Nutri-Score : le gouvernement valide la nouvelle version et promet une «amélioration continue»
Alors qu’Annie Genevard refusait jusqu'alors de signer l’arrêté permettant l’application du nouveau Nutri-Score, souhaitant en « corriger les effets négatifs » et lui reprochant notamment de donner une mauvaise note à des produits « remarquables » (fromages, charcuteries), elle a finalement signé ce texte aux côtés d’Éric Lombard (Economie), Véronique Louwagie (Commerce), Catherine Vautrin et Yannick Neuder (Travail, Santé), annonce un communiqué interministériel, le 14 mars. Cependant, les ministres demandent ensemble « une démarche d’amélioration continue du dispositif » et précisent qu’ils seront « attentifs à ce que ce système fondé sur le volontariat ne nuise pas aux produits issus de la richesse de nos terroirs », « symboles de notre patrimoine culinaire ». Ils rappellent que ces produits sont « notés défavorablement par l’algorithme du Nutri-Score calculé à partir d’une quantité de 100g ou 100 ml de produits, bien qu'ils offrent des bienfaits nutritionnels reconnus lorsqu'ils sont consommés selon les repères nutritionnels sur Manger Bouger et ceci dans le cadre d’une alimentation variée équilibrée ». Côté pratique, les acteurs engagés dans la démarche ont « deux ans » pour « mettre à jour leurs emballages et apposer le nouveau Nutri-Score ».
Process alimentaire: une PPL Modem pour étiqueter, puis interdire l'hexane en 2026
Dans une proposition de loi déposée le 11 mars, le député Modem Richard Ramos veut rendre obligatoire l'insertion d'«avertissements sanitaires» contre l’hexane» en rayon, puis interdire «progressivement» cet auxiliaire technologique utilisé pour l’extraction d'huile végétale à partir de graines de colza, de soja ou de tournesol broyées. Dans un rapport technique publié le 13 septembre, l'Efsa avait conclu qu'il était nécessaire de réévaluer l'hexane, soulignant que l'exposition aux nourrissons et jeunes enfants serait plus élevée que prévu, et que l'étude de référence, datant de 1996, n'était plus fiable. Dans un premier temps, la proposition de loi instaure l'obligation d'avertissements sanitaires sur les produits dont la fabrication a nécessité de l'hexane - ce qui n'est pas requis pour les auxiliaires technologiques. Ils seraient du type: «peut contenir de l’hexane», et déconseillé aux femmes enceintes, nourrissons, aux enfants en bas âge, et personnes atteintes de maladies neuro‑dégénératives ou de diabète. En parallèle, le texte instaure une obligation de mesure des niveaux de résidus, au nanogramme par kilogramme, et suspend pour un an la mise sur le marché des produits dans la fabrication a nécessité de l'hexagone vers les personnes fragiles (nourrissons, enfants en bas à âge, denrées à fins médicales, contrôle du poids, restaurations périscolaires, scolaire, pénitentielle, médico-sociale, et hospitalière). Dans un second temps, à partir de 2026, la PPL interdit les production, importation et mise des produits contenant de l'hexane, à compter du 1er janvier 2026.
Coopératives/bio : le nouveau silo du Groupe COC, dédié au bio, devrait être prêt pour cet été
Le groupe COC (386 M€ de chiffre d’affaires), implanté dans la Vienne, a débuté les travaux de son futur silo dédié au bio, à Descartes, dans le sud de l’Indre-et-Loire. D’une capacité totale de 5000 t, il se décompose en 10 cases de 250 t, 2 cases de 500 t et d’une case de 1500 t. Ce nouveau site devrait être opérationnel pour la collecte de cet été. Il possèdera également trois boisseaux d’expédition et de travail du grain. Ce projet ambitieux se veut flexible, pour notamment être en mesure de travailler des petits lots, avec possibilité d’inertage, pour une conservation optimale des grains. Le montant de l’investissement n’est pas précisé mais une partie des 1 M€ de l’enveloppe d’aide du fonds Avenir bio devrait y être dédiée. En 2024, le bio représentait 1 % des 450 000 tonnes collectées par le groupe. « Répondre aux besoins de tous nos adhérents, même ceux qui représentent une minorité, est au cœur de nos valeurs et de notre stratégie COC 2030, précise Ulrich Housseau, le directeur général interrogé par Agra Business. C'est pourquoi nous accordons une grande importance à l'étude des opportunités liées au bio, et ce, malgré les fluctuations actuelles du marché. » Le groupe n’exclut pas de travailler, sur ce site, des volumes de l’union Aquitabio dont il est actionnaire. (Anne Gilet)
