Taxes américaines : face au « Liberation Day » de Trump, l’UE dévoile sa stratégie
« Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles, mais nous disposons d'un plan solide pour le faire si nécessaire », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen 1er avril lors de la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg. Et d’ajouter : « Nous avons tout ce qu'il faut pour protéger nos citoyens et notre prospérité ». A la veille du « Liberation Day » de Donald Trump et l’avalanche de droits de douane sur les produits importés promise par le locataire de la Maison Blanche (comme les droits réciproques et les taxes sur l’agriculture), l’Allemande a détaillé aux eurodéputés une stratégie se fondant sur « trois piliers ». Le premier est une réponse unie au niveau de l’UE (incluant les chefs d’Etat et de gouvernement et le Parlement européen) avec pour objectif de parvenir à une solution négociée tout en n’excluant pas la possibilité de rétorsions le cas échéant. Le deuxième pilier de Bruxelles est la diversification. « L'Europe a déjà conclu des accords commerciaux avec 76 pays et nous continuerons d'étendre ce réseau », a promis Ursula von der Leyen. Enfin, la stratégie de l’exécutif européen passe par la simplification du marché unique de l'UE. « Il y a trop d'obstacles qui entravent nos entreprises. Et nous devons faire notre part du travail », a-t-elle indiqué.
Céréales : la mise en service du canal Seine-Nord Europe décalée à 2032
Lors de la conférence des parties prenantes de l’Alliance Seine-Escaut le 31 mars 2025, le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot a annoncé le recul de deux ans de la mise en service du canal Seine-Nord Europe, initialement prévu pour 2030, rapportent nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier (article payant). « L’État entérine l’échéance de 2032 au lieu de 2030 pour la mise en service du canal et maintient le financement à Voies navigables de France (VNF) », a-t-il déclaré dans un message vidéo. Ce report est justifié par le délai d’instruction de l’autorisation environnementale, qui a pris quinze à dix-huit mois de plus par rapport à ce qui était prévu. L’autorisation a été finalement accordée le 9 août dernier. Néanmoins, « l’UE maintiendra son financement dans la durée, et une nouvelle tranche de 730 millions d’euros est prévue pour la période allant jusqu’à la fin 2027 », a expliqué Jérôme Dezobry, président du directoire de la Société du Canal Seine-Nord Europe. Pour rappel, le projet est jugé essentiel par la filière céréalière, permettant notamment d’optimiser la circulation des grains, notamment les exports vers les pays clients du Nord-UE.
Pesticides/CEPP : le taux de couverture a progressé de 16 points en deux ans
Dans un avis publié au Bulletin officiel du 27 mars, le ministère de l'Agriculture a dressé un « bilan de la mise en œuvre du dispositif de certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques » pour la campagne 2022-2023. Sur cette période, 1 973 entreprises « obligées » ont été soumises au dispositif de CEPP et 171 d’entre elles ont atteint leurs obligations. Le taux moyen de couverture des obligations pour l'ensemble des entreprises obligées passe de 30,6 % en 2021 à 48 % en 2022 et 2023. En 2023, douze nouvelles actions standardisées ont été publiées par arrêté, ainsi que 541 nouvelles références commerciales, pour un total, au 31 décembre 2023, de 131 actions standardisées et 3 772 références commerciales. Le recours à des méthodes alternatives (produits de biocontrôle notamment) est le levier donnant lieu au plus grand nombre d’actions standardisées (54 %). Suivent la mise en œuvre de nouvelles pratiques agronomiques (18 %), le recours à des équipements performants pour réduire les quantités utilisées (12 %), l’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies (8 %) et l’abonnement à des OAD (8 %). (Anne Gilet) *Distributeurs de produits phytos et de semences traitées, prestataires de services ayant une activité de traitement de semences, agriculteurs ayant acheté des produits à l’étranger.
