Agra Fil du 13 juillet 2026

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Canicule : la chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine demande un « plan de sauvegarde »

Face aux conséquences des canicules à répétition, la chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine a réclamé dans un communiqué du 9 juillet « un plan de sauvegarde immédiat » pour une profession « au bord de la rupture » et en « détresse psychologique ». L’instance dirigée par le syndicat FNSEA rapporte des « récoltes anéanties », des élevages « en grandes difficultés » et des « exploitants épuisés », dans un contexte de « déficit pluviométrique ». D’après la Chambre, « jusqu’à 100 % de pertes » ont été recensées sur les maïs non irrigués dans la région, la production de céréales est en recul de 20 à 30 % quand celle de tournesol est réduite d’un tiers. Les élevages font aussi face à une « mortalité accrue », à des « problèmes sanitaires et à un manque de fourrages ». Dans la Creuse, où les sols sont asséchés, des exploitants ont déjà commencé à nourrir les animaux avec les foins prévus pour l’hiver. Bernard Layre, président de la chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine, demande à l’État et à la Région, qui l’ont reçu le 8 juillet, un « accompagnement » face « à cette catastrophe climatique », avec des mesures immédiates comme des avances ou des reports d’échéances bancaires et fiscales, et une aide psychologique et technique pour les agriculteurs. Le 3 juillet, la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres s’est également inquiétée des effets « considérables des températures extrêmes » sur la production agricole.

Canicule : la FNSEA demande «un véritable plan de soutien à l'agriculture française»

Considérant que les effets des canicules ont engendré une «situation d'une gravité inédite», la FNSEA demande, dans un communiqué paru le 9 juillet, un «véritable plan de soutien exceptionnel pour l'agriculture française» pour «apporter une réponse financière immédiate aux exploitations les plus touchées», et par ailleurs «une enveloppe de crise dans le projet de loi de finances pour 2027». Pour Arnaud Rousseau, la crise est d'une telle «ampleur» que «les réponses ordinaires ne suffisent pas». Le président de la FNSEA demande, par ailleurs, «un plan d'investissement massif pour l'ensemble du monde agricole». Le syndicat majoritaire résume ainsi les effets des canicules qu'il a pu récolter filière par filière : pertes de près de 25% pour les fruits et légumes frais, baisse des rendements céréaliers de 20% dans les zones intermédiaires, recul de la production nationale de maïs d'environ 30%, pertes de 30% dans les porcheries du Grand ouest, et «pertes considérables» chez les éleveurs de volaille. 

Canicule : les propositions de la Confédération paysanne pour aider les agriculteurs

Dans un communiqué paru le 10 juillet, la Confédération paysanne fait plusieurs propositions au gouvernement pour accompagner les agriculteurs face aux conséquences des canicules successives. Dans la lignée de revendications structurelles, le syndicat demande «la priorisation du fourrage vers les élevages et non pour l'approvisionnement des méthaniseurs». En matière d'aide financière, la Conf' demande «des prêts de trésorerie, à taux zéro, fléchés sur l'achat de fourrage», «la reconnaissance de l'ensemble du territoire en catastrophe naturelle», et le «déploiement rapide de l'indemnité de solidarité nationale (ISN) et la modification des règles pour indemniser correctement l’ensemble des paysans et paysannes, assurés ou non». Concernant l'assurance prairies, le syndicat demande de «mener des expertises de terrain pour constater les pertes réelles pour les prairies et abandonner le système Airbus qui ne fonctionne pas bien». En début de semaine, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a réitéré sa demande d'expertises collectives à l’échelle de certains territoires, pour confronter leurs résultats à ceux de l’indice satellitaire

