. « Évaluation des prestations par les consommateurs, évolutions des modalités de rémunération, règles d'attribution des courses » et même « sanctions » : tout est géré par des processus automatisés, avec des problèmes de santé physique et mentale en cascade, à court, moyen et long termes. En découlent des accidents de la route, des chutes, des troubles musculo-squelettiques et des atteintes à la santé mentale : « stress, fatigue, épuisement liées à la pression constante des notifications, à l'isolement et à l'absence de relations professionnelles stables ». Les livreurs des plateformes souffrent aussi de troubles du sommeil, de maladies métaboliques, respiratoires ou cardiovasculaires liées à l'activité exercée en horaires atypiques, dans un environnement de travail difficile : pollution urbaine, bruit... Sans oublier les conséquences socio-familiales : pour s'assurer un niveau de vie décent, les livreurs vont accepter un grand nombre de courses et donc avoir des amplitudes d'horaires importantes, travailler parfois 7 jours sur 7.
Restauration : 1% de croissance de la RHD au cours des 3 derniers mois (étude)
Selon l’édition de mars 2025 de la revue stratégique de Food Service Vision, le chiffre d’affaires de la Restauration hors domicile (RHD) pour les 3 mois de décembre 2024 à février 2025 est en progression de 1%, « un rythme presque équivalent à celui enregistré pour l’ensemble de 2024 (+ 1,5 %) », selon le communiqué de présentation du 25 mars. « En janvier et février 2025, ce sont les commerces de proximité qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu », est-il remarqué, avec une progression de 4 % de leur chiffre d’affaires, contre 2 % pour la restauration collective et une stabilité pour la restauration commerciale. L’inflation est donnée comme explication, mais aussi le succès des boulangeries et sandwicheries surfant sur le snacking. Les ouvertures en restauration commerciale contribuent aussi au maintien de ce segment. Ainsi, le cabinet d’expertise en restauration constate qu’en 2024 le parc d’établissements des restauration a continué de croître, de 3 %, malgré une progression régulière des défaillances. Quant à la restauration collective, la restauration d’entreprise a gagné 8% en 2024, aidée par le retour de salariés sur leur lieu de travail.
Restauration : le groupe coopératif Up (ex-Chèque Déjeuner) est devenu Upcoop
Le groupe Up, émetteur de titres restaurant sous forme de cartes ou digitale, déclare dans un communiqué se rebaptiser Upcoop. Il revendique à travers ce nouveau nom et sa signature « Tant d’avantages à coopérer » son appartenance à une coopérative de salariés et son mode d’action coopératif avec les employeurs, commerçants, associations et avec les pouvoirs publics. La coopération s’illustre « au travers de partenariats porteurs de sens, destinés à favoriser une Société plus éthique, solidaire et équitable », exprime le communiqué diffusé le 25 mars. Le P-DG d’Upcoop, Youssef Achour, y rappelle le statut de société à mission engageant le groupe à « coopérer durablement pour un pouvoir d’achat à utilité sociale et locale ». Au mois de mars, Upcoop a annoncé l’émission d’une carte de paiement pour étudiants créditée de l’aide publique versée à ceux-ci, une offre de mesure de l’empreinte carbone des repas et son soutien de la 12e édition des Cuisines Solidaires des futurs chefs (du 24 mars au 4 avril 2025). Upcoop déclare être présent dans 25 pays et avoir réalisé en 2023 750 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Restauration : après la farine et les œufs, Sysco va intégrer d’autres produits Agri-Etique
Sysco France étend sa gamme de produits Agri-Ethique transformés dans ses ateliers à destination de la restauration collective, annoncent le grossiste et le label équitable dans un communiqué le 26 mars. Fabricant depuis un an des crêpes avec de la farine et des œufs selon les critères du label, Sysco s’apprête à fabriquer en 2025 16 nouveaux produits élaborés en mettant en œuvre d’autres matières premières comme des fruits, des légumineuses, de la volaille, des produits laitiers, etc. En avril Sysco offrira officiellement des tartes et des feuilletés confectionnés avec de la farine et des œufs étiques. Ces nouveaux produits sortiront de ses ateliers de Barbezieux, en Charente. La farine et les œufs sont fournis dans le cadre de contrats tripartites sur trois ans, précise le communiqué. « Tout l’enjeu consiste à trouver des fournisseurs d’autres matières premières », confie une attachée de presse. Grâce à son accord avec Agri-Ethique, Sysco répond aux enjeux d’aider la restauration collective à atteindre ses objectifs Egalim et de garantir aux producteurs français un prix rémunérateur et un volume.
Alimentation : épargne élevée et inflation pèsent sur les ventes au détail
Les ventes du commerce de détail alimentaire restent assez déprimées en France, selon une étude réalisée par Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Management (Paris et Lille) publiée le 26 mars. « Le volume des ventes du commerce de détail alimentaire stagne presque en France et restait encore, en janvier 2025, inférieur de 2,7% à son estimation de janvier 2022 », constate l’auteur qui avance plusieurs facteurs explicatifs. Tout d’abord, un taux d’épargne des ménages qui a fortement augmenté (au 4e trimestre 2024, le taux d’épargne des ménages était de 18,4% contre 14,9% au 4e trimestre 2019), restreignant les liquidités disponibles pour des achats du quotidien. Autre explication : la crise inflationniste. « La hausse des prix des produits alimentaires et tabac a été de 21,9% contre 11,1% pour les autres biens et services de consommation hors énergie », peut-on lire. Cette baisse des volumes de ventes alimentaires peut sembler paradoxale au premier abord alors que la population française augmente (+0,99% entre janvier 2022 et janvier 2025) et que le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages a augmenté de 3,2% en France (entre 4e trimestre 2021et le 4e trimestre 2024).