Agra Business | Maïsadour/Euralis, PepsiCo, Semmaris, Routin/Monin/Bigallet, Sodexo

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Coopératives: le projet de rapprochement Maïsadour-Euralis reporté sine die

En raison d'un «contexte agricole et économique qui s’est encore dégradé ces derniers mois», le projet de fusion entre Euralis et Maïsadour est reporté sine die, a indiqué le 29 septembre, la direction d'Euralis, dans un courrier adressé aux salariés, qu'Agra Presse a pu consulter, confirmant une information de RIA. «Les conditions nécessaires au financement du projet de rapprochement entre Euralis et Maïsadour ne sont pas réunies à ce jour. En conséquence, le projet tel que nous l’avions initialement conçu ne pourra pas être réalisé», indique le directeur général. Toutefois, précise le groupe, «cela ne signifie pas pour autant la fin de notre ambition commune mais nous devons d'abord prioriser la gestion court terme de nos activités respectives». Les deux coopératives sont très touchées par les récoltes calamiteuses de cultures de printemps (maïs, tournesol, soja...) très présentes dans leurs zones. Après de longs mois d'attente, l'Autorité de la concurrence avait donné son accord le 17 juillet au projet de fusion entre les groupes coopératifs Euralis et Maïsadour. L'accord était assorti de demande de cessions d'actifs. Les deux coopératives réfléchissent à se rapprocher depuis 2021, notamment en raison de surcapacités dans le canard gras. Elles avaient été obligées d’abandonner un projet d’entreprise commune dans le canard gras en 2023.

Porc : en Allemagne, le distributeur Edeka dénonce des contrats Bien-être animal

En Allemagne, le distributeur alimentaire Edeka « résilie des contrats de long terme avec des éleveurs ayant investi dans le bien-être animal », a rapporté l’agroéconomiste à l’Ifip (institut du porc) sur Linked’In le 28 septembre d'après une actualité sur le site internet d’ISN, organisation représentant les intérêts des éleveurs de porcs. Selon cette information, le groupement régional Edeka Nordbayern-Sachsen-Thüringen (Bavière du Nord-Saxe-Thuringe) met fin à des contrats « sans préavis et à très court terme ». Dans le cadre du programme « bien-être » en question, des naisseurs et des engraisseurs du nord de la Bavière, de Saxe et de Thuringe sont liés par des contrats de long terme (jusqu’à 15 ans) couvrant les coûts de production. Le cahier des charges impose notamment au moins 40 % de surface supplémentaire par porc, un accès permanent à l’air extérieur, la fourniture de fourrage grossier et de matériaux de manipulation organiques, ainsi qu’une alimentation sans OGM en engraissement. Encouragés par la garantie à long terme, plusieurs éleveurs ont réalisé « d’importants investissements, selon ISN. 

Champignons : le leader français racheté par un fonds d'investissement

Le fonds d'investissement français Fernhill Capital a annoncé, dans un communiqué du 29 septembre, son entrée majoritaire au capital de Lou Légumes, premier producteur français de champignons frais. La société connait des difficultés financières, notamment depuis une condamnation pour fraude sur l'origine, récemment confirmée en appel, selon la presse locale. Les fondateurs et dirigeants actuels de Lou Légumes, Fabrice Chapuzet et Emmanuelle Roze Chapuzet, conservent leurs fonctions opérationnelles et poursuivront la mise en œuvre de la stratégie de développement du groupe. Fondée en 2009, l'entreprise Lou Légumes exploite trois sites de production à Poilley (Ille-et-Vilaine), Landivy (Mayenne) et Chaspuzac (Haute-Loire). Le groupe produit environ 12 000 tonnes de champignon par an, soit 25 % de la production française. Initialement spécialisée dans le négoce, l’entreprise a investi plus de 40 millions d’euros ces dernières années pour se spécialiser dans la production de champignons frais, dont la consommation a progressé en 50 % en quinze ans en France. L’investissement de Fernhill Capital doit lui permettre de poursuivre le développement de de ses trois sites et de renforcer leur compétitivité. 

Pommes : CQLP lance des produits pour valoriser des fruits non-commercialisables

Les consommateurs de la coopérative C’est qui le Patron ?! (CQLP) ont voté la création de deux nouveaux produits pour valoriser les pommes sauvées des intempéries et préserver les vergers des Alpes de Haute-Durance, rapporte un communiqué du 29 septembre. Vagues de chaleur, canicule, grêle et manque d’eau ont particulièrement affecté les vergers, avec à la clef des fruits non commercialisables, des investissements détruits et un important travail de nettoyage à l'automne. Les producteurs ne disposent par ailleurs pas toujours d’une assurance pour couvrir ces dégâts, dont le coût peut atteindre un supplément de 1000€/ha. Dans le détail, la coopérative proposera dès la mi-octobre une barquette en carton de six pommes d’environ 1 kilo pour 2,99 €, chez Intermarché, Leclerc, Auchan et Chronodrive. L’enseigne de restauration rapide Burger King proposera de son côté un sachet kraft de 60g de pommes solidaires pré-découpées dans son menu enfant d’ici à la fin octobre. La coopérative prévoit de commercialiser 87 tonnes de pommes en barquette et 220 tonnes via Burger King. Les producteurs réclament aujourd’hui une hausse de 0,35€/kg, alors que le prix actuellement payé est de 0,35€/kg. À défaut d’une revalorisation, 110 000 tonnes de pommes pourraient disparaitre à court terme, selon CQLP.En mars 2025, la coopérative avait annoncé a création d’une nouvelle filière de pommes solidaires en sachets, toujours dans les Alpes de Haute-Durance, avec l’objectif de « rémunérer au juste prix » les producteurs.