Incendies : Agrica Solidaire réactive son aide financière d’urgence

Face aux incendies qui touchent actuellement plusieurs territoires français et compte tenu des risques élevés tout au long de l’été, le groupe dédié à la protection sociale du monde agricole et alimentaire Agrica a annoncé, dans un communiqué du 9 juillet, avoir réactivé son dispositif de soutien aux personnes sinistrées, qui prévoit une aide financière directe d’urgence. Peuvent en bénéficier tous les salariés ou retraités relevant d’une des institutions du groupe Agrica ayant subi des dommages liés aux incendies. Son montant peut atteindre 3 000 euros selon que le demandeur relève d’une des institutions de prévoyance du groupe, de son institution de retraite complémentaire ou des deux. À noter que l’aide n’est pas soumise à conditions de ressources. La décision a été prise alors qu’au 6 juillet, les incendies avaient déjà brûlé depuis le début de l’année plus de 11 000 hectares en France métropolitaine, un niveau inédit aussi tôt dans la saison, selon Julien Ruffault, spécialiste des feux de forêts à l’Inrae, interrogé par le Monde. Selon Agrica, ces évènements ont entraîné d’importants dommages matériels et professionnels, fragilisant des familles et des entreprises du monde agricole.

Légumes/canicule: entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu (profession)

Légumes de France (FNSEA) dresse de premières estimations des pertes en maraîchage engendrées par les récentes canicules dans son bulletin Direct Légumes  le 10 juillet. On peut considérer qu’entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu. Les données consolidées et établies avec Felcoop (coopératives) et Gefel (AOP) indiquent des situations diverses selon les variétés. Il est prévu de 20 à 100%  de pertes pour les salades et jeunes pousses à date. Mais, en théorie, celles-ci peuvent être replantées. Là, le facteur limitant est l’accès à l’eau si la sécheresse perdure. « Les maraîchers ont largement voire entièrement utilisé leurs réserves personnelles, stockées via le ruissellement sur leurs bâtiments, et ne peuvent plus arroser leurs re-semis et re-plantation » précise Légumes de France. D’autre part, le potentiel des espèces annuels est fortement entamé : 30 % en fraises, de 20 à 30 % en carottes, y compris pour les productions d’automne (les semis ont brulé), de 50 % en poireaux de printemps, de 20 à 30 % en navets, de 30 à 40 % en pois et haricots d’industrie. Les remontées d’information sont en cours pour d’autres production de plein champ telles que asperges, petits pois, fèves, choux et artichauts.

Carbone agricole : Bruxelles adopte les trois premières méthodologies retenues

La Commission européenne a adopté le 9 juillet trois premières méthodologies reconnues dans le cadre la législation sur la certification volontaire du stockage de carbone agricole (adopté fin 2024). L'acte délégué qui doit encore être validé par les Etats membres et le Parlement européen dans un délai de deux mois couvre les pratiques agricoles qui séquestrent le carbone ou réduisent les émissions des sols, la réhumidification et la restauration des tourbières, et le reboisement. Concernant les pratiques agricoles, plusieurs sont listées en annexes du texte: la gestion des cultures qui augmente la couverture des sols et/ou l’apport de carbone dans les sols (cultures de couverture, rotation des cultures, rétention des résidus de cultures ; les pratiques de culture minimale qui réduisent les perturbations des sols ; la conversion de terres cultivées en prairies ; l’amélioration de la gestion des prairies, notamment par la pratique du pâturage tournant ou de cultures mixtes ; l’utilisation d’engrais organiques permettant d’éviter les émissions. Ces nouvelles méthodologies peuvent « aider les agriculteurs, les forestiers et les gestionnaires fonciers à accéder à des incitations financières, créant ainsi une nouvelle source de revenus qui encourage l'adoption de pratiques de gestion durable des terres » indique la Commission européenne.

