Négociations commerciales: la FCD annonce une «quasi-stabilité» des tarifs
À l'issue des négociations entre la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels, la FCD (distributeurs) a affirmé le 2 mars avoir obtenu en moyenne une «quasi-stabilité» des tarifs auxquels les distributeurs achèteront une grande partie de ce qui garnira leurs rayons en 2025. «Les négociations sont finies», a affirmé la déléguée générale de la fédération Layla Rahhou dans un communiqué transmis à l'AFP. «L'atterrissage montre une quasi-stabilité qui sera bénéfique aux consommateurs après les années d'inflation que nous avons connues», assure-t-elle. Selon cette dernière, «tout est signé à quelques rares exceptions près», même si «les grandes multinationales ont joué la montre» dans ces négociations qui se sont achevées samedi 1er mars. Ce cru 2024-2025 des négociations commerciales annuelles a été marqué par une forte tension. Sur le plan législatif, deux textes sont attendus. Le premier visera à prolonger le relèvement du seuil de revente à perte (SRP+10), instauré par une expérimentation qui s’achèvera en avril. Un consensus existe pour prolonger sa mise en place «pour trois ou quatre ans», a dit Patrick Mignola, ministre des Relations avec le Parlement, le 26 février sur Public Sénat. Attendu pour l’été, le second texte réformera plus largement les relations commerciales.
Distribution: en 2024, Casino a licencié 2200 salariés, 1000 de moins que prévu
Le groupe Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Spar, Vival) a annoncé le 28 février avoir licencié 2200 salariés en 2024. Sur les quelque 3000 suppressions de postes prévues dès 2024, 1000 licenciements ont pu être évités notamment «grâce au reclassement interne, aux départs naturels» et «au plan de départ volontaire», a fait valoir la direction. Casino a par ailleurs fait part d'une réduction de sa perte nette en 2024, à 295 millions d'euros (M€), pour un chiffre d'affaires en recul de 5,4%, à 8,5 milliards d'euros (Md€). Un chiffre très éloigné de la perte spectaculaire de 5,7 Md€ que le groupe avait essuyée en 2023. Car Casino a connu en 2024 une «transformation profonde», illustrée par un plan de restructuration mené avec «efficacité, conformément au calendrier fixé», selon le d.g. du groupe Philippe Palazzi. Casino s'est séparé de tous ses hypermarchés et a, en parallèle, ouvert 268 magasins en 2024 avec «le bon emplacement, le bon franchisé et la bonne marque», a indiqué la direction, qui vise un retour à la rentabilité en 2026. Le distributeur met en avant un «assainissement» plus vaste encore de son parc de magasins, avec au total «la fermeture de 768 points de vente non rentables», dont «87% de franchisés et locataires-gérants», notamment 207 Franprix.
Substituts de viande: Beyond Meat condamné par le TAE de Paris à cesser d’utiliser son logo
Interbev a salué le 28 février la décision de justice dévoilée la veille qui condamne le fabricant de substituts végétaux de viande Beyond Meat à «cesser immédiatement l’utilisation de plusieurs éléments trompeurs dans sa communication et son marketing», selon l’interprofession du bétail et des viandes. Le Tribunal des activités économiques de Paris condamne Beyond Meat à «ne plus utiliser le terme "viande" pour décrire ses produits à base de protéines végétales», à «retirer le logo de la vache verte de l’ensemble de ses emballages et supports de communication sur des produits qui ne sont ni de la viande ni du lait» et à «cesser immédiatement toute communication assimilant ses produits à de la viande ou incluant des comparaisons subjectives avec celle-ci». Interrogé par Agra Presse, Beyond Meat indique: «Nous examinons les détails de cette décision, dans le contexte de l'arrêt connexe de la Cour de Justice européenne en octobre dernier et du récent arrêt du Conseil d'État français, et en vue d'un recours contre cette décision». Interprétant les implications françaises de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) du 4 octobre 2024, le Conseil d’État a décidé, le 28 janvier, de l’annulation dans son intégralité des décrets français de 2022 et 2024 interdisant l’utilisation de dénominations telles que «steak» ou «saucisse» à des produits végétaux.
Pommes de terre transformées: vers un doublement de la production française d’ici cinq ans
Interrogé par l’AFP, le GIPT (interprofession de la pomme de terre) table sur un doublement de la production de pommes de terre transformées d’ici cinq ans. En 2023-2024, elle s’élevait à 1,6 Mt. La raison: la multiplication de la construction d'usines de transformation dans les Hauts-de-France. Rappelons que deux projets de production de frites surgelées sont en cours, détenus par des groupes belges. Le premier se situe sur la commune de Péronne (Somme), et devrait sortir de terre en 2026; il appartient au groupe Ecofrost. L’autre se situe à Escaudœuvres (Nord), appartenant au groupe Agristo, et devrait entrer en fonction en 2027. Un troisième est déjà opérationnel: l’usine proche de Dunkerque, détenue par le groupe Clarebout. Le GIPT rappelle à l'AFP que la France a encore enregistré sur 2023-2024 un déficit commercial de 473 M€ sur les pommes de terre transformées. Mais, avec les nouvelles usines, «on va devenir exportateur net», déclare Bertrand Ouillon, délégué du GIPT, à l'agence de presse.