Salades en sachet : Bonduelle confirme la vente de son activité allemande à Taylor Farms
Le groupe Bonduelle a confirmé la cession effective au 31 mars 2025 des actifs relatifs à l’activité de salade en sachet en Allemagne à l’entreprise américaine Taylor Frams, basée à Salinas (Californie), dans un communiqué le 1er avril. La réalisation de ce projet de cession avait été annoncé fin août 2024 dans le cadre du plan de transformation de l’entreprise baptisé « Transform to Win ». « Bonduelle reste présente sur le marché allemand le segment salade en sachet avec une licence de marque accordée à l’acquéreur », est-il souligné dans le communiqué. L’activité salade en sachet du groupe nordiste outre-Rhin, structurellement déficitaire, représentait un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. « La perte nette relative à la période du 1er juillet 2024 au 31 mars 2025 sera enregistrée dans les comptes consolidés du groupe au titre des activités non poursuivies conformément aux règles comptables IFRS et sera également enregistrée dans les comptes au 30 juin 2025 au titre des activités non poursuivies » est-il expliqué. Ce n’est pas le premier investissement de Taylor Farms en Europe. En décembre 2024, elle avait déjà investi dans le transformateur néerlandais Hessing (fruits et légumes) vendant sur les marchés allemand, belge, danois et hollandais.
Cerises : la coopérative fruitière Sicoly rejoint « C’est qui le patron ?! »
Sur les cerises, la coopérative fruitière Sicoly (Rhône) intègre la marque « C’est qui le Patron ?! » dans l’optique de mettre en place « un prix fixe, garanti et stable pour valoriser à sa juste valeur le travail des producteurs », annonce un communiqué le 1er avril. La production de cerises a diminué de 21% ces dix dernières années en France, rappelle Sicoly, et le nombre de producteurs de 36%, tandis qu’un tiers des cerises consommées vient de l'étranger. « Avec des vergers vieillissants et une production rémunératrice à hauteur de seulement 60% », poursuit la coopérative, « les producteurs ont plus que jamais besoin d’être soutenus pour replanter des arbres, adopter des pratiques plus respectueuses de l'environnement et pérenniser leur activité de manière durable. » Par exemple, l’arboriculteur Nicolas Laurent (membre de Sicoly) indique qu’il lui manque 1,50 € sur un kilo de cerises pour se rémunérer dignement et sauvegarder ses vergers. Sicoly représente 570 hectares de vergers pour une récolte annuelle de 9 000 tonnes de fruits, avec certaines spécialités comme les fruits rouges. « C’est qui le patron ?! » doit, après les cerises qui proviendront toutes de Sicoly, proposer cinq autres références : pomme, oignon, ail, échalote et carotte.
Tomates d’industrie : vers une nouvelle hausse des surfaces en Italie cette année
En 2024, les surfaces dédiées à la transformation des tomates en Italie ont connu une forte augmentation (+11%), souligne une étude du cabinet italien Ismea. L'augmentation des hectares cultivés a touché à la fois le bassin Centre-Sud de l'Italie (+16%) et le bassin Nord (+7%). « Dans les deux macro-régions, les problèmes climatiques ont cependant provoqué une baisse des rendements de production par hectare, qui sont tombés à des niveaux historiquement bas », souligne l’Ismea. En conséquence, malgré l’augmentation des investissements, la production de tomates fraîches a diminué de 2,4 % par rapport à 2023 : 2,4 millions de tonnes (au lieu des 2,8 millions prévues). Pour la saison 2025-2026, les premières données fournies par l’Amitom (Association internationale méditerranéenne des tomates transformées) indiquent une augmentation de 6% de la production italienne, concentrée principalement dans le nord qui, à cause des récentes pluies, devrait enregistrer un retard de 10 à 15 jours dans les plantations. « Le nombre d’hectares plantés devrait être supérieur à celui de l’année dernière, mais ce nombre n’est pas encore connu car les contrats n’ont pas encore tous été signés » précise l’Amitom qui avance cependant un potentiel de 3 millions de tonnes pour cette campagne.
