Taxes américaines: Trump revient sur les droits canadiens et ceux sur la potasse
« Les États-Unis ont accepté de suspendre les droits de douane sur les exportations canadiennes conformes à l’ACEUM (accord Canada-Etats-Unis-Mexique) jusqu'au 2 avril », a annoncé le 6 mars sur le réseau social X, le ministre canadien des Finances, Dominic LeBlanc. Et d’ajouter : « En retour, le Canada ne procèdera pas à la deuxième imposition de droits de douane sur les 125 milliards de dollars de produits américains jusqu’au 2 avril, pendant que nous continuons à travailler à lever tous les droits de douane ». Cette mesure intervient alors que Donald Trump avait indiqué plus tôt, sur son réseau Truth Social, le report des droits supplémentaires pour le Mexique. En parallèle, face aux inquiétudes du monde agricole, l’administration Trump a révisé à la baisse les droits sur les importations de potasse du Canada et du Mexique, qui ne sont pas déjà couvertes par l’ACEUM, de 25% à 10%. Cette annonce « est une étape essentielle pour aider les agriculteurs à gérer et à sécuriser les coûts des intrants clés au plus fort de la saison des semis, tout en renforçant les relations commerciales agricoles à long terme », a déclaré la secrétaire d'État américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins.
Lait/bois: Trump menace le Canada de hausses des droits de douanes imminentes
Après avoir exempté une partie des produits canadiens des droits de douane la veille, le président américain Donald Trump a déclaré le 7 mars être prêt à mettre en place «dès» ce jour des droits de douane réciproques sur les produits laitiers si Ottawa n'abaisse pas les siens sur cette catégorie. «Le Canada nous escroque depuis des années avec des taxes de 250% sur les produits laitiers et le bois d'oeuvre, cela ne se reproduira plus. Nous allons leur imposer exactement le même tarif, à moins qu'ils ne l'abandonnent. C'est ce que la réciprocité signifie et nous pouvons le faire dès aujourd'hui ou attendre jusque lundi ou mardi», a déclaré M. Trump devant la presse dans le bureau ovale. «Nous allons facturer la même chose, ce n'est pas juste. Cela n'a jamais été équitable et ils ont mal traité nos agriculteurs», a insisté le président américain. L'accès des produits laitiers américains au marché canadien avait fait l'objet d'un contentieux, dans le cadre de l'accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM), Washington accusant Ottawa de ne pas respecter ses obligations en la matière. Mais la décision d'un groupe de règlement, une procédure prévue par l'accord, avait donné fin 2023 raison au Canada, qui limitait volontairement le contingent tarifaire de lait américain, soit la quantité de produits laitiers entrant sans être taxés dans le pays.
Guerre commerciale: la riposte chinoise sur les produits agricoles entre en vigueur
Décidés en représailles à un dernier décret de Donald Trump visant Pékin, de nouveaux droits de douane chinois doivent s'appliquer à partir de ce lundi 9 mars sur tout un éventail de produits agricoles américains. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président des Etats-Unis a annoncé une série de droits de douane à l'égard de ses principaux partenaires commerciaux, parmi lesquels la Chine, le Canada et le Mexique. Après avoir imposé des droits de douane supplémentaires de 10% à l'encontre de tous les produits chinois, Donald Trump a décidé le 3 mars de les porter à 20%. «Fortement mécontente», la Chine a riposté dans la foulée, en annonçant des taxes du même type contre des produits issus de l'agriculture américaine, et ce à compter de lundi. Poulet, blé, maïs et coton entrant en Chine seront davantage taxés (15%) que sorgho, soja, porc, boeuf, produits de la mer, fruits, légumes et produits laitiers (10%). Des experts estiment que cette réaction chinoise vise la base électorale du milliardaire républicain, tout en restant suffisamment modérée pour rendre encore possible un accord commercial.
Electricité: les industriels se sentent lâchés par EDF et son système d'enchères européen
Les industriels gros consommateurs d'énergie fustigent le 7 mars EDF, accusée de lâcher l'industrie française pour lui préférer «le profit à court terme», et de mettre en danger la compétitivité des usines face à la concurrence internationale en refusant d'abaisser ses tarifs, malgré les pressions gouvernementales. Des fonderies d'aluminium à la chimie en passant par la fabrication de papier-carton, de verre, ou l'agroalimentaire, les industriels dits «électro-intensifs» (gros consommateurs d'électricité, NDR) dont beaucoup se disent étranglés par les factures d'énergie et menacés dans leur «survie» en France, s'inquiètent du coup de poker commercial lancé le 6 mars par l'électricien national. EDF a en effet annoncé jeudi soir qu'elle allait proposer des contrats d'achat d'électricité nucléaire à long terme à travers un système d'enchères dans toute l'Europe pour des entreprises de taille significative de tout secteur et des fournisseurs d'électricité. «Ce faisant, EDF tournerait délibérément le dos à l'industrie» française avec laquelle elle était en négociation bilatérale depuis fin 2023, estime l'Uniden, association qui regroupe les entreprises représentant plus de 70% de la consommation d'énergie de l'industrie en France. «Avec cet appel d'offres et sans poursuite de discussions bilatérales avec les industriels, EDF préférerait clairement vendre aux plus offrants plutôt qu'à ceux qui en ont besoin», craint l'Uniden.