Biscuits/céréales : lancement d'un projet public-privé Limagrain/Mondelez/Inrae
Top départ pour le projet collaboratif NutriTious, dédié à la « formulation de nouveaux aliments fonctionnels et durables au service de la nutrition et du microbiote intestinal », lancé par Greencell (PME française porteuse du projet), Limagrain Ingredients (groupe Limagrain), Mondelēz International, l’Inrae et l’université Clermont-Auvergne, le 13 mars. D’une durée de quatre ans, avec un budget de 3,81 M€, dont 2,51 M€ d’aides de l’État dans le cadre du plan France 2030, ce projet va donc réunir des acteurs publics et privés, de l’agroalimentaire et de la recherche. « Concrètement, indique un communiqué, il s’agit de développer un biscuit à base d’un ingrédient fermenté issu de coproduits de meunerie avec une souche probiotique de seconde génération et de farine riche en amidon résistant, riche en fibre et disposant d’une allégation de santé sur la glycémie post-prandiale » (c’est-à-dire post-repas). Cela permettra de valoriser des « coproduits de Limagrain Ingredients issus des industries meunières de blé et de maïs représentant actuellement un volume de près de 45 000 tonnes ». Des coproduits actuellement vendus en alimentation animale faute de répondre à la réglementation relative à l’alimentation humaine, ou aux critères qualité du marché.
Vins/guerre commerciale: la négociation n'a pas encore échoué, juge Bayrou
François Bayrou a estimé le 16 mars que «la négociation n'avait pas complètement échoué encore» avec l'administration Trump concernant sa menace de taxer à 200% les alcools européens, le Premier ministre français laissant entendre que le choix de Bruxelles de taxer le bourbon américain avait pu être une «maladresse». «Est ce que des maladresses ont été faites? Probablement oui, parce qu'on a introduit le bourbon du Kentucky comme si c'était une menace commerciale parce qu'on a repris une liste très ancienne sans la relire comme il aurait fallu. C'est au niveau de la Commission européenne», a déclaré François Bayrou au micro de la radio France Inter. «Nous aurions souhaité, le Premier ministre, moi-même, que la Commission européenne, qui pilote les négociations, ne mette pas les boissons dans cette liste», a abondé sur BFMTV le ministre de l'Economie Eric Lombard. Le Premier ministre a indiqué qu'il y avait «quinze jours devant nous pour essayer de trouver un chemin» avec les Etats-Unis sur le sujet. «Je suis pour essayer d'arranger les choses le plus vite possible, et je pense que la négociation n'a pas complètement échoué encore», car si des «tweets de Trump» existent, il n'y a «pas de décision encore, on va voir», a tenu à souligner François Bayrou.
Vin: les ventes de crémants poursuivent leur progression
Les ventes de crémant ont de nouveau progressé en 2024, de 5,9% sur un an, à l'exportation comme en France, reflétant l'engouement pour les vins effervescents dans un contexte globalement difficile pour la viticulture, a indiqué vendredi la Fédération des producteurs et élaborateurs de crémant. Avec 114,5 millions de bouteilles écoulées en 2024, le crémant affiche une progression de 47% entre 2016 (moins de 80 millions de bouteilles) et 2024, soit +5 à 7% annuel depuis dix ans (hors parenthèse Covid). Il a même résisté «au coup de mou qui a aussi touché la catégorie des bulles» l'an dernier, et notamment le champagne, les producteurs mettant en avant leur positionnement «fondé à la fois sur la reconnaissance de la qualité et une stratégie de valorisation progressive». Aujourd'hui les ventes se font à environ 60% sur la France et le reste à l'export. La progression a profité aux huit appellations d'origine protégée, de la plus importante, l'AOP Crémant d'Alsace (40,9 millions de bouteilles), à l'AOP Crémant de Savoie (370.000), indique la filière. En revanche les producteurs ont, comme l'ensemble du vignoble français, subi une baisse de récolte en 2024 du fait des conditions météorologiques, de 15% par rapport à celle de 2023, qui était toutefois une année record.