Vin : plombé par le champagne, Vranken-Pommery accuse une chute de son bénéfice
La maison Vranken-Pommery a vu son bénéfice net s'effondrer de 87 % à 800 000 euros en 2004, année « particulièrement défavorable » plombée par des baisses de volumes de vente de champagne. Le chiffre d'affaires a, lui, chuté de 10,2 % à 304 M€ « dans un contexte de réduction des volumes sur le marché du champagne et de rendements de récolte plus faibles dans tous les vignobles - Champagne, Provence, Camargue et Douro » au Portugal, selon un communiqué. La maison se félicite pourtant du fait d'avoir dégagé du bénéfice « malgré la combinaison d'une baisse des ventes et de taux d'intérêt plus élevés au cours du premier semestre ». « Cela reflète la résilience de Vranken-Pommery dans un environnement défavorable », selon la même source. Après une année « particulièrement défavorable en 2024 », le groupe envisage cette année de poursuivre le développement à l'international avec l'ouverture d'un bureau en Corée du Sud et des projets de création d'une filiale en Espagne. Vranken-Pommery Monopole s'est concentré sur la poursuite du développement du segment premium et de l'international.
Vin : la société d’ingénierie Cical synergies rachète Ingevin
L’expert alsacien en ingénierie industrielle Cical synergies étend sa présence sur le marché viti-vinicole avec le rachat d’Ingevin, a annoncé le 1er avril la maison mère KS groupe. Leader en conception de chais et centres de conditionnement, ce bureau d’ingénierie montpelliérain gère des projets de vinification, d’embouteillage et d’œnotourisme. Ingevin compte 17 salariés dans cinq familles de compétences : œnologues, architectes, anciens directeurs de sites de vinification et conditionnement, ingénieurs en process vinicoles et agroalimentaires, selon le communiqué. L’innovation est présentée comme le moteur de ce rapprochement avec Cical synergies, visant à accompagner le secteur viti-vinicole dans de « profondes mutations » telles que l’adaptation au changement climatique, la transition énergétique, l’optimisation des process et l’évolution des attentes des consommateurs, souligne KS groupe.
Viande in-vitro : le Mississippi, troisième État américain à voter l’interdiction
Le Mississippi a adopté le 21 mars une loi afin de bannir la viande cultivée sur son territoire. Plus précisément, il sera interdit, à compter du 1er juillet, de fabriquer, vendre ou distribuer des produits de viande cultivée (ou viande cellulaire). Cette interdiction est assortie pour les contrevenants d’une peine pouvant aller jusqu’à 500 dollars et/ou trois mois d’emprisonnement. Elle fait suite à des décisions similaires dans deux autres Etats : le Floride et l’Alabama. Et en Géorgie et dans le Nebraska, des lois sont prévues pour prendre des décisions du même type, souligne Wired. Mais des tentatives d’interdiction dans d’autres Etats n’ont pas eu autant de succès, comme récemment dans le Wyoming et le Dakota du Sud. Les Etats-Unis, Israël et Singapour sont pour l'instant les seuls Etats à avoir délivré des autorisations pour des produits de viande cultivée destinés aux humains. Au Royaume-Uni, un feu vert a été donné par la Food and Safety Agency pour l’alimentation des animaux de compagnie. Cette agence gouvernementale vient d’annoncer un programme de deux ans concernant 8 sociétés actives dans la viande cultivée afin de s’assurer que ces produits sont sans danger pour l’homme.