Empreinte carbone : Coopérative U généralise son « ticket carbone » dans tous ses magasins

L’enseigne Coopérative U a annoncé à l’AFP, le 10 juillet, avoir généralisé à l’ensemble de ses 1 900 magasins le « ticket carbone », un ticket de caisse dématérialisé permettant aux clients de connaître l’empreinte carbone de leurs achats, en magasin ou en ligne. Déployé après une expérimentation dans quatorze magasins de la coopérative, le « ticket carbone » évalue les émissions de gaz à effet de serre associé au cycle de vie des produits, de leur production jusqu’à leur mise en rayon. Le calcul s’appuie sur la base de données Agribalyse de l’Ademe. Les clients ayant demandé à recevoir leur ticket par mail peuvent ainsi consulter le coût carbone total de leurs achats, marques du distributeur comme marques nationales. Ce décompte est assorti de recommandations pour baisser sa note environnementale, mais « sans injonctions », comme celles de diversifier les sources de protéines ou de privilégier les produits de saison et d’origine française. Selon Coopérative U, 95 % de son empreinte carbone provient des produits vendus en magasin. D’autres supermarchés proposent déjà des initiatives similaires : Carrefour affiche depuis 2023 l’empreinte carbone totale des achats effectués par livraison ou en drive, tandis que E. Leclerc a mis en place en avril, pour les produits vendus sous sa marque, un « coût environnemental alimentaire », intégrant l’impact carbone, la biodiversité, la consommation en eau, etc.

Blé tendre : des professionnels de la filière évoquent une production française 2026 sous les 32 Mt

Lors d’une visioconférence organisée le 10 juillet, le cabinet d’analyse HSC (appartenant à StoneX) a indiqué tabler sur une récolte française de blé tendre 2026 à 31,8 Mt. Ce chiffre corrobore celui de Soufflet Agriculture (InVivo), qui tablait sur « 31,5-32 Mt », déclarait son directeur collecte François Pignolet dans une vidéo du 2 juillet. Les déceptions survenues dans plusieurs bassins de production au sud de la Loire sont compensées par de meilleurs résultats dans le Nord. Clément Gautier, analyste d’HSC, confirme « un aspect qualitatif très intéressant ». Si de l’hétérogénéité est bien entendu présente, les taux de protéine sont assez bons, et les PS souvent élevés. Reste à exporter la production ; l’expert de HSC évoque « un possible plafond de verre à 6,5-7 Mt » concernant les exports français vers pays tiers pour la campagne commerciale 2026-2027, en l’absence de la Chine et de l’Algérie aux achats. Rappelons que les relations diplomatiques restent compliquées entre l’Algérie et la France. De son côté, « la Chine a une présence beaucoup plus erratique » en matière d’import de blé français, rappelle Clément Gautier. Bien entendu, ces prévisions sont à prendre avec prudence, la campagne commerciale 2026-2027 ne faisant que débuter. Un retour de la Chine et de l’Algérie aux achats de blé français pourrait, par exemple, largement changer la donne.

Grains : production française 2026 attendue par HSC à 10,89 Mt en orge, et à 4,69 Mt en colza

Lors d’une visioconférence tenue le 10 juillet, le cabinet d’analyse HSC (StoneX) a annoncé prévoir une récolte d’orge française 2026 à 10,89 Mt, et de colza à 4,69 Mt. Les rendements se sont améliorés au fur et à mesure que les coupes avançaient au nord du territoire en orge et en colza. Les orges présentent des taux de protéines élevés, de bons poids spécifiques, et des calibrages très variables, entre 80 et 90 %. Les bons taux de protéines et les futures faibles récoltes attendues en maïs devraient d’ailleurs inciter les fabricants d’aliments pour animaux à se tourner davantage vers la céréale à paille. « On perçoit déjà une présence d'intérêt du côté des fabricants », témoigne l’analyste Clément Gautier. En colza, l’analyste évoque des teneurs en huile « hétérogène », qui pourraient être « très correctes », mais peut-être « en deçà de l’an dernier ». L’expert concède néanmoins qu’il est encore trop tôt pour avoir une vision précise à ce stade. Des opportunités d’export de graines de colza françaises devraient survenir vers l’Allemagne, la Pologne ayant moins de disponibilités (récolte moindre par rapport à 2025), tout comme l’Ukraine, qui soutient son industrie intérieure, laissant moins de volumes de graines accessibles à l’export.

