Agra Fil du 21 juillet 2026

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Loi d'urgence : malgré les divisions, l'Assemblée valide le compromis trouvé en CMP

Après une séance houleuse, plusieurs fois interrompue, l'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du 20 au 21 juillet, le projet de loi d'urgence tel que proposé par la commission mixte paritaire (CMP), assorti d'une modification par amendement concernant la gestion de l'eau. Le texte a été adopté à 296 pour, 224 contre, 41 abstentions, grâce à l'extrême-droite, la droite et une partie du bloc central. Divisés, les principaux groupes du bloc central (Modem, LREM, Horizons) ont annoncé en séance que leurs députés voteraient «majoritairement» pour. Le gouvernement n'a pas déposé ni accepté d'amendement visant en retirer la réautorisation de l'acétamipride et du flupyradifurone, alors que plusieurs députés, y compris du bloc central, avaient déposé des demandes en ce sens (voir ci-dessous). L'exécutif a toutefois proposé un amendement, rejeté en séance, visant à faire passer de deux à six mois, le délai d'examen préalable de l'Anses. Un autre amendement gouvernemental a été adopté, qui vise à retirer une disposition sur la gestion de l'eau jugée inconstitutionnelle. Le texte, et les amendements votés à la chambre basse, doivent encore être adoptés dans la même chorégraphie au Sénat ce 21 juillet pour être validés définitivement. Près de l’Assemblée, aux Invalides, des centaines de personnes se sont rassemblées à l’initiative d’une vingtaine d’organisations (Confédération paysanne, Générations Futures, Cancer Colère, Greenpeace France ou encore Pollinis) dénonçant les conséquences du texte sur l’eau, la santé et l’avenir de l’agriculture.

Loi d'urgence: l'exécutif n'a déposé, ni validé d'amendement écartant l'acétamipride

Des parlementaires Les Républicains (LR) craignaient ce scénario à l'approche de l'examen du projet de loi d'urgence issu de la commission mixte paritaire (CMP), ce soir à l'Assemblée: le gouvernement n'a pas proposé de supprimer, par voie d'amendement, la dérogation sur l’acétamipride. Et il n'a pas non plus laissé les députés le faire. Plus tôt dans la journée, Matignon avait indiqué à l'AFP qu'il laisserait le Parlement «trancher». «L’interdiction (de l’acétamipride) demeure le principe», déclarait l’entourage du Premier ministre. Des députés Renaissance - dont l’ex-Première ministre Elisabeth Borne, MoDem et Liot l’ont pris au mot en déposant des amendements de suppression de l’article, tout comme Aurélie Trouvé. Mais à cette étape de la procédure, le gouvernement bénéficie d’un droit de veto, et peut autoriser ou entraver leur mise au vote. Plusieurs sources parlementaires ont assuré à l’AFP que l’exécutif avait refusé de mettre au vote ces amendements, tant qu’ils ne sont pas signés par un chef de groupe. «Ils inventent des règles», tance une source parlementaire qui estime que le gouvernement cherche à «se défausser». Sollicité par l'AFP, le gouvernement n’avait pas donné de réponse sur des amendements retenus ou retoqués à 22H00. En séance, les ministres n'ont pas fourni de plus ample explication. Le président du groupe LREM, Gabriel Attal a dénoncé un «gâchis», se demandant pourquoi Matignon avait pu laisser entendre que ces amendements auraient pu être examinés, avant de se rétracter.

Sécheresse : l'Europe centrale et la France sévèrement touchées en juin (observatoire)

Juin 2026 a été un mois particulièrement sec pour les sols en Europe centrale, notamment au Kosovo, au Monténégro ou en Hongrie, ainsi qu'en France, selon l'analyse par l'AFP des données de l'Observatoire européen de la sécheresse. Plus de 98% du territoire kosovar a été affecté en moyenne, un record pour un mois de juin depuis le début des mesures en 2012. Il s'agit aussi d'un record à cette époque de l'année pour le Monténégro, dont 93% des sols étaient touchés, ainsi que pour la Hongrie ou l'Autriche. En Europe de l'Ouest, la sécheresse a fortement affecté la France métropolitaine, où 70% du territoire a été touché à différents niveaux. Cette sécheresse est notamment une conséquence de la vague de chaleur historique qui a sévi dans une large partie du continent en juin, avant celle de début juillet. Elle aurait été quasiment impossible au mois de juin sans le changement climatique, selon les climatologues du World Weather Attribution. En juin, avec près d'un tiers de son territoire en alerte, synonyme d'un développement anormal de la végétation, la Hongrie est le pays le plus sévèrement touché par la sécheresse de la zone. En France, en moyenne, 10% du territoire était en alerte, un niveau qui n'avait pas encore été atteint en juin. 

