Légumes : Rosée des Champs veut devenir « la pionnière » du maraîchage régénératif
Rosée des Champs a annoncé le 24 septembre son ambition de devenir « la pionnière du maraîchage régénératif », en actionnant plusieurs leviers : l’allongement et la diversification des rotations, les couverts végétaux, la réduction du recours à la chimie, la réduction du travail des sols. Deux projets sont lancés dans cette voie. Le premier, rattaché à un projet national soutenu par l’Ademe et nommé « Fabacée », est orienté sur les économies d’énergie directe et indirecte dans tous les domaines (engrais azotés, couverts végétaux, écoconduite, etc.). Objectif : 10 % d’économie d’énergie par an sur les pratiques agricoles, avec, à terme, un objectif de réduction de deux millions de kWh par an. Le deuxième projet a une portée plus large. Rosée des Champs annonce avoir adhéré au mouvement associatif PADV (Pour une agriculture du vivant) en 2025, avec pour ambition de généraliser l’indice de régénération (IR) à l’ensemble de ses adhérents d’ici la fin de l’hiver (cinq indices établis à date), d’établir un plan d’action individualisé, et de les faire monter en compétences par des formations collectives et individuelles. Trois techniciens externes sont dorénavant mobilisés sur ce chantier, en plus de l’équipe de six personnes du service agronomique interne. (Florence Rabut)
Légumes : Rosée des Champs renforce son accompagnement de la RHD
Après deux années de réflexion, la coopérative légumière Rosée des Champs (Maine-et-Loire) et sa quarantaine de producteurs dévoilent la teneur de l’évolution de leur projet stratégique, « pour les 10 à 15 prochaines années ». Premier pilier : la modernisation digitale et industrielle des infrastructures (englobant la filiale Soram, à Plan-d’Orgon, dans les Bouches-du-Rhône), avec plusieurs chantiers déjà démarrés (nouvel ERP, baisse de la consommation en eau – déjà réduite de 20 % –, économies d’énergie, etc.). Deuxième pilier : accompagner la RHD (restauration hors domicile), principal marché de la coopérative, à « passer du produit à la solution service » (conseil sur l’assortiment, élaboration de recettes avec des chefs cuisiniers, etc.). Là encore, avec des initiatives déjà lancées. Les troisièmes et quatrièmes piliers s’adressent au collectif et à « l’amont » pour « ramener de la valeur à l’amont en construisant des filières pérennes ». Ces évolutions entraînent le repositionnement de l’identité-même de la marque, avec la création d’une nouvelle marque pour le segment du frais (Vitacroc) et l’évolution de Rosée des Champs vers les légumes prêts à l’emploi (4e et 5e gammes, activité principale) vers la RHD (350 produits au catalogue, 40 000 t de légumes), qui seront déployées à partir de 2027. (Florence Rabut)
Légumineuses : la coopérative Qualisol lance une marque régionale de pois chiche
Dans un communiqué du 24 septembre, le groupe coopératif Qualisol, basé dans le Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne), a annoncé le lancement d’une nouvelle « marque filière régionale » de pois chiche : pois chiche d’Occitanie/Gascogne (POG). Avec cette marque, la coopérative espère relancer la production de la culture en France. Malgré une demande présente, le pois chiche connaît une baisse de surfaces dans l’Hexagone, compte tenu de la concurrence des importations et des aléas climatiques notamment. Sa marque n’est pas un label certifié, mais Qualisol s’engage sur plusieurs critères : assurer la transparence du champ à l’aval, garantissant une origine 100 % française ; accompagner l’agriculteur dans le choix des semences ; assurer le tri et le conditionnement sur son site gersois de Montfort ; sécuriser les volumes (contractualisation et constitution d’un groupe régional). La sécheresse 2026 a bien entendu pénalisé les rendements, notamment en Occitanie, première région productrice. Les volumes produits en 2026 sur le secteur de Qualisol ont atteint 3 000 t, avec un niveau de qualité qualifié de moyen. La coopérative vise un volume de 5 000 t à l’horizon 2030, afin de satisfaire les besoins du marché français et de l’export.