Céréales : au port de Rouen, des exports 2025-2026 au-dessus de la moyenne décennale

Dans un communiqué du 10 juillet, Haropa Port, établissement public gérant le port de Rouen, a indiqué une activité 2025-2026 très dynamique sur les installations rouennaises en matière d’exportations de céréales, à 8,4 Mt, au-dessus de la moyenne décennale, qui s’affiche à 7,4 Mt. Il s’agit par ailleurs d’une progression de 61 % par rapport à la campagne précédente, qui avait été néanmoins marquée par de faibles récoltes. « La qualité et la quantité étaient au rendez-vous dans l’hinterland de Rouen. Ce qui a permis aux opérateurs céréaliers de réaliser une campagne parmi les meilleures du port », relate le communiqué. Haropa Port signale une concurrence particulièrement forte émanant de l’hémisphère sud en blé (notamment l’Australie et l’Argentine, qui ont obtenu des récoltes exceptionnelles), mais la compétitivité de l’origine française a permis d’obtenir de bonnes performances. Les exports de blé ont représenté 5,6 Mt, et 2,6 Mt en orge, « soit la troisième meilleure campagne jamais réalisée par les opérateurs du port de Rouen pour cette céréale ». Ajoutons à cela 0,6 Mt de graines oléoprotéagineuses et de malt. Haropa Port salue la construction lors de cette campagne d’un nouveau silo « par le Groupe BZ sur son terminal de Petit Couronne. Ce nouvel outil augmente la capacité de transit du port de Rouen avec 55 000 t de stockage supplémentaire ».

Acétamipride/loi d'urgence : Fesneau critiqué par quatre associations de producteurs

En vue de la commission mixte paritaire (CMP le 16 juillet, quatre présidents d'associations de productions, l'ANPN (noisettes), l'ANPP (pommes-poires), la CGB (betteraves) et l'AOP Cerises de France) interpellent le président du groupe Modem, Marc Fesneau, considérant son opposition à la réautorisation de l'acétamipride dans le projet de loi d'urgence comme une «volte-face». Ils rappellent que l'ex-ministre de l'Agriculture s'était déclaré favorable à la possibilité de déroger à l’interdiction de l’acétamipride durant l'examen de la proposition de loi Duplomb en 2025. «Dès lors, en un peu plus d’un an, qu’est ce qui aurait fondamentalement changé pour motiver de votre part un virage à 180° vous plaçant désormais en détracteur obstiné de la dérogation à l’interdiction d’usage de l’acétamipride et de la flupyradifurone ?» s'interrogent les quatre élus professionnels. En vue de la CMP, le groupe Modem s'est réuni le 7 juillet et Marc Fesneau a estimé que la réintroduction de l'acétamipride «ne doit même pas être un sujet de discussion, ou une variable de négociation» car elle «n'entre pas dans le périmètre initial de la loi», indique son équipe. L'ancien ministre de l'Agriculture partage donc la position de la présidence de l'Assemblée nationale qui avait jugé irrecevables les amendements allant en ce sens, contrairement au Sénat.

Pesticides/biodiversité : les ONG de Justice pour le vivant déposent un nouveau recours

Pollinis et les ONG de l’affaire Justice pour le vivant ont déposé, durant la première semaine de juillet, un « recours en exécution contre l’Etat » pour non-respect de la décision de la cour administrative d’appel de Paris (CAAP) du 3 septembre, apprend Agra Presse le 10 juillet. En septembre, la Cour a ordonné à l’Etat d’améliorer les protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides en prenant en compte les effets sur les espèces non-cibles, à revoir les autorisations de mise sur le marché (AMM) non- conformes dans les 24 mois, et à produire un calendrier de révision de ces AMM dans les six mois. Les six mois étant passés, les associations (Pollinis, Notre affaire à tous, Biodiversité sous nos pieds, Aspas, Anper-tos) estiment que le « plan d’action transmis par le gouvernement ne permet pas de répondre pleinement [aux] obligations » qui incombent à l’Etat. Elles identifient « trois insuffisances majeures » : seulement « sept pesticides ont été retenus sur 719 » ; la prise en considération des abeilles et bourdons et mise à jour mais pas les autres espèces non-cibles pour lesquels « les protocoles d’évaluation demeurent inchangés » ; et il n’y a « aucune prise en compte des effets cocktails ». 