Canicule/sécheresse: la Coordination rurale demande aussi des mesures d'urgence

Craignant que les dispositifs de prévention du mal-être agricole ne soient rapidement «dépassés» face à la «situation exceptionnelle» de dégradation des comptes des exploitations engendrée par la hausse des coûts de production (engrais, carburants...) et la succession de canicules, la Coordination rurale a demandé aux pouvoirs publics, dans une lettre adressée à Olivier Damaisin, coordinateur interministériel sur le mal-être en agriculture, diffusée le 20 juillet, de mettre en place des mesures d'urgence. Le syndicat demande de renforcer et modifier la gouvernance des cellules d'écoute, pour la recentrer autour des chambres d'agriculture. Après la Confédération paysanne et la FNSEA, la CR demande aussi des mesures d'urgence. Et d'énumérer les sept demandes suivantes : «allègement exceptionnel des cotisations sociales pour les exploitations les plus fragilisées» ; «aides ponctuelles permettant d’éviter les cessations d’activité» ; exonération exceptionnelle de la taxe foncière sur les propriétés non bâties ; avance intégrale des aides Pac des premier et second piliers «dès le 16 octobre» ; «dérogation totale sur les Surfaces d’Intérêt Écologique» ; «accompagnement humain spécifique des agriculteurs confrontés aux procédures de redressement ou de liquidation judiciaire» ; «accueil médical dédié et de places spécifiquement identifiées dans les établissements psychiatriques pour les agriculteurs confrontés à des situations de grande détresse.»

Sécheresse: dans le Sud-Ouest, la CR appelle à irriguer malgré les interdits

«N’en tenez pas compte»: dans le Sud-Ouest, la Coordination rurale (CR) appelle à ne pas respecter les restrictions imposées à l’irrigation pour «sauver les cultures». Dans les Landes, Joël Descat, président de la CR40, explique à l'AFP que «des contrôles mettraient le feu aux poudres». Et d'appeler à braver les interdits. En Haute-Garonne, «s’ils veulent irriguer, ils irriguent (...) on sera là pour les défendre», lance le président de la CR31, Maxime Raud. Même position pour la CR du Lot-et-Garonne, où l’irrigation est interdite dans de nombreux secteurs classés en «crise» hydrologique. «N’en tenez pas compte (...) Personne n’a le droit de vous interdire quoi que ce soit chez vous», avait lancé la semaine dernière sur Facebook le président du syndicat, José Pérez. La préfecture lot-et-garonnaise, sollicitée par l’AFP, rappelle que «l’eau est un bien commun dont la préservation repose sur une gestion équilibrée et un partage équitable entre les différents usages», et invite la présidente de la Chambre d’agriculture du département, Karine Duc, «à relayer ce message» auprès des irrigants. L’élue de la CR47 répond qu’il faut trouver un «compromis» pendant encore «quelques semaines» pour irriguer grandes cultures et vergers. Au niveau national, la CR n’appelle pas à la désobéissance mais son secrétaire général, François Walraet, «comprend» que «dans le Sud-Ouest, certains soient complètement désespérés avec déjà des pertes de 30 à 40% sur le maïs».

Lac de Caussade: jusqu'à 20 000€ d'amende infligées en appel contre la chambre du Lot-et-Garonne