Entreprises de travaux agricoles : forte baisse d'activité en 2024, selon la FNEDT
Lors d’une conférence de presse tenue le 7 mars à Arles, le président de la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) Philippe Largeau, a déclaré prévoir une baisse moyenne du chiffre d’affaires des entreprises du secteur «de 20 % en 2024». Le niveau exact n’a pas été communiqué, et sera connu l’an prochain, précise l’organisation. Le dirigeant précise que les situations sont très variables selon les secteurs géographiques et d’activité: «on constate des reculs allant de 5 % à 80 %». L'effritement du chiffre d'affaires s'explique par la météo particulièrement difficile en 2024, réduisant notamment les surfaces de céréales récoltées, et donc les demandes en prestations de récolte. Plus en détail, les entreprises de travaux forestiers auraient été les plus touchées. Néanmoins, celles du secteur agricole ont également souffert. Philippe Largeau rappelle que les exploitations céréalières situées au sud de la Loire ont été singulièrement frappées par la baisse des rendements. Face aux difficultés de la filière, le dirigeant appelle les entreprises « à rester à l’écoute des agriculteurs en difficulté », mais aussi de facturer les prestations de manière à « sécuriser la pérennité du secteur ».
Fièvre aphteuse: après l'Allemagne en janvier, un foyer confirmé en Hongrie
Un foyer de fièvre aphteuse a été confirmé en Hongrie dans une ferme située près de la frontière slovaque et à 50km de l'Autriche, a indiqué la plateforme d'épidémiosurveillance Esa le 7 mars. «A ce jour, l’origine de la contamination n’est pas connue. Le sérotype en cause n’a pas encore été identifié». Selon l'Esa, la maladie n'avait pas été détectée dans le pays depuis 50 ans. D'origine virale, cette épizootie très contagieuse pour les animaux mais inoffensive pour les humains a refait son apparition près de Berlin en janvier, une première dans l'Union Européenne depuis 2011. L'Allemagne peut toujours vendre à ses voisins européens de la viande produite en dehors des zones à risque mais, pour les autres pays, tout dépend de l'accord commercial en place. Le Royaume-Uni a ainsi suspendu ses importations de bovins, porcs et ovins, la Corée du Sud et la Mexique annonçant aussi des restrictions. En 2001, jusqu'à 10 millions d'animaux avaient été abattus au Royaume-Uni pendant une épidémie de fièvre aphteuse qui avait coûté à l'économie britannique près de 10 milliards d'euros.
Acétamipride: Fesneau ouvert à une dérogation «circonscrite dans le temps et les usages»
Son avis pourrait être décisif dans ce dossier compte tenu de la composition de l'Assemblée nationale. Interrogé par Agra presse le 8 mars, le président du groupe Modem, Marc Fesneau, indique qu'il n'est «pas opposé à une dérogation de type Denormandie pour l'acétamipride, pour peu que circonscrite dans le temps et les usages». Pour l'ancien ministre de l'Agriculture, le dossier des «impasses techniques réelles comme pour la noisette» est une «urgence» à traiter. Avec l'appui déjà annoncé d'un autre ancien ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert (Renaissance), cette mesure inscrite dans la proposition de loi (PPL) Entraves a désormais des chances d'être adoptée à l'Assemblée - tout comme la fin de la séparation de la vente et du conseil des pesticides. Toutefois, Marc Fesneau critique la stratégie choisie dans ce dossier de l'acétamipride : «avoir tout misé là-dessus pour la récolte 2025, via une réautorisation par une proposition de loi, quand on sait l'instabilité de l'Assemblée nationale, ce n'est pas responsable, ni respectueux des agriculteurs. Il y a d'autres alternatives sur lesquelles il faudrait travailler en parallèle». Pour rappel, au Sénat, le gouvernement et les parlementaires de droite avaient trouvé fin janvier un terrain d'entente sur le dossier de l'acétamipride ; la ministre de l'Agriculture avait donné un avis de sagesse pour qu'une dérogation puisse être prise à titre exceptionnel, prononcée par décret et sous conditions.