Céréales: aux États-Unis, plus de sole de blé et de maïs, moins de soja en 2025 (USDA)
Dans un rapport publié lors d’un forum organisé les 27 et 28 février à Arlington (États-Unis), le département états-unien de l’agriculture (USDA) a livré ses premières projections de surfaces nationales 2025 (campagne commerciale 2025-2026). Il en ressort une progression annuelle en blé et en maïs, et une baisse en soja. Dans le détail, le ministère table sur une sole de blé à 47 millions d’acres (Ma), soit 19 millions d’hectares (Mha), contre 46 Ma (18,6 Mha) l'an passé. Celle de maïs passerait de 90,6 Ma (36,6 Mha) à 94 Ma (38 Mha). En soja, les assolements décrochent, passant de 87,1 Ma (34,25 Mha) à 84 Ma (34 Mha). L’USDA justifie sa prévision de hausse de la sole de maïs par «des prix davantage rémunérateurs par rapport au soja, au coton ou au sorgho». En blé, l’organisme s’attend à ce que les semis de printemps (blé tendre et blé dur) prennent également une certaine place au soja. Ces chiffres sont toutefois amenés à évoluer au cours des prochains mois, selon le niveau des prix et des conditions climatiques.
Biostimulants/blé: «une efficacité encore très aléatoire», selon les essais d’Arvalis
Arvalis a conduit plusieurs essais pour valider, ou non, les effets des biostimulants mis en avant par les firmes. «Les résultats sont en-deçà des attentes», peut-on lire dans le bilan publié le 26 février sur le site de l’institut technique. Prenant l’exemple du Blue N, testé de 2021 à 2023: «Utilisé en complément de la fertilisation azotée, il n’a permis d’améliorer ni le rendement, ni la teneur en protéines de manière significative». Concernant les biostimulants revendiquant une amélioration de l’utilisation des éléments minéraux ou de la tolérance aux stress climatiques, Arvalis en a testé douze entre 2013 et 2023, sans mettre en évidence «d’effets significatifs sur le rendement du blé ou sur les critères de qualité en conditions de plein champ». Quant à leur rentabilité, «elle est encore moins évidente». Seules deux spécialités tirent leur épingle du jeu: Appetizer qui permet, en moyenne, un gain de rendement de 1,1q/ha sans effet de dilution sur le taux de protéines; et Labin Energy Grow qui fait gagner 1,4 point de protéines, mais sans gain de rendement. Arvalis précise toutefois qu’il s’est parfois avéré difficile, dans les essais, de réunir l’ensemble des conditions optimales d’application préconisées par les firmes. (Anne Gilet)
Pesticides: la Conf’ déverse des abeilles mortes sur le stand de Phyteis au Salon
La Confédération paysanne a mené une action coup de poing sur le stand de Phyteis (ex-UIPP) au Salon de l’agriculture le 28 février. Emmenées par des apiculteurs et apicultrices, une trentaine de personnes se sont dirigées vers le stand de la fédération de fabricants de pesticides pour apposer sur les murs des autocollants portant les mentions «Les pesticides tuent, et pas seulement les abeilles» et «Non aux néonicotinoïdes». Les manifestants ont déversé des abeilles mortes sur le stand, lesquelles dégageaient, au fil des minutes, une odeur nauséabonde. «Nous, les apiculteurs, sommes particulièrement en colère du retour des néonicotinoïdes», a déclaré la représentante de la Conf’, Muriel Pascal, sous le nez du président de Phyteis Yves Picquet. L’apicultrice faisait référence à la PPL Entraves adoptée fin janvier au Sénat, qui ouvre la voie à la réintroduction, à titre dérogatoire et exceptionnel, de l'acétamipride. Cet insecticide de la famille des néonicotinoïdes est interdit en France depuis 2018, mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033. «On subit les conséquences des pesticides tous les jours dans nos ruches. On voit nos ruches et nos abeilles mourir. Nous avons amené des abeilles mortes pour vous montrer ce que nous subissons au quotidien», a poursuivi Muriel Pascal avant que les forces de sécurité n’interviennent de manière musclée pour mettre fin à l’action.
Fromages: pour Bel, ventes en hausse en 2024, mais rentabilité en baisse à cause des USA
Le groupe Bel (Babybel, Boursin et Pom'Potes) a réalisé en 2024 un chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros (Md€), en hausse de 2,6% par rapport à l'année précédente et de 3,4% à taux de change et périmètre constants et hors inflation en Iran et en Turquie, selon un communiqué publié le 28 février. Après des années 2022 et 2023 où son activité a été tirée par l'augmentation de ses prix de vente, dans un contexte de forte hausse des coûts de production, le groupe explique avoir constaté «le retour à une croissance des volumes» des ventes de produits fromagers dans tous ses principaux marchés. Son résultat opérationnel courant (hors éléments non récurrents) a progressé de 1,1% par rapport à 2023, à 253 M€. En revanche, le résultat opérationnel a connu une baisse de 16,3%, à 178 M€, en raison d'«efforts d'investissements» visant à accélérer la croissance des marques du groupe à l'international, notamment aux États-Unis. Le résultat a également été pénalisé par des dépenses dans le but de «moderniser l'outil industriel et les projets de numérisation» aux États-Unis.