Des amendes allant jusqu'à 20 000 euros ont été infligées le 17 juillet par la Cour d'appel financière à l’encontre d’anciens dirigeants de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, notamment pour la construction illégale du Lac de Caussade. En première instance, la Cour des comptes avait écarté deux des sept griefs et prononcé des amendes allant de 2 000 € à 14 000 €. Dans son arrêt, la Cour d’appel financière a réintroduit les deux griefs écartés (commandes de travaux pour le Lac de Caussade, recrutement du fils du président de la chambre comme comptable), révisant ainsi à la hausse les amendes prononcées, qui vont maintenant de 2 000 € à 20 000 €. L’accumulation des faits, d’une «extrême gravité», «témoigne de la gestion profondément dysfonctionnelle» de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, dont les règles ont été «sciemment violées», avait fustigé la procureure générale, Véronique Hamayon, lors de l'audience début juillet. Elle avait requis 20.000 euros d’amende pour l’ancien président de la chambre et militant de la Coordination rurale, Serge Bousquet-Cassagne, 10.000 euros d’amende pour les deux anciens vice-présidents de la chambre, Patrick Franken et Christian Girardi, et pour l’ancien comptable Nicolas Bousquet-Cassagne, fils de l’ancien président. Une amende de 4.000 euros a été requise contre un ancien membre du bureau, Didier Perrel.

Céréales : en mer Noire, un navire turc frappé par des missiles russes

Un navire turc transportant des céréales a été frappé en mer Noire par trois missiles russes le 19 juillet et cinq marins ont été tués, a annoncé la marine ukrainienne, qui a ajouté que le sort de cinq autres membres d’équipage restait inconnu. L’équipage comprenait des Syriens et des Indiens, selon le ministre des Affaires étrangères par interim Andriï Sybiga sur X. Un capitaine ukrainien fait partie des morts, a-t-il précisé. L’armée russe bombarde très régulièrement les infrastructures portuaires ukrainiennes, en particulier dans la région d’Odessa. Ainsi, le 14 juillet, les autorités ukrainiennes ont annoncé que des attaques russes sur un navire civil dans un port de la région d’Odessa et sur deux autres bateaux naviguant en mer Noire avaient fait trois morts. De leur côté, les forces ukrainiennes ont accentué ces derniers jours leurs attaques sur des navires en mer d’Azov, une zone maritime qui constitue une voie de transport importante pour les produits agricoles russes vendus à l’étranger, dont les céréales, ainsi que pour l’approvisionnement de la Crimée annexée. Les cours du blé tendre, du colza et du maïs ont d’ailleurs fortement progressé sur Euronext depuis la semaine passée.

Blé tendre : Argus Media table sur une récolte française 2026 sous les 31 Mt

Dans un communiqué du 20 juillet, le cabinet d’analyse Argus Media a annoncé tabler sur une récolte 2026 française de blé tendre à 30,8 Mt, soit un niveau qui « déçoit à nouveau », déclare l’analyste-senior Alexandre Willekens. L’estimation provient d’une enquête terrain réalisée entre le 13 et le 17 juillet. Si ce volume se confirmait, il s’agirait d’un recul de la production nationale de 2,55 Mt par rapport à l’an dernier. Notre enquête de juin auprès de plusieurs professionnels de la filière révélait des prévisions autour de 32-33 Mt, mais avec une fourchette plus large, les plus pessimistes étant davantage proches des 31 Mt. La récolte 2025 avait été dans la moyenne (bons rendements mais surfaces faibles), alors que celle de 2024 s’était avérée catastrophique, rappelle Argus Media. « Rare point positif de la campagne (2026, NDLR), les conditions climatiques clémentes de l’automne dernier ont permis une augmentation de la surface de blé tendre en France », explique le cabinet d’analyse. Elle atteignait 4,616 Mha selon Agreste, en hausse de 124 000 ha par rapport à l’an dernier, ce qui a permis de limiter la portée des rendements finalement plutôt faibles. Mais là aussi, ce niveau reste plutôt faible, puisque la moyenne quinquennale s’élevait à 4,796 Mha. Les rendements sont donc attendus à seulement 6,67 t/ha, « soit une baisse de 6,5 % par rapport à la moyenne olympique 10 ans ».

Fruits : récolte de pomme 2026 attendue dans la moyenne, bonne en poire

Selon les premières prévisions du service de statistique du ministère de l'Agriculture, parues le 17 juillet, la production française de pommes s’élèverait à 1,521 millions de tonnes en 2026, inférieure de 5 % à celle de l’année dernière et proche de la moyenne des productions des années 2021-2025. À ce stade, «la canicule de fin juin et la sécheresse ne semblent pas avoir affecté de manière significative le potentiel de production, plus de 80 % des surfaces cultivées étant équipées de systèmes d’irrigation», précisent les analystes. La production est attendue en nette baisse (- 12 %) en Occitanie, en raison d'une alternance marquée après la récolte abondante de 2025. Quant à la production de poire, elle est attendue à près de 156 000 tonnes, proche de celle de 2025 (- 1 %) et supérieur de 20 % la récolte moyenne de 2021-2025, grâce à l’entrée en production de jeunes vergers. De même qu'en pomme, sécheresse et canicule ont peu touché le verger, largement irrigué. En Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), première région française pour les surfaces, la production de poires de table diminuerait de 3 % sur un an. Le gel du printemps et le phénomène d’alternance ont entrainé une faible charge des arbres en fruits.