Latex naturel : Arterris Innovation et GuaTecs développent une filière française de guayule
La coopérative Arterris Innovation et la start-up GuaTecs ont annoncé, dans un communiqué du 24 septembre, la plantation de 3,2 hectares supplémentaires de guayule, un petit arbuste originaire du désert mexicain qui produit naturellement un latex. Cette expansion intervient après un premier essai « encourageant » en 2024, avec l’implantation d’une parcelle expérimentale d’un demi-hectare sur la ferme de Bonanza, à Alzonne (Aude). Face à d’importantes contraintes climatiques, Arterris Innovation cherche de nouveaux leviers de diversification pour l’agriculture méditerranéenne. Particulièrement adapté aux environnements semi-arides, le guayule a la particularité de maximiser sa teneur en polyisoprène, le composant naturel du latex, lorsqu’il est soumis au stress thermique et hydrique. Exploitable pendant environ huit ans, le guayule peut faire l'objet de plusieurs récoltes espacées de deux ans avant que la plante ne s'épuise. Il s'accommode de sols pauvres, calcaires ou caillouteux et ne connaît, à ce jour en France, ni ravageurs ni maladies. « Cette filière nous paraît particulièrement prometteuse car elle permet à la fois de répondre aux contraintes du changement climatique et d’offrir une alternative aux terres en déprise, sans concurrencer les surfaces de cultures alimentaires », explique Marc Reymond, directeur qualité innovation développement chez Arterris.
Elevage : McDonald’s veut gagner des parts de marché sur le poulet
Le géant mondial du burger de bœuf McDonald’s a présenté un nouveau plan stratégique le 23 septembre, qui prévoit d’augmenter l’attractivité de ses restaurants et vise 1,5 points de part de marché sur le poulet et les boissons d’ici à 2030 « tout en conservant le leadership sur le bœuf ». Le développement de la préparation sur place du poulet pané et de nouveaux plats riches en protéines font partie des évolutions prévues, selon la presse internationale. Concurrencé par les chaînes de fastfood axées sur le poulet, et les concepts innovants de restauration rapide, l’enseigne historique prévoit d’injecter 8,5 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) sur dix ans dans les restaurants tenus en franchise, soit la quasi-totalité (95%) du parc mondial de 45 000 restaurants. Quelque 60% de cet investissement serait réalisé d’ici à 2030. Les ventes mondiale ont progressé à un rythme ralenti au second trimestre à données comparables, contre 3,8% au second trimestre 2025. Le ralentissement est particulièrement notable aux Etats-Unis, où la baisse de fréquentation se conjugue à la pénurie de bœuf.
Bovins : des ONG ciblent Irish Ferries, dernier transporteur maritime de veaux irlandais
Dans un communiqué du 24 septembre, quatre associations de protection animale annoncent une mobilisation, lundi 28 au port de Calais, visant Irish Ferries, dernière compagnie à effectuer le transport maritime de veaux vivants entre l’Irlande et l’Europe. CIWF France, l’OABA, Quatre pattes et Welfarm exigent que l’entreprise irlandaise mette fin à cette activité qui contrevient, selon elles, à la réglementation européenne. Les bateaux d’Irish Ferries embarquent notamment « de très jeunes veaux non sevrés, enfermés à l’intérieur de bétaillères » pour des traversées « durant en moyenne 18 heures, sans possibilité d’être nourris ni abreuvés ». Or, le règlement européen n°1/2005 sur le transport des animaux impose un délai maximal de 9 h entre deux repas pour les veaux non sevrés. Avant l’action du 28 septembre, « des manifestations sont prévues au port de Dublin (Irlande) et au port de Douvres (Royaume-Uni) » au cours du week-end, ajoutent les ONG. Irish Ferries est la dernière entreprise à transporter des veaux sur ces lignes depuis que le français Brittany Ferries s’est retiré du marché, en septembre. Avec plus de 200 000 têtes expédiées depuis le début de l’année, l’export de veaux est crucial pour la filière bovine irlandaise.
Outre-Mer : le distributeur GBH mobilise 1,2 M€ pour soutenir les agriculteurs
Le distributeur martiniquais GBH (Groupe Benard Hayot) a dévoilé le 24 septembre un plan de soutien aux filières agricoles ultra-marines nommé Producteurs d’avenir pour soutenir « l'investissement et l'installation de producteurs locaux », selon un communiqué. Concrètement, il s’agit d’un « soutien financier direct aux projets identifiés à hauteur de 1,2 million d’euros sur trois ans sur la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion » et d’une « sélection pilotée avec les acteurs de terrain : sur chaque territoire, les bénéficiaires seront choisis par une instance réunissant les acteurs de référence du monde agricole et institutionnel ». En outre, le programme prévoit « une priorité adaptée à chaque territoire, définie avec les acteurs agricoles et institutionnels locaux. » Les fonds sont mobilisés par GBH à raison de 100 000 euros par an et par territoire. GBH, distributeur alimentaire dans les outre-mer à travers la franchise Carrefour, est « partenaire de 170 producteurs locaux en Martinique, de plus de 150 fournisseurs réunis sous le label Produits d'Ici en Guadeloupe et en Guyane, compte plus de 130 fournisseurs directs à La Réunion. » Le groupe GBH est également producteur de rhum (Clément, etc.) et détient des plantations de bananes, en plus de ses activités distribution spécialisée, notamment automobile.