Oléagineux: Saipol et son sous-traitant condamnés pour un accident sur le site de Dieppe (presse)
La presse généraliste rapporte le 5 mars que le bras industriel du groupe Avril, Saipol (leader français de la transformation de graines oléagineuses), et la société sous-traitante SNAD (société normande d’assainissement et de dépollution) ont été reconnus coupables d’avoir causé involontairement la mort de deux salariés du sous-traitant par le tribunal correctionnel de Dieppe. Pour rappel, une explosion suivie d’un incendie, ayant causé la mort des deux individus, âgés de 25 ans et 44 ans, est survenue sur l’ancienne usine de trituration de graine de colza basée à Dieppe le 17 février 2018, et appartenant à Saipol. La filiale du groupe Avril a écopé d’une amende délictuelle de 250 000 euros, et la SNAD de 150 000 euros. Suite à l’incident mortel, rappelons que l’activité du site en question a été reconvertie. Repris en 2020 par la société Olatein, filiale des groupes Avril et Royal DSM (groupe spécialisé dans la nutrition et basé aux Pays-Bas), une usine a depuis été reconstruite, produisant des protéines de colza destinées à l'alimentation humaine.
Boulangerie/pâtisserie : les fusions-acquisitions ont rebondi en 2024 (étude)
Une étude publiée le 6 mars par la société d’investissement Unigrains révèle un léger rebond des opérations mondiales de fusions-acquisitions dans le secteur de la BVP (Boulangerie-Pâtisserie-Viennoiserie) en 2024. L’entité en rapporte 87, contre 72 en 2023. Unigrains rappelle que la crise de la Covid-19 a fortement affecté l’activité, avec 111 transactions recensées en 2019 (un record), qui ont par la suite dégringolé à 75. Ainsi, l’année 2024 est qualifiée de « moyenne ». Unigrains justifie ce rebond d’activité par la baisse des taux directeurs aux États-Unis et dans l’UE, qui « ont redynamisé l'activité des prêts à effet de levier ». Ajoutons à cela la baisse des prix matières premières (dont les céréales) et des énergies, « alors que ceux des produits finis se sont maintenus ». Néanmoins, le second semestre 2024 s’est avéré peu porteur, concentrant seulement 10 opérations de fusions-acquisitions, « niveau parmi les plus bas enregistrés par le suivi réalisé par Unigrains ». La raison : le contexte politique européen jugé instable. Les perspectives pour 2025 s’avèrent « incertaines », surtout avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. La baisse des taux devrait toutefois se poursuivre selon Unigrains, sachant que les sociétés de capital-investissement disposent « d’importantes liquidités ».
Traitement anti-obésité: 10 à 12% des Américains en consommeraient (étude)
« Cela fait plus d'un an que l'industrie alimentaire s'est enfin réveillée face aux menaces et aux opportunités offertes par la nouvelle classe de médicaments anti-obésité tels qu'Ozempic, Wegovy et Zepbound » résume Nicholas Fereday, analyste à Rabobank, dans une note publiée en décembre. 10 à 12 % des Américains en consommeraient, selon certaines estimations, dans un pays où l’obésité adulte atteint 40 %. Des médicaments qui selon N. Fereday pourraient devenir « un élément permanent du paysage alimentaire ». Leur impact sur la consommation reste mal connu, bien que des données existent. Par exemple, une étude de PwC publiée en octobre 2024 estime qu’en moyenne les utilisateurs de médicaments GLP-1 [analogues de l’hormone de satiété GLP-1] « ont dépensé environ 11 % de moins pour la plupart des catégories d'aliments », en particulier « les en-cas sucrés et salés et les produits de boulangerie ». De plus, les entreprises avec une « clientèle très concentrée » (un relativement petit groupe de gros consommateurs) sont « plus susceptibles d’être affectées par les changements de comportement liés aux GLP-1 ». Pour rappel, en 2023, le distributeur américain Walmart avait fait du bruit en révélant que ses clients achetant des « coupe-faim » (qu’il vend également) consommaient moins.
Coopératives : Marie-Louise Peyres, nommée directrice de la branche végétale de Terres du Sud
Marie-Louise Peyres prend la tête de la branche végétale du groupe Terres du Sud. Cette fonction était jusque-là occupée par le directeur général Sylvain Théon. Marie-Louise Peyres est arrivée dans la coopérative du Lot-et-Garonne en avril 2024 pour piloter l’ensemble du commerce agricole végétal. Elle voit donc ses responsabilités s'élargir à l'ensemble des activités de la branche : l'agroéquipement et l'agrodistribution, l'activité céréales et filières de production, la semoulerie et bien sûr le commerce omni-canal qui lui reste directement rattaché. Elle était précédemment chez Arterris (de 2012 à 2023) où elle a notamment dirigé, de 2020 à 2023, la partie agrofournitures et territoires. (Anne Gilet)
Viandes blanches : Xavier Van Den Bossche nommé président du conseil spécialisé FranceAgrimer
Par un arrêté du 4 mars, la ministre de l'Agriculture a nommé Xavier Van Den Bossche à la présidence du conseil spécialisé Viandes blanches de FranceAgrimer. Il remplace le président de la fédération nationale porcine (FNP), François Valy. Xavier Ven Den Bossche est également éleveur de porc, et président de la section de Seine-Maritime de la FNP.