Horticulture : Terrena finalise le rachat du numéro trois du marché français

Dans un communiqué paru le 20 juillet, Terrena annonce avoir finalisé le 10 juillet l'acquisition par sa filiale horticole Hortival diffusion de Cerdys, présenté comme le numéro trois du marché horticole français. Ce rapprochement donne naissance à «un acteur français de premier plan sur le marché des végétaux d'ornement réalisant environ 60M€ de chiffre d’affaires», explique le communiqué. Hortival Diffusion (environ 30 M€ de chiffre d'affaires) est un «spécialiste des arbres, arbustes et fruitiers d'ornement», connu pour sa marque « Silence, ça pousse », tandis que Cerdys (200 collaborateurs et 25 M€) est un expert des «vivaces, petits fruits, plantes grimpantes et rosiers.» Selon le groupe coopératif, «cette acquisition permettra de renforcer l'offre proposée aux distributeurs, d'optimiser les capacités logistiques d’Hortival Diffusion et de poursuivre le développement d'une filière horticole française performante et durable dans les territoires du Grand Ouest de la France.»

Biostimulants : le cahier des charges des thés de compost en consultation publique

Le ministère de l’Agriculture a mis en consultation publique, jusqu’au 5 août, le projet d’arrêté qui approuve le cahier des charges des extraits aqueux de compost et des thés de compost en tant que matières fertilisantes. La fabrication de thés de compost inclut une étape supplémentaire d’aération active ou de fermentation, par rapport aux extraits aqueux simples. Le cahier des charges indique quelles sont les matières autorisées pour élaborer extraits et thés, les conditions de fabrication, les critères de qualité et d’innocuité, les modalités de gestion des non-conformités, ainsi que les usages et conditions d’emploi dans le cadre d’une mise en marché ou d’une fabrication pour son propre usage. Ce document est attendu en particulier par la filière fruits et légumes dont le plan de souveraineté alimentaire publié en 2023 prévoit, dans son action A-11, de faciliter l’emploi de biostimulants. Les travaux de filière avaient identifié que les préparations d’origine naturelle ne sont pas adaptées au cadre des autorisations de mise en marché (AMM) de l’Anses, ni à la norme européenne sur la mise à disposition sur le marché des fertilisants, et qu’élaborer un cahier des charges était nécessaire pour encadrer l’utilisation de ces produits.

Engrais : les éleveurs de ruminants veulent eux aussi un meilleur accès à l'aide d’urgence

Dans un communiqué commun du 20 juillet, les associations spécialisées de la FNSEA de l’élevage ruminant, à savoir la Fnec (chèvre), la FNO (ovin), la FNB (bovin) et la FNPL (lait) déplorent que les éleveurs soient majoritairement exclus de l’aide aux engrais annoncée par le ministère de l’Agriculture début juillet. « L’aide est en effet plafonnée selon une référence correspondant à seulement la moitié de la consommation d’engrais de 2025. Dans les faits, ce dispositif écarte mécaniquement de l’aide la majorité des éleveurs de bovins, ovins, caprins », explique le communiqué commun. Pour rappel, d’autres organisations, notamment l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) ou encore la Coordination Rurale (CR), avaient fait part de leur insatisfaction quant aux modalités d’attribution de l’aide, excluant nombre de potentiels bénéficiaires. Les éleveurs de ruminants indiquent que leur situation est actuellement « extrêmement préoccupante ». Les prix payés aux producteurs ont baissé de manière « injustifiée », alors que les coûts de production sont en hausse, « dans le sillage de la crise du Moyen-Orient ». Sans oublier que la sécheresse les touche également, affectant le potentiel de récoltes « des surfaces herbagères et fourragères ». Les éleveurs aimeraient ainsi un signal de soutien des autorités, et réclament la révision « des dispositions d’éligibilité de cette mesure, pour restaurer l’équité ».