Canard : Bruxelles ouvre une enquête antidumping contre les importations chinoises

Selon un avis publié le 9 juillet au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne a ouvert une enquête antidumping à l’encontre des importations de canard de Pékin originaires de Chine. L’ouverture de cette enquête fait suite à une plainte déposée le 26 mai par cinq producteurs de canards de Pékin dans l’UE. La période de l'enquête s'étend du 1er janvier au 31 décembre 2025. Ces producteurs avancent qu’il existe un dumping important de la part de la Chine grâce notamment à intervention directe de Pékin dans la filière avicole et que celui-ci provoque un préjudice pour l'industrie européenne, directement lié à la hausse des importations. Le volume et les prix des importations ont entraîné des conséquences négatives sur les quantités vendues, le niveau des prix pratiqués et la part de marché détenue par l'industrie de l’UE. Selon les producteurs européens, il est donc inapproprié de se fonder sur les prix et les coûts sur le marché intérieur chinois. Cette nouvelle investigation intervient dans un contexte de tensions commerciales sino-européennes importantes et au moment où Bruxelles tente de renforcer la protection de son marché face aux importations chinoises. 

Bovins/DNC : vaccination prolongée jusqu’en septembre dans la « zone vaccinale I » du Sud-Ouest

Après consultation du Cnopsav (conseil du sanitaire) par voie électronique, du 1er au 6 juillet, la ministre de l'Agriculture a décidé de prolonger jusqu'au 30 septembre la période de vaccination des animaux contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans la « zone vaccinale I » (ZVI) du sud-ouest de la France. Cette zone, qui n’a pas été directement touchée par la maladie, sert de « zone tampon » avec les territoires ayant compté des foyers (« zone vaccinale II »), rappelle le ministère dans un communiqué le 10 juillet. Lors de la consultation, certains des membres ont demandé à arrêter toute vaccination en ZVI dès cet été, d'autres ont souhaité un arrêt de la vaccination en même temps que les ZVII, c’est-à-dire au 31 décembre 2026, d'autres encore se sont abstenus, rapporte le ministère. A compter du Ier octobre 2026 débutera une période de surveillance de huit mois, qui peut aboutir au recouvrement du statut indemne de la ZVI le 1er juin 2027. Le ministère de l'Agriculture rappelle que la maladie a connu une résurgence en Espagne fin février 2026, puis en Sardaigne à compter d’avril 2026. En France, l’éradication du virus « n’est pas acquise», selon le ministère, qui souligne que «la saison vectorielle 2026 qui a débuté au printemps (reprise de l’activité des mouches et des taons vecteurs) constitue une étape cruciale au cours de laquelle le risque de résurgence est particulièrement élevé.»

Bovins viande: avec l'aval, la CR s'oppose aux tunnels de prix basés sur les coûts de production

Dans un courrier adressé le 10 juillet à la ministre de l'Agriculture, la Coordination rurale demande la suppression de l'article 21 du projet de loi d'urgence agricole tel qu'adopté par le Sénat qui ouvre la possibilité au gouvernement d'imposer des tunnels de prix dont les bornes basses seraient fixées sur les indicateurs de coûts de production. Son grief porte sur la référence exclusive aux indicateurs de coûts de production: «Un prix doit continuer à refléter les réalités économiques du marché tout en tenant compte des coûts de production supportée par les éleveurs», explique la Coordination rurale, qui identifie quatre risques pour la filière : «dans un marché européen ouvert, une déconnexion des prix français par rapport aux références du  marché européen fragiliserait durablement la compétitivité de notre filière ; une perte de compétitivité entraînerait mécaniquement une augmentation des importations ; les premiers pénalisés seraient, à terme, les producteurs français eux-mêmes, faute de débouchés suffisants pour leurs animaux ; dans un contexte de concurrence internationale accrue et d'aggravation des difficultés économiques des exploitations françaises, fragiliser un maillon de la filière revient à fragiliser l'ensemble de la chaîne de valeur». Une position similaire a été exprimée par courrier par la fédération des commerçants en bestiaux (FFCB), Culture viande (abatteurs) et le pôle animal de la Coopération agricole (LCA).