Taxes américaines: Macron appelle l’UE à répondre aux droits de douane de Trump
En rétorsion aux annonces du président américain Donald Trump, Emmanuel Macron a annoncé le 28 février que l’UE se prépare, elle aussi, à mettre en place des droits de douane réciproques sur l’acier et l’aluminium et à «répondre» sur les autres produits. En visite au Portugal, le chef de l’État a déclaré: «Nous n'avons pas en quelque sorte à être faible face à ces mesures» annoncées par son homologue états-unien. Et d’ajouter: «Et si début avril, comme cela a été annoncé, des tarifs étaient mis sur les produits européens à cette hauteur-là, les Européens auront à répondre». Une tactique que soutient le premier ministre portugais Luis Montenegro, qui estime que «l'Europe devra réagir sur l'application de tarifs, du même montant ou semblables, [cela] n'aurait aucun sens de ne pas faire la même chose, rendre la pareille». Depuis son retour à la Maison blanche le 20 janvier, le milliardaire américain mène une politique commerciale agressive, multipliant les diatribes et les annonces de droits de douane à l’encontre de ses principaux alliés (Canada, Mexique, UE) ou de la Chine.
Restauration collective: objectif 100% de produits français dans les prisons en 2028 (ministre)
En visite au Salon de l’agriculture le 27 février, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé que «100% des produits que l’on va consommer dans les prisons, au ministère de la Justice, seront français d’ici 2028». Actuellement, «à peine 50% des produits» servis dans les prisons sont d’origine française, a précisé le ministre dans une interview accordée à RTL en direct de la Porte de Versailles. «On ne travaille pas du tout avec les acteurs locaux agricoles», a déploré M. Darmanin, qui souhaite un approvisionnement «si possible en circuits courts», sachant qu’il y a «une prison à peu près dans chaque département, au moins». Quelque 82 000 détenus sont enfermés dans les prisons françaises, selon lui. Basculer à 100% d’origine France provoquerait un surcoût de «5 à 10%» par rapport au budget actuel. Un effort «tout à fait acceptable et compréhensible», aux yeux du garde des Sceaux, qui y voit «une façon peut-être plus efficace de soutenir nos agriculteurs que de leur donner des subventions». Le ministre espère «se mettre d’accord avec les grandes filières sur un appel d’offres plus large», alors que, «aujourd’hui, chaque prison fait son appel d’offres et passe parfois par des sociétés privées».
Commerce équitable: lettre ouverte pour demander une réorientation des financements publics
Le collectif Commerce équitable France a publié le 28 février une tribune et une lettre ouverte aux ministres Annie Genevard (Agriculture), Véronique Louwagie (Commerce) et Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique) pour appuyer plusieurs revendications. Le collectif demande à «réorienter les financements publics vers le développement des filières de commerce équitable, en créant notamment un fonds d’amorçage et en renforçant l’accompagnement des entreprises engagées», peut-on lire. En outre, le collectif souhaite «fixer et suivre des objectifs d’approvisionnement en produits équitables dans les circuits de distribution, y compris dans la restauration collective et la grande distribution». À ce sujet, la déléguée générale de Commerce équitable France déplore que le Centre national de la restauration collective (CNRC), où le collectif siège, n’ait toujours pas intégré d’indice de suivi des produits du commerce équitable en restauration collective, alors que cela a été fait pour le bio et les Siqo. Elle souhaite aussi qu’une part de la surface des GMS soit réservée aux produits de commerce équitable afin de conforter leur débouché. Enfin, le collectif veut que la réglementation française sur le commerce équitable soit défendue au niveau européen.
Évènementiel: 607 000 visiteurs au Salon de l’agriculture, en légère hausse
Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes le 2 mars, porte de Versailles à Paris, après avoir accueilli 607 503 visiteurs, une fréquentation en très légère hausse par rapport à l’an passé (603 652 visiteurs). Après une édition 2024 marquée par la colère agricole et des heurts lors de l’inauguration par Emmanuel Macron, «tout le monde a retrouvé la sérénité» en 2025, a déclaré le président du Ceneca (organisateur) Jérôme Despey à l'AFP. Les organisateurs du Sia avaient élaboré une charte pour encadrer les visites politiques, en limitant notamment la taille des délégations et en encadrant les déambulations. Cette charte a été «bien respectée», a ajouté M. Despey, notant «l'absence d'altercations majeures» lors des 88 visites politique et institutionnelles de cette année. Autre nouveauté cette année: la mise à l’honneur d’un pays, le Maroc. La prochaine édition du Salon de l’Agriculture se tiendra du 21 février au 1er mars 2026.