Fourrages/changement climatique : l'AOP Abondance teste le sursemis manuel

Une expérimentation portant sur l’adaptation des prairies d’altitude au changement climatique a été lancée sur le site de l’alpage-école de Sulens (Haute-Savoie), indique un communiqué du Syndicat interprofessionnels du fromage abondance (Sifa) diffusé le 20 juillet. Menée par Morgane Duffy (alpage-école) et Stéphanie Lachavanne, conseillère en agro-fourrage à la Chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc avec le soutien du Sifa, du Syndicat interprofessionnels du reblochon (SIR) et de l’Aftalp (association des fromages de Savoie sous AOP/IGP), cette expérimentation d’une durée de trois ans consiste à réaliser des sursemis (introduction de nouvelles graines) sur des prairies sans mécanisation possible à 1650 mètres d’altitude, sur plusieurs bandes et selon différentes modalités. « Les premiers relevés visuels et floristiques ont été réalisés au printemps 2026 et l'expérimentation se poursuit : un nouveau passage sur le terrain est prévu cet été pour observer le comportement des semis après une saison estivale », selon le Sifa. « Des essais pourraient aussi être déployés sur d'autres alpages du territoire afin de vérifier la reproductibilité des résultats sur des sols et des expositions différents. »

Installation : JA demande des assouplissements pour l'aide complémentaire au revenu

Dans une question écrite adressée le 14 juillet, la députée Anne-Laure Blin (LR) demande à la ministre de l’Agriculture de mettre fin à « une distorsion de réglementation qui pénalise l'installation de plusieurs jeunes agriculteurs au sein d'un même groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) ». En effet selon les règles d'attribution de l'aide complémentaire au revenu pour les jeunes agriculteurs (ACJA) de la Pac, cette aide ne peut être sollicitée qu'une seule fois au cours de la vie d'une même exploitation. « Le problème est double », confirme à d’Agra Maxime Buizard-Blondeau, vice président de Jeunes Agriculteurs (JA): « D’une part cette ACJA ne peut pas être touchée pendant plus de 5 ans sur une même exploitation et d’autre part il n’est pas non plus possible de toucher deux ACJA au sein d’une même structure même lorsque deux jeunes agriculteurs s’y sont installés ». Il s’agit selon lui, « d'une mauvaise écriture juridique ». L’élu note toutefois un première avancée obtenue « depuis cette année » suite à des négociations entre le ministère de l’Agriculture et la Commission européenne. Il est désormais possible dans le cas des GAEC uniquement de recevoir deux ACJA sur cinq ans au maximum. JA pousse maintenant pour supprimer l’interdiction de cumul de cette aide dans le temps sur une même exploitation et pour étendre la possibilité de toucher deux ACJA en même temps aux autres forme sociétaires que les GAEC. Ce travail doit être mené auprès de la Commission européenne. 

Relations commerciales/loi d'urgence : l'Ilec dénonce un « dirigisme imposé aux industriels »

Avant son passage devant l'Assemblée le 20 juillet, l’Ilec (grandes marques vendues en grande distribution) a manifesté sa déception sur plusieurs points de la loi d’urgence agricole : « Répondre à un problème de structure de marché du côté de la distribution par un dirigisme imposé aux industriels, c’est persévérer dans l’erreur », assure l’association. Les industriels qui inscrivent la clause de révision automatique des prix dans leurs conditions générales de vente « devront désormais communiquer des informations relevant du secret des affaires sur l’origine et la part de la matière première agricole », selon l’Ilec, qui voit dans cette disposition une « régression ». Le seuil de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires pour être considéré comme une PME et bénéficier de négociations commerciales plus courtes crée « une asymétrie entre opérateurs comparables. » Quant aux tunnels de prix, la borne minimale de prix fondée sur les coûts de production « revient à instaurer un prix plancher administré, aux effets potentiellement délétères. » L’Ilec demande à l’Etat de « mettre en oeuvre sans délai, contrôler et sanctionner les dispositions relatives aux baisses de commandes et aux demandes de baisse de tarif injustifiées » et de « se saisir sans délai de la question des centrales internationales d’achat et de services, laissée de côté par ce texte. »

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.