Bioéthanol : la profession vent debout contre une potentielle hausse des taxes
Dans un communiqué du 13 mars, la Collective du bioéthanol (représentants français de la filière bioéthanol), s'insurge contre une potentielle suppression de l’exonération fiscale dont bénéficient les biocarburants E10 et E85. La profession fait référence à un article de nos confrères de Challenges du 11 mars. Ces derniers se sont procuré un document confidentiel diffusé fin février dernier à plusieurs ministres, alertant sur l’évolution du nombre de voitures électriques en France. « Alors que la France tablait sur 430 000 immatriculations de véhicules électriques neufs en 2024, il n’y en a eu que 295 000 et leur part de marché tombe désormais à 17 %, contre 26 % visé en 2025 », peut-on lire dans l’article. Le document en question serait un rapport du secrétariat général à la planification écologique (SGPE), et appellerait à supprimer la fiscalité actuelle avantageuse des carburants E85 et E10. La Collective du bioéthanol craint qu’une telle mesure plombe la croissance du secteur, actuellement dynamique. « Augmenter la fiscalité du bioéthanol, une alternative au fossile disponible, durable, locale et abordable, augmentera la facture des ménages, favorisera la consommation de pétrole, engendrera des conséquences négatives sur le revenu des agriculteurs et sur toute la filière des sucreries et amidonneries françaises », argue la profession.
Biocarburants/cameline : Saipol visent quelques dizaines de milliers de tonnes en France
Contacté par Agra Presse, le responsable filière de Saipol (filiale du groupe Avril), Loïc Godnair, que le triturateur de graines oléagineuses vise une production française de cameline « de plusieurs dizaines de milliers de tonnes dans les années à venir », pour le marché ds carburants aéronautiques. La production de cameline reste pour l’instant anecdotique en France, avec 500 tonnes en 2024, pour environ à peu près autant d’hectares. À titre de comparaison, la production de colza s'affiche à 3,8 Mt, sur 1,3 Mha. Le représentant de l’industriel justifie son optimisme par la réglementation européenne, qui oblige depuis le 1er janvier 2025 les compagnies aériennes à utiliser des carburants décarbonés. « L’objectif est de 2% en 2025, et de 20% en 2035 et de 63 % en 2050 », rappelle le représentant de Saipol. Reste toutefois la transposition à l’échelle hexagonale, prévue pour « septembre-octobre. La récolte 2025 sera donc commercialisée un peu plus tard », précise-t-il. Saipol est par ailleurs en discussion avec les pétroliers afin de trouver le prix le plus rémunérateur possible, sans accord pour l’instant. « Pour inciter à la production, il faut un niveau le plus élevé possible, et ne pas l’indexer sur l’huile de colza », prévient Loïc Godnair.
Influenza aviaire : vers une baisse de la contribution de l'Etat au vaccin, de 70 % à 40 %
Interrogées par Agra presse concernant cette annonce attendue comme imminente, les filières avicoles se sont vu confirmer par le cabinet de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, l’abaissement de la contribution de l'Etat dans le financement de la campagne de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Les pouvoirs publics avaient financé la première campagne, en 2023, à hauteur de 85 %, puis la seconde à 70 %. À compter du 1er octobre 2025, et jusqu’au 30 septembre 2026, cette participation publique n’atteindrait que 40 %. Un doublement des coûts pour les filières, qui auront à leur charge l’achat du vaccin, son stockage et son acheminement, en plus de l’acte vétérinaire, qui leur incombait déjà. « Ces coûts ne peuvent pas être supportés par l’amont, notamment par les filières, s’insurge auprès d’Agra Presse, Yann Nédélec, directeur d’Anvol, l’interprofession de la volaille. Il faudra avoir une répercussion de ce prix sur les consommateurs. » En décembre, Marie Laborde, directrice adjointe du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras, nous confiait : « Si nous devons prendre en charge une part plus importante de la vaccination, nous devons en tenir compte dans les négociations commerciales qui sont en cours avec la grande distribution ». Ces négociations se sont terminées le 1er mars. (Elena Blum)
Œufs : nette progression de la production plein air aux dépens de la bio (Agreste)
Dans un bulletin mensuel de conjoncture Agreste publiée le 7 mars, le ministère de l'Agriculture constate une nette progression de la production mensuelle d’œufs de poules élevées en plein air (hors Bio, Label rouge compris) et une évolution en sens inverse de celle d’élevages biologiques. La production annuelle d’œufs de plein air (code 1) a commencé à décoller à l’automne 2024. La hausse sur un an a atteint 7% en janvier 2025 et 9% en février 2025, après un bond en 2023 et une progression plus timide sur 2024 à 4,912 milliards d’œufs. La production d’œufs biologiques s’était fortement ralentie (-9%) tout au long de l’année 2024, à 2,164 milliards d’œufs contre 2,381 milliards en 2023. Et en février 2025, la production d’œufs bio était en retrait de 1,6%. Une part de l’explication est probablement dans un glissement de l’élevage bio vers le plein air. Ces évolutions dans le plein air et le bio contrastent avec la stabilité des œufs de poules en cage aménagée (-1,4% en février) et au sol (+ 0,6% en février) en ce début 2025. Il y a donc un tassement pour l’élevage au sol, après une croissance annuelle très dynamique depuis le retrait des cages.