Assurance récolte : les assureurs devraient verser environ 600 M€ d’indemnités en 2026
Après un été marqué par des vagues de chaleur et plusieurs épisodes de canicule, les assureurs devraient verser en environ 600 millions d’euros d’indemnités au titre des sinistres agricoles en 2026, a indiqué Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l'agriculture de Pacifica, filiale du Crédit Agricole, à Agra presse le 24 septembre. Parmi les agriculteurs assurés auprès de Pacifica, 85 % ont déclaré un sinistre cette année. « Si 100 % de la Ferme France avait été assurée, nous aurions été amenés à indemniser 2 à 3 milliards d’euros », souligne Jean-Michel Geeraert. Aujourd’hui, seuls 22 % des exploitants agricoles sont assurés, loin des objectifs du gouvernement. À l’horizon 2030, il espère atteindre un taux de couverture de 60 % des surfaces en viticulture, grandes cultures et légumes d’industrie et de 30 % en arboriculture, prairies et autres cultures peu assurées. Alors que les aléas climatiques sont appelés à augmenter en intensité et en fréquence, M. Geeraert estime que les exploitants agricoles « ne peuvent plus faire l’impasse sur la protection climatique ». Même son de cloche du côté du ministère de l’Agriculture. « Il faut impérativement que les agriculteurs français s’assurent », avait insisté Annie Genevard, en visite au Space le 15 septembre.
Grande distribution : Auchan sur le point de céder 17 supermarchés à Lidl
Auchan a annoncé le 24 septembre être « entré en négociations exclusives avec Lidl en vue de la cession de 17 supermarchés en France », selon un communiqué. Présentée aux instances représentatives et soumis à l’autorisation des autorités de la concurrence, « cette opération pourrait être effective au premier trimestre 2027 », précise Auchan. Avec cette cession, Auchan finalise la transformation de son réseau de 266 supermarchés dont la plupart ont été vendus ou transférés. « 13 supermarchés, dont les caractéristiques spécifiques de surface, d'emplacement et de potentiel le justifient, resteraient dans le périmètre d'Auchan Retail France sous d'autres format », rappelle Auchan dans son communiqué. En novembre 2025, l'enseigne avait lancé un projet de transformation de son réseau de magasins afin de se concentrer sur ses hypermarchés. 164 ont été transférés dans l'entité A+Super, détenue par Auchan Retail France mais exploitée en franchise par Intermarché ou Netto. Le transfert débutera le 1er octobre et les changements d'enseigne s'étaleront jusque mai 2027. Le groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto) a également acquis 72 supermarchés qui étaient mis en vente par Auchan.
Distribution : le groupe Relais Vert adhère aux Grossistes alimentaires de France
L’organisation Les Grossistes alimentaires de France (ex-Fédalis) a annoncé sur Linked’In le 23 septembre l’adhésion de Groupe Relais Vert, leader polyvalent du bio, qui distribue plus de 9000 produits de toutes catégories à travers 11 entités et 4 plateformes (Bordeaux, Montpellier, Rungis, Carpentras) déployant 15 000 m² d’entrepôts. Ce groupe familial dont le siège est dans le Vaucluse a pour principe d’accompagner les artisans et la production locale en soutenant des filières agricoles, avicoles et céréalières en France et dans leurs bassins historiques de production, selon le message diffusé. « Ma volonté, en rejoignant Les Grossistes Alimentaires de France, c’est avant tout de faire partie d’un réseau qui connaît et comprend les spécificités de notre métier », commente dans ce communiqué le PDG Jérémie Ginart. En mai 2024, le groupe avait annoncé sa fusion avec Propolis Développement, comprenant notamment Dynamis, grossiste en fruits et légumes à Rungis. Cette fusion sous l’enseigne Groupe Relais Vert a donné le plus important grossiste en produits variés biologiques de France, capable de « répondre efficacement à l’ensemble des demandes des clients partout en France avec une offre bio et locale», proclamait alors le spécialiste.