Routin, Monin, Bigallet : le segment des sirops artisanaux en forte croissance

Les sirops artisanaux, portés par de nouvelles habitudes de consommation, font émerger une industrie confidentielle mais en forte croissance. Une cinquantaine d’ateliers et de petites entreprises se sont positionnés sur ce segment haut de gamme. « Le retour à plus de naturalité et l’envie de saveurs plus recherchées nous laissent une petite place qui grandit chaque année », souligne Élise Vignaud, à la tête de Lissip, marque artisanale de sirops lancée en 2020, aux Échos le 25 septembre. Elle va enregistrer cette année une croissance de 9 %, avec la commercialisation de 15 000 bouteilles de 25cl, le double des performances attendues du secteur en 2026. Dans l’Aisne, l’agricultrice Clotilde Brown a porté sa production de sirop de sureau à 60 litres en 2020 à plus de 7 000 litres en 2026 et un chiffre d’affaires de près de 100 000 euros couvrant 20 % des revenus de son exploitation. Face à eux, les principaux fabricants français de sirops sont pour la plupart passés sous pavillon étranger, à l’instar de Teisseire, numéro un en grande distribution avec 35 % de part de marché, appartient depuis 2024 à Carlberg. Avec une poignée d’autres industriels du sirop, (Maison Routin, Monin, Bigallet, Vedrenne), ils nourrissent un marché estimé à 420 millions d'euros pour une consommation annuelle dépassant 150 millions de litres, selon le Syndicat français des sirops.

Boissons/snacks : PepsiCo va investir 1Mrd$ en Colombie (Abelardo de la Espriella)

Le président colombien Abelardo de la Espriella a annoncé que le groupe américain de boissons et de snacks PepsiCo allait investir un milliard de dollars dans son pays au cours des cinq prochaines années. Le dirigeant de droite est arrivé pouvoir le 7 août avec la promesse d’attirer l’investissement privé et de dynamiser l’économie colombienne. L’investissement est axé sur «l’augmentation de la production», «la modernisation des opérations» et «le renforcement de la distribution» du groupe américain en Colombie, a-t-il précisé. «Ce pari stimule l’emploi, soutient plus de 2.000 agriculteurs et renforce les petits commerçants colombiens», a-t-il ajouté. Le vice-président, José Manuel Restrepo, a ajouté sur X que l’investissement s’était concrétisé après son déplacement la semaine dernière à New York. M. Restrepo a rencontré des investisseurs américains en marge de son programme à l’Assemblée générale de l’ONU. La Colombie représente le troisième marché le plus important d’Amérique latine pour PepsiCo, après le Brésil et le Mexique, selon le site de l’entreprise. PepsiCo dispose de deux usines de production et de sept centres de distribution en Colombie.

Biodéchets : nette amélioration de la valorisation au Min de Rungis, selon Suez

La valorisation des biodéchets du Min de Rungis a augmenté de 40 % en un an, selon un dossier de presse du 24 septembre de la Semmaris, la société gestionnaire du marché, et de Suez, son prestataire en valorisation des déchets depuis 2024. Le tri à la source, le compostage et la méthanisation des invendus alimentaires, notamment de fruits et légumes, a permis ce progrès, est-il expliqué. Afin de limiter les pertes à la source, la Semmaris soutient l’association Le Potager de Marianne, qui récupère les invendus des grossistes pour les distribuer aux structures d’aide alimentaire et aux épiceries solidaires du réseau Andes. Autre levier : la Semmaris ouvre gratuitement les portes du MIN à une quarantaine d’associations d’aide alimentaire pour qu’elles collectent directement leurs denrées auprès des professionnels. En 2025, ce sont 1 044 t de produits qui ont ainsi été donnés, 3 160 t compostés et 2 807 t (comprenant des déchets de restauration) méthanisés. Quant à l’ensemble des déchets du Min (biodéchets, mais aussi cartons, déchets en plastique et palettes), le taux de valorisation est passé de 33 % en 2023 à 48 % en 2025, indique le dossier de presse. Suez a l’objectif contractuel de monter à 60 % en 2028.

Restauration collective : Nathalie Bellon-Szabo doit succéder à Sophie Bellon à la tête de Sodexo

Dans un communiqué du 28 septembre, Sodexo annonce que Nathalie Bellon-Szabo succèdera à Sophie Bellon à la tête du groupe familial de restauration sous réserve du renouvellement de son mandat d’administratrice à l’assemblée générale du 16 décembre. Administratrice de Sodexo depuis 1989, Nathalie Bellon-Szabo a intégré le comité exécutif depuis 2018. Par cette nomination, elle deviendra présidente non-exécutive du conseil d’administration au moment où Sodexo entame son plan d’accélération de la croissance jusqu’en 2030, lancé en juillet dernier sous le nom Shift & Grow 2030. Sophie Bellon préside le conseil d’administration depuis 2016. Elle doit désormais présider le directoire de la holding familiale Bellon SA tout en continuant à siéger au conseil d’administration de Sodexo.