Porc/poulet : le Brésil enregistre des records d'exportation au premier semestre

Dans des communiqués du 6 et du 7 juillet, l’association de la protéine animale ABPA (volaille, porc, œufs) annonce que le Brésil a connu battu des records d'exportation de poulet et de porc au premier semestre. Les exportations de poulet (sous toutes formes) ont atteint 2,936 millions de tonnes, soit 12,9% de plus qu’au premier semestre 2025, pour 5,700 milliards de dollars US, soit 17% de gain de recettes. « Malgré ce contexte [conflit au Moyen-Orient et fermeture du détroit d’Ormuz], le Brésil a considérablement renforcé sa présence sur des marchés stratégiques à forte valeur ajoutée - tels que le Japon, l'Union européenne, la Corée du Sud et la Chine - tout en maintenant un ancrage solide au Moyen-Orient et en développant des opportunités sur les marchés émergents », souligne Ricardo Santin, président de l'ABPA. Les exportations de viandes porcines, à une échelle plus réduite, ont représenté 794 000 tonnes soit 10% de plus qu’au premier semestre 2025, pour 1,859 millions de dollars US, soit 7,9%de recettes en plus. Ce qui fait dire à Ricardo Santin : « Le secteur [porcin] continue d'étendre sa présence internationale grâce à une stratégie de plus en plus diversifiée ».

Volaille/restauration : McDonald’s s’engage sur 13 000 t de filets à nuggets par an

D’après l’Action agricole picarde du 2 juillet, la chaîne McDonald’s France a déclaré à la fin juin vouloir maintenir un approvisionnement 100% français pour ses nuggets et consacrer à ses achats de matières premières 100 millions d’euros par an jusqu’en 2029, ce qui correspond aujourd’hui à environ 13 000 tonnes de viande et 1,2 milliard de nuggets. «Dans un marché du poulet sous tension, notre responsabilité est claire : donner de la visibilité et soutenir la filière française», souligne Guillaume de Beaurepaire, directeur Supply Chain de McDonald’s France, cité dans l’article. Les nuggets sont historiquement préparés par Cargill dans le Loiret et Pilgrim’s Europe dans le Pas-de-Calais à partir de filets de poulets élevés en Bretagne. Un article paru en mars 2024 sur le portail du groupe Réussir informait que Cargill procédait dans son usine d’Orléans à 50 millions d’euros d’investissements, sur 2024 et 2025, essentiellement pour McDonald’s. Selon cet article de 2024, 1,5 milliard de nuggets y étaient alors produits pour la chaîne de restauration rapide.

Promotion agricole de l’UE : dix Etats membres alertent sur la baisse des dotations en 2027

Après les parties prenantes, c’est au tour des Etats membres de se saisir de la question de la baisse des dotations de la politique de promotion des produits agroalimentaires de l’UE en 2027. Dans un document publié le 9 juillet dans l'optique d'un débat prévu le 13 juillet lors du Conseil Agriculture à Bruxelles, l’Italie, soutenue par neuf autres Etats membres (dont la France), s’inquiète de la baisse prévue pour le programme de travail annuel 2027 (112 M€ contre 160 M€ en 2026), notamment pour les projets multi. Ces délégations redoutent l’affaiblissement d’un « instrument stratégique essentiel à la compétitivité du secteur agroalimentaire européen » présentant une « véritable valeur ajoutée » grâce à la création de partenariats transnationaux. En outre, comme les parties prenantes, les Etats membres craignent que la baisse du budget n'engendre « un impact négatif sur la capacité de la politique de promotion à soutenir la diversification des marchés ». Ils appellent donc Bruxelles à « examiner toutes les marges de manœuvre possibles afin de maintenir un niveau de financement adéquat, stable et cohérent pour la politique de promotion en 2027 ».