Porc : le Label rouge « Saucisse fraîche et chair à saucisse » est homologué
Par un arrêté du 18 mars 2025 publié au journal officiel du 25 mars, les ministres de l’Economie et de l’Agriculture ont homologué le cahier des charges du Label rouge « Saucisse fraîche et chair à saucisse ». Ses conditions de production, consultables au bulletin officiel, complètent les conditions de production communes relatives à la production en Label Rouge « Produits de charcuterie / salaison pur porc » dans la partie « Matières premières carnées utilisées ». Ces dernières (longe, échine, épaule sans jarret, jambon sans jarret, poitrine (parée des glandes mammaires) et gras dur de bardière) proviennent exclusivement du label rouge Porc. Les additifs et ingrédients se limitent au sel, à l’eau ou la glace, à 3 sucres (saccharose, dextrose, glucose), à des aromates, des épices et des vins, et enfin à de l’acide ascorbique et de l’ascorbate de sodium. Les viandes et gras congelés sont exclus ainsi que le fumage. Ce label était demandé par l’Association des Produits Porcs du Sud-Ouest (A.P.P.S.O.) pour les produits appelés Saucisse fraîche, Saucisse de Toulouse, Chipolata et Chair à saucisse.
Agroalimentaire : les industriels des pâtes alimentaires réintègrent l’Ania
Le Syndicat des industriels fabricants des pâtes alimentaires de France (Sifpaf) rejoint l’Ania à compter du 1er avril, conformément à son vote en conseil d’administration du 26 mars, a annoncé l’Ania. Le syndicat qui regroupe les industries de la transformation de la semoule de blé dur en pâtes alimentaires sèches et en couscous non préparé compte six adhérents : Panzani, Heimburger, Alpina Savoie, Tipiak, Pastacorp et Val Fleuri. Ceux-ci totalisent 10 usines en France et plus de 1 500 salariés, ayant produit, en 2024, 238 000 tonnes de pâtes dont 16% exportées et 71 400 tonnes de couscous non préparé dont 20% exportées. « La souveraineté alimentaire, la transition écologique, et la compétitivité de notre industrie font notamment partie des priorités de l'Ania et sont portées par les fabricants de pâtes alimentaires français depuis des années. (…) Cette adhésion constitue ainsi une étape structurante pour l’ensemble des maillons de la filière blé dur », déclare Albert Mathieu, président du Sifpaf. Cette adhésion est en fait un retour au sein de l’Ania puisque le Sifpaf avait été adhérent de l’Ania pendant quelques années jusqu’en 2007. L’Ania est parvenue récemment à garder deux autres syndicats professionnels qui avaient annoncé leur départ en 2024 : la Fnil (industries laitières) et Brasseurs de France.
Emballages professionnels : les grossistes doutent d’une éco-contribution dès 2025
La CGF (grossistes) et ses fédérations réitèrent leur volonté de voir remettre à 2026 la REP (responsabilité élargie du producteur) pour les emballages industriels et commerciaux, dans un bulletin d’actualité de la confédération à la fin mars. Selon la loi Agec, ce dispositif doit assujettir dès 2025 les metteurs en marché (agriculteurs, grossistes, industriels) à une éco-contribution pour la gestion de fin de vie des emballages professionnels (fûts, bigbags, cagettes, films, etc.) servant à transporter ou livrer. Mais Nathalie Fussler, directrice de l’environnement à la CGF fait part de son doute que celui-ci soit prêt pour 2026. Alors que l’Ademe (transition écologique) vient de constater la grande variabilité des coûts de gestion des déchets d’emballages professionnels en plastique (une étude envoyée par l’Ademe sur demande), la responsable de la CGF estime qu’« il manque des analyses des coûts de gestion des autres emballages que ceux en plastique, et aussi une étude auprès des entreprises facturées ». Selon elle un décret d’application doit déterminer le périmètre de la REP, un arrêté établira la liste d’emballages concernés et un autre arrêté le cahier des charges des éco-organismes qui gèreront cette REP.
Sucre : Pierre-Henri Dietz, directeur général de Cristalco
À 42 ans, Pierre-Henri Dietz est, depuis le 1er avril, le nouveau directeur général de Cristalco, la filiale commerciale de Cristal Union. Il avait rejoint le groupe en 2018 en tant que directeur des marché avant de devenir directeur général adjoint de Cristalco en février 2022. Il succède à Stanislas Bouchard qui conserve ses fonctions de directeur général adjoint de Cristal Union : poste qu’il occupe depuis janvier 2022. (Anne Gilet)