Produits laitiers, fruits et légumes à l'école : vers l’ajout de sucre et de sel en France
Dans le cadre de son projet de stratégie française pour le programme scolaire 2023-2029, notifié 2023, la France évoque la possibilité de faire évoluer les critères d’ajout de sel, de sucre et de matières grasses «en quantités limitées» dans les produits distribués dans le cadre du programme européen Produits laitiers, fruits et légumes à l'école (PLFE). L'interdiction actuelle d'ajout de ces trois macronutriments serait «un frein majeur» à la distribution des produits. Dans un avis daté du 21 janvier qu'Agra presse a pu consulter, l'Anses propose les plafonds suivants: 7g de matière grasse pour 100g de légumes crus, 4g de matières grasses pour 100 g de légumes cuits, 5g de sucre pour 100g de produits laitiers, et 0,3g de sel pour 100 g de légumes. Ces chiffres ne constituent pas «des références sanitaires», prévient l'Anses, mais visent à «éviter le rejet par les enfants». Dans le cas du sucre, l'Anses rappelle qu'elle en a «déjà maintes fois souligné la consommation excessive», et que «la prévention optimale des maladies chroniques aurait dû conduire à la fixation d’un seuil nul aussi bien dans les fruits que dans les produits laitiers». Comme pour le sel, le plafond choisi est qualifié de «pragmatique» et tire «néanmoins la consommation de sucre vers le bas.»
Tomate : l’Anses alerte sur le risque lié auToFBV, récemment apparu dans l'Hexagone
Dans un avis du 27 février dernier, l’Anses présente les résultats d’une autosaisine portant sur le risque lié au « tomato fruit blotch virus » (ToFBV), de l’espèce Blunervirus solani, récemment apparu en France métropolitaine. « Les symptômes observés concernent généralement de 2 à 10% des plants de tomate et peuvent atteindre 20% en fonction de la conduite culturale et de la variété ». Cependant, l’Anses précise que « ce risque pourrait être plus important si, dans le cas d’une transmission avérée du virus par l’acarien Aculops lycopersici, la réduction de produits phytopharmaceutiques autorisés pour la lutte contre ce ravageur entrainait sa pullulation ». La détection du ToFBV est, souvent, associée à la présence cet acarien, en recrudescence depuis quelques années dans les cultures sous abris : ce qui laisse planer un risque pour l’ensemble des zones de cultures de tomates en France en cas d’exposition. L’étude souligne les difficultés de détection précoce et l’absence, à ce jour, de frein climatique à l’établissement du virus, : « Des travaux complémentaires seraient à réaliser pour lever les incertitudes et conclure de manière plus ferme sur les priorités en matière de lutte ou de limitation des risques de transmission ».
Coopératives: Sophie Maroulier nommée directrice RSE d’Agrial
Le groupe coopératif Agrial a annoncé le 14 mars la nomination de Sophie Maroulier comme nouvelle directrice RSE (effective depuis le 1er mars). Ingénieure diplômée de l'École supérieure d'agriculture (ESA) d'Angers, Sophie Maroulier a rejoint Agrial en 2016 après avoir occupé des fonctions commerciales, marketing et innovation à la fromagerie Guilloteau, puis chez Savencia pendant 12 ans. Elle a ensuite rejoint Agrial, où elle occupait récemment le poste de directrice du développement commercial, marketing et communication. Elle succède à Sarah Deysine, qui quitte Agrial.
Biocontrôle : Vincent Jacquot devient CEO d’Agriodor
Agriodor annonce, le 13 mars sur Linkedin, avoir débuté un nouveau chapitre avec l’arrivée de Vincent Jacquot en tant que CEO. Il remplace Alain Thibault, le fondateur de l’entreprise, qui endosse le poste de président du conseil d’administration. Vincent Jacquot était DG de Candia Beurre Crème depuis 2019. Agriodor, qui développe la technologie des odeurs, compte « révolutionner l’agriculture durable » en réduisant l’usage des insecticides. En 2025, sa solution dédiée aux betteraves sera commercialisée par Syngenta. (Anne Gilet)
Addendum à l'agenda de la semaine
Mercredi 19 mars
Élection du président de Chambres d'agriculture France