Agrafil du 18 mai 2026

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Relations commerciales : le gouvernement veut retoquer le prix plancher et assouplir la pluriannualité

En vue de l'examen du projet de loi d'urgence agricole en séance publique, à partir du 19 mai, le gouvernement a déposé un amendement visant à supprimer le principe d'un prix plancher tel qu'adopté par les députés de la commission des affaires économiques. Cette disposition, qui impose que le prix aux agriculteurs «ne doit pas être inférieur aux coûts de production retenus», avait été adoptée lors d'une séance marquée par un absentéisme important des députés, dénoncé par la FNSEA. Le gouvernement argue qu'une telle mesure est «manifestement contraire à la réglementation européenne, et en particulier au règlement OCM ». Dans un autre amendement, le gouvernement propose d'assouplir le principe d'une durée minimale de trois ans pour les contrats proposés aux agriculteurs et aux organisations de productions, prévoyant des dérogations aux filières qui en auraient exprimé le souhait. Le gouvernement cite les exemples de la filière viande bovine, «pour qui cette durée minimale dissuade tant certains acheteurs que des exploitants à avoir recours à une contractualisation jugée trop contraignante et se heurtant à des habitudes de commercialisation parfois basée sur la recherche de la meilleure opportunité sur le marché». Mais aussi des fruits et légumes, où « cette rigidité temporelle s'est heurtée aux réalités agronomiques et économiques de la filière».

Loi d'urgence : le gouvernement veut revenir à la rédaction initiale sur le loup et l'eau

Au travers des amendements déposés au projet de loi d'urgence agricole, dont l'examen en séance publique doit débuter le 19 mai, le gouvernement proposé de rétablir les principales modifications opérées par la commission du développement durable. C'est d'abord le cas de la gestion du loup : le gouvernement souhaite supprimer le nouveau mode de gestion proposé pour le prédateur, qui pourrait permettre une augmentation considérable du nombre des tirs. Il retient par contre l'instauration d'un statut pour les lieutenants de louveterie. En matière de protection de l'eau, il veut, de la même manière, supprimer trois dispositions ajoutées par les députés en commission : augmentation de la part des usagers non économiques dans les commissions de bassin, «télérelève» quotidienne des prélèvements d'eau à compter du 1er janvier 2027, nouvelle redevance des agences de l’eau, portant sur la mise sur le marché de substances dangereuses pour l’environnement. Enfin, le gouvernement propose de rétablir dans leur rédaction initiale plusieurs articles qui avaient été amendés ou supprimés par les députés : c'est le cas de l'article 7 sur la compensation agricole pour les zones humides, l'article 8 sur les zones de captage d'eau potable. Dans le cas de l'article 11 sur les démembrements de foncier agricole, le gouvernement propose d'ajouter les dispositions récemment adoptées dans le cadre de la proposition de loi de lutte contre la cabanisation.

Soja: controverse entre Bruxelles, Brasilia et Buenos Aires sur les contrôles sanitaires

Le gouvernement argentin a envoyé cette semaine à Bruxelles et à La Haye une mission spéciale pour gérer la crise déclenchée par la détection, à Rotterdam en mars dernier, de soja OGM interdit en Europe, dit HB4, dans des lots de tourteaux de soja provenant l'un du Brésil, l'autre de l'Argentine. Brasilia et Buenos Aires contestent la validité de la méthode de détection employée: « Les douanes européennes ne disposent même pas des informations devant être fournies par le créateur de la technologie HB4», explique Sergio Iraeta, secrétaire d'État à l'agriculture du gouvernement argentin. La présidente de l'autorité sanitaire argentine (Senasa), le président de la Chambre Argentine des huiliers, et le directeur au commerce international du secrétariat d'Etat à l'agriculture étaient attendus toute cette semaine par la direction générale de la santé de la Commission européenne et les organismes techniques des douanes hollandaises à La Haye, indique l'élu argentin. «Le risque commercial est le rejet de navires chargés de tourteaux qui devraient alors trouver nouvel acquéreur hors de l'UE. Mais qui en voudra ? Une suspension temporaire des importations provenant des origines concernées me paraît improbable. La campagne d'exportation des tourteaux de soja bat son plein en Argentine et les éleveurs européens en ont grandement besoin», décrypte l'analyste marché Gustavo Lopez

Soja: Trump assure que la Chine veut acheter du pétrole et du soja américains

Donald Trump a assuré le 17 mai que la Chine voulait acheter des produits agricoles ainsi que du pétrole américains, sans donner de chiffres, dans une interview enregistrée à Pékin où il se trouve en visite officielle. «Ils veulent acheter du pétrole aux Etats-Unis», a dit le président américain, sans donner de détails concrets mais en déclarant que «cette idée plaisait» à son homologue Xi Jinping. «Ils vont acheter beaucoup de nos produits agricoles», en particulier du soja, a-t-il aussi déclaré dans cet entretien avec la chaîne Fox News. Le gouvernement chinois avait annoncé, le 5 novembre, « cesser d’appliquer des droits de douane supplémentaires » imposés depuis mars sur le soja et des produits agricoles américains pouvant atteindre jusqu’à 15%. Mais selon un article du South China Morning Post du 12 décembre, une étude élaborée par la banque d’investissement Goldman Sachs révèle que la Chine réduira sa dépendance aux importations de soja, aujourd’hui estimée à environ 90 % (soit plus de 100 Mt par an), à moins de 30 % lors de la prochaine décennie. La raison : les efforts du gouvernement chinois, qui s’accélèrent depuis les tensions commerciales avec les États-Unis, devraient porter